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DANSE UNE BALEINE

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DANSE UNE BALEINE

Commission Sexta de l'EZLN

Mexique, décembre 2019

Au Congrès national indigène, Conseil indigène de gouvernement,
Aux personnes, groupes, collectifs et organisations de la Sexta nationale et internationale,
Aux réseaux de résistance et de rébellion,
À ceux qui aiment la danse,

CONSIDÉRANT QUE

Article premier et unique :

DANSE UNE BALEINE

La montagne illuminée. L'écho du cinéma — pas d'un film, mais du cinéma en tant que communauté — erre encore entre les pins ocotes rougeoyants, le bleu nostalgique du cheval, Tulan Kaw, le clin d'œil du signal lumineux « bienvenid@s » et la lumière défiante de « ZAPATISTAS ».

Vous avez essayé de sortir d'ici, mais, sans savoir pourquoi, vous ne pouvez pas… ou vous ne voulez pas. Dans la nuit, toujours froide, vous parcourez l'esplanade où, quelques heures auparavant, le serpent des stands vous rappelait des souvenirs de foires de village, lointaines dans le calendrier et la géographie.

Votre regard s'arrête sur les affiches du puzzle : « IIe Rencontre internationale des femmes qui luttent », « Forum en défense de la Terre Mère », « 26e anniversaire ». « IIe Festival de ciné Puy ta Cuxlejaltic », « Premier Festival de danse Báilate otro mundo (Danse un autre monde) ».

Une rafale d'air fait trembler la grande banderole.

On peut danser l'air ?

La danse, apparemment si éloignée de tout, peut-elle tracer un rêve juste avec des mouvements ?

Oui, vous délirez peut-être. Ça doit être à cause du froid, ou à cause de cette étoile rouge irrévérencieuse qui scintille au sommet de la colline.

Vous en êtes là, quand la petite fille et sa bande arrivent et vous entourent de leur agitation enthousiaste. « Il va y avoir bal », vous crient-elles en bondissant. Bon, la fillette qu'on appelle « La Calamidad » sautille à peine sur ses talons, mais sa joie est égale à celle des autres. Cette histoire de bal n'enthousiasme pas Pedrito, le sceptique du groupe, et il dit : « En fait, il y a bal de temps en temps, je ne vois pas pourquoi tant de scandale. » Defensa Zapatista commence sa méthode pédagogique par une baffe et continue : « Il va y avoir un bal, mais suspendu à un nuage. Autrement dit, c'est pas n'importe quoi », et elle fait un impeccable rond-de-jambe par terre en dehors. Le chien-chat ne veut pas faire moins et, évidemment, se joint à elle avec un pas-de-chat.

« Il va y avoir bal », répètent les filles, pas en chœur parce qu'elles sont assez dépareillées.

Une insurgée (vous l'identifiez par son uniforme) arrive en courant et dit : « Calamidad, viens, on va danser la baleine ! » Calamidad grimpe à toute vitesse — ce qui n'est pas peu dire —, la légère pente qui mène aux entrailles de la baleine de bois qui se repose encore… ou se remet des blessures des harpons, des mensonges et de l'oubli. Defensa Zapatista prend le chien-chat dans ses bras et la suit.

Esperanza Zapatista reste à discuter avec Pedrito, qui signale que non seulement il est impossible de danser une baleine, mais aussi qu'il est impossible qu'un cétacé (comme il dit) se trouve au milieu des montagnes du sud-est du Mexique. Vous ne saurez pas la fin de la discussion, bien que vous supposiez son dénouement — Esperanza, même si elle n'arrive qu'à la taille de Pedrito, met généralement fin à toute discussion sur un « les hommes, ils ne voient pas au plus loin que le bout de leur nez… et ils ont le nez plat ».

Vous décidez de suivre Defensa Zapatista, le chien-chat et Calamidad. Vous êtes suivi par Esperanza Zapatista et un Pedrito grognon parce qu'il a faim.

Ils pénètrent les entrailles, maintenant presque vides, de l'animal géant. Un groupe de danseurs répète ses mouvements. Eux, elles et elles·eux parcourent le podium qui, contrairement à sa vocation, n'est pas en haut de la salle, mais en bas.

Vous vous asseyez et, plutôt que de regarder les exercices et les pas qu'on répète, prêtez attention aux réactions de la bande. Calamidad, inspirée, est montée sur un des bancs et tente un échappé simple et, en tombant sur la planche, elle craque (la planche, bien sûr). « Calamidad ! », lui crie Defensa Zapatista. Mais Calamidad est déjà montée sur un autre banc et répète le pas… et le cassage de planche. Au cinquième banc cassé, un peloton de miliciennes tente en vain d'attraper Calamidad qui réitère sa tentative de défier la loi de la gravité… et de la logique.

Le scandale qui s'ensuit — Calamidad sautant d'un banc à l'autre avec une agilité qui dépasse les limites de son corps, les miliciennes essayant de l'encercler et de la soumettre, le chat-chien mordant les miliciennes, Defensa Zapatista essayant de retenir le chat-chien, Esperanza sortant son portable pour filmer le tumulte, Pedrito rappelant à tous qu'il vaudrait peut-être mieux manger quelque chose — ne semble pas déranger ceux qui sont suspendus à un vent qui, vu l'absence de musique, ne souffle que dans leur cœur.

On peut danser une baleine blessée ?

« Ah, les zapatistes, toujours comme s'ils regardaient un autre film », vous vous dites. Comme si, quand ils parlent du monde, ils ne se référaient pas à ce monde-ci qu'on supporte. Comme si, dans une nef spatiale, ils avaient choisi de regarder, non pas le monde qu'on laisse derrière soi, mais le monde caché quelque part dans l'univers… ou dans leur imagination.

Est-il possible d'imaginer la bande-son d'un nouveau monde qui, insoumis, naît des décombres d'un autre monde qui se craquèle déjà imperceptiblement ?

Alors, vous comprenez… ou vous pensez comprendre. Avec ce « Báilate otro mundo », le zapatisme ne lance pas un défi, mais une invitation.

Pendant ce temps, coincée dans l'ultime recoin de l'auditorium, Calamidad a stoppé l'attaque des miliciennes, qui, attentives, écoutent la petite fille leur expliquer le « jeu du pop-corn » et leur raconte « l'histoire du maïs à pop-corn version Calamidad ».

Alors, vous sentez un petit tremblement sous vos pieds. Vous hésitez. Vous vérifiez. Oui, il semble bien que la baleine s'ébroue enfin et se prépare à continuer sa montée de la colline.

Comme si la danse, l'art de danser un autre monde, avait soulagé ses blessures et son cœur, et l'avait encouragée à poursuivre son effort absurde.

Mais c'est impossible. Non ?

Sur la base de ce qui précède, la Commission Sexta de l'EZLN invite les hommes, les femmes, les autres, les enfants et les personnes âgées de la Sexta, du CNI et des réseaux de résistance et de rébellion à travers le monde, ainsi que ceux qui le peuvent et le veulent, au PREMIER FESTIVAL DE DANSE….

« BÁILATE OTRO MUNDO »

Dont la PREMIÈRE édition aura lieu dans les caracoles zapatistes de Tulan Kaw et Jacinto Canek, dans les montagnes du sud-est du Mexique, du 16 au 20 décembre 2019.

Il y aura des spectacles de danse contemporaine, classique, néoclassique, arabe, butō, acrobatie, bal, cirque, performance participative, aérienne, africaine, dark belly dance, hip-hop fusion, moderne, hula hula et jongleries de feu.

Il y aura aussi des ateliers (ouverts au public) de danse contemporaine, expression corporelle, jonglerie, danse africaine, danse arabe. Et également des causeries et une exposition photographique.

Les activités se dérouleront :

● Au Caracol Tulan Kaw les 16, 17 et 18 décembre 2019, à partir de 10 heures.

● Au Caracol Jacinto Canek (dans les installations du Cideci à San Cristóbal de Las Casas, Chiapas), les 19 et 20 décembre 2019.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.

Le SupGaleano,

avec son beau corps bien formé (ha-ha) endolori d'avoir essayé un temps levé coupé.

Ne riez pas, je l'ai bien réussi… enfin, plus ou moins… ok, ok, ok, c'était raté.

Mexique, décembre 2019.

Source : Enlace zapatista

traduction : Joani

UNE BALEINE DANS LES MONTAGNES DU SUD-EST DU MEXIQUE (Créateurs et Créatures)

tags : mexique, pl-fr,

UNE BALEINE DANS LES MONTAGNES DU SUD-EST DU MEXIQUE

(Créateurs et Créatures)

Commission Sexta de l'EZLN

Mexique

Décembre 2019

Au Congrès national indigène, Conseil indigène de gouvernement,
Aux personnes, groupes, collectifs et organisations de la Sexta nationale et internationale,
Aux réseaux de résistance et de rébellion,
Aux accros au cinéma,

CONSIDÉRANT QUE :

Article premier et unique

UNE BALEINE DANS LES MONTAGNES DU SUD-EST DU MEXIQUE
(Créateurs et Créatures)

Vous ne savez pas comment vous êtes arrivé là. Oui, on dirait que ça devient une habitude… « Us et coutumes citoyennes », vous vous souvenez de ce que disait le feu SupMarcos, et vous vous souvenez aussi de l'irritation que vous causaient ces commentaires sarcastiques… enfin, pas seulement ça. La soirée laisse maintenant sa place à la nuit. Vous vous êtes arrêté parce que vous avez vu de loin une étoile rouge à cinq branches au sommet d'une colline, puis une sorte de pancarte monumentale avec tant de lettres que vous n'êtes pas arrivé à lire de quoi il s'agissait. Au-delà, une silhouette bleutée d'un cheval hennissant et quelques grosses lettres qui, dans la lumière, composent les mots : « TULAN KAW ZAPATISTA ». À l'entrée, la petite fille qui vous a guidé dans ce premier cinéma impossible et sa bande de filles et de garçons, s'approchent de vous. Vous hésitez à fuir, à faire semblant de ne pas les connaître ou à rester sur le qui-vive. Toute stratégie s'effondre parce que la fillette vous prend par la main et vous fait un reproche : « Toujours en retard. »

Vous traversez une esplanade, comme dans une sorte de foire de village. Dans une espèce de route sinueuse, il y a des « stations » avec différents bricolages de lumières et de sons, des déguisements de… monstres, des circassien·ne·s, des trapézistes, quelqu'un enseignant les arts, là, on écoute de la musique, on danse et on chante. Les gens tourbillonnent dans leur « station » préférée et il y a des rires, des cris d'admiration et de surprise. En outre, bien sûr, des « selfies ». Pour commencer le parcours, un grand écran. Vous êtes sur le point de dire « ça ressemble à un drive-in », mais une enseigne met les choses au point : « Pie Cinema (pied-cinéma). Ce soir : Cantinflas et Manuel Medel dans Águila o Sol. Demain : Piporro et Pedro Infante dans Ahí viene Martín Corona. »

La petite fille vous entraîne dans une marche en zigzag : devant se trouve un être étrange, semblable à un chat ou à un chien ; à ses côtés, d'autres filles et garçons parlent tous en même temps.

Vous essayez de comprendre ce qu'ils disent, mais ensuite vous regardez une grande toile avec l'image de Boris Karloff (?) maquillé en créature de Frankenstein, avec une tasse dans une main et un morceau de pain mordu dans l'autre. La légende énonce une vérité ancestrale : « Rien de tel qu'un petit café et un casse-croûte pour revenir à la vie. » En arrière-plan, de l'autre côté, on peut lire « Chirurgie maxillo-faciale. Montrez votre meilleur visage et un sourire irrésistible » et l'image des différentes versions de la créature des suites et des pré-épisodes de Alien, le huitième passager. Vous vous tâtez instinctivement les joues et oui, vous tremblez.

Il y a beaucoup de lumières clignotantes de couleur, un grand réfectoire (vous arrivez à lire « ZAPATISTE » et « BIENVENUE »), et vous alliez dire qu'il fait froid et que vous prendriez bien un café chaud et peut-être bien quelque chose à manger, quand vous voyez, sur un des murs de la salle, une autre banderole avec la photo d'Edward James Olmos qui annonce : « Sushi arrosés. Cours d'origami. Élimination de parasites. Nœuds papillons. Gaff & Company ». En haut, comme suspendue dans le ciel, l'image animée de la geisha de Blade Runner. Vous arrêtez un instant, essayez de deviner comment ce truc-là est possible, mais les gens derrière vous poussent.

Presque à la fin de « la route des stations », il y a une table avec une grande maquette de ce qui pourrait être une construction, avec un panneau qui dit « Projet de théâtre », et une boîte qui sert de tirelire où il est précisé « Donations anonymes ». Derrière un magasin d'artisanat, l'image d'un « Alien » fait la réclame de foulards et de masques pour dormir.

Puis un chemin pavé de lumière et la silhouette d'une grande étoile rouge, et, au milieu de décombres apparemment placés à cet effet, des images changeantes d'un décor dystopique. Dans la forêt, en haut de la montagne, on devine des lumières vacillantes. Oui, comme si, au lieu d'un arbre, les zapatistes avaient orné toute la montagne de lumières et les arbres de la forêt n'étaient que les branches de ce grand pin obèse.

Vous pensez qu'il vaut mieux s'en retourner, rien de tranquillisant ne se passe dans les terres du zapatisme… du moins pas pour vous. Chaque fois que vous venez, vous vous retrouvez avec un sentiment d'insatisfaction et de scepticisme à l'égard de vous-même. Et il vous faut beaucoup de bain de vie quotidienne urbaine pour revenir à la normale. Alors vous tardez un peu, cherchant l'occasion de vous en retourner sans que les enfants vous voient…

Mais ensuite vous la voyez et vous vous arrêtez.

Vous vous dites que vous avez vu de tout, que c'est à ça que servent l'Internet et le haut débit, mais ce que vous voyez maintenant est tellement illogique que… Bon, vous sortez votre téléphone portable et vous tentez une photo panoramique, mais presque immédiatement vous comprenez que c'est impossible. Vous auriez besoin d'un satellite pour capter l'ensemble, parce que ça se voit que tout ça est une pièce d'un puzzle et pour le compléter, vous devez marcher… et fermer les yeux.

Mais quand vous les rouvrez, elle est toujours là. Une grande construction. Une sorte de galerie qui, défiant les lois de la physique, s'étire jusqu'à se perdre entre les arbres, dans la peau humide de la montagne. Une nef dont la figure de proue est une étoile rouge à cinq branches. Vous ne seriez pas surpris si, sur le côté devant vous, des écoutilles s'ouvraient et en sortaient des dizaines, des centaines, des milliers de rames… et si vous trouviez à l'intérieur, « écrivant sur la mer », le Manchot de Lépante. On dirait un galion. Ou un baleinier…. Non, plutôt une baleine errante qui, s'efforçant de nager à contre-courant et en montée, repose maintenant entre les arbres et les gens. Oui, beaucoup de gens. De toutes les tailles. Et de toutes les couleurs, car bien qu'il semble que la plupart d'entre eux aient le visage caché, leurs vêtements sont comme un kaléidoscope se déplaçant autour du grand cétacé, absurde dans son repos au milieu de la montagne, car absurde est tout ce qui s'y passe.

Non, il ne vous est pas venu à l'esprit que ce pourrait être le navire « Pequod », mais la légendaire Moby Dick, la baleine obsession d'Achab, de Gregory Peck et de Herman Melville.

« Festival du film », vous vous souvenez avoir lu sur plusieurs panneaux. Mais il n'y a aucune référence au film de John Huston ou au roman de Melville. Alors vous vous souvenez de ce que les zapatistes ont dit un jour : « Nous, femmes et hommes, nous parlons pour un autre temps. Notre parole sera comprise dans d'autres calendriers et géographies. » Pourtant, vous êtes prêt à répondre « Appelez-moi Ismaël » si quelqu'un vous demande votre nom, mais alors vous regardez attentivement les trois grandes toiles qui couvrent le mur latéral et, au milieu, celle d'un corps bordé de lances et de cordes, on peut lire :

Trempülkalwe

« C'est une langue mapuche, ou mapudungun », entendez-vous quelqu'un expliquer à quelqu'un d'autre. Un peu plus haut, une autre inscription affirme : « MARICHIWEU ! Dix, cent, mille fois nous vaincrons. » Et, comme pour le confirmer, tout autour, dix, cent, mille personnes encapuchées, rameurs de cette paradoxale galère de bonne voile. Jeunes hommes, femmes et autres zapatistes. Comme pour dire que chacune de leurs existences, de leurs vies, était une victoire sur un passé qui leur promettait mort et oubli.

Ici, dans les montagnes du Sud-Est mexicain, vous rencontrez ce cri de résistance et de rébellion mapuche. Pourquoi le zapatisme salue-t-il ainsi et ici les indigènes ? Pourquoi cette volonté d'invoquer une histoire ancestrale de résistance et de rébellion du sud le plus profond du continent et de venir la semer dans cette montagne qu'on appelle aussi « Tulan Kaw » (« cheval fort » en tojolabal et tseltal) et ainsi réunir, de manière irrationnelle, anachronique, deux résistances et rebellions ayant le même objectif : défendre la Terre mère ?

Vous essayez de déchiffrer ce casse-tête lorsque la bande des enfants vous pousse dans le ventre de la baleine… ok, de l'auditorium. Des bancs en bois, nombreux, échelonnés suivant la pente de la montagne, une scène avec des tables et trois écrans (la version zapatiste de la 3D), des baffles, des câbles comme des tripes en désordre.

La petite fille vous dit : « Tu nous attends ici. Nous allons chercher des pop-corn. Vous essayez de lui dire que vous n'avez pas vu de stand de pop-corn, mais la bande d'enfants disparaît et quittent l'intérieur du cétacé… ok, de l'auditorium. Pendant que vous attendez, vous observez à l'intérieur de la construction. Sur les bancs, des êtres de toute sorte. Sur la scène, des gens qui, vous le supposez, créent du cinéma. Et c'est qu'ils parlent de cinéma, mais on dirait qu'ils répondent à des questions qu'apparemment personne ne leur a posées… du moins personne de visible. Ou bien ils parlent pour eux-mêmes.

La petite fille et sa bande reviennent en courant, portant tous des sachets de pop-corn. La fillette vous donne un sachet en vous expliquant : « Je n'ai pas mis beaucoup de sauce parce que et si tu as mal au ventre après. » L'entrée du groupe des enfants est comme un signe, et les gens sortent en foule. Ceux qui sont sur la scène soupirent de soulagement. Quelqu'un avoue : « Je me souviens pourquoi je me suis consacré au cinéma ! » Un autre : « C'est comme un film d'horreur mélangé à un thriller et à de la science-fiction, et je crains que le scénario ne me réserve rien de bon. » Un autre plus loin : « Eh bien, je ne savais pas quoi lui répondre, elle posait trop de questions. » « C'est vrai, dit un autre encore, comme être au tribunal, mais sans avocat défenseur… et sachant que vous êtes coupable. »

La petite fille vous dit à l'oreille : « Si le SupGaleano vient nous chercher, tu lui dis que nous sommes là depuis le début, que tu as apporté des pop-corn de la ville et les a partagés avec nous. Même si tu vois qu'il se fâche, toi tiens bon, rien de rien, résistance et rébellion. » On entend dans un haut-parleur : « Nous vous remercions de toute information sur l'endroit où se trouve un chien-chat, il est recherché pour vol de matériel stratégique du commandement général. Il est censé être accompagné d'un groupe de petites filles et de petits garçons qui… bon, oubliez les filles et les garçons, mais le chien-chat est facile à reconnaître. » Le susdit se cache dans le giron de la petite fille et, oui, vous jureriez qu'il a un sourire malicieux.

Vous vous demandez s'il faut mentir ou non à un sous-commandant, quand les gens reviennent tous avec des sachets de pop-corn odorants, prennent place et, sur la scène, quelqu'un dit : « Est-ce que personne ne va poser une question frivole ? Je veux dire, pour revenir à la normale et que tout le monde pense que c'est un festival de ciné comme les autres. »

« Eh bien, vous vous dites, un festival de cinéma où l'on attend des explications, des raisons, des réflexions. Comme si un grand point d'interrogation apparaissait à l'écran et que tout le monde, tout le monde, toutes et tous attendaient… attendent quoi ? » La jeune fille vous confie : « Nous sommes un peu contents parce que sont venus ces personnes qui font des films. C'est que, et si ils sont tristes, ou si leur cœur se sent mal de ne pas savoir où sont leurs bébés ? Pas vrai ? Alors, nous les invitons à venir nous dire s'ils vont bien, ou mal ou selon. Et si elles dansaient et mangeaient du pop-corn et que leurs cœurs se réjouissent », dit la petite fille la bouche pleine et les joues tachées de sauce.

Il semble qu'il y a une pause, et donc tout le monde sort, y compris vous. À votre surprise, il y a maintenant un stand de pop-corn sur roue qui, tel un cerf-volant plein de lumières, traîne une longue file d'enfants qui attendent leur tour. Il y en a un autre plus bas. Et on peut en deviner un autre plus loin. Vous faites la queue et, une fois pourvu de votre sachet de pop-corn, vous regardez ce cinéma absurde et son penchant rebelle, défiant la logique et la loi de la gravité…

La mythique baleine mapuche, Mocha Dick, qui remonte la montagne à la nage, avec tous ces gens sur le dos… « et, au milieu de tous, un grand fantôme en capuche, comme une montagne enneigée dans les airs » (Moby Dick, Herman Melville, 1851).

Un cétacé irrévérencieux comme pièce d'un puzzle.

Le cinéma comme quelque chose de plus, beaucoup plus qu'un film.

Comme si c'était ici une pièce d'un puzzle plus vaste : vous avez vu une grande affiche annonçant un festival de danse, une autre sur un forum sur la défense du territoire et de la Mère Terre, un autre sur une rencontre internationale de femmes qui luttent, un autre sur un anniversaire, et des signaux, beaucoup : ceux qui pointent vers les toilettes, les douches, l'Internet, l'épicerie, « Un monde où tiennent beaucoup de mondes », ainsi que ceux du conseil de bon gouvernement, de la commune autonome rebelle zapatiste, de la commission d'information et de vigilance… et vous ne seriez pas surpris de rencontrer Elías Contreras, fumant et assis devant une cahute où on lirait sur le linteau de la porte « Commission d'enquête ».

Il y a beaucoup de pièces éparses que vous détectez. Parce que vous voyez d'autres personnes qui se différencient des locaux seulement par leur badge « Congreso Nacional Indígena » et, bien sûr, parce qu'elles n'ont pas de visage caché ; ainsi que des « citoyennes et citoyens », comme les zapatistes appellent ceux qui vivent ou survivent dans les villes.

Et vous désespérez de savoir qu'il y a et qu'il y aura d'autres pièces encore.

Comme si le zapatisme s'obstinait à défier l'humanité avec des énigmes… ou avec la silhouette d'un monde, d'un autre monde.

Comme si votre vie importait à quelqu'un que vous ne connaissez pas. Quelqu'un pour qui vous avez fait peut-être beaucoup, peu ou rien, mais qui tient compte de vous.

Comme si c'était seulement là que tu avais compris que cet « Escargot de notre vie » t'inclut toi et les tiens… dix, cent, mille fois.

Et cette pièce du puzzle, le cinéma, comme la vie, à l'intérieur d'une baleine qui remonte, blessée aux flancs, les montagnes du Sud-Est mexicain…

Mais c'est impossible… ou pas ?

Sur la base de ce qui précède, la Commission Sexta de l'EZLN invite les hommes, les femmes, les autres, les enfants et les personnes âgées de la Sexta, du CNI et des réseaux de résistance et de rébellion du monde entier, et, bon, les cinéphiles qui le peuvent et le veulent, au FESTIVAL DE CINEMA

« PUY TA CUXLEJALTIC » (« Escargot de notre vie »)

dont la deuxième édition se tiendra au Caracol zapatiste de Tulan Kaw,
dans les montagnes du Sud-Est mexicain, du 7 au 15 décembre 2019.

Les films qui seront projetés et les activités du festival seront rendus publics prochainement sur le site du festival.

Des montagnes du Sud-Est mexicain.

Le SupGaleano,

poursuivant la mutation la plus redoutable du Xénomorphe : le Chat-Chien.

Quoi ? Eh bien, il a volé mes pop-corn. Et le cinéma sans pop-corn, c'est… comment l'expliquer ?…
comme des tacos sans sauce, comme Messi sans ballon, comme un âne sans corde, comme un pingouin sans frac,
comme Sherlock sans Watson, comme Donald Trump sans Twitter (ou vice versa)…
Hein ? ok, c'était un autre mauvais exemple.

Mexique, décembre 2019.

source : Enlace zapatista

traduction : Joani

Masiva marcha y mitin en el Ejido Tila para celebrar su cuarto aniversario de autogobierno

    Chiapas, México @Pozol. 16 de diciembre. Con una masiva marcha y mitin el Ejido Tila, celebra el cuarto aniversario de haber retirado de sus tierras a la presidencia municipal y partidos políticos. Luego de largas décadas de padecer medidas arbitrarias en su contra por parte la alcaldía, el 16 de diciembre de 2015 los indígenas Choles decidieron ejercer su autonomía ejidal y ser ell@s los que determinaran las decisiones trascendentales de su comunidad.


    L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes souriantes, foule et plein air

    Es en un contexto en donde la opinión de los pueblos originarios con respecto al futuro de su tierra y territorio es ignorada (dígase tren maya o corredor interoceánico), en que cobra relevancia los procesos de autonomía como los del ejido Tila. Y son las fuertes raíces de lucha y resistencia, heredadas de sus abuelos, que hace más de ocho décadas se organizaron para el reconocimiento de su ejido, lo que les permite y permitirá a los indígenas choles, continuar y fortalecer su libre autodeterminación; y también decidir ell@s mism@s, que futuro quieren para sus hijos, que como lo han demostrado hasta ahora, va en dirección del cuidado de la madre tierra y su cultura heredada desde los Mayas.


    Pero el camino en este último año no ha sido fácil, en marzo pasado los también integrantes del Congreso Nacional Indígena (CNI), exponían otra más de las argucias de la alcaldía y caciques de la zona por recobrar el poder político. En esa ocasión evidenciaron que “el registro del falso comisariado que se autonombró fue presentando una supuesta convocatoria de fecha 17 de mayo del 2015, para elegir al C. Eduardo Gutierrez Martinez como comisariado ejidal para 2015-2018, falsificando firmas del exconsejo de vigilancia del 2012-2015 C. Lorenzo Jimenez Ramirez, C. Carmen Lopez Lugo, actual consejo de vigilancia y C. Diego Gutierrez Martinez, haciendo una lista de 880 ejidatarios reconocidos ante el Registro Agrario Nacional (RAN), falsificando firmas y huellas hasta de los muertos”.

    Por eso ya desde la asamblea general celebrada el 3 de febrero de este año, al recibir la información de cómo fueron falsificadas sus nombres y huellas de los asambleístas, condenaron todos totalmente la corrupción y aprobaron denunciarlo en todos los medios de comunicación nacional e internacional.

    En junio los ejidatarios nuevamente denunciaban que en los anexos Cantioc y Unión Juárez del Ejido Tila, “los operadores del ayuntamiento que usurpan el nombramiento del ejido, utilizan programas de gobierno para juntar firmas y seguir engañando y generando problemas para atacar la autonomía ejidal; que es la libre autdeterminación de la asamblea general”.

    A finales de julio los injtegrantes del CNI, informaban de había sido detenido “un miembro del grupo “pseudo legales” por agredir a autoridades ejidales de Tila”. En esa ocasión exponían que “el grupo oficialista “pseudo legales”, operadores políticos y ejidatarios “torcidos” presionan con engaños al gobierno del estado para enviar fuerza pública”, contra los ejidatarios en resistencia. Y recordaban que “el ROBO del nombramiento del Registro Agrario Nacional es un delito, aunque se presuman Comisariados Pseudo Legales. Estos “pseudo legales” son una creación de operadores, traidores “torcidos”, movidos por sus jefes paramilitares del Ayuntamiento y caciques, son un engaño, nacidos del robo, la mentira y la falsificación operada por el Ayuntamiento corrupto y funcionarios federales del RAN Delegación Chiapas. Siguen buscando todas las formas para que regrese el Ayuntamiento paramilitar y delincuente a gobernar Tila”.

    En julio como es costumbre, los indígenas del norte de Chiapas, celebraron el 85 aniversario de la resolución presidencial que los reconocía como ejido. Durante el mitin de la celebración una a una fueron enumerando las agresiones hacia su pueblo y enfatizaban que “no puede pasar inadvertido todas las injusticias que soportaron nuestros abuelos, nuestros padres”, y como ejemplo mencionaban “los despojos de 130 hectáreas de la comunidad y los despojos individuales; así como los conflictos armados, quemas de casas en 1970; las 27 órdenes de aprehensión en 1981; los asesinatos cometidos de un hijo del ejidatario c. Nicolás Jiménez García; el asesinato de Pascual Sánchez Solís, en manos del entonces presidente municipal Jesús Artemio Decelis Guillen; las amenazas del grupo paramilitar desarrollo paz y justicia en el año 1999, que arribaron en camionetas y volteos armados con machetes y armas de fuego en sus mochilas por órdenes del presidente municipal profr. Carlos Torres López, proveniente de mariscal Subicuski, municipio de Tumbala”, entro otras agresiones las cuales hacen entender el por qué el ejido decidió retirar a la alcaldía de sus tierras.

    “Compañeras y compañeros quisieron modificar nuestra resolución presidencial modificando nuestros planos, insertando una nota y punto de acuerdo con otro plano regulador , con catastros desde 1943 y para mayor engaño solicitaron la demarcación y el decreto emitido num. 72 y el diario oficial, pero como es local y nuestros documentos son federales, todos esos actos se han declarado inconstitucionales. Por eso hoy en día seguimos celebrando nuestra resolución presidencial que es para beneficio de nuestros hijos y nietos”, puntualizaban las y los indígenas Choles.

    Durante el resto del año el hostigamiento continúo hacia los ejidatarios de tila. En un comunicado detallaban que: “el 10 de agosto del 2019 como a eso de las 21: 00 horas de la noche fueron fuertemente amenazados con armas de fuego de diversos calibres nuestros compañeros y compañeras; así como, niños y ancianos en la localidad de Misijá anexo al ejido Tila. las personas armadas eran lideradas por el c. Emilio Gutiérrez Martínez, originario de la misma localidad y realizaban disparos al aire libre desestabilizando la paz pública; llegando al grado de que el c. Maximiliano López Pérez, empuñara un arma calibre 20 apuntando a escasos metros al c. Wulfrano López Martínez, representante del comisariado ejidal en la comunidad, quien fue nombrado por la asamblea”.

    “Estas personas están provocando un enfrentamiento ya que no les hacen caso en las dependencias de gobierno, porque se valen de falsedades y mentiras acusándonos que estamos violentando la paz social, cuando son ellos los que lo están haciendo y lo están demostrando financiados por el corrupto arq. Limber Gregorio Gutiérrez Gómez, actual presidente municipal; que los tiene trabajando para él, condicionándolos con despensas. Su objetivo de estas personas armadas es para desviar la ejecución de los amparos ganados, porque ya no puede regresar el ayuntamiento a Tila y porque tiene que pagar y reparar todo el daño que ha ocasionado, que es lo que ordeno la suprema corte”, aclaraban los ejidatarios autónomos.
    “Alertamos a todas las organizaciones sociales por lo que pueda suceder posteriormente; ya que, las amenazas se han aumentado; pero seguiremos defendiendo pese a las amenazas, porque nosotros tenemos nuestra documentación ejidal y somos la asamblea. Como máxima autoridad tenemos nuestra historia, así como la razón y la fuerza de nuestro pueblo. Si el mal gobierno no detiene de manera inmediata la organización paramilitar de Limberg entonces el pueblo hará su trabajo como se expulsó al maldito ayuntamiento paramilitar y narcotraficante”, aseguraban de forma decidida los indígenas chiapanecos.

    En su último comunicado, el pasado octubre, la Asamblea del ejido Tila comunicaba: “el supuesto comisariado legal como no está nombrado en la asamblea general de ejidatarios, soló se mantiene en la comunidad de Cantioc y denunciamos que con un grupo de personas están metiéndose en tierras de ejidatarios que participan en la asamblea para provocar y quitándole sus tierras. El c. Miguel Vázquez Gutiérrez, supuesto comisariado legal y sus cómplices están violando la constitución y los derechos de los ejidatarios y ejidatarias; así como la violación de los art. 21 al 32 de la ley agraria”, y finalizaban: “exigimos al gobierno del estado y al ayuntamiento que deje de estar generando provocaciones con sus operadores políticos en este ejido. Pedimos a las organizaciones a que estén pendientes porque siguen las provocaciones hacia nuestra contra por estos malos gobiernos que quieren acabar con nuestra determinación de expulsarlos, y hacer nuestro autogobierno ejidal”.

    Con información de: https://laotraejidotila.blogspot.com/https://laotraejidotila.blogspot.com/

Fin de la XV caravana de Madres Centroamericanas de Migrantes Desapareciados: 6 reencuentros 5000kms

#Comunicado Final: la palabra de las víctimas, la palabra de las madres centroamericanas



COMUNICADO DE SALIDA
  • Se termina XV Caravana de Madres Centroamericanas de Migrantes Desaparecidos tras un recorrido de casi 5,000 kilómetros y 14 estados en territorio mexicano
  • Logra seis reencuentros entre familiares, algunos que tenían más de 3 décadas sin verse
  • Señalan cierta  apertura entre funcionarios y a la vez un grave deterioro en las condiciones de violencia, corrupción y vulnerabilidad para las personas frente el despliegue de la Guardia Nacional en las fronteras y las políticas mexicanas de contención
  • Las madres de Honduras, Guatemala, El Salvador y Nicaragua agradecen al pueblo mexicano y a las organizaciones civiles por su solidaridad y generosidad en el camino y pide a la gente que muestre la misma disposición hacia sus hijos e hijas migrantes
Tenosique, Tabasco a 3 de diciembre de 2019.- Al concluir su recorrido, los grupos de los cuatro países escribieron sus reflexiones sobre la XV Caravana y la migración actual que observaron en su paso por las rutas migratorias de Mesoamérica:

Foto: @RubenFigueroaDH
Escriben los participantes de Honduras que su país sigue siendo un país expulsor, obligando con su crisis política y la indiferencia de su gobierno a la migración forzada.  Miles de migrantes siguen muriendo y desapareciendo, debido al crimen organizado dentro del país y en México, y al endurecimiento de políticas migratorias injustas y racistas, que solo aumenta el dolor de las madres.

Foto: @MMMesoamericano
Este año la Caravana de Madres 2019 cumple “15 Años de Resistencia Activa”. Cada año nos reunimos al Movimiento Migrante Mesoamericano en pie de lucha. Hemos encontrado respuestas positivas, que nos llenan de alegría. De estos avances y reencuentros surge la esperanza para comenzar cada día la lucha por encontrar a nuestros familiares.
Este año fueron 19 días en que las madres y familiares transitamos de estado en estado de México, exigiendo justicia y verdad. Tenemos el compromiso de mantenernos organizadas en el MMM ya que es el único mecanismo de búsqueda que nos ha dado respuestas, nos ha impulsado, y nos sigue dando respuestas con el proyecto “Puentes de Esperanza”.

Foto:@RubenFigueroaDH
Por su parte El Salvador escribe: Nosotras, madres y familiares de El Salvador, consideramos que la XV Caravana de Madres Centroamericanas ha tenido muchos reencuentros. Se percibe también un poco el cambio en las nuevas autoridades mexicanas, aunque no es suficiente para lo que exigen las madres. Se requiere más búsqueda en campo, en hospitales, cárceles y donde sea necesario para encontrarles. Se exige a las autoridades el respeto a los derechos de cada migrante y sus familias. Así mismo, se exige que asuman un compromiso público en mesas de trabajo con nuestros asesores jurídicos para que puedan revisar cada expediente y hacer llegar hasta nuestros países la información.

Foto: @MMMesoamericano
Nuestros desaparecidos han salido del país tras décadas de violencia estructural, desde el conflicto armado hasta la fecha. Por parte de Pro-Búsqueda, el proyecto que busca niños y niñas desaparecidos en el conflicto armado, expresamos los más sinceros agradecimientos al Movimiento Migrante Mesoamericano, al proyecto “Puentes de Esperanza” y a la Caravana de Madres Centroamericanas por el espacio brindado para poder participar como organización en la caravana y por la alianza para hacer posible el reencuentro de una madre salvadoreña que no veía a su hijo y su hija desde hace 31 años.

Foto: @MMMesoamericano
Como madres salvadoreñas estamos profundamente agradecidas por el apoyo de cada colectivo durante la caravana—sepan que un pedacito de nuestro corazón se queda en México con todas las madres que viven el mismo dolor por sus familiares desaparecidos.
La delegación de Guatemala indica que su país se ha enfrentado con la problemática del conflicto armado por el cual migran las personas y que se enfrentan con la negativa de un gobierno hostil que no quiere visibilizar el problema de la migración forzada y se niega dar seguimiento a las denuncias interpuestas, por lo cual la población acude a organizaciones que ayudan a la búsqueda de migrantes desaparecidos como es la Caravana de Madres, presidida por el Movimiento Migrante Mesoamericano que busca migrantes desaparecidos en vida. Para nosotros de Guatemala, la Caravana ha sido una luz de esperanza y una manera muy efectiva de búsqueda para nuestras personas migrantes desaparecidas.

Foto: @MMMesoamericano
En esta ocasión del XV aniversario de la Caravana venimos personas que por primera vez hacemos búsqueda fuera de nuestras fronteras. La Caravana nos ha ofrecido muchas sorpresas, mucho aprendizaje, muchas experiencias, vivencias y emociones fuertes al recorrer el paso de nuestros migrantes. Los reencuentros que se van dando en el camino quedarán grabados en nuestra memoria y en nuestro corazón y nos mantiene con fe y esperanza, hasta encontrarlos.

Hemos visto este año más personas unirse a la búsqueda, autoridades, y medios de comunicación y colectivos de cada estado que recorrimos. Agradecemos su hospitalidad, apoyo, cariño y solidaridad con el dolor que padecemos. Nos vamos sí, pero con la esperanza de poderlos encontrar. Porque una madre y un padre nunca olvidan…

Foto:@RubenFigueroaDH
La delegación de Nicaragua nos indica se sienten comprometidas a seguir esta lucha, exigiendo sus derechos a la comisión de búsqueda y a los gobiernos. Nicaragua sufre una crisis política donde se han violentado sus derechos, y que en la actualidad se ha vuelto una crisis migratoria que está enlutando al país y sumergiéndolo en el dolor. Aunque una gran parte de la migración nicaragüense se va a Costa Rica, aumenta la migración por México, donde nuestros seres queridos han sido víctimas de la desaparición forzada, junto con miles de personas migrantes de la región.  Las madres nicaragüenses de migrantes desaparecidos nos unimos a la caravana para buscar a nuestras hijas e hijos y para exigir un compromiso de los gobiernos para llevar a cabo acciones efectivas de búsqueda y justicia.

Foto: @MMMesoamericano
El día 3 de diciembre las 38 madres y otros familiares de la Caravana de Madres Centroamericanas de Migrantes Desaparecidos y el equipo del Movimiento Migrante Mesoamericano emprenden el regreso a sus casas en Guatemala, El Salvador, Honduras, Nicaragua y México. Terminó el recorrido de este año, pero el trabajo no queda aquí. En cada una de sus comunidades, las madres siguen fortaleciendo sus organizaciones locales y nacionales, dando seguimiento a los casos, y concientizando a la sociedad sobre la tragedia de la desaparición de migrantes. Más madres se suman a la lucha organizada de búsqueda de sus seres queridos y de la verdad y la justicia. El equipo sigue trabajando en la difusión, sistematización e investigación para la búsqueda. Y juntos seguimos construyendo un gran movimiento que busca a los migrantes desaparecidos y, simultáneamente, enfrenta al sistema que los hace desaparecer, que los criminaliza, que extorsiona y explota a las personas migrantes.
En el camino, las madres han adquirido voz y fuerza, han sentido el calor humano de personas que entienden su dolor y se solidarizan con su lucha, han compartido historias, lágrimas y muchos abrazos. Cada una regresa con más confianza y más esperanza.

Foto: @MMMesoamericano
Hasta volver a encontrarse en un año, en otra caravana. Hasta encontrarlos a todas y todos

Les Zapatistes convoquent au Forum en défense du territoire et de la terre mère et contre le capitalisme!

tags : ezln, pl-fr,

CONVOCATION À LA RENCONTRE EN DÉFENSE DU TERRITOIRE ET DE LA TERRE-MÈRE

 
AUX PEUPLES DU MEXIQUE ET DU MONDE,
A LA SEXTA NATIONALE ET INTERNATIONALE,
AUX RÉSEAUX DE SOUTIEN AU CONSEIL INDIGÈNE DE GOUVERNEMENT,
AUX MÉDIAS,


21 novembre 2019
 
Le capitalisme, depuis sa naissance, est un système économique contraire à la vie humaine et contraire à notre terre-mère car il ne peut se reproduire, dans sa logique d’accumulation et de profit, que par l’exploitation toujours plus forte du travail humain et par la spoliation permanente des terres et des territoires des peuples du monde entier, principalement les peuples originaires.

 
Le capitalisme, dans son actuelle phase néo-libérale, assume des formes toujours plus monstrueuses, déclarant une guerre franche contre l’humanité et contre la terre, notre mère. Le développement économique actuel, basé à l’échelle planétaire sur la prééminence du capital financier qui domine des peuples, des nations et des continents entiers ; soutenu par la grande industrie militaire et extractiviste ; se développant par le biais de guerres réelles ou fictives, par la profusion du crime organisé, ainsi que par le biais d’invasions et de coups d’Etat, amène, dans son insatiable logique d’accumulation et de consommation capitaliste, à une limite qui met en danger les condition de la vie humaine sur la planète.
 

De plus le système actuel, avec son organisation patriarcale héritée de systèmes et de civilisations antérieures mais approfondi durant les derniers siècles, s’exhibe comme un violent ennemi non seulement de l’humanité, mais particulièrement des femmes et de notre terre-mère. Cela veut dire que l’exploitation et la profonde violence structurelle envers les femmes est propre au capitalisme, bien qu’elle soit née auparavant ; la propriété capitaliste, base de ce système, ne peut s’expliquer ni se comprendre autrement que comme partie d’un système patriarcal de domination sur les femmes et sur la terre.

Le Mexique et le reste des pays du monde sont dominés par ce que l’on nomme le capitalisme, et même les pays qui se disent avec des gouvernements de gauche ou progressistes ne peuvent y échapper, et donc l’humanité avance vers l’abîme avec ce système destructeur. C’est pour cela qu’il devient urgent de défendre la vie humaine, et de défendre la terre depuis une perspective clairement anticapitaliste et antipatriarcale.



Et c’est dans le cadre de cette tâche immense que :
NOUS CONVOQUONS
AU FORUM EN DEFENSE DU TERRITOIRE ET DE LA TERRE-MÈRE

Qui se tiendra les 21 et 22 décembre 2019 au Caracol JACINTO CANEK 
(CIDECI de San Cristóbal de las Casas, Chiapas, Mexique)



Avec les axes de discussion suivants :



AXES DE DISCUSSION

Dévastation environnementale et destruction de la terre-mère dans le capitalisme actuel : un diagnostic.


Spoliation du territoire indigène, paysan et urbain, spoliation des biens communs, guerres d’occupation, extractivisme et crime organisé : les agressions croissantes.


Capitalisme et patriarcat : violence structurelle contre les femmes et la terre-mère.


Construction d’alternatives anticapitalistes et antipatriarcales : notre lutte est pour la vie.


    CORDIALEMENT,

    Novembre 2019.
    Pour la reconstitution intégrale de nos peuples
    Jamais plus un Mexique sans nous

    CONGRÈS NATIONAL INDIGÈNE / CONSEIL INDIGÈNE DE GOUVERNEMENT 


    Sup Galeano anuncia varios tipos de danza y performance para el festival de danza "BAILATE OTRO MUNDO"

    tags : ezln, festival, galeano, pl-fr,
    COMISIÓN SEXTA DEL EZLN.
    MÉXICO.
    Diciembre del 2019.
    Al Congreso Nacional Indígena-Concejo Indígena de Gobierno:
    A las personas, grupos, colectivos y organizaciones de la Sexta nacional e internacional:
    A las Redes de Resistencia y Rebeldía:
    A quienes gustan de la Danza:

    CONSIDERANDO QUE:

    Primero y único:
    BAILA UNA BALLENA.

      La montaña iluminada.  El eco del cine -no de una película, sino del cine como comunidad-, todavía deambula por entre ocotes encendidos, el azul nostálgico del caballo, Tulan Kaw, el guiño de luz de “bienvenid@s” y la luz desafiante de “ZAPATISTAS”.

      Usted ha tratado de salir de aquí, pero, de alguna forma que no logra explicar, no puede… o no quiere.  En la ya noche, siempre fría, usted recorre la planada donde, horas antes, la serpiente de las estaciones le traía recuerdos de ferias pueblerinas, lejanas en calendario y geografía.

      Su mirada se detiene en los carteles del rompecabezas: “II Encuentro Internacional de Mujeres que Luchan”, “Foro en Defensa de la Madre Tierra”, “26 Aniversario”. “II Festival de Cine Puy Ta Cuxlejaltic”, “Primer Festival de Danza Báilate otro mundo”.


      Una ráfaga de aire hace temblar el gran anuncio.

      ¿Se puede bailar el aire?

      La danza, aparentemente tan lejana de todo, ¿puede trazar sólo con movimientos un sueño?

      Sí, usted tal vez desvaría.  Puede ser por el frío, o por esa irreverente estrella roja que cintila en la punta del cerro.

      En eso está, cuando la niña y su pandilla llegan y le rodean con su bulla entusiasmada.  “¡Va a haber baile!”, le gritan brincando.  Bueno, la niña a quien llaman “La Calamidad” apenas levanta un poco los talones, pero su alegría es semejante a la de las demás.  Lo del baile no entusiasma al Pedrito, el escéptico de la banda, y sentencia: “De por sí hay baile cada tanto, no veo la razón del escándalo”.  Defensa Zapatista abre su método pedagógico con un zape y prosigue: “Va a haber baile pero colgado de una nube.  O sea que no cualquiera”, y realiza un impecable movimiento de ron de jambe par terre en dehors.  El gato-perro no quiere quedarse atrás y, obvio, se suma con un pas de chat.
      “¡Va a haber baile!” repiten las niñas, no a coro porque son bastante disparejas.

      Una insurgenta (usted la identifica por su uniforme) llega corriendo y dice: “¡Calamidad, veníte, que lo van a bailar la ballena!”.  La Calamidad sube a toda velocidad -que tampoco es mucha que digamos-, la ligera cuesta que lleva a las entrañas de la ballena de madera aún reposando… o recuperándose de las heridas de arpones, mentiras y olvidos.  Defensa Zapatista carga al gato-perro en brazos y le sigue.

      La Esperanza Zapatista se queda discutiendo con el Pedrito, quien señala que no sólo es imposible bailar una ballena, también que es imposible que se encuentre un cetáceo (así dice) en medio de las montañas del sureste mexicano.  Usted no se entera del final de la discusión, aunque supone su desenlace –Esperanza, aunque le llega a la cintura al Pedrito, suele terminar cualquier discusión con un “hombres, no ven más allá de sus narices… y son chatos”-.

      Usted decide seguir a Defensa Zapatista, al gato-perro y a la Calamidad.  Le siguen la Esperanza Zapatista y un Pedrito rezongando porque tiene hambre.

      Se adentran en las entrañas, ahora casi vacías, del gigantesco animal.  Un grupo de danzarines practica sus movimientos. Ellas, elloas y ellos recorren el templete que, contradiciendo su vocación, no está más elevado que las plateas, sino más bajo.

      Usted se sienta y, más que mirar los ejercicios y pasos ensayados, pone atención en la reacción de la pandilla.  La Calamidad, inspirada, se ha subido a una de las bancas e intenta un echappe simple y, al caer sobre la tabla, ésta se rinde (la tabla, se entiende).  “¡Calamidad!”, le grita Defensa Zapatista.  Pero la Calamidad ya se subió en otra banca y repite el paso… y la tabla rota.  A la quinta banca quebrada, un pelotón de milicianas trata de sujetar, inútilmente, a una Calamidad que se reitera en su intento de desafiar la ley de gravedad… y de la lógica.

      El escándalo que sigue –la Calamidad brincando de una banca a otra con una agilidad fuera de los límites de su cuerpo, las milicianas tratando de rodearla y someterla, el gato-perro mordiendo a las milicianas, la Defensa Zapatista tratando de detener al gato-perro, la Esperanza sacando su celular para video grabar el tumulto, el Pedrito recordándoles a todos que tal vez es mejor comer algo-, no parece perturbar a quienes se cuelgan de un viento que, debido a la ausencia de música, sólo sopla en sus corazones.

      ¿Se puede bailar una ballena herida?

      “Ah, los zapatistas, siempre como que están viendo otra película”, piensa usted para sí.  Como si cuando hablaran del mundo, no se refirieran a éste que se padece.  Como si, en una nave espacial, eligieran mirar, no el mundo que queda detrás, sino el que se esconde en algún lugar del universo… o de su imaginación.

      ¿Se puede imaginar la banda sonora de un mundo nuevo que, insumiso, surge de los escombros de otro que ya cruje imperceptiblemente?

      Entonces usted entiende… o cree entender.  Con lo de “Báilate otro mundo”, el zapatismo no está lanzando un desafío, sino una invitación.

      Mientras tanto, acorralada en el último rincón del auditorio, la Calamidad ha detenido el ataque de las milicianas, quienes escuchan, atentas, cómo la niña les explica el “juego de las palomitas” y les cuenta “la historia del maíz palomero versión Calamidad”.

      Entonces, usted siente un pequeño temblor bajo sus pies.  Duda.  Certifica.  Sí, parece que la ballena al fin se despereza y se dispone a retomar su camino loma arriba.

      Como si la danza, el arte de bailar otro mundo, le hubiera aliviado las heridas y el corazón, y le animara a seguir su absurdo empeño.

      Pero eso es imposible.  ¿O no?
    -*-
    Con base a lo anteriormente expuesto, la Comisión Sexta del EZLN, invita a los hombres, mujeres, otroas, niños y ancianos de la Sexta, del CNI y de las redes de Resistencia y Rebeldía en todo el mundo, y también a quienes puedan y quieran, al PRIMER FESTIVAL DE DANZA…

    “BÁILATE OTRO MUNDO”

    Cuya PRIMERA edición se realizará en los Caracoles zapatistas de Tulan Kaw y Jacinto Canek, en las montañas del Sureste Mexicano, del 16 al 20 de diciembre del 2019.

       Habrá exhibiciones de danza contemporánea, clásica, neo clásica, árabe, butoh, acrobacia, bailable, circo, performance, participativa, aérea, africana, dark belly dance hip hop fusión, moderna, hula hula y manipulación de fuego.

      También se impartirán talleres (abiertos al público) de: danza contemporánea, expresión corporal, malabar, danza africana, danza árabe.  Además de pláticas y exposición fotográfica.

      Las actividades se realizarán en:
    .- El caracol de Tulan Kaw los días 16, 17 y 18 de diciembre del 2019, a partir de la 1000.
    .- El caracol Jacinto Canek (en las instalaciones del CIDECI en San Cristóbal de las Casas, Chiapas), los días 19 y 20 de diciembre del 2019.

    Desde las montañas del Sureste Mexicano.

    El SupGaleano.
    Con su hermoso y bien formado cuerpo () adolorido por haber intentado un Temps Levé Coupe.  No se burlen, me salió bien… bueno, más o menos… ok, ok, ok, no me salió.

    México, diciembre del 2019.

    "Patriarcat et capitalisme", "la guerre capitaliste dans le monde et envers nos peuples": Programme du IV Congrès National Indigène

    tags : cni, guerre, pl-fr,

    CONVOCATION A LA QUATRIÈME ASSEMBLÉE NATIONALE DU CONGRÈS NATIONAL INDIGENE (CNI) ET DU CONSEIL INDIGÈNE DE GOUVERNEMENT (CIG)


    7 novembre 2019

    Suite à l’accord pris par la Commission de coordination et de suivi du Congrès National Indigène et du Conseil Indigène de Gouvernement, nous nous adressons aux peuples du monde pour leur faire savoir qu’en application des diverses dispositions de notre assemblée générale, et considérant :





    Qu’au sein des peuples qui formons le Congrès National Indigène et le Conseil Indigène de Gouvernement, nous sommes en train de vivre une guerre qui vient d’en haut et qui mise sur la destruction de la terre-mère afin de faire des millions de bénéfices en vendant les minéraux, l’eau, les forêts, les rivières, en pratiquant l’extraction des hydrocarbures par le fracking, en construisant des couloirs industriels, en détruisant le territoire avec de soi-disant projets d’énergie propre, en mettant en danger les peuples du volcan à travers la centrale thermoélectrique de Huexca, en construisant l’infrastructure qui accompagne la spoliation dans le sud-sud-est du Mexique avec leurs méga-projets, en négociant avec la mort sous toutes ses formes.



    Que nous avons dû faire face à la violence et la répression venant du mauvais gouvernement à tous ses niveaux et à la présence croissante de groupes de narco-paramilitaires qui sont à son service et qui, seulement au cours de l’année 2019, ont mis fin à la vie des compañeros suivants :


    Samir Flores Soberanes du village nahua d’Amilcingo, Morelos,


    Julián Cortés Flores, du peuple mephaa de la maison de justice de San Luis Acatlán, Guerrero.


    Ignacio Pérez Girón, du peuple tsotsil de la municipalité d’Aldama, Chiapas


    José Lucio Bartolo Faustino, Modesto Verales Sebastián, Bartolo Hilario Morales et Isaías Xanteco Ahuejote du peuple nahua organisé au sein du Conseil Indigène et Populaire du Guerrero - Emiliano Zapata (CIPOG-EZ)


    Juan Monroy et José Luis Rosales, du village nahua d’Ayotitlán, Jalisco, et Feliciano Corona Cirino, compañero du village nahua de Santa María Ostula, Michoacán.



    Que les forces armées du mauvais gouvernement se sont préparées à mettre à exécution la violente reconfiguration capitaliste qu’ils appellent la Quatrième Transformation ; par laquelle ils offrent nos territoires et notre existence même au grand capital et tout particulièrement aux intérêts impérialistes des Etats-Unis.



    Que durant les différentes rencontres et espaces de partage avec les compañeras et compañeros des Réseaux de soutien au CIG, des Réseaux de résistance et rébellion et de la Sexta nationale et internationale, nous avons décidé de continuer à nous renforcer ensemble, pour donner de la grandeur à la lutte pour la vie et pour démonter ce système mortifère.



    Que le harcèlement des groupes armés s’est intensifié de manière alarmante dans les territoires de nos peuples originaires, particulièrement là où l’organisation mise sur la formation de notre réseau de résistance et rébellion, parmi nous qui constituons le CNI-CIG, et



    que nous qui sommes le CNI-CIG, nous vivons et nous comprenons la guerre du capital contre les peuples du monde, raison pour laquelle il est impératif d’établir collectivement des critères pour notre pari qui est celui de la vie pour notre mère la terre et pour les peuples du monde,





    Nous convoquons les peuples, nations et tribus indigènes du Mexique et au-delà du Mexique à participer à la

    QUATRIÈME ASSEMBLÉE NATIONALE DU CONGRÈS NATIONAL INDIGENE (CNI) ET DU CONSEIL INDIGÈNE DE GOUVERNEMENT (CIG), qui aura lieu au 
    CARACOL JACINTO CANEK (AU CIDECI DE SAN CRISTÓBAL DE LAS CASAS, CHIAPAS)
    DU 18 AU 20 DECEMBRE 2019

    avec L’ORDRE DU JOUR suivant :
    18 décembre : Tables de travail :
     La guerre capitaliste dans le monde, dans le pays et envers nos peuples.
     Bilan des travaux du CNI-CIG.
    19 décembre : Conclusion des tables de travail ensemble et plénière – espace ouvert aux médias et aux observateurs.
    20 décembre : Atelier national du CNI « Patriarcat et Capitalisme ».

    L’assemblée nationale du CNI-CIG se tiendra à portes fermées et son accès ne sera autorisé qu’aux déléguéEs, conseillerEs et représentantEs des peuples du CNI-CIG ainsi qu’aux invitéEs spéciaux. Ces dernierEs seront contactéEs par la Commission de coordination et de suivi du CNI-CIG. Les observateurs et les médias sont pour leur part invitéEs à participer aux espaces publics spécifiés dans la même convocation, et dans les espaces qui seront déterminés pour cela durant le déroulement de l’évènement.
     
    Les courriers électroniques suivants sont mis en place pour l’enregistrement préalable : 

    Pour les délégués et représentants des peuples du CNI : congresonacionalindigena@gmail.com

    Pour les médias : comunicacion@congresonacionalindigena.org

    Pour les compañeros de la sexta nationale, internationale et des réseaux : comunicacion@congresonacionalindigena.org

    BIEN À VOUS
    Novembre 2019

    Pour la reconstitution intégrale de nos peuples
    Jamais plus un Mexique sans nous

    Congrès National Indigène
    Conseil Indigène de Gouvernement 
    Armée Zapatiste de Libération Nationale

    Juan de la Cruz Ruiz Libre !!!

    Palabras de Juan de la Cruz Ruiz en libertad


    San Cristóbal de las Casas, 13 de diciembre de 2019
    Hermanas y hermanos
    Compañeras y compañeros del Centro de Derechos Humanos Fray Bartolomé de las Casas, cariñosamente conocido como Frayba
    Al Grupo de Trabajo No Estamos Todxs
    A lxs compañerxs de Sweford, a lxs Sipaz
    A los medios libres
    A los medios de comunicación Estatal, Nacional e Internaconal
    Al público en general que nos honran con su presencia en estas horas de la mañana
    Y darles las gracias a cada uno de ustedes por estar siempre al pendiente de nosotros desde el pasado 15 de Marzo en este año en curso que iniciamos la huelga de hambre, por una causa justa y digna. Como integrante de la Organización La Voz de Indígenas en Resistencia, adherentes a la Sexta Declaración de la Selva Lacandona del Ejercito Zapatista de Liberación Nacional.

     
    Mi nombre es Juan de la Cruz Ruiz, esta es mi palabra y este es mi caso:
    Hace más de 12 años atrás, me acuerdo muy bien la fecha, un 28 de febrero del año 2007. Donde llegaron aproximadamente como 15 agentes judiciales  en mi domicilio, me interrogaron: "Sí soy Juan". En ese momento me agarran del brazo, me torturan sin lástima y no presentaron ninguna orden de aprehensión y fui sometido a torturas durante dos días y dos noches. Soy sobreviviente de la tortura, la fiscalia al obtener estas pruebas bajo tortura. Me dictaron el auto de formal prisión. Después, a los dos años de proceso, y a pesar que yo presenté todos mis testigos y pruebas me dan sentencia de 11 años de cárcel por homicidio simple. Después me obligan a meter apelación. A los 3 meses regresan en resultado donde subió mi condena a 14 años más. Me perjudicó, llegó a 25 años. También en el 2008 me fabricaron el delito de extorsión ya estando preso, donde también me dieron 5 años de prisión que suman en total a 30 años de cárcel. Delitos que jamás he cometido en mi vida, y en mi declaració preparatoria no me dieron un traductor, por lo cual, fui víctima de diversas violaciones a mis derechos en mi proceso legal.
    Desde ese día de mi detención mi vida se vió truncada, se acabó totalmente, destruyeron mis sueños, mis planes de fururo. Me separaron con mis familiares, destruyeron nuestras vidas. Causaron grandes enfermedades, me alejaron de mis tres hijos. Nunca los vi crecer y nunca los pude disfrutar. Nunca pude darles el amor de papá y el cariño de un padre.
    Por estas injusticias nos organizamos dentro de los penales, para alzar nuestra voz y luchar para recuperar nuestro derecho, nuestra libertad que nos quitaron. Nos destruyeron nuestras vidas.

    Como gente indígena que somos, somos víctimas de abuso, de maltrato, de discriminación. Ignorados con los malos gobiernos. Por esta razón el pasado 15 de marzo, en este año en curso, nos declaramos en la huelga de hambre indefinida en exigencia de justicia y por nuestra libertad, ya que en nuestros expedientes hay muchas anomalías, así como la tortura y hasta el día de hoy tenemos secuelas de esta tortura a la que fuimos sometidos.

    Y como por mencionar el caso de compañero Adrián Gómez Jiménez integrante de la Organización la Voz de Indígenas en Resistencia donde estuvo 15 años en proceso, y el pasado 22 de febrero, en este año en curso, lo sentenciaron a 20 años de prisión, y nunca hubo un señalamiento en su persona, y ya lleva compurgando 15 años con siete meses. También desde el mes de noviembre de este año en curso promovió un beneficio con la Jueza de Ejecuciones, de nombre M. Guadalupe Flores Rocha presentándole todos los requisitos que la Jueza ha pedido  hasta la fecha no hay resultado. Ya ha rebasado más de 2 meses los días laborados. El Estado lo tiene secuestrado desde hace más de 2 meses.

    De igual manera, donde también estuvimos más de 130 días en la huelga de hambre, donde estuvimos hospitalizados por diferentes enfermedades que nos dio, así como infecciones en las vías urinarias, dolor de estómago, salmonolesis, calambres gastrointestinales, daños renales y hepáticos, entre otras cosas. Donde lxs Médicxs del Mundo nos dijo que en cualquier momento nos puede colapsar nuestros cuerpos. Por lo cual, el pasado 28 de Julio lo transformamos en plantón y ayuno de las 12:00 horas, hasta las 17:00 hora diario. Donde llevamos más de 5 meses.

    Y como por mencionar también sus casos a los compañeros y como integrantes Germán López Montejo y braham López Montejo, organización La Voz Verdadera del Amate, el pasado 20 de agosto en este año en curso fueron sentenciados a 25 años de prisión y a los dos días después les fue dado otros 50 años de prisión, que suman en total a 75 años de prisión. Y en cuanto a la verdad hay muchas anomalías en sus expedientes, por la cual el Estado se desquitó con los compañeros y con nosotros a pesar de estos atropellos.

    Seguirán y seguiremos  firmes con nuestra lucha, asíc omo también el compañero Marcelino Ruiz Gómez integrante de la Organización Viniketik en Resistencia donde le han prometido su libertad con la jueza de nombre M. Guadalupe Flores Rocha y hasta el día de hoy no ha cumplido su palabra.

    Y lo peor de todo, en mi caso, han pasado más de 3 años con 10 meses que ya debería de haber estado libre. Porque en el año 2011 donde solicité una sentencia suspendida dirigiéndome con el Lic. Rutilio Escandón Cadenas, ya que era el presidente de la Mesa de Reconciliación donde me otorgó mi libertad desde el pasado 12 de febrero 2016. Por lo cual he sido secuestrado durante 3 años y 10 meses.


    Atentamente
    Juan de la Cruz Ruiz


    Las Brisas celebran 15 años de lucha en defensa de sus tierras

    tags : pl-fr,

    Las Brisas, 15 años de lucha en defensa de sus tierras

    Comunidad de Las Brisas,
    municipio de la Trinitaria, Chiapas

    A 23 de noviembre de 2019.

    Hermanas y hermanos, compañeros y compañeras del pueblo Tseltal y a todos y todas que nos acompañan de otros pueblos, en especial a los hombres y mujeres de nuestra comunidad Las Brisas:


    Desde el año de 1997 empezamos a trabajar como peones en el rancho La Yuria. El patrón nos daba trabajo al partir, es decir el patrón se quedaba con la mitad de la cosecha y la otra mitad para los campesinos que trabajábamos aquí.


    El día 30 de noviembre del año 2004, decidimos tomar posesión de estas tierras que en ese momento habían sido abandonadas por el patrón. Continuamos cultivando la tierra para obtener la cosecha y poder alimentar a nuestras familias.

    El camino no ha sido fácil, hemos sido víctimas de numerosas amenazas de despojarnos de nuestras tierras, sin embargo continuamos resistiendo. El rancho la Yuria ha quedado atrás y hemos construido nuestra comunidad: Las Brisas.

    Saludamos a los hermanos y hermanas de otros pueblos, comunidades, organizaciones, colectivos que han estado en esta comunidad compartiendo sus luchas con nosotros, con nosotras, solidarizándose con nuestra causa. Les decimos aquí estamos, aquí seguimos.

    Por nuestra organización comunitaria y defensa de la tierra, en el año 2016 se nos otorgó el reconocimiento jCanan Lum por parte del obispo Raúl Vera y otras organizaciones participantes.

    Nos solidarizamos con los que han recibido el reconocimiento jCanan Lum y han sido víctimas de amenazas. Desde esta comunidad les abrazamos, les decimos que nos unimos a sus luchas y aquí les esperamos con nuestros brazos abiertos.

    Desde nuestra comunidad rechazamos toda forma de violencia hacia las mujeres. Luchamos por un mundo más justo, por una vida digna, donde las mujeres seamos escuchadas y nuestras vidas respetadas y valoradas. Adelante compañeras, las mujeres de Las Brisas les abrazamos.

    Hoy cumplimos quince años de lucha, de defender las tierras, de cultivarla. Mujeres y hombres de esta comunidad, la lucha no se termina, continuamos.

    ¡¡¡La tierra es de quien la trabaja!!!

    ¡¡¡Tierra y Libertad!!!

    15 años en defensa del Territorio.

    La comunidad de Las Brisas en resistencia.





     Las compañeras de la Brisas dieron su palabra de este largo caminar para construirsu propio proyecto de vida desde la buena vida en reciprocidad con la naturaleza.