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Projection / Rencontre avec Marichuy, porte-parole du Conseil Indigène de Gouvernement (CIG) et les délégué.e.s autochtones du Congrès National Indigène (CNI-Mexique) - Paris, le 16/10/21

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12 OCTOBRE 2021 : 500 ANS DE RESISTANCE ET REBELLION, REJOIGNONS LE VOYAGE ZAPATISTE POUR LA VIE !

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12 OCTOBRE 2021 : 500 ANS DE RESISTANCE ET REBELLION

DU MEXIQUE AUX CINQ CONTINENTS ET A IVRY

REJOIGNONS LE VOYAGE ZAPATISTE POUR LA VIE !

"Dans les montagnes du Sud-est mexicain, tous les mondes du monde ont rencontré et rencontrent toujours une écoute dans nos cœurs. Leur parole et leur action ont alimenté la résistance et la rébellion, qui ne sont que la continuation de celles de nos prédécesseurs". EZLN, Une montagne en haute mer, octobre 2020.

Le 12 octobre 1492, les conquistadors de Christophe Colomb débarquaient pour saccager, piller et envahir Abya Yala, le continent dit "américain". A rebours de cette invasion mortifère, cinq siècles après l'invasion des terres mexicaines par les troupes espagnoles d'Hernan Cortés, depuis le Chiapas en lutte les zapatistes ont décidé d'entreprendre une grande traversée vers les cinq continents, “pour la vie”. Une grande délégation de 177 déléguéEs zapatistes et 13 représentantEs des peuples autochtones du Mexique vient d'entreprendre le trajet vers l'Europe, première étape de ce voyage à contre-sens de l'invasion coloniale. ArrivéEs en septembre dernier à Vienne en Autriche, les zapatistes et le Congrès National Indigène parcourent et rencontrent pour le moment les luttes d'Allemagne, d'Autriche, d'Europe orientale et d'Europe du Nord. Cette grande délégation mexicaine est sur le point aujourd'hui de rendre visite à de nombreuses luttes d'Europe occidentale, que ce soit en France, en Angleterre, en Belgique, en Suisse, en Italie ou à Chypre, avant de se diriger ensuite vers le sud des Pyrénées.

En ce 12 octobre 2021, deux histoires se font face : d'un côté l'histoire de l'invasion, du saccage et du pillage colonial et capitaliste de continents entiers, dont la figure de Christophe Colomb est le symbole, et qui ne fait que s'approfondir et s'empirer depuis. De l'autre, l'histoire des résistances, des luttes et des rébellions des gens et des peuples partout sur cette planète : une histoire, des histoires faites de rencontres, d'écoutes et d'aprentissages entre cultures, entre résistances et entre continents, qu'il ne tient qu'à nous de rejoindre et de partager... C'est ce à quoi nous invitent les zapatistes, et ce pour quoi nous invitons à soutenir ce voyage pour la Vie et se rassembler ce 12 octobre à Ivry !

Pour mettre un terme au mythe colonial de Christophe Colomb

Pour dénoncer les saccages coloniaux et la destruction de notre planète

Pour soutenir le voyage zapatiste pour la vie

RENDEZ-VOUS A 17 HEURES CE 12 OCTOBRE 2021 A IVRY AU RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AU VOYAGE ZAPATISTE POUR LA VIE

Sur la place du parvis de la mairie, ligne 7, métro Mairie d'Ivry

ET A 20 HEURES A LA CONFERENCE "CHRISTOPHE COLOMB : MYTHE ET REALITES. Quel héritage nous laisse-t-il ?"

à l'Espace Robespierre (2, rue Robespierre 94200 Ivry-sur-Seine dans le cadre de la semaine décoloniale d'Ivry

LE CHIAPAS AU BORD DE LA GUERRE CIVILE

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LE CHIAPAS AU BORD DE LA GUERRE CIVILE

COMMUNIQUÉ DU COMITÉ CLANDESTIN RÉVOLUTIONNAIRE INDIGÈNE - COMMANDEMENTGÉNÉRAL DE L'ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE.
MEXIQUE

19 SEPTEMBRE 2021.

AU PEUPLE DU MEXIQUE,
AUX PEUPLES DU MONDE,
À LA SEXTA NATIONALE ET INTERNATIONALE,
À L'EUROPE D'EN BAS À GAUCHE,

PREMIÈREMENT.- LE 11 SEPTEMBRE 2021, LE MATIN ET ALORS QUE LA DÉLÉGATION ZAPATISTE AÉRIENNE SE TROUVAIT DANS LA VILLE DE MEXICO, DES MEMBRES DE L'ORCAO, ORGANISATION PARAMILITAIRE AU SERVICE DU GOUVERNEMENT DE L'ÉTAT DU CHIAPAS, ONT SÉQUESTRÉ LES COMPAÑEROS SEBASTÍANNUÑEZ PEREZ ET JOSE ANTONIO SANCHEZ JUAREZ, AUTORITÉS AUTONOMES DU CONSEIL DE BON GOUVERNEMENT DE PATRIA NUEVA, CHIAPAS.

L'ORCAO EST UNE ORGANISATION POLITICO-MILITAIRE À CARACTÈRE PARAMILITAIRE ; ELLE A DES UNIFORMES, DES ÉQUIPEMENTS, DES ARMES ET DES MUNITIONS ACQUISES AVEC L'ARGENT QU'ELLE REÇOIT DES PROGRAMMES SOCIAUX. ELLE EN GARDE UNE PARTIE ET DONNE L'AUTRE AUX FONCTIONNAIRES POUR QU'ILS COMMUNIQUENT SUR LE FAIT QUE LA POLITIQUE D'ASSISTANAT SE RÉALISE BIEN. AVEC CES ARMES, ELLE TIRE TOUTES LES NUITS SUR LA COMMUNAUTÉ ZAPATISTE DE MOISÉS Y GANDHI.

L'EZLN A ATTENDU AVEC PATIENCE JUSQU'À CE QUE S'ÉPUISENT TOUTES LES VOIES POSSIBLES VERS LA SOLUTION. PENDANT QUE LE GOUVERNEMENT DE L'ÉTAT DU CHIAPAS SABOTAIT ET ENTRAVAIT LA LIBÉRATION, CE SONT DES ORGANISATIONS DE DÉFENSE DES DROITS HUMAINS ET L'ÉGLISE CATHOLIQUE PROGRESSISTE QUI ONT ÉVALUÉ AVEC JUSTESSE CE QU'IL POURRAIT SE PASSER.

DEUXIÈMEMENT.- LES COMPAÑEROS ONT ÉTÉ PRIVÉS DE LEUR LIBERTÉ PENDANT 8 JOURS ET ONT ÉTÉ LIBÉRÉS AUJOURD'HUI, LE 19 SEPTEMBRE 2021, GRÂCE À L'INTERVENTION DES PRÊTRES DE SAN CRISTÓBAL DE LAS CASAS ET D'OXCHUC, QUI FONT PARTIE DU DIOCÈSE DE SAN CRISTÓBAL DE LAS CASAS. LES COMPAÑEROS ONTÉTÉ DÉPOUILLÉS D'UNE RADIO DE COMMUNICATION ET DE 6000 PESOS EN LIQUIDE QUI APPARTIENNENT AU CONSEIL DE BON GOUVERNEMENT.

TROISIÈMEMENT.- LE DÉLIT DE SÉQUESTRATION EST PUNI PAR LES LOIS DU MAUVAIS GOUVERNEMENT ET PAR LES LOIS ZAPATISTES. PENDANT QUE LE GOUVERNEMENT DE L'ÉTAT DU CHIAPAS COUVRE ET ENCOURAGE CES CRIMES, ET NE FAIT RIEN, L'ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE A PROCÉDÉ À LA PRISE DES MESURES NÉCESSAIRES POUR LIBÉRER LES SÉQUESTRÉS ETARRÊTER ET SANCTIONNER LES RESPONSABLES DU CRIME.

QUATRIÈMEMENT.- SI L'ESCALADE DU CONFLIT N'A PAS DÉBOUCHÉ SUR UNE TRAGÉDIE, C'ESTGRÂCE À L'INTERVENTION DES PRÊTRES MENTIONNÉS, DES ORGANISATIONS DE DÉFENSE DES DROITS HUMAINS ET GRÂCE AUX MOBILISATIONS ET AUX DÉNONCIATIONS RÉALISÉES AU MEXIQUE, ET SURTOUT EN EUROPE.

CINQUIÈMEMENT.- LA MAUVAISE ADMINISTRATION DE RUTILIO ESCANDÓN EST EN TRAIN DE FAIRE TOUT SON POSSIBLE POUR DÉSTABILISER LE SUD-ORIENTAL ÉTAT MEXICAIN DU CHIAPAS :

ELLE RÉPRIME AVEC UN LUXE DE VIOLENCES LA COMMUNAUTÉ DES ÉCOLES NORMALES RURALES ;

ELLE SABOTE LES ACCORDS PRIS ENTRE LE PROFESSORAT DÉMOCRATIQUE ET LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL, POUSSANT LES INSTITUTEURS À SE MOBILISER RADICALEMENT POUR QUE SOIENT RESPECTÉS LES DITS ACCORDS ;

SES ALLIANCES AVEC LE NARCOTRAFIC FONT QUE LES COMMUNAUTÉS ORIGINELLES SE VOIENT OBLIGÉES DE FORMER DES GROUPES D'AUTODÉFENSE, PARCE QUE LE GOUVERNEMENT NE FAIT RIEN POUR PRÉSERVER LA VIE, LA LIBERTÉ ET LES BIENS DES HABITANTS. NON SEULEMENT LE GOUVERNEMENT DU CHIAPAS COUVRE LES GANGS DE NARCOTRAFIQUANTS, MAIS IL ENCOURAGE, PROMEUT ETFINANCE AUSSI DES GROUPES PARAMILITAIRES COMME CEUX QUI ATTAQUENT CONTINUELLEMENT DES COMMUNAUTÉS À ALDAMA ET À SANTA MARTHA.

IL MÈNE UNE POLITIQUE VACCINALE INTENTIONNELLEMENT LENTE ET DÉSORDONNÉE QUI EST EN TRAIN DE PROVOQUER DES DÉSACCORDS PARMI LA POPULATION RURALE ET QUI NE TARDERA PAS À EXPLOSER. PENDANT CE TEMPS, LE NOMBRE DE MORTS DUES À LA COVID AUGMENTE DANS LES COMMUNAUTÉS SANS QU'ELLES SOIENT PRISES EN COMPTE.

SES FONCTIONNAIRES SONT EN TRAIN DE VOLER TOUT CE QU'ILS PEUVENT DU BUDGET DE L'ÉTAT DU CHIAPAS, SE PRÉPARANT PEUT-ÊTRE À UN EFFONDREMENT DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL OU PARIANT SUR UN CHANGEMENT DE PARTI AU POUVOIR.

ILA MAINTENANT ESSAYÉ DE SABOTER LA SORTIE DE LA DÉLÉGATION ZAPATISTE QUI PARTICIPE À LA TRAVERSÉE POUR LA VIE, CHAPITRE EUROPE, EN ORDONNANT À SES PARAMILITAIRES DE L'ORCAO L'ENLÈVEMENTDE NOS COMPAGNONS, LAISSANT LE CRIME IMPUNI ET ESSAYANT DE PROVOQUER UNE RÉACTION DE L'EZLN DANS LE BUT DE DÉSTABILISER UN ÉTAT DONT LA GOUVERNANCE NE TIENT QU'À UN FIL.

SIXIÈMEMENT.-SI L'OBJECTIF DU PARTI VERT ÉCOLOGISTE DU MEXIQUE (PVEM) EST DE PROVOQUER UN PROBLÈME QUI AURA DES RÉPERCUSSIONS INTERNATIONALES, AINSI QUE DE DÉSTABILISER LE RÉGIME AU POUVOIR, IL FERAIT MIEUX DE RECOURIR À LA CONSULTATION DE RÉVOCATION DE MANDAT.

LE PVEM EST UN DES NOMS QUE LE VIEUX PRI UTILISE SUR CES TERRES. PARFOIS C'EST LE PAN, PARFOIS LE PRD, MAINTENANT C'EST LE PVEM,MAL DÉGUISÉ EN PARTI DE MOUVEMENT DE RÉGÉNÉRATION NATIONALE. CE SONT LES MÊMES DÉLINQUANTS D'HIER ET MAINTENANT ILS FONT PARTIE DU MALNOMMÉ MOUVEMENT "D'OPPOSITION", COMME "CINQUIÈME COLONNE" DANS LA 4T.

LES RESPONSABLES SONT : Rutilio Escandón et Victoria Cecilia Flores Pérez.

SI CE QUE VOUS VOULEZ C'EST FAIRE TOMBER L'ACTUEL GOUVERNEMENT FÉDÉRAL, OU LUI CAUSER DES DIFFICULTÉS EN REPRÉSAILLES DES INVESTIGATIONS PÉNALES À VOTRE ENCONTRE, OU QUE VOUS ÊTES EN TRAIN DE JOUER DANS L'UNE DES FACTIONS QUI SE DISPUTENT LA SUCCESSION DE 2024, UTILISEZ LES CANAUX LÉGAUX AUXQUELS VOUS AVEZ ACCÈS ET CESSEZ DE JOUER AVEC LA VIE, LA LIBERTÉ ET LES BIENS DES CHIAPANÈQUES. VOTEZ ET APPELEZ À VOTER POUR LA RÉVOCATION DU MANDAT ET CESSEZ DE JOUER AVEC LE FEU CAR VOUS ALLEZ VOUS BRÛLER.

SEPTIÈMEMENT.- NOUS APPELONS L'EUROPE D'EN BAS ET À GAUCHE ET LA SEXTA NATIONALE ET INTERNATIONALE À MANIFESTER DEVANT LES AMBASSADES ET CONSULATS DU MEXIQUE, ET LES CASAS DEL GOBIERNO DE L'ÉTAT DU CHIAPAS, POUR EXIGER QU'ILS CESSENT DÈS MAINTENANT LES PROVOCATIONS ET QU'ILS ABANDONNENT LE CULTE DE LA MORT QU'ILS PROFESSENT. LA DATE FIXÉE EST LE VENDREDI 24 SEPTEMBRE 2021.

DEVANT L'ACTION ET L'OMISSION DES AUTORITÉS D'ÉTAT ET FÉDÉRALES FACE AU CRIME ACTUEL ET AUX CRIMES ANTÉRIEURS, NOUS PRENDRONS LES MESURES PERTINENTES POUR QUE LA JUSTICE SOIT APPLIQUÉE AUX CRIMINELS DE L'ORCAO ET AUX FONCTIONNAIRES QUI LES PARRAINENT.

C'EST TOUT. LA PROCHAINE FOIS IL N'Y AURA PLUS DE COMMUNIQUÉ. C'EST-À-DIRE, IL N'Y AURA PAS DE MOTS, MAIS DES ACTES.

Depuis les montagnes du Sud-est mexicain
Au nom du CCRI-CG del'EZLN

Sous-commandant insurgé Galeano
Mexique, 19 septembre 2021.

Source : Enlace zapatista

La délégation aérienne de l'EZLN atterrit et s'exprime à Vienne

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La délégation aérienne de l'EZLN atterrit et s'exprime à Vienne

Vienne, 14 septembre 2021. À midi, une centaine de femmes, d'hommes et d'enfants zapatistes sont sortis de l'aéroport de Vienne, en Autriche, sixième ville plus peuplée du continent, située sur les rives du Danube, près des frontières avec la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie. Des dizaines de collectifs viennois et de diverses géographie de Slumil K'ajxemk'op –c'est ainsi que Marijosé a rebaptisé le territoire européen en touchant terre à Vigo en juin dernier– attendent avec impatience l'arrivée de la deuxième partie de La Extemporánea, la délégation aérienne de l'EZLN du Voyage pour la Vie, qui n'a pas pu embarquer lors de la correspondance à Madrid.

À l'extérieur de l'aéroport de Vienne, la délégation zapatiste a été accueillie avec beaucoup d'émotion et des mots chaleureux de la part de femmes autrichiennes et migrantes qui lui ont « souhaité la bienvenue chez elle » en allemand et en espagnol. Sans enlever son sac à dos, le sous-commandant Insurgente Moisés a pris le micro pour s'adresser à ses hôtes, en leur parlant de la défense de la Terre Mère. « Nous connaissons déjà le nom du responsable : c'est le capitalisme. C'est le capitalisme qui détruit la vie de la nature ». Vêtu d'une chemise bleue, d'une casquette, d'une visière de protection et le visage couvert uniquement par un masque, ne portant ni paliacate ni passe-montagne, le Sup Moi a été applaudi lorsqu'il a déclaré : « Nous ne voulons pas tuer. Nous ne voulons pas mourir… Nous voulons la vie et nous allons rester là où nous sommes ».

Sous le soleil, brièvement, en raison de sa chaleur intense tombant en zénith sur leurs visages, les femmes mayas se sont couvertes de leurs pochettes pleines des documents témoignant de leur extemporanéité et de leur vaccination complète contre le covid-19. Elles se sont abritées à l'ombre du mur décoré de banderoles pour se reposer un moment pendant que les collectifs hôtes s'organisaient pour le transport vers leurs hébergements. Accompagnés de leurs hôtes, les groupes de zapatistes se sont déplacés en transports publics jusqu'aux différents endroits où ils résideront à Vienne. Quelques personnes venues les recevoir ont attendu le deuxième accueil à l'aéroport, mais il n'a pas pu avoir lieu. Il a cependant été décidé de maintenir l'événement culturel : son jarocho, poésie, batucada et chants collectifs, ainsi que discours en différentes langues pour exprimer leur indignation face au retard mais aussi leurs espoirs quant à l'arrivée attendue. Une compañera migrante s'est même exclamée avec véhémence : « Si les zapatistes sont coincés à Madrid, au cœur du colonialisme, alors allons-y, même si nous devons y aller à pied ».

Un peu d'histoire locale au-delà de la valse et des palais rococo sur les rives du Danube, le plus grand fleuve d'Europe : le camarade Ricardo Loewe, du Comité de solidarité Mexique-Salzbourg, a déclaré à Medios Libres que, « avec la Pologne et la Hongrie, l'Autriche est un pays de l'ancien empire des Habsbourg qui, aujourd'hui, porte également le drapeau du racisme et de la fermeture de l'Europe ; c'est plus que triste, c'est scandaleux, c'est rageant car il y a des rappels dramatiques du fascisme qui n'a jamais disparu, il est toujours vivant. Et pourtant, nous sommes sur le point de recevoir la délégation zapatiste : ce n'est pas pour rien qu'ils viennent à Vienne où il y a de nombreux groupes qui ont une grande sympathie pour le zapatisme ».

Outre la crypte impériale où les touristes peuvent visiter le tombeau de Maximilien de Habsbourg, le musée d'ethnologie expose son eurocentrisme et son colonialisme, « avec le Panache de Moctezuma qui ressemble à une poule morte, couchée, parce qu'il tombe en morceaux », selon les mots du compañero Loewe, qui nous rappelle le passé de la « Vienne rouge », avant la dictature fasciste de Dolfus, ainsi que l'austro-marxisme qui a fasciné le cardénisme, en nommant, à titre d'exemple, la place Friedrich Engels et le complexe multifamilial Karl Marx Hof. Cependant, le camarade autrichien de 80 ans met l'accent sur les luttes des femmes et des dissidents du genre (« Je les admire »), le mouvement des squatters, la culture de la lutte anarcho-marxiste, « petite, mais bien structurée et non partisane ».

Les collectives internationalistes, féministes, antifascistes et anticapitalistes d'Autriche ont bien assuré en organisant un événement culturel à quelques mètres des sorties internationales, sous les yeux incrédules des voyageurs et de la police aéroportuaire assistant à un événement politico-artistique émouvant et joyeux qui marquera l'histoire d'une invasion bien différente.

Fotos de Isabel Mateos Hinojosa y Amehd Coca Castillo, Viena, Austria, 14-09-2021.

Videos streaming sur les réseaux sociaux de Medios Libres y Vimeo de Zapalotta (en español y alemán). Más imágenes en YRetiemble Madrid y Pozol Noticias Chiapas.

Traducción de la nota en español de Medios Libres replicada en Pozol y Camino al Andar.

Source : Radio pozol

La Force aérienne zapatiste au complet en Autriche

Vienne, 15 septembre 2021

Plus de 70 hommes zapatistes ont atterris et sont sortis en file de l'aéroport de la capitale autrichienne située sur le Danube qu'ils ont pu observer par les hublots de l'avion lors de cette matinée ensoleillée. Près de 24h après l'arrivée du premier avion de la délégation aérotransportée, la FAZ a été reçu par Zapalotta, Compas Zapatistas Viena, Asamblea latinoamericana – Viena, Solidaridad con México – Salzburgo, Ekh, Frauenzentrum, KomIntern, Colectivo Acción Solidaria, Mujeres y Disidencias de la Sexta en la Otra Europa y Abya Yala-RRR, RAZB de Bélgica, Café Libertad Kollektiv de Hamburgo, Alemania, LA PAZ Italia, Asamblea Zapatista Berlin, Frankfurt, Wendland, Compas Arriba, Medios Libres con la Gira, Ni Una Menos Austria, et d'autres collectifs de Slumil K'ajxemk'op avec pancartes, banderoles, slogans, musique et chant. À quelques mètres de la porte des arrivées internationales, des compañeras migrantes de Vienne ont pris la parole :

« Cher.es Compas ! Les migrant.es de langue hispanique et portugaise de la géographie de Vienne vous saluent et vous souhaitent la bienvenue ! Nous sommes un collectif qui s'est réuni pour vous accompagner et nous réunir avec vous, la délégation zapatiste. Nous voulons nous assurer que la voix des migrant.es s'écoute dans les différents fronts d'organisation du parcours pour la vie en Autriche. Nous nous sommes demandé.es : Comment aurions-nous aimé être accueilli.es quand nous sommes arrivé.es de l'autre côté de l'océan ? Et nous nous sommes répondu que nous aurions aimé que quelqu'un nous dise ces mots : Nous, les précaires, nous les racisé.es, nous qui luttons pour avoir une voix migrante, nous qui parlons allemand avec un accent, dans cette géographie appelée Vienne, nous vous saluons et nous vous souhaitons la bienvenue ! Notre maison est votre maison. » (https://www.facebook.com/CompasZapatistas).

L'équipe de diffusion audiovisuelle en direct (streaming) s'est installé durant deux jours consécutifs près des portes des arrivées internationales de l'aéroport et ont pu transmettre l'émotion de dizaines d'activistes et de sympathisants du mouvement zapatiste lorsqu'ils ont vu surgir la file rebelle. Ils et elles ont échangé des saluts de la main et des mots chaleureux tout en se photographiant mutuellement avec leurs téléphones. Avant de les accompagner en transport public, les médias libres ont réalisé de petites interviews aux assistant.es et ont immortalisé les activités artistiques et culturelles. Ils ont documentés la distribution par le sous-commandant Moisés des tickets de train aux voyageurs tout juste arrivés. Malgré un long voyage, les compañeros étaient souriants et semblaient très contents de fouler pour la première fois l'herbe verte européenne.

Photos d'Amehd Coca et Isabel Mateos

source : Radio Pozol

Disparition de deux membres du Conseil de bon gouvernement Patria Nueva, Caracol 10

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Disparition de deux membres du Conseil de bon gouvernement Patria Nueva, Caracol 10 "Quand fleurit la graine rebelle" imputée à l'ORCAO

Jobel, Chiapas, Mexique
Le 14 septembre 2021

Aux peuples du monde,
Au Congrès national indigène,
Au Conseil indigène de gouvernement,
À la Sexta nationale et internationale,
Aux réseaux de résistance et de rébellion,

Sœurs, frères, compañeras et compañeroas,

Nous dénonçons le discours hypocrite, mensonger et bâclé du gouvernement fédéral d'Andrés Manuel López Obrador et du gouverneur de l'État du Chiapas Rutilio Escandón Cadenas, qui prétendent respecter les autonomies des peuples originels, alors qu'en réalité ils ont mis en oeuvre une série d'actions contre-insurrectionnelles à l'encontre des Autonomies qui constituent le chemin des peuples de l'Armée zapatiste de libération nationale et de leurs Bases d'appui.

Aujourd'hui, nous faisons savoir qu'ont été enlevés - avec la permissivité des mauvais gouvernements aux trois niveaux, municipal, de l'État et fédéral - deux membres du Conseil de bon gouvernement "Nouveau lever du jour en résistance et en rébellion pour la vie et pour l'humanité" du Caracol 10 "Quand fleurit la graine rebelle".

Les deux membres du Conseil de bon gouvernement, José Antonio Sánchez Juárez et Sebastián Núnez Pérez, ont quitté le siège de la Junta le 11 septembre de cette année, vers 8h du matin, dans un pick-up immatriculé CW-0001-C pour aller accomplir une tâche du Conseil dans un autre endroit. N'ayant reçu aucune information, la Junta a lancé un processus de recherche, localisant la camionnette dans la communauté "7 de Febrero", dans la municipalité d'Ocosingo, Chiapas. Il convient de rappeler que cette localité est le siège de l'Organisation régionale des producteurs de café d'Ocosingo (ORCAO) - où, selon les informations, les deux membres du Conseil ont été détenus dans ce qui était légitimement le territoire de l'EZLN et où le magasin coopératif Arco Iris a été implanté dans le cadre de l'expression de l'économie autonome zapatiste. À ce jour, mardi 14 septembre, la JBG (Conseil de bon gouvernement, ndt) n'a pas été en mesure de voir les détenus, de vérifier leur état de santé, ni de savoir où ils se trouvent, et ils sont donc portés disparus. Depuis plusieurs mois, l'ORCAO a perpétré une série d'actions criminelles contre les bases d'appui de l'EZLN dans la communauté autonome de Moisés-Gandhi.

Les actes les plus ignobles sont ceux enregistrés depuis août 2020, avec le pillage, le vol, la destruction et l'incendie du magasin coopératif autonome Arco Iris, l'enlèvement du base d'appui de l'EZLN Félix López Hernández le 8 novembre 2020, et l'enlèvement de deux défenseurs des droits de l'homme du Centre des droits de l'homme Fray Bartolomé de Las Casas le 12 avril de cette année. Cette année encore, en ce mois de septembre, ils insistent en répétant leurs actions criminelles. Cette ampleur de la violence orchestrée depuis les hautes instances du gouvernement fédéral s'inscrit dans le cadre de l'initiative de l'EZLN de la "Traversée pour la Vie - Chapitre Europe", une initiative organisationnelle qui cherche à étendre, de manière pacifique et créative, la graine de la résistance-rébellion pour l'humanité et la Terre Mère, c'est-à-dire pour la Vie.

En raison de ces faits, nous exigeons la présentation en vie des bases d'appui de l'EZLN José Antonio Sánchez Juárez et Sebastián Núñez Pérez.

Cessez le harcèlement à l'encontre de l'Autonomie et de la Vie que l'EZLN est en train de construire.

Compañeros bases d'appui : Vous n'êtes pas seuls !
S'ils touchent à l'un.e d'entre vous, ils nous touchent à tou.te.s !

Nous appelons les compañeras et compañeros des Réseaux de résistance et de rébellion, les adhérent.es à la Sexta nationale et internationale à exprimer leur exigence de comparution en vie des compañeros membres du Conseil de bon gouvernement.

Signatures (écrire à ajmaq_chiapas@riseup.net pour rajouter la votre) :

Red de Resistencias y Rebeldías AJMAQ, Grupo de Trabajo No Estamos Todos y Todas, Espacio de Lucha contra el Olvido y la Represión (ELCOR), Consejo Autónomo de la Costa, Centro de Derechos de la Mujer de Chiapas AC (CDMCH), El Puente, Promedios de Comunicación Comunitaria, Bizilur, Diana Itzu Luna, Elena Morúa
Karela Contreras, Barbara Riviello, Gustavo Bárcenas (...)..."

source : REDAJMAQ

Comando Palomitas (Commando Pop Corn)

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Comando Palomitas (Commando Pop Corn)

Septembre 2021

Je n'en suis pas certain, mais la légende situe la gestation de cette unité d'élite de l'euzèdélène voilà quelques lunes.

Bien que le commandement général zapatiste ait nié à encore et encore son existence, et range ces médisances dans le dossier des « Mythes géniaux ou pas » (aux côtés des légendes du Sombrerón, de la Xpakinté et des recettes gastronomiques du défunt SupMarcos), les rumeurs situent la naissance du désormais célèbre Commando Pop Corn dans le Caracol de Tulan Kaw, à la fin de l'année 2019.

Il paraîtrait que l'autoproclamé SupGaleano avait accaparé tout le maïs à pop corn du sud-oriental état mexicain du Chiapas. Et, bien que le susnommé prétexta ensuite que son plan était de saboter les grandes chaînes de cinéma et de les obliger à baisser le prix de cette marchandise tellement appréciée -et de faire interdire les absurdes variations qui proposent du pop corn saveur friture rance -, des enquêtes postérieures abondèrent dans l'hypothèse posée par le procureur (un être ressemblant extraordinairement à un scarabée), qui lors du procès proposa le mobile du crime : le SupGaleano voulait se goinfrer tout seul de pop corn. La subite et incompréhensible pénurie de sauce piquante faisait augmenter les soupçons.

Le procureur, appelé Don Durito -qui s'habillait comme le Fiscal de Hierro (Procureur de Fer) des frères Almohada (à ne pas confondre avec les Almada, ce ne sont pas les mêmes)-, déploya une brillante pièce oratoire pleine de références cinématographiques qui, il faut le reconnaître, par moments rappelaient Al Pacino, Tom Cruise, John Travolta et Matthew McConaughey (cf. les films de ces acteurs et la thématique de jurisprudence). L'accusé, faisant office de son propre avocat, fut à la hauteur et, de plus, ajouta des références à l'art dramatique. Le susnommé était en train d'argumenter comme Shui Ta / Shen Te face aux dieux (« La Bonne Âme du Se-Tchouan ». Bertold Brecht), quand arriva l'heure du pozol et le jury dans sa totalité s'absenta.

Voyant que justice ne serait pas rendue et que le méchant SupGaleano parviendrait à ses fins, la bande de Defensa Zapatista, avec la collaboration du Chat-Chien, prit d'assaut la cahute du SupGaleano et « expropria » non seulement plusieurs sacs de maïs à pop corn, mais aussi un nombre non négligeable de cartons de sauce piquante. Le bien-aimé Amado faisait alors ses premières incursions dans la bande de Defensa Zapatista (même s'il avait déjà débuté à Oventik en 2018, pendant le premier festival de ciné, quand il avait volé la vedette à Gael García Bernal), c'est ainsi qu'il forma, avec son ami Chinto, une sorte de succursale de la horde de Defensa Zapatista.

Dans le nouveau gang s'est autorecrutée Verónica, petite sœur d'Amado et dont on dit qu'elle est « l'aile radicale » du Commando (elle a pour habitude de porter des tatouages jusque sur les lèvres quand il lui arrive de tomber sur le bonbon acidulé qui les contient). Chuy et Cintia ont été recrutés après. Pendant un temps, Esperanza a dirigé la troupe, mais elle ne tarda pas à rejoindre, tout comme Defensa, l'équipe féminine de football des miliciennes. Le bien-aimé Amado a alors pris le commandement.

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Les mois d'avril et de mai s'écoulaient. L'unité qui serait ensuite baptisée « La Extemporánea » se préparait par centaines dans la Pépinière « Comandanta Ramona ».

Le SupGaleano reçut alors l'ordre d'éviter que les enfants embêtent leurs mamans pendant qu'elles suivaient le cours « Écoute et Parole ». Le susmentionné affronta ce nouveau défit organisationnel et conçut une réforme à l'inexistante loi organique de l'euzèdélène. Son objectif : leur donner une structure militaire et les instruire dans le difficile art du sabotage, la destruction indiscriminée et les braillements coordonnés et séquencés.

Il les appela et, d'une voix martiale, leur parla ainsi : « Vous avez entendu que le SubMoy a expliqué qu'il faut être organisé. Alors il faut que vous compreniez que même pour faire des bêtises, il faut s'organiser. À partir de maintenant vous êtes une unité militaire et quiconque n'obéira pas aux ordres recevra une punition qui sera de lui couper la tête avec une machette, émoussée pour que ça dure, et rouillée pour que ça s'infecte et que l'on doive faire une piqûre ».

Inutile de dire que la menace n'eut pas l'effet désiré. Cintia « balaya » du regard le Sup de bas en haut et lui tourna le dos. Chuy demanda s'il allait chercher une machette. Chinto parut évaluer les risques. Le bien-aimé Amado remonta le col de sa chemise et Verónica décida que c'était le bon moment pour pleurer à pleins poumons. En cho´ol, encore une fois.

Notre héros (attention : c'est moi « notre héros ») ne se découragea pas face à ce contretemps et, faisant étalage de ses amples connaissances en psychologie, arriva avec un seau de 20 litres, rempli de pop corn. La bande se rassembla et fit pression sur le SupGaleano avec le classique « il faut partager ». Mais le Sup répondit seulement : « je ne peux pas, c'est seulement pour les commandos ». Tou.te.s s'inscrirent immédiatement. Ceci fut la naissance officielle du Commando Pop corn en tant que tel.

Le Sup, prévoyant, avait des nounours en peluche et de puissants pistolets à eau. Il leur donna à choisir. Amado et Chinto choisirent les pistolets à eau ; Cintia prit l'ours en peluche qui, en plus, était de sa taille ; Chuy -comme à son habitude-, opta pour un petit cheval en plastique, qui, soit dit en passant, n'était pas prévu dans la distribution.

Alors que tout le monde s'attendait à ce que Verónica choisisse l'autre nounours, elle le rejeta, prit un des pistolets à eau, s'en alla et enleva à Chuy son petit cheval après l'avoir arrosé (à Cintia, elle ne put pas enlever le nounours, car elle l'avait déjà rangé « pour qu'il ne se mouille pas »), et elle attaqua Amado et Chinto. Trempée dans le tumulte de la bataille, Verónica alla voir sa maman pour qu'elle la change, mais sans prendre de pause elle s'élança contre ces satanés mecs -qui s'étaient retrouvés sans munitions, c'est-à-dire sans eau-, et les vainquit en une action fulgurante, qui fut applaudie par Defensa et Esperanza dans ce qu'elles appelèrent « victoire de genre ». Notre héros vit le potentiel belliqueux de Verónica et lui donna une carabine lance-balles à eau (de dernière génération).

Comme dit le sage proverbe -que notre héros inventa à ce moment-là- : « on ne vit pas que de pop corn, il y a aussi les sucettes et les bonbons au chamoy » ; il fut distribué au Commando tous types d'éléments pour sa formation de fer. C'est ainsi qu'arrivèrent des bonbons acidulés avec des décalcomanies de type tatouage en cadeau. Verónica fut la seule qui se les colla sans hésiter. Et, bien sûr, aussi la seule qui, en léchant la décalcomanie parce qu'elle avait un peu de poudre de chamoy, se tatoua la langue. Ce fut ainsi que Verónica, à trois ans, obtint, en plus du cho'ol et du castillan, la langue sino-japonaiso-coréenne.

Le redoutable Commando Pop corn est actuellement composé du bien-aimé Amado (10 ans et responsable du commando), de Chinto (10 ans et coordinateur des opérations), de Cintia (3 ans et docteure du groupe), de Chuy (3 ans, démolitions contrôlées) et de Verónica (3 ans, démolitions sans aucun contrôle).

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La première opération du CP fut l'au revoir de l'Escadron 421. Pendant que les bases de soutien criaient des vivas à l'Escadron et que le conseil des anciens protégeait avec la fumée de copal les futurs marins, le CP se consacrait à crier des consignes absurdes, encouragé par un individu de douteuse réputation, comme « Nous voulons du pop corn ! », « Nous luttons pour le pop corn ! », « Pour tous, tout. Pour nous le pop corn ! ».

Bien sûr qu'il y eut des plaintes et même une accusation formelle, mais Verónica commença à pleurer en cho'ol et le SubMoisés perdit patience et dit « faites taire cette enfant ». Le SupGaleano, faisant étalage de ses masters et doctorats en pédagogie infantile, proposa deux options : ou coudre les lèvres de la petiote ou lui donner du pop corn – car avec la bouche pleine de pop corn elle ne pourrait pas brailler-. Comme ils ne trouvèrent ni fil ni aiguille, ils lui donnèrent un sac de pop corn. Les pleurs cessèrent immédiatement. Mais, ô surprise, se rendant compte du résultat, le reste de la bande commença à pleurer aussi. Conclusion : la sous-lieutenante Angelina dut faire du pop corn pour en donner à tous.

L'histoire des tronçonneurs est assez semblable. Quand les enfants virent les insurgé.e.s couper le bois pour tailler les pirogues, ils commencèrent à jouer à la tronçonneuse avec des planches. En fait, la planche était la tronçonneuse. Leur optimisme était digne d'éloges : avec la planche-tronçonneuse, ils prétendaient abattre les montants métalliques des panneaux de basket. Mais, quand ils commencèrent à « jouer » pour voir qui allait scier l'autre, le SupGaleano se rendit compte, avec une profonde satisfaction, que la bande pourrait affronter avec succès une apocalypse zombie.

Quand le bien-aimé Amado se blessa le pied avec un clou, Verónica pensa que lui « soigner » le pied était une bonne idée, et elle demanda de l'aide à Chuy. Avec les planches, ils essayèrent de scier le pied d'Amado. C'est alors que Cintia informa le SupGaleano du fait qu'Amado « s'était cloué un clou ». Le Sup lui conseilla, pour voir si c'était vrai, de lui dire qu'il allait lui faire une piqûre. Si Amado partait en courant, cela signifiait qu'il faisait l'idiot et qu'il n'était pas gravement blessé. Cintia y alla et revint très vite et informa : Amado était toujours prostré (votre attention centennials -ou autre appellation-, elle a dit « prostré »). Le Sup prit son meilleur air de Doctor House et dit : « C'est grave, il faut opérer ». Et il conseilla à Cintia de lui couper les pieds… et la tête, car « si ça se trouve, il a mal à la tête ». Cintia fut d'accord. L'histoire aurait culminé avec un triomphe de la science médicale, avec une chirurgie majeure exécutée à 4 mains et deux planches en mode tronçonneuses, si les promoteurs de santé n'étaient arrivés et n'avaient emmené Amado à la clinique dans une civière, où ils lui mirent des bandes et je ne sais quels onguents.

Mais face à la frustration, Cintia ne s'avoua pas vaincue et choisit d'être la doctoresse du Commando. Comme le Sup ne trouva pas de déguisement de doctoresse pour jouer, mais seulement un de vétérinaire, Cintia se présenta avec celui-ci comme la médecin de la troupe.

Voyant la louable vocation pour la démolition de Verónica et de Chuy, on leur trouva deux tronçonneuses en plastique et un étui de mécanicien, avec une perceuse, des pinces, une scie à découper, un cutter, un tournevis, un marteau et une clef anglaise (le tout en plastique), qui avaient l'avantage de pouvoir être utilisés tant pour les opérations de chirurgie médicale, que pour réparer les tronçonneuses qui, bien entendu, « se sont cassées » dès le premier jour.

Sur ce, arrivèrent les bicyclettes . Tout le monde sait qu'un commando sans bicyclette ne peut pas se déployer avec rapidité et efficacité. Le problème, c'est qu'iels ne savaient pas faire de vélo. Le Sup ne leur apprit pas argumentant que « Est-ce que quelqu'un t'apprend à vivre ? Non, tu apprends en tombant ». Et ainsi : le Commando se couvrit d'égratignures, de bleus et de coupures, mais en quelques jours, iels parcourraient le terrain de basket sans difficulté.

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Quand l'Extemporánea fut informée que, enfin, on avait trouvé les vols et, le plus important, un endroit où atterrir en Europe, notre acclamé héros (moi-même) convoqua le Commando Pop Corn et leur dit : « Vous allez enfin partir dans quelques jours. Il est interdit de tomber malade ou de se faire mal. Vous devez faire attention à vous, parce que celui qui arrivera avec des égratignures n'aura pas de pop corn. C'est clair ? »

Pour montrer que c'était bien clair, Chuy dénonça Cintia qui était tombée de vélo. Cintia dit que c'était un mensonge de Chuy, Véronica l'avait poussée. Le bien-aimé Amado expliqua qu'iels se disputent pour un rien, qu'il suffit que l'un ou l'une des deux ait un jouet pour qu'iels se battent. Notre admiré paladin objecta : « Mais j'ai pourtant donné le même jouet à chacun.e, pour qu'iels ne se disputent pas ». Chinto fit sa mine de « il ne comprend vraiment rien à rien le Sup » et le bien-aimé Amado rendit sa sentence : « Comme si ça les intéressait, iels veulent le jouet qu'a l'autre ».

L'incomparable et idolâtré héros (toujours moi, mais plus humble si tant est que ce soit possible) les prévînt : « Bon, je vous ai déjà prévenu.e.s, si vous vous faites mal ou que vous tombez malades, vous ne partirez pas et vos mamans vont finir en pleurs parce qu'elles ne partiront pas non plus à cause de vous. Vous avez compris ? » Tou.te.s répondirent affirmativement.

Dès que le vaillant Sup eut tourné le dos, Chuy se mit à pleurer. C'est que Véronica lui avait mis une claque derrière la tête parce qu'il faisait le rapporteur. On demanda à Verónica si c'était vrai, et elle répondit que oui, sans le moindre signe de remords.

Désespéré, le Sup alla à sa cahute. Loin de s'avouer vaincu, il révisa sa riche bibliothèque de traités de psychologie, de géographie, de sciences occultes et sa collection de BD de Memín Pingüín et y retourna. Il convoqua le CP et leur montra sur une carte où étaient le caracol et la pépinière. Ensuite, il leur montra où est Madrid et où est Vienne. Ultérieurement, il traça une élégante ligne pour décrire le vol à venir.

Après une longue explication, le Sup se retira satisfait : Il avait réussi à convaincre le Commando Pop Corn. Les dernières paroles de notre héros résonnaient dans l'air : « Pourquoi se contenter de faire des bêtises et des dégâts dans un caracol, quand tu peux détruire tout un continent ? ».

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La prise de vue de la caméra s'éloigne. Le Commando Pop corn contemple le mapamundi tout en léchant avidement leurs sucettes de chamoy. Tzotz, Tragón et Pelusa, trois petits chiens qui ont pour habitude d'accompagner le CP dans ses incursions, surgissent et détruisent le document. Une rafale de vent soulève et fait voler un fragment sur lequel on lit « Traversée pour la Vie ».

Un final épique… et, bon, oui, un peu paradoxal.

Warning : ces deux derniers mois, le Commando Pop corn n'a pas prouvé la raison de son existence. Un Commando Pop corn sans maïs à pop corn est comme un vampire qui se console avec de la sauce tomate, il faut donc s'attendre à ce que, en arrivant en Europe… et bien… pourquoi le SupGaleano répète-t-il encore et encore le « Aló ? ¿Brennen Wien und Berlín ? », dans deux vieux talkies-walkies, avec Amado, qui est à seulement 10 mètres et qui dit qu'il n'entend pas. Évidemment, peut-être que s'ils mettaient des piles dans les appareils…

J'en témoigne.

Le SupGaleano

Chef Suprême, Leader Maximum, Notable Dirigeant, Grand Guide, Historique Historien, Sage Infaillible, Lumière Pérenne au Bout du Tunnel, Alpha et Omega -et Delta et Lambda-, Phare des Générations Présentes et Futures, Paladin de la Modestie, et Instructeur du Commando Pop corn.

(et, bon, aussi « Notre héros » dans ce récit épique, digne d'être étendu par les plumes de Martín Luis Guzmán et Léon Tolstoï)

Musique : Amanda Ventura-« The Way » (Harmonica Blues Solo), Led Zeppelin-« Immigrante Song », Creedence Clearwater Revival-« Fortunate Son »

Après 17 ans. (La Section milicienne Ixchel-Ramona)

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Après 17 ans. (La Section milicienne Ixchel-Ramona).

Septembre 2021.

Parmi les membres de La Extemporanéa se trouve une section de miliciennes. En plus de faire partie des groupes d'« Écoute et Parole », elles se chargeront de la sécurité de l'aéroportée et de participer à une ou plusieurs rencontres de foot avec des équipes féminines de la géographie européenne.

Il y avait 196 miliciennes inscrites pour voyager. Une vingtaine avaient moins de 18 ans, mais elles se sont préparées pour des voyages postérieurs et pour les continents d'Asie, d'Océanie, d'Afrique et d'Amérique, prévoyant qu'elles seraient alors majeures pour pouvoir obtenir un passeport.

Les difficultés pour obtenir leurs documents officiels (toutes sont « extemporáneas ») et les constants allers-retours dus aux idées incongrues des « fonctionnaires » les ont obligées à abandonner cette tentative. Quelques-unes sont mères célibataires et doivent travailler pour subvenir aux besoins de leurs enfants. La majorité travaille pour aider leur mère et leurs frères et sœurs plus jeunes. La préparation a aussi été un problème, parce qu'il s'est avéré que ce n'était pas une balade, mais qu'il fallait se préparer pour effectuer un travail d'Écoute et de Parole. Le plus difficile a été d'apprendre à écouter.

Il en est resté 37. Deux mineures s'y sont ajoutées : Defensa (15 ans) et Esperanza (12 ans). Elles sont donc 39 miliciennes, au total. Elles ont été cantonnées 3 mois à la Pépinière à s'entraîner, à apprendre, à répéter et à attendre que s'ouvre la possibilité du voyage : un lieu où arriver en Europe. Elles sont toutes d'origine maya et elles parlent tzeltal, tzotzil, cho'ol, tojolabal et castillan. Quelques-unes ont plus de 25 ans, la majorité a entre 18 et 21 ans. Leurs aptitudes footballistiques sont un secret d'État, mais leur volonté de se battre est visible.

Aucun homme adulte ne pouvait entrer sans autorisation dans le lieu où elles étaient cantonnées. Dans le cas où, désorienté, un homme entrait, il était immédiatement encerclé par un groupe de miliciennes et était « exhorté », avec le solide argument des bâtons et des lance-pierres, à sortir immédiatement.

Les premiers jours de leur préparation et de leur adaptation furent difficiles. Les suivants le furent encore plus. Loin de leurs familles, de leurs amours et des repas de leurs villages, elles ont supporté l'incertitude, la faim, les maladies, les changements de climat, la confusion de partager leur vie avec des personnes différentes, la surprise d'apprendre de nouvelles choses et l'émerveillement de se rendre compte qu'elles pouvaient faire ce qu'elles ne savaient pas qu'elles pouvaient faire. Par exemple : écouter. Et pardonnez-moi si j'insiste une fois encore sur le fait d'écouter, mais je regarde là-bas à l'extérieur et j'entends que tout le monde veut parler — ou plutôt crier — et personne, ou presque, n'est disposé à écouter.

Elles, mes compañeras combattantes, ont laissé derrière elles leurs 17 ans, plus ou moins loin dans le calendrier. On ne peut mettre en doute leur identité : elles sont ZAPATISTES.

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En fait, non.

Une milicienne prend la parole lors de l'assemblée générale de la Extemporánea, au moment d'évaluer ce qui a été réussi ou pas, dans le cours d'« Écoute et Parole ».

« Moi, je ne savais pas tout ce que vous racontez. Je pensais que ça avait toujours été comme ça, que je pouvais aller à l'école, que je pouvais avoir un petit ami sans être obligée de me marier, que je pouvais me marier si je le voulais, ou ne pas me marier, que je pouvais m'habiller comme il me plaît, que je pouvais participer, que je pouvais apprendre, que je pouvais enseigner. Moi, je pensais que ça avait toujours été comme ça, comme maintenant, que nous avons des droits et pas seulement des devoirs. Mais j'ai écouté ce qu'a raconté la compañera sur la façon dont on vivait à l'époque des grands propriétaires terriens. J'ai écouté ce qu'a coûté de se préparer pour lutter. J'ai écouté ce qu'a coûté la guerre. J'ai écouté comment s'est faite l'autonomie. Donc moi, ce que je pense, c'est que c'est à moi de me préparer pour défendre ça. Quoi que ce soit, pour que cette époque révolue ne revienne plus jamais. Moi, je pensais qu'on naissait ainsi, avec la liberté. Et en fait, non, en fait, il a fallu lutter, en fait il faut continuer de lutter. Autrement dit, il n'y a pas de repos. »

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Pour la défense de 17 años.

Je n'en suis pas très sûr, mais je crois que c'était en 2018.

À l'occasion de la Première Rencontre de Femmes qui Luttent, il fut décidé que les miliciennes se chargeraient de la sécurité. Elles furent convoquées pour s'entraîner. Dans les défilés, c'était du grand n'importe quoi. Aussi variés que les langues qui leur donnent une origine et un but, leurs pas étaient désordonnés, sans rythme. Elles avaient beau s'entraîner, il n'y avait aucune amélioration. Désespéré, je décidai que peut-être avec un rythme musical, elles pourraient uniformiser leur pas. Les tercias1 étaient en train de tester la sono. Je leur demandai si elles avaient amené de la musique. « Seulement des cumbias et du reggaeton », me répondirent-elles. « À part ça, autre chose », insistai-je. « Rien d'autre », répondirent-elles en riant. J'ai demandé aux miliciennes, pour savoir si l'une d'entre elles avait dans son portable une chanson que je pourrais utiliser. Chuchotements et rires complices entre elles. Elles ont tardé. Finalement, l'une d'elles dit : « Seulement des cumbias », « Bon », je me suis dit, résigné, « Quelles cumbias vous avez, donc ? Et ne me dites pas celle du Moño Colorado parce que vous allez toutes mourir misérablement » — À nouveau petits rires et chuchotements en 4 langues mayas différentes. Après un moment « Juste une, celle de 17 años. » « Vous avez toutes une seule cumbia et c'est la même ? » « Oui, celle de 17 años. » « Bon, d'accord, celle-là, alors donnez-la aux tercias [1] pour qu'elles la mettent sur le grand ampli. Et formez les rangs pour reprendre l'entraînement. »

Les premiers accords commencent, elles lèvent et croisent leurs bâtons et, alakazam, elles commencent à défiler au même rythme, sans perdre la cadence. Plus tard, je leur ai demandé si c'était vrai qu'elles n'avaient que cette cumbia. « Oui », dirent-elles, « quand on aura du réseau ou quand viendront les autres compañeras on va en avoir d'autres, comme celle de Cómo te voy a olvidar. (Comment vais-je t'oublier, ndt).

Je demandai ensuite la liste des miliciennes par caracol, avec leur âge, pour les regrouper par langues et par âge. La très grande majorité avait entre 15 et 17 ans.

Elles ont maintenant entre 18 et 21 ans, personne ne les a obligées à se marier, elles ont des amoureux ou pas — ça ne les inquiète pas — elles tombent amoureuses et en reviennent, elles brisent des cœurs ou on le leur brise. Elles savent que personne ne peut les obliger à faire ce qu'elles ne veulent pas, et elles savent se défendre. On leur en a appris un peu sur les points faibles des hommes au cas où elles devraient utiliser la défense physique. Elles savent aussi quoi dire aux machos pour leur faire mal, au cas où elles devraient utiliser la défense psychologique. Ne me demandez pas qui leur a enseigné ces “secrets” masculins.

Interrogées sur si elles ont un petit ami, la majorité a dit oui. L'une d'elles a dit : « Cheb » (« Deux » dans sa langue). Celle qui était à côté d'elle a commencé à lui dire quelque chose à voix basse, alors la compañera a corrigé : « Non, ocheb » (« trois », dans sa langue). Une autre : « Bayal » (« Beaucoup »). Une autre tarda à répondre, car, dit-elle, elle n'arrivait plus à les compter. Toutes les trois rirent de bon cœur.

Pour résumer : elles ont eu 17 ans, et à cet âge-là, cette cumbia — des Ángeles Azules, je crois — les a accompagnées dans leurs amours et désamours. Les personnes qui critiquent cette cumbia ou qui en demandent la censure, ont peut-être oublié ce que c'est que d'avoir 17 ans. Elles ont peut-être oublié que, oui, les relations peuvent être celles d'un prédateur qui saigne sa proie — et cela, à n'importe quel âge — . Mais elles peuvent aussi être l'envie et la liberté d'aimer et de ne plus aimer. Découvrir ainsi qu'on peut avoir en guise de cœur une fleur aigre-douce et en même temps, une blessure qui ne se referme pas. En plus, bien sûr, elles devraient donc aussi demander qu'on censure Violetta Parra et sa chanson Volver a los 17.

Maintenant, après 17 ans, il se peut que les miliciennes dédicacent Cómo te voy a olvidar à cet amour passé ou présent.

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Pénélope Subvertie.

Je leur demandai ce qu'elles avaient dit à leurs copains. Elles me répondirent ainsi : « S'il m'aime vraiment et que ce n'est pas un mensonge, il n'a qu'à m'attendre, et sinon, alors, tant pis, je m'en cherche un autre ». Bref, pas question de tisser et détisser l'éternelle toile de la vaine attente. Une preuve de plus que « les canards tirent sur les fusils ».

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Le consentement.

Aux compañeras, on leur dit que personne ne peut les toucher sans leur consentement explicite. Ni leur prendre la main, ni mettre la main sur leurs épaules, ni rien. On les a, par exemple, instruites sur comment se défaire d'une main d'homme sur leur épaule, peu importe qu'elle soit d'un supérieur ou non. Pareil pour leur image : personne ne peut les prendre en photo ou les filmer sans leur consentement. Encore moins la publier. On leur a montré la vidéo qui apparaît à la fin de ce texte et on leur a demandé si oui ou non, on pouvait la publier. Elles se sont réunies par caracol et par langue. Elles en ont discuté et se sont mises d'accord, à l'unanimité, pour la publier. Vous voilà prévenu.e.s.

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À chacun sa façon.

Pour ma part, j'ai vécu dans l'erreur depuis cette année 2018. J'avais cru que le refrain de la cumbia 17 años disait « comme l'amour est triste, comme l'amour est triste ». Les sergentes m'ont détrompé : « C'est pas ça, Sup, ça dit « si c'est ça l'amour”, en fait la jeune fille ne sait pas, elle commence juste à apprendre », et elles rient.

Déjà dans les entraînements au défilé, avec La Carencia des Panteones, Le Lac des cygnes et la Cumbia del sapito [2], il a été démontré que la danse, comme la vie, peut traverser les murs les plus infranchissables.

Je ne sais pas, moi je dis que les cumbias sont comme les maillots de football. Avec des ciseaux, du fil et une aiguille, on les retouche pour qu'ils soient à notre goût : soit bien ajustés, soit plus amples.

Conclusion : À chacun sa façon, à chacun sa cumbia, à chacun son « pas de chat » (ou de Chat-Chien)… et à chacun son ska. Allez les gars, tous au trampoline !

J'en témoigne.

Le SupGaleano s'entraînant au « Chúntaro Style ».
(Oh, ben, chacun foule le sol comme il peut).

Mexique, septembre de l'an 501

Música : ALADEMOSKA – « Sembraremos Rebeldía » / Bersuit Vergarabat – « El Baile de la Gambeta »


[1] les tercias sont promotrices de communication, elles font partie des Tercios compas (automédia zapatiste)

[2] La Carencia, chanson de Panteón Rococó, groupe de rock ska mexicain. La Cumbia del sapito (Cumbia du petit crapaud)

Itinéraire de la délégation zapatiste (La Extemporánea)

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Itinéraire de La Extemporánea :

10 septembre 2021. Départ de la délégation aéroportée du Caracol Jacinto Canek, tôt le matin.

10 septembre 2021. Heure indéfinie, à partir de 18h00. Arrivée de La Extemporánea au local de Carmona y Valle, dans la ville de México.

11 septembre 2021. Tests PCR de La Extemporánea.

Arrivée de l'Escadron 421 en provenance de l'Europe. Par Lufthansa, vol LH498. Arrivée à 18h30, ville de México, Terminal 1.
Nous invitons à accueillir l'Escadron 421.

12 septembre 2021. Préparatifs.

13 septembre 2021. 08h00, départ du local de Carmona y Valle en direction de l'aéroport de México, du premier groupe aéroporté, à destination de la ville de Vienne, Autriche. Escale à Madrid, Espagne. Vol Iberia IB6400. Décollage à 12h10, heure de México.

Le deuxième groupe quitte le local Carmona y Valle en direction de l'aéroport à 16h00. À destination de la ville de Vienne, Autriche. Escale à Madrid, Espagne. Iberia vol IB402. Départ 20h45, heure de la ville de Mexico.

14 septembre 2021. Arrivée de La Extemporánea à Vienne, Autriche, dans la géographie qu'on appelle Europe.

C'est tout.

Source : Enlace zapatista

EZLN : Contre la xénophobie et le racisme, la lutte pour la vie

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Contre la xénophobie et le racisme, la lutte pour la vie

COMMISSION SEXTA ZAPATISTE.

Mexique.

Le 4 septembre 2021.

À qui de droit,

En accord avec les Conseils de bon gouvernement zapatistes, le CCRI-CG de l'EZLN et les communautés indigènes zapatistes, nous déclarons ce qui suit :

Premièrement.- Ces derniers jours, nous avons été témoins du traitement inhumain infligé par l'État mexicain aux migrants qui essaient de sortir du piège, muet et invisible, où ils se trouvent dans la ville de Tapachula, de l'État du Chiapas, au Mexique.

Deuxièmement.- Comme les gouvernements précédents, l'actuel gouvernement mexicain a répondu aux dénonciations et revendications des citoyens contre ces actes de cruauté en promettant des sanctions contre les « excès » commis par les agents de l'Institut national de migration (INM). Cette promesse n'est qu'un mensonge de plus. On dit aux agents que c'est ce qui va être dit publiquement, pour éviter la pression de la dite opinion publique, mais qu'ils doivent continuer avec leurs méthodes de traque humaine sans craindre les conséquences. Aucun migrant ne doit aller au-delà du Chiapas.

Troisièmement.- Même parmi les membres de la dénommée Garde nationale, il y a du mécontentement. En effet on leur avait dit que leur mission serait de lutter contre le crime organisé, et maintenant on les utilise comme des chiens de chasse à la poursuite de personnes à la peau basanée. Parce que c'est la consigne : traquer toute personne qui a la peau basanée : « Arrêtez tous les putains de noirs que vous croisez », c'est ça l'ordre. C'est toute une déclaration de politique extérieure.

Quatrièmement.- L'endoctrinement des agents de l'Institut national de migration frise le ridicule. On leur dit qu'ils défendent le Mexique contre une invasion – comme l'a déclaré sans vergogne une fonctionnaire de l'INM-. Cela ne ferait pas de mal à l'Institut national de migration de suivre des cours élémentaires d'histoire – maintenant que les classes ont repris – pour comprendre que ceux qui envahissent font partie du gouvernement des États-Unis qui impose cette politique migratoire qui contredit toute l'histoire de la politique extérieure de l'État mexicain.

Cinquièmement.- Les manœuvres de l'INM pour empêcher les organisations des droits humains et la presse de documenter ses actions nous rappellent ce qu'avait fait le gouvernement de Salinas de Gortari dans les premiers jours de 1994, quand il avait fermé les accès à la forêt Lacandone pour empêcher qu'on sache ce qu'il y faisait. Et la chasse humaine de migrants nous rappelle le gouvernement de Zedillo qui, en 1995, ordonna qu'on nous poursuive avec des chiens.

Sixièmement. Il est déjà assez honteux qu'un gouvernement, qui se dit progressiste, se plie à la politique extérieure du gouvernement nord-américain, pour en plus singer ce que faisaient les grands propriétaires du Chiapas, il y a à peine quelques années, pour soumettre leurs ouvriers agricoles. En accord avec les références religieuses, si chères à ceux d'en haut, on prêche : « Que ton pied gauche ne sache pas qui tu frappes avec le pied droit ».

Septièmement.- Nous appelons toutes les personnes honnêtes et sensibles à exiger que cette situation cesse immédiatement. Et que, dans la mesure des capacités de chacun.e, on apporte une aide humanitaire aux migrants.

De notre côté, les communautés indigènes zapatistes, par le biais de leurs 12 Conseils de bon gouvernement et de la Commission Sexta zapatista, ont réuni une modeste quantité d'argent, que nous ferons parvenir à un des refuges ou organisations qui font du travail humanitaire avec les migrants au Chiapas.

Nous appelons la Sexta nationale, les réseaux de résistance et rébellion, le collectif « Llegó la hora de los Pueblos » (ndt : « L'heure des peuples est arrivée »), les organisations non gouvernementales et les personnes de bonne volonté dans le monde entier, à faire tout ce qui leur est possible pour, dans un premier temps, stopper la chasse perpétrée par l'INM avec l'appui de la Garde nationale, et pour, ensuite, améliorer les conditions de vie de la population migrante présente dans cette géographie appelée le Mexique.

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Tout comme nos frères migrants et nous, les « extemporáneos » (ndt : « les hors délai »), un jour viendra où nous serons tout.e.s des migrant·e·s et des « extemporáneos » sur cette planète. Et quiconque n'aura pas la couleur de l'argent sera poursuivi, chassé, confiné, porté disparu, éliminé.

Voilà pourquoi, contre la xénophobie et le racisme, la lutte pour la vie.

Depuis les montagnes du Sud-est mexicain,

Sous-commandant insurgé Moíses
Sous-commandant insurgé Galeano

Mexique, le 4 septembre 2021.

Collage à partir d'une image d'une caravane de migrants, composée en majorité d'Haïtiens, qui marchent sur une route de Tapachula, État du Chiapas, Mexique, le 1er septembre 2021.

© EFE/Juan Manuel Blanco

Source : Enlace zapatista

Lettre depuis les ruines de l'usine Danone Bonafont

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flyer A5 :

flyer recto-verso pour impression :

DEPUIS LES RUINES DE L'USINE D'EMBOUTEILLAGE D'EAU BONAFONT AU MEXIQUE, PROPRIÉTÉ DE LA MULTINATIONALE FRANCAISE DANONE :

Lettre des villages unis de la région cholulteca, fin août 2021

Compas qui nous écoutez dans l'Europe rebelle, recevez nos salutations combatives.

Nous sommes des villages nahua qui habitons la vallée des volcans Matlalcueyatl, Iztaccihuatl et Popocatepetl. En raison des conditions hydrologiques de notre région, depuis les années 70, de nombreuses entreprises se sont installées sur notre territoire, provoquant la détérioration des nappes phréatiques et affectant gravement notre mode de vie, car en tant que villages paysans, nous dépendons de l'eau pour irriguer les aliments que nous produisons. En outre, les entreprises ont pollué nos rivières avec leurs déchets toxiques, ont tué les poissons, les crabes, les écrevisses, les tortues et autres animaux associés aux plans d'eau.

C'est pourquoi nos parents et grands-parents ont entamé une lutte contre les entreprises et les mauvais gouvernements pour défendre la vie, le territoire et l'eau.

Le 22 mars, nous avons bloqué les entrées de l'usine d'embouteillage d'eau de Bonafont, qui appartient au groupe Danone. Pendant 4 mois, nous avons cherché des solutions pacifiques avec les gouvernements et l'entreprise, notre demande étant que l'usine d'embouteillage soit retirée de notre territoire. N'ayant obtenu aucune réponse ni des gouvernements ni de l'entreprise le 8 août, jour anniversaire de notre général Emiliano Zapata, nous avons décidé de prendre possession de l'usine avec comme revendication de faire de ces installations un espace communautaire pour la reconstruction intégrale de nos peuples, sur la base des 13 revendications zapatistes : santé, éducation, alimentation, logement, terre, travail, indépendance, information, égalité, liberté, démocratie, justice et paix. Cet endroit s'appelle la Maison des Peuples (Altepemecalli, dans notre langue nahuatl). Là où ceux d'en haut détruisent, nous, les peuples originaires, nous construisons.

Nous savons que nous sommes face à une entreprise qui a tout le système en sa faveur. Les lois sont conçues pour permettre le vol de l'eau et la destruction de la nature. Pendant ce temps, ces mêmes lois nous persécutent pour défendre la terre mère. Actuellement un dossier d'enquête a été ouvert par le bureau du procureur avec l'intention d'emprisonner deux de nos camarades qui se trouvent accusés de différents délits, certains n'ayant même rien à voir avec la prise de l'usine. Pour nous il n'y a aucun délit, au contraire : c'est de notre obligation de défendre la nature, tout comme l'avait fait nos grands-parents.

Les mauvais gouvernements ont donné la permission de piller et de détruire nos villages, nous les défendrons avec nos vies si nécessaire.

Nous vous demandons d'être attentifs à notre lutte et à d'éventuelles campagnes de solidarité contre tout acte de répression. Nous vous invitons également à visiter La Casa de Los Pueblos, un espace que nous avons arraché aux griffes des capitalistes et qui sert maintenant à renforcer la lutte de tous ceux d'en bas.

ZAPATA VIT, LA LUTTE CONTINUE !

Bien à vous :

les villages unis de la région de la Cholulteca et des volcans