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MEXICO : L'AEROPORT, CARLOS SLIM ET LOPEZ OBRADOR (3)

tags : mexico, pl-fr,
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"Amlo explique au travers d'une bande dessinée pourquoi il ne faut pas construire l'aéroport (sic)"

Les jeux de dupes de Lopez Obrador

Ancien maire de la ville de Mexico et candidat de la gauche mexicaine aux élections présidentielles de 2006, 2012 et 2018, Andrés Manuel Lopez Obrador a finalement été "triomphalement" élu à la tête du Mexique cet été [1], et son nouveau gouvernement devrait rentrer en fonction le 1er décembre prochain.

Pour Atenco et le mouvement social opposé à la construction de l'aéroport, l'élection de Lopez Obrador a pu soulever un certain espoir, car au fil de sa carrière, celui-ci s'est toujours prononcé publiquement contre la construction du nouvel aéroport sur les terrains de l'ancien lac de Texcoco. Dès la réactivation du projet fin 2014, celui-ci avait proposé la mise en place d'une commission technique afin de proposer comme "solution alternative", la construction du nouvel aéroport sur les terrains de la base militaire aérienne de Santa Lucia, située à 40 kilomètres au nord de la capitale. En parallèle toute une propagande pédagogique hostile au mégaprojet aéroportuaire fut éditée par son parti, et lors du lancement de sa campagne électorale, début avril 2018, Lopez Obrador fit publiquement la promesse qu'une fois élu, les travaux de construction en cours seraient suspendus. [2].

Pour comprendre l'impact électoral de cette prise de position, il faut revenir à la campagne présidentielle de 2012 qui opposa Lopez Obrador à Enrique Peña Nieto. Ancien gouverneur de l'Etat de Mexico, ce dernier était en effet l'héritier des promoteurs historiques du premier projet d'aéroport de 2001, et le responsable direct de la répression à Atenco les 3 et 4 mai 2006 [3]. Face à un processus électoral totalement vicié et dont les résultats semblaient pliés d'avance, un fort mouvement de résistance civile s'était alors spontanément développé dans tout le pays et, parmi les principales forces sociales à s'être opposées à l'accession à la présidence de Peña Nieto, le Front des Villages en Défense de la Terre d'Atenco avait joué un rôle essentiel [4].

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convention contre Peña Nieto à Atenco

Suite à sa défaite, Lopez Obrador avait donc fait de son opposition à la réactivation du projet d'aéroport l'un de ses principaux chevaux de bataille, au même titre que l'opposition à la réforme énergétique et la réforme éducative, deux autres mesures extrêmement impopulaires alors édictées par le gouvernement d'Enrique Peña Nieto. Mais confrontés sur place à une offensive sans précédent visant à imposer la privatisation des terres collectives, la résistance d'Atenco et des villages environnants se trouvait alors fortement diminuée. Tandis que le FPDT tentait en vain de freiner les chantiers de l'aéroport, affrontant une répression des plus féroces [5], l'activisme politique de Morena, le parti fondé par Lopez Obrador en 2012, se limitait alors à recruter massivement des militants en vue des échéances électorales de 2018. Plutôt que de soutenir les tentatives de blocage, les dirigeants du parti se bornaient à promettre qu'une fois Lopez Obrador enfin au pouvoir, la construction de l'aéroport serait définitivement suspendue...

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actions menées par les paysans d'Atenco

Depuis le début de sa carrière politique, l'ascension de Lopez Obrador doit en effet beaucoup à sa stratégie récurrente de se présenter comme étant le débouché électoral des revendications sociales. Issu d'un petit bourg situé au cœur de la principale zone de production pétrolière de l'état de Tabasco, celui-ci n'était au départ qu'un simple cadre local du parti au pouvoir (le PRI, « Parti Révolutionnaire Institutionnel ») nommé, à la fin des années 70, à la tête de l'Institut National Indigéniste de la région autochtone chontal. Mais Lopez Obrador réussit très vite à s'imposer dans l'arène politique locale, en se faisant le relais des revendications exprimées par les paysans de l'état du Tabasco auprès des institutions. Un conflit majeur opposait en effet les communautés chontales à la société pétrolière étatique Pemex, qui construisait des puits de pétrole dans toute la région, entraînant la contamination de dizaines de milliers d'hectares de terres agricoles [6].

Rallié à la fin des années 80 à la toute-jeune dissidence électorale du « Parti de la Révolution Démocratique » (PRD), celui-ci tenta alors à deux reprises de gagner les élections pour le poste de gouverneur du Tabasco, en mobilisant la population contre les fraudes électorales et la gigantesque corruption des élites politiques locales. Mais ce n'est qu'à partir de 1996 qu'il accéda véritablement à la gloire nationale, suite à sa participation médiatique aux blocages des puits de pétrole entrepris par le mouvement paysan tabasqueño. Dès lors acclamé et plébiscité par la base électorale du PRD de tout le pays, il prit quelques mois plus tard la tête du parti de la « révolution démocratique », avant de gagner un peu plus tard les élections municipales dans la capitale, en juillet 2000.

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Lopez Obrador en 1996

Une fois au pouvoir, la gouvernance de Lopez Obrador a cependant toujours été des plus pragmatiques, et les rapports entre le dirigeant de la gauche électorale et le magnat mexicain Carlos Slim en constitue l'exemple le plus emblêmatique. Aujourd'hui vilipendé par les militants de Morena, le multimilliardaire jouissait en effet à cette époque de la bienveillance totale de Lopez Obrador qui, en 2001, l'avait nommé président du « Conseil consultatif pour le sauvetage du centre historique de la ville de Mexico ». L'attention du richissime homme d'affaires se concentrait alors bien moins sur le projet d'aéroport première mouture, alors porté par les élites politiques et économiques de l'état voisin de Mexico, que sur la « revitalisation des quartiers dégradés » de la capitale mexicaine. A la tête de la société anonyme « Centro Historico S.A », Carlos Slim racheta durant les "années Obrador" plusieurs dizaines d'immeubles et de bâtiments du centre-ville de la capitale, suivant l'exemple de ce qui s'était fait dans la ville de New York durant la décennie précédente. Suivant les conseils et grâce à la généreuse participation financière de Carlos Slim, Lopez Obrador alla même jusqu'à signer un contrat de plusieurs millions de dollars avec le sulfureux maire de New York Rudolph Giuliani, venu apporter ses conseils pour "gentrifier" le centre-ville et "réformer" la police de la ville de Mexico... [7].

Aux yeux du grand patronat mexicain, Lopez Obrador n'a pourtant jamais réussi à se départir de l'odeur de soufre due à sa proximité avec les luttes sociales, et l'opposition résolue des milieux d'affaires joua pour beaucoup dans l'échec de son accession au pouvoir en 2006 et en 2012 [8]. Pour s'attirer les sympathies des milieux d'affaires, celui-ci décida en conséquence de confier la direction de son futur cabinet présidentiel et la rédaction de son programme de gouvernement à l'un des principaux chefs d'entreprises du nord du pays, Alfonso Romo. Mais pour le grand capital, l'opposition de Lopez Obrador à la construction du nouvel aéroport continuait à poser problème...

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le milliardaire mexicain Alfonso Romo, responsable du "projet de nation" et coordinateur du cabinet présidentiel de Lopez Obrador...

Plutôt que de financer une campagne médiatique à son encontre, comme cela avait été le cas en 2006 et en 2012, les coordinations patronales mexicaines entreprirent alors d'exercer leur pression afin que « tous les aspirants à la présidence donnent des gages de continuité au chantier en cours, et n'en fasse pas un thème de débat politique » [9]. Le 17 avril 2018, Carlos Slim donnait ainsi une conférence de presse internationale, faisant clairement savoir que pour les investisseurs et le grand patronat mexicain, la remise en question de la construction de l'aéroport était inacceptable. En réponse, le candidat favori aux présidentielles fit alors une proposition surprenante : si le secteur privé était prêt à assumer la totalité des coûts de construction du nouvel aéroport, celui-ci cesserait de s'opposer au projet, et serait même prêt à en concéder la gestion future !

Un mois plus tard, lors d'un meeting électoral à Texcoco, Lopez Obrador proposait une solution intermédiaire : plutôt que de prendre une décision unilatérale, celui-ci organiserait fin octobre 2018 une grande « consultation nationale », afin que le "peuple mexicain" choisisse entre le maintien du projet sur les terrains de l'ancien lac de Texcoco, ou bien son "transfert" sur les terrains de la base militaire de Santa Lucia. Sous la pression des milieux d'affaires, la promesse électorale de suspension des travaux de construction laissait donc place à l'organisation d'une consultation "citoyenne". Mais, comme le mentionnait Trini, porte-parole du Front des Villages en Défense de la Terre d'Atenco, "ils parlent de consultation, alors qu'il y a déjà eu des morts, des tortures, des personnes incarcérées et des femmes violées"..."S'ils n'ont pas prêté attention à la parole des communautés affectées, comment va se faire cette consultation, si en fin de compte les riches ont assez d'argent pour manipuler l'opinion et faire dire "OUI" à l'aéroport ?" [10].

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mobilisation d'Atenco devant le local de campagne de Lopez Obrador, juillet 2018

Sous couvert de "donner la parole au peuple mexicain", la "consultation nationale" du 28 octobre prochain balaie en effet d'un trait les plaintes déposées depuis de nombreuses années par Atenco et tous les villages directement affectés par le projet, dont les droits en tant que peuples et villages originaires à être consultés avant la mise en oeuvre et la construction sur leur territoire de n'importe quelle infrastructure ont été systématiquement bafoués. Atenco, le Front des Villages en défense de la Terre et la Plateforme organisationnelle contre le Nouvel Aéroport et l'Aérotropolis soulignaient ainsi qu'à la différence du grand patronat, aucune audience ne leur avait jamais été accordée, malgré leurs demandes réitérées de rencontrer le nouveau président élu au sujet du projet de nouvel aéroport.

Face à ce scénario le 25 septembre dernier, durant le lancement de la campagne nationale d'opposition au projet d'aéroport "#YoPrefieroElLago" ("Moi je préfère le lac"), le Front des Villages en défense de la Terre et les Villages Unis contre le Nouvel Aéroport et l'Aérotropolis exprimaient leur détermination à "mener la bataille contre l'aéroport par le biais de tous les ressorts juridiques, politiques et de mobilisation sociale possibles", que ce soit avant, pendant ou après la consultation, "la défense de la vie [n'ayant] pas de date de péremption".

Le 25 octobre prochain, partout au Mexique et dans le monde, une convocation à la mobilisation la plus large possible est cependant lancée afin d'exprimer un rejet massif à ce projet écocidaire. Comme ceux-ci l'expriment dans le texte d'appel, "Ce qui est au centre du débat, c'est de savoir qui prend les décisions sur le futur du Mexique : les chefs d'entreprise, les puissants, les transnationales, l'oligarchie nationale que nous subissons, ou bien le peuple digne qui travaille, qui lutte et qui résiste pour un Mexique debout, appuyé sur la justice, et qui ne sera plus jamais soumis".

(A suivre...)

Siete Nubes


[1] Décrite comme une victoire "historique" fondé sur le vote de plus de 30 millions de Mexicains, la candidature de Lopez Obrador a totalisé plus de 53% des votes, écrasant largement les autres candidats en liste : 22 % des votes pour Ricardo Anaya du "Parti d'Action Nationale" (PAN) et 16% pour le PRI ("Parti de la Révolution Institutionnelle") et son candidat José Antonio Meade, le plus bas score jamais atteint par le parti dictatorial ayant gouverné le Mexique durant tout le 20e siècle. Bien que semblant constituer un désaveu total tout à la fois pour le PRI et Enrique Peña Nieto, au pouvoir de 2012 à 2018, que pour le PAN, qui avait gouverné le pays entre 2000 et 2012, l'élection présidentielle de 2018 a toutefois laissé place à quelques doutes sur le processus. Dans un communiqué émis cet été, les zapatistes s'étonnaient notamment du peu d'antagonisme des adversaires politiques de Lopez Obrador en comparaison des élections antérieures. Comme si, comme au bon vieux temps de la dictature institutionnelle, les élections avaient déjà été jouées d'avance...

[3] Enrique Peña Nieto est le neveu d'Arturo Montiel, ancien gouverneur de l'Etat de Mexico entre 2000 et 2005 et promoteur de la première mouture du projet d'aéroport en 2001, avant de devoir quitter la scène politique suite aux accusations de détournement de fonds à son encontre. Au sujet de la répression ordonnée par Enrique Peña Nieto en 2006 contre le village d'Atenco, revoir ici le fameux documentaire "Atenco. Briser le silence"

[4] La candidature présidentielle du priiste Enrique Peña Nieto avait été totalement promue et mise en scène par la principale chaîne de télévision du Mexique, Télévisa. En réaction s'était alors formé le mouvement « YoSoy132 » qui, appuyé par Atenco, organisa de gigantesques mobilisations pour dénoncer Peña Nieto et la propagande illégale de la chaîne audiovisuelle. La victoire électorale obtenue par ce dernier en 2012 suite à un massif achat des votes, avait par la suite entraîné une tentative de soulèvement social, que Lopez Obrador avait cependant refusé de cautionner.

[6] Voir le documentaire de canal 6 de julio, Tabasco, Petrolio y rapiña, 1996

[7] Rudolph Giuliani s'est rendu mondialement célèbre à la fin des années 90 pour avoir mis en pratique à New York la "théorie de la vitre brisée", qui insiste sur l'importance de combattre prioritairement les incivilités et la petite délinquance pour diffuser "le respect de la loi" au sein de la population, et permettre ainsi de "redresser la société". Ayant fondé une société de conseil en sécurité avec son ancien commandant de police - incarcéré depuis pour détournement de fonds-, Rudolph Giuliani fut payé à l'époque plusieurs millions de dollars par Carlos Slim pour venir aider à "nettoyer" ainsi le centre-ville de Mexico. Voir “Cuando Slim, Ebrard y AMLO pagaron 4.3 mdd a Giuliani”, Huffington Post, 10 novembre 2016. Quelques années plus tard, c'est Marcelo Ebrard, ancien chef de la police municipale de Mexico, qui succéda à Lopez Obrador en tant que maire de la ville et qui, en association avec le même Carlos Slim et la société française Thalès, mit en place “Ciudad Segura”, le gigantesque programme de vidéo-surveillance de la métropole.

[8] En 2006, les chambres patronales payèrent une énorme campagne publicitaire hostile à la candidature de Lopez Obrador, et jouèrent de tout leur poids pour empêcher qu'une commission juridique enquête sur la fraude électorale en faveur de Felipe Calderon. A la campagne présidentielle suivante en 2012, des centaines de milliers de cadeaux et de bons d'achat de supermarché furent offerts par le grand patronat à la population de tout le pays, en échange du vote pour la candidature de Peña Nieto

MEXICO : L'AEROPORT, CARLOS SLIM ET LOPEZ OBRADOR (2)

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Un nouvel aéroport international pour « Mister Slim »

Parmi les principaux promoteurs du nouveau méga-projet aéroportuaire de la ville de Mexico, un nom revient sans cesse : Carlos Slim. Par le biais de ses banques, de ses fonds d'investissement et de ses innombrables sociétés, sa participation à la construction du nouvel aéroport et les bénéfices qu'il en attend sont immenses. Mais qui est-il, et quels sont les intérêts qu'il représente ?

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Carlos Slim et le nouveau projet d'aéroport, 17 avril 2018

Bien qu'étant à la tête d'une des plus grosse fortunes mondiales, estimée à près de 55 milliards de dollars en 2017, Carlos Slim reste relativement méconnu en dehors du Mexique. Au même titre que ses collègues et amis Warren Buffet, Georges Soros et Bill Gates, avec qui il ne cesse de multiplier les projets les plus inquiétants [1], il est pourtant l'une des figures-clé du capitalisme actuel. Au sein de la presse financière internationale et des grands médias commerciaux mexicains, s'est diffusée à son sujet l'image d'un honnête homme, fils d'immigrés libanais, ingénieur devenu entrepreneur, et dont la trajectoire et la fortune seraient avant tout dues à son don naturel pour le calcul mental et à ses talents de boursicoteur. La réalité est cependant beaucoup moins politiquement correcte.

Fils d'un des plus importants commerçants libanais du centre-ville de Mexico, le destin de Carlos Slim ne décolle en effet réellement qu'à partir de 1965, lorsque celui-ci décide de se marrier avec la jeune Soumaya Gemayel Domit. Celle-ci, héritière d'une des plus grosses fortunes libanaises du Mexique, était aussi membre par sa mère du célèbre "clan Gemayel", à la tête, depuis 1936, de la principale formation chrétienne fasciste et anticommuniste du Liban, les “phalanges libanaises” [2].

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meeting des "phalanges libanaises" en 2005 en l'honneur de Pierre Gemayel, le héros fondateur...

Selon le journaliste indépendant Diego Osorno, les parents des deux jeunes époux n'étaient pas seulement des figures centrales de la communauté libanaise au Mexique, mais aussi parmi les plus fervents soutiens mexicains de la formation paramilitaire libanaise. Avec l'aide d'un certain Julian Slim, jeune officier de la "DFS", la police politique mexicaine, le père de Soumaya s'était notamment appliqué à étendre les réseaux de l'organisation en Amérique latine. L'union de sa fille avec Carlos, le prometteur petit frère, n'était alors pas pour lui déplaire... C'est ainsi qu'un mois après sa mort, sous l'auspice du macabre Marcial Maciel, fondateur de la tristement célèbre « Légion du Christ », le mariage fut entériné entre les deux familles [3].

Fruit de l'union entre les deux époux, naquit quelques mois plus tard le désormais tentaculaire fonds d'investissement “CARSO” (contraction de “CAR-los Slim” et de “SO-umaya Gemayel”). Avec des fonds dont il serait bien difficile d'établir aujourd'hui s'ils provenaient de la fortune paternelle ou, autre hypothèse, de celle du puissant et richissime clan libanais de son épouse, Carlos Slim commença alors à racheter en bourse un nombre incalculable de sociétés mexicaines... Suite à la guerre civile libanaise, durant laquelle les phalanges jouèrent un rôle des plus macabres, et alors que le Liban était dirigé par Amine Gemayel, l'un des cousins de Soumaya, la mystérieuse fortune de Carlos Slim lui permit notamment de racheter un certain nombre de grandes entreprises en voie de privatisation, telles que le service téléphonique mexicain. Le groupe Carso est devenu depuis lors l'un des plus grands conglomérats d'entreprises du monde, et la fortune de Carlos Slim n'a cessé d'enfler, au point de représenter près de 6% du Produit National Brut mexicain en 2015, selon le quotidien mexicain El Universal.

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quelques-unes des compagnies de Carlos Slim

Les avoirs capitalistes de Carlos Slim se déploient dans tous les domaines : la gestion financière avec Inbursa, l'une des principales sociétés bancaires du Mexique, la téléphonie avec Telcel et America Mobil, l'un des plus grands groupes de téléphonie mondiale, l'exploitation minière avec Frisco Group, propriétaire de nombreuses mines au Mexique et en Amérique latine, l'industrie métallurgique, le pétrole et le gaz à travers les groupes Condumex, Nacobre et Carso Energy, d'innombrables boutiques et centres commerciaux à travers les groupes Sears et Sanborns, et, surtout, la promotion et la construction immobilière, à travers les sociétés Inmobiliaria Carso (centres commerciaux, logements, bureaux, hôtels, hôpitaux et campus...), CICSA (Carso Infrastructure et Construction), IDEAL (« Impulsora del Desarrollo y el Empleo en América Latina ») et, depuis 2014, au travers de la multinationale catalane FCC, l'un des poids lourds mondiaux du bâtiment et de la construction de gigantesques infrastructures.

Les participations des entreprises liées à Carlos Slim dans la construction de l'aéroport sont nombreuses et se situent à tous les échelons : depuis la conception du projet, réalisée par le cabinet d'architecte de son gendre, son financement, assuré en partie par les fonds d'investissements de sa banque Inbursa, ainsi qu'à sa réalisation, les principaux contrats de construction du terminal et de plusieurs pistes aériennes ayant justement été attribués à ses sociétés CICSA, IDEAL et FCC... [4]

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réhabilitation des terrains de l'ancien aéroport, plans de Carlos Slim

Au-delà de ses multiples participations dans le financement et la construction de l'aéroport, les ambitions de Carlos Slim vont bien au-delà de la simple construction de pistes d'atterrissage. Fin 2017, peu après le tremblement de terre, celui-ci annonçait en effet publiquement son ambition de remodeler l'urbanisme de toute la partie orientale de la ville, tout particulièrement sur les milliers d'hectares qui seraient laissés en friche lorsque l'aéroport actuel serait condamné à la fermeture. Carlos Slim souhaiterait en effet y aménager un nouveau gigantesque boulevard, plus luxueux encore que l'actuel « Paseo de la Reforma » situé à l'ouest de la ville (équivalent mexicain des Champs Élysées parisiens). Sur les terrains avoisinants pourraient selon lui être édifiées les premières bases d'une nouvelle « ville du futur » : des centres de tourisme et de récréation, de nouveaux quartiers de bureaux et de logements de haut-standing, ainsi que des centres hospitaliers et universitaires privés... Un projet global, dont l'impact économique n'aurait, selon le magnat mexicain, pas d'autre égal « que la construction, au début du 20e siècle, du canal de Panama » [5].

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réhabilitation des terrains de l'ancien aéroport, plans de Carlos Slim

De gigantesques profits en perspective, confrontés cependant à un problème majeur : la promesse électorale faite par Lopez Obrador, vainqueur des dernières élections présidentielles, de suspendre définitivement la construction du nouvel aéroport...

(A suivre...)

Siete Nubes


[1] En 1993, les fondations de Bill Gates et de Carlos Slim s'étaient par exemple associées afin de permettre l'ouverture à Texcoco d'un nouveau centre international de recherche génétique sur les variétés de blé et de maïs. Lié aux grandes multinationales du secteur agroalimentaire, le CIMMYT encourage notamment la cultures de nouvelles espèces transgéniques...

[2] Il serait bien difficile de résumer ici en quelques lignes le rôle fondamental joué par les “phalanges libanaises” dans l'histoire du Liban et des cruelles guerres civiles qui l'ont secoué. Fondées par Pierre Gemayel, leader nationaliste issu d'une grande famille chrétienne maronite et admirateur des phalanges espagnoles et de Mussolini, les “phalanges” ont constitué l'une des principales forces politiques et para-militaires du Liban, au parti pris résolument pro-occidental, et farouchement anti-palestinien et anti-communiste. Parmi les nombreux attentats et massacres commis par leur formation paramilitaire durant la guerre civile, l'opinion publique a principalement retenu celui perpétré en 1982 à Beirouth contre les camps palestiniens de Sabra et Chatilah (plusieurs milliers de morts).

[3] Diego OSORNO, Slim, Biografía política del mexicano más rico del mundo, ed. 2015. La Légion du Christ, organisation catholique d'extrême-droite fondée par le prêtre pédophile et antisémite Marcial Maciel, a joué un rôle majeur dans l'après-guerre dans la formation et l'endoctrinement de la haute-bourgeoisie mexicaine. Carlos Slim et Soumaya Gemayel furent durant longtemps parmi ses principaux mécènes. Les liens politiques et économiques ayant pu avoir existé entre celle-ci, Carlos Slim et les organisations chrétiennes libanaises d'extrême-droite n'ont cependant jamais été étudiés jusqu'ici...

[4] Les entreprises de Carlos Slim ne sont évidemment pas les seules impliquées dans la construction de l'aéroport. Au-delà des nombreuses banques internationales que l'on mentionnera plus tard plus en détail, les autres contrats de construction ont notamment été attribués à Hipolito Gérard, beau-frère de l'ancien Président Carlos Salinas de Gortari, ainsi qu'aux diverses entreprises de la famille mafieuse Hank Rhon, liée à Enrique Peña Nieto et au “clan Atlacomulco”.

[5] El sueño de la ciudad Slim y el nuevo Paseo de la Reforma”, 17 avril 2018 et extrait de la conférence de presse de Carlos Slim.

NOTE, 29 septembre 2018 : Un défenseur de l'environnement assassiné dans l'Etat de Mexico.

Depuis de nombreuses années, il se battait pour préserver la colline Tenayo, dévastée par la mine qui en extrait des roches afin de construire le nouvel aéroport de la ville de Mexico.

Ce samedi 28 septembre, à 11 heures du matin, l'ingénieur forestier Jésus Javier Ramos Arreola, 59 ans, a été assassiné à son domicile dans le village de San Rafael, municipalité de Tlalmanalco (Etat de Mexico) par un sujet non identifié. L'ingénieur avait fortement critiqué les autorités locales pour la concession de cette mine et les détournements d'argent occasionnés à la communauté. Durant les mois antérieurs d'autres défenseurs de la communauté avaient été sérieusement menacés. Dernièrement, Jésus Javier Ramos Arreola avait manifesté durant une conférence de presse son adhésion à la Plateforme organisative des villages contre le Nouvel Aéroport et l'Aérotropolis, qui se bat aux côtés d'Atenco et du Front des Villages en Défense de la Terre contre la construction du Nouvel Aéroport. Plus de nouvelles prochainement

IIe Assemblée nationale du CIG et des peuples du CNI du 11 au 14 octobre 2018

tags : 2018, cig, cni, pl-fr,

Convocation à la deuxième assemblée nationale du Conseil indigène de gouvernement et des peuples qui forment le Congrès national indigène

Considérant :

Premièrement. L'initiative pour former le Conseil indigène du gouvernement (CIG) et proposer sa porte-parole Marichuy comme candidate à la présidence de la République, lancée par le Congrès national indigène (CNI), a réalisé une étape de plus. La première étape a été la décision prise par le cinquième Congrès national indigène, lors de son vingtième anniversaire, au mois d'octobre 2016, de consulter tous ses peuples et communautés sur l'initiative décrite ci-dessus. La deuxième étape a été la consultation à l'intérieur du CNI sur l'initiative pour former le CIG et nommer sa porte-parole entre les mois d'octobre et décembre 2016. La troisième étape a abouti à l'assemblée constituante du CIG et à la nomination, par consensus de l'assemblée, de sa porte-parole María de Jesús Patricio Martínez en mai 2017. La quatrième étape fut la collecte de signatures pour notre porte-parole Marichuy, collecte qui s'est terminée cette année sans que nous ayons pour autant interrompu notre processus de résistance, de rébellion et d'organisation.

Deuxièmement. Notre chemin continue. Et la différence fondamentale avec les étapes précédentes est que maintenant nous sommes encore plus de peuples originaires marchant ensemble et, le plus important, nous sommes maintenant encore plus de personnes, de groupes, de collectifs et d'organisations orientés à chercher en nous-mêmes les solutions qui, nous le savons, ne viendront jamais d'en haut.

Troisièmement. Chaque jour qui passe, la guerre capitaliste se développe davantage contre la Terre Mère, contre nos peuples et contre tous ceux et toutes celles d'en bas, sans que d'en haut, des capitalistes et de leurs contremaîtres qui malgouvernent le Mexique et le monde, nous ne recevions autre chose que mensonges, exploitation, dépossession, mépris et répression.

Quatrièmement. La troisième séance interne de travail du CIG, réalisée le 26 août dernier, a décidé de tenir une deuxième assemblée entre le CIG et les peuples du CNI au mois d'octobre prochain.

Nous appelons les délégué·e·s et les membres du Conseil appartenant aux peuples originaires qui participent au CNI à la :

Deuxième assemblée nationale du Conseil Indigène de Gouvernement
et des peuples qui forment le Congrès National Indigène

du 11 au 14 octobre 2018 au Cideci-UniTierra
de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas,

selon le calendrier suivant :

11 octobre

Toute la journée, arrivée et inscription des délégué·e·s des peuples du CNI et des conseiller·e·s du CIG.

12 octobre

8 à 9 heures, petit déjeuner.

9 h 30 à 10 heures, inauguration.

10 à 14 heures, travail en commission ; bilan et évaluation de cette dernière étape de la lutte, de la situation actuelle au Mexique et dans le monde, et de la consultation qui, avec l'association civile « Vint le temps de l'épanouissement des peuples », a été faite auprès des réseaux de soutien du CIG, de la Sexta nationale et internationale et de toutes celles et tous ceux qui ont décidé de soutenir la proposition du CIG.

14 à 15 heures, déjeuner.

15 à 20 heures, plénière divisée en deux points : 1. bilan et évaluation ; 2. les étapes qui suivent dans notre lutte en tant que CNI et CIG et avec les réseaux de soutien au CIG, la Sexta nationale et internationale et toutes celles et tous ceux qui ont décidé de soutenir la proposition du CIG.

20 à 21 heures, dîner.

13 octobre

8 à 9 heures, petit déjeuner.

9 à 11 heures, rapport des commissions et des groupes de travail à la séance plénière de l'assemblée.

11 à 14 heures, tables de travail sur les neuf thèmes de travail du CIG et le renforcement du CNI.

14 à 15 heures, déjeuner.

15 à 16 heures, conclusions des tables de travail.

16 à 20 heures, plénière sur les neuf thèmes de travail du CIG et le renforcement du CNI.

20 à 21 heures, dîner.

14 octobre

8 à 9 heures, petit déjeuner.

10 à 13 heures, plénière finale de l'assemblée ; résolutions et accords.

13 à 13 h 30, clôture.

13 h 30 à 14 h 30, déjeuner.

Les délégations sont priées de confirmer immédiatement leur présence en envoyant un courriel à : concejoindigenadegobierno@gmail.com

Les sessions des 12 et 13 octobre seront réservées aux délégué·e·s du CNI et aux conseiller·e·s du CIG, pourront participer comme observateurs celles et ceux qui sont expressément invité·e·s par la Commission de coordination et de suivi du CIG/CNI.

Lors de la séance plénière du 14 octobre pourront participer comme observateurs les invité·e·s de la Commission de coordination et de suivi du CIG/CNI, les anciens membres de l'association civile « Vint le temps de l'épanouissement des peuples » et les membres des différents réseaux de soutien au CIG, ainsi que de la Sexta nationale et internationale.

Cordialement,

le 6 septembre 2018.

Pour la reconstitution intégrale de nos peuples

Plus jamais un Mexique sans nous

Commission de coordination et de suivi du CIG/CNI

Source et texte d'origine :
Congreso Nacional Indígena
6 septembre 2018.

CNI : Répression au DF contre la communauté otomi

tags : cni, df, otomi, pl-fr,

COMMUNIQUE DU CNI-CIG AU SUJET DE LA REPRESSION CONTRE LA COMMUNAUTE OTOMI INSTALLEE DANS LA VILLE DE MEXICO

Au peuple du Mexique

Aux réseaux de soutien au CIG

A la Sexta nationale et internationale

Aux médias

Face à l'attaque perpétrée par le mauvais gouvernement contre nos compañeros et compaéneras de la communauté otomi installée dans la ville de Mexico, en tant que Congrès National Indigène et que Conseil Indigène de Gouvernement, nous répudions le lâche répression menée à bien ce 19 septembre, à un an des séismes qui ont secoué différentes parties du pays. Aujourd'hui aux alentours de 9h30, des centaines de policiers anti-émeutes et des hommes de main ont attaqué aussi bien des enfants, des femmes et des anciens, faisant 15 blessés parmi nos compañeros afin d'expulser dans un luxe de violence près de 70 familles de la communauté otomi logées dans un campement de sinistrés depuis plus d'un an suite aux dommages subis [durant le tremblement de terre de septembre 2017] par le bâtiment situé au croisement des rues Milán et Roma de la colonia Juárez, délégation Cuauhtémoc.

Durant cette agression, notre compañero Diego García Bautista a été agressé et deux téléphones portables lui ont été volés lorsque celui-ci filmait la violente expulsion et spoliation subie par nos compañeros.

Nous exigeons que cesse le mépris, la spoliation et la répression contre la communauté Otomi située dans la Ville de Mexico, et que soient réparés les dommages causés, par lesquels ils cherchent à faire taire leurs justes exigences, et cela pour aux bénéfices des détenteurs de l'argent.

Bien à vous.

Septembre 2018

Pour la reconstitution intégrale de nos peuples

Jamais plus un Mexique sans Nous.

Congrès National Indigène

Conseil Indigène de Gouvernement

CNI : Solidarité avec le village maya de Homún, Yucatan

tags : cni, maya, pl-fr, yucatan,

Communiqué du CNI-CIG en solidarité avec le village maya de Homún au motif de la violation de la libre-détermination

Au peuple du Mexique

Aux réseaux de soutien au Conseil Indigène de Gouvernement

A la Sexta nationale et internationale

Aux médias

En octobre de l'année passée, le village maya de Homún avait exercé son droit en tant que peuple originaire à la libre détermination. Les conseillers mayas du Conseil Indigène de Gouvernement originaires du Yucatán, José Koyoc Kú y Yamili Chan Dzul, sur l'invitation du Comité Maya Kana'an Ts'onot, ont été témoins de la décision prise par le village maya de Homún au regard de son futur, face au commerncement de la construction d'une mégaferme porcicole qui menace de détruire la forme de vie du village. Durant la consultation réalisée en octobre dernier par les mayas de Homún ont dit “NON” à l'installation de la ferme.

Avec leurs formes et suivant leurs modes, le village a pris la décision de rejeter la construction de la ferme, malgré que la construction a continué et qu'elle se trouve aujourd'hui en fonctionnement, les camions arrivant avec les porcs pour le fonctionnement de la ferme. Avec cet acte ils ont mis au clair que les chefs d'entreprise et les mauvais gouvernements n'ont que faire des droits des villages, ni leurs fameuses consultations, et encore moins notre autonomie et la libre détermination.

Nous dénonçons la spoliation et la destruction de nos collines et de nos cenotes au profit des riches chefs d'entreprises, qui avec la complicité du mauvais gouvernement du Yucatán, imposent grâce à leurs policiers leurs mrojets mortifères sur nos territoires.

Nous exprimons notre soutien et notre solidarité avec le peuple maya de Homún et le comité Kana'an Ts'onot, gardiens des cenotes, et nous appelons à la solidarité des collectifs et des organisations conscientes afin que le peuple maya de Homún soit respecté.

Cordialement

Septembre 2018

Pour la revendication de nos peuples

Jamais plus un Mexique sans nous

Congrès National Indigène

Conseil Indigène de Gouvernement

Note : La ferme porcicole installée sur 120 hectares de la municipalité de Homún rassemble plusieurs dizaines de milliers de cochons, menaçant de contaminant tout le réseau de cenotes et de nappes phréatiques de la région...

Depuis Atenco, lettre à la ZAD et aux organisations du monde entier !

tags : pl-fr, zad,

Lettre-vidéo d'Atenco à la ZAD et aux collectifs internationaux

Fin août 2018, le Front des Villages en Défense de la Terre d'Atenco adressait un appel spécial à la ZAD et aux rencontres intergalactiques qui y étaient organisées, à les soutenir dans la lutte contre la construction du Nouvel Aéroport International de la Ville de Mexico :

CAMPAGNE CONTRE LE NOUVEL AEROPORT DE LA VILLE DE MEXICO :

télécharger l'appel international en format impression A5 :

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AUX ORGANISATIONS SOLIDAIRES DU MONDE ENTIER

Salutations depuis le Mexique

Nous sommes des paysans du centre du pays, descendants des peuples nahuas, qui ont peuplé les rives du Lac de Texcoco il y a de cela des milliers d'années. En 2001, on a tenté de nous déposséder des terres qui assurent la subsistance de nos familles, et cela pour construire un nouvel aéroport international dont les seuls bénéficiaires sont les puissances économiques de ce pays.

A la suite d'une lutte constante et sans répit, nos villages ont réussi à faire tomber le décret d'expropriation des terres en 2002, léguant au mouvement social mexicain une victoire indiscutable contre le projet néolibéral promu depuis le gouvernement mexicain.

La victoire paysanne réussit à ternir l'orgueil et la superbe du gouverneur de l'époque et actuel Président de la république mexicaine Enrique Peña Nieto, qui imposa sa vengeance à feu et à sang en attaquant les communautés les 3 et 4 mai 2006 au travers d'une des plus brutales opérations policières de l'histoire contemporaine du Mexique. L'onde de choc de la répression provoqua 2 morts, des dizaines de blessés et d'incarcérés, 27 plaintes pour torture sexuelle, et des condamnations à des peines allant jusqu'à plus de cent ans de prison pour les défenseurs de la terre.

Le mouvement social réussit à obtenir la libération des prisonniers, mais il reste encore à obtenir justice pour les femmes abusées sexuellement ainsi que pour les familles endeuillées des compañeros assassinés. En 2014 Enrique Peña Nieto, cette fois en tant que Président, réactiva le projet de Nouvel Aéroport International de la Ville de Mexico (NAICM en espagnol).

Cette décision signifiait une déclaration de guerre contre les villages qui résistent depuis 17 ans au harcèlement et à la violence déployée par les puissants politiciens et chefs d'entreprises qui voient dans l'aéroport une opportunité afin d'augmenter leurs fortunes personnelles, déjà obscènes auparavant, en réduisant à la misère les secteurs les plus vulnérables du pays.

La décision d'annuler ou de conclure le chantier est aujourd'hui dans les mains du gouvernement récemment élu dirigé par André Manuel Lopez Obrador, qui a récemment proposé de mener à bien un processus de consultation afin de déterminer la viabilité du projet.

Le Mexique vient à peine de vivre une des élections les plus concourues de son histoire, qui donnèrent lieu à une manifestation généralisée de rejet contre ceux qui ont jusqu'à présent soumis le pays, les mêmes qui ont été jusqu'à aujourd'hui bébéficiaires du projet d'aéroport. Maintenir la construction du NAICM sur l'ancien lac de Texcoco signifierait tourner le dos aux pauvres et continuer à permettre que s'imposent les intérêts d'une poignée de riches face aux nécessités urgentes du reste de la population, un scénario qui nous éloignerait du changement tant désiré sur lequel ont déposé leurs espoirs plus de trente millions de mexicains.

Le Nouvel Aéroport de la Ville de Mexico signifierait pour les villages la disparition de leur culture, de leur espace naturel, la venue de catastrophes environnementales, et l'impunité face aux crimes perpétrés par ceux qui possèdent l'argent contre les plus modestes de cette terre. Ce qui est menacé, c'est l'existence d'une culture millénaire dédiée à la culture des champs, car pour ceux qui détiennent aujourd'hui le pouvoir dans ce pays, “progrès” veut dire voir les paysans se transformer en serveurs de restaurant ou en porteurs de bagages, et voir les zones humides se transformer en complexes hôteliers.

Les conséquences environnementales de la construction du nouvel aéroport peuvent être qualifiées de véritable écocide : à l'heure actuelle, ce sont plus de 45 collines qui ont été dévastées afin d'en extraire les roches afin de recouvrir le lac, collines où sont déversées les boues toxiques du chantier de construction, ce qui compromet la qualité de l'air et de l'eau de la ville de Mexico ; le nouvel aéroport entrainera le déplacement de plus de 250 espèces d'oiseaux migrateurs de leur habitat naturel de reproduction ; et l'augmentation du risque d'inondations du fait de la destruction du relief de la zone, entre autres conséquences environnementales.

Il faut prendre également en compte, frères et soeurs du monde entier, que les investissements de ce mégaprojet s'appuient en grande partie sur la participation du capital transnational, qui met en oeuvre des politiques mortifères sur toute la planète afin de satisfaire les appétits de la classe sociale qui nous opprime tous et toutes de manière similaire ; dans le projet de Nouvel Aéroport sont impliquées des entreprises qui sont accusées dans d'autres pays de faits de corruption, et qui interviennent dans la construction de l'aéroport par le biais de mécanismes de fraude fiscale (par exemple au travers des “bons écologiques”) [1] en même temps qu'ils encouragent un projet signifiant la disparition des villages de la vallée.

Pour toutes ces raisons, nous lançons un appel à toutes les organisations sociales, environnementales, de droits humains, aux institutions éducatives et aux centres de réflexion, aux personnes qui défendent la nature, aux personnes qui résistent, aux mouvements étudiants, aux jeunes de la campagne et de la ville, aux travailleuses et travailleurs et à leurs organisations syndicales ou sociales, au mouvement indigène, à la communauté artistique, aux écrivains et aux académiciens, aux universitaires, aux paysans et aux peuples originaires du monde entier à se joindre à la lutte des villages originaires et des habitants de la Vallée de Mexico afin que nous exigions l'annulation totale du projet de nouvel aéroport.

Nous vous invitons à vous prononcer publiquement contre le Nouvel Aéroport à Texcoco, ainsi qu'à participer à la mobilisation du 25 octobre prochain, ou à la répliquer dans vos lieux d'origine. Egalement à vous joindre activement à la diffusion de matériels contre le projet d'aéroport, que ce soit au travers de brigades, d'espaces médiatiques ou par l'utilisation des réseaux sociaux.

Nous vous convoquons à envoyer des messages de soutien (photos ou vidéos) par le biais d'hashtags avec comme phrase Face à l'#AeropuertodeMuerte #YoPrefieroelLago #YoPrefieroAves #YoPrefieroAgua #YoPrefieroNoInundarnos #YoPrefierolaMilpa, afin de construire une large campagne à même de donner de la visibilité à notre cause.

Vous pouvez indiquer votre lieu de vie, le nom de votre organisation et les raisons de s'opposer à cet aéroport. Merci d'envoyer ce matériel au mail : plataformavsnaicm.com@gmail.com avant le 5 octobre prochain.

Depuis la première barricade de défense face au saccage en cours, nous fraternisons avec toutes les luttes qui partagent nos principes de vie et d'auto-détermination. Que vivent celles et ceux qui luttent contre la mort imposée par ce système rapace, que vivent les villages et les peuples qui tissent ces liens de tendre solidarité.

Front des Villages en Défense la Terre

Villages Unis contre le Nouvel Aéroport et l'Aérotropolis

Mexique, septembre 2018

ADHERENTS INTERNATIONAUX DE LA CAMPAGNE CONTRE LE NOUVEL AEROPORT DE LA VILLE DE MEXICO

Indonesie
Teman Temon, Yakarta ; Stop New Yogyakarta International Airport, Yakarta ;

Europe :

Des habitant.e.s de la ZAD (Notre-Dame-des-Landes, Francia) ; Quartier Libre des Lentilleres (Dijon, Francia) ; Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL-Paris, Francia), Confédération Nationale du travail, CNT- Francia), Colectivo París Ayotzinapa, Francia, Colectivo Mexican@s en Lyon

Taula per Mexic PAT Defensoras/defensores, Barcelona ; L´Adhesiva Barcelona ; Coordinadora de Activistas de Latinoamérica y el Caribe, CALACA, Catalunya ; Alianza Internacional de Habitantes ;

Amerique centrale :
Red de Abogadas y Abogados defensores de Derechos Humanos de Honduras ; Mesa de Coordinación Transfronteriza “Migraciones y Género”, México-Guatemala ; México Ritmos Mulatos, Costa Rica ; Hedme Castro, Directora ACI PARTICIPA, Honduras

Amerique latine :
América Friends Service Committee, Oficina Regional para America Latina y el Caribe ; Proyectos sobre Organización, Desarrollo, Educación e Investigación (PODER) ; Anabella Sibrián, Plataforma Internacional contra la Impunidad ; Consejo de Educación Popular de América Latina y el Caribe - (CEAAL) ; Comité de América Latina y el Caribe para la defensa de los derechos humanos de las mujeres ; Red MesoAmeriKaab Boicot, Desinversión y Sanción a Israel (BDC) ; Red Antimilitarista de América Latina y el Caribe RAMALC

Colombie :
Kinorama Copyleft (Medio de Comunicación y Noticias) ; Colombia Asociación Colectivo ; Barrios del Mundo, Colombia ; Colectiva La tulpa (Antimilitarista), Colombia ; La Sonora Criminal, Músicos ; Colectivo a las Calles Sin Miedo, Colombia ; Congreso de los Pueblos, Colombia.

Chili et territoire mapuche :
Red por la Defensa de la Infancia Mapuche : Infancia Libre y sin Represión, Chile ; Unión General de Estudiantes Palestinos, Chile ; Juventud Chileno-Árabe de Valdivia por Palestina, Chile ; BDS desde el Sur, Chile ; BDS Profesionales, Chile ; Movimiento por la Asamblea Constituyente Los Ríos, Chile ;

Argentine :

Alba Pereyra, A.R.E.P.A., Colectiva Argentina de CEAAL ;

Consulter ici le Face book de la campagne


[1] Les "bons écologiques" ont été diffusés par de nombreuses banques internationales dont le Crédit Agricole français. Contractés par plus de 750 investisseurs internationaux (dont Vinci), ils sont présentés comme un investissement "aidant à lutter contre le changement climatique" !!! Plus d'infos bientôt sur le sujet

Note : Parce que la conscience de la nécessaire solidarité internationale contre les projets mortifères existe entre tous les continents :

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solidarité avec Atenco depuis Kulon Progo, Indonésie, eux aussi en lutte contre la construction d'un aéroport
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Solidarité d'Atenco et du Front des Villages en Défense de la Terre avec la lutte contre le "New YogYakarta International Airport"

CAMPAGNE CONTRE LE NOUVEL AEROPORT DE LA VILLE DE MEXICO

tags : campagne, mexico, pl-fr,

APPEL A LA CAMPAGNE MEXICAINE

#YoPrefieroElLago

(#je préfère le lac)

Peña Nieto veut construire l'aéroport / Moi je préfère le lac

I.

Nous, nous sommes les villages qui habitons la rive orientale du lac de Texcoco. Nos ancêtres ont peuplé ces terres et ont pu voir, depuis ce rivage, la croissance de la grande Ville de Tenochtitlán ainsi que sa chute sous le joug du conquérant. Ce sont nos ancêtres qui ont versé leur sang pour récupérer la terre pour le Peuple, et c'est la raison pour laquelle nous sommes encore là, à la défendre. La terre est notre Mère, et c'est elle qui nous confère notre identité en tant que paysans, en tant que peuples travailleurs, peuples originaires, avec des droits et des devoirs sur nos terres et sur nos vies.

Nous sommes le Front des villages en Défense de la Terre. Aujourd'hui nous marchons avec d'autres rives, avec d'autres villages de la Vallée de Mexico, avec lesquels nous nous sommes rencontrés et organisés, car nous vivons la tragédie de l'imposition d'une décision prise par ceux d'en-haut sur notre territoire et sur nos vies. Depuis la vallée de Teotihuacán et d'Acolman, en passant par les collines sacrées de Tezoyuca, Chalco et Ixtapaluca, jusqu'aux contreforts des volcans d'Amecameca et Tecamachalco ; des villages, des quartiers, des ejidos et des habitants de nombreux endroits qui souffrons ensemble, et qui subissons la même blessure : la spoliation et la dévastation causée par le projet d'aéroport mortifère, qui détruit tout ce qu'il touche et qui signifie la destruction de nos villages et de notre environnement.

Nous sommes aussi la force de ceux qui luttons aux côtés des communautés affectées par l'aéroport. Nous sommes des collectifs, des académiciens, des étudiants, des organisations et des activistes en défense de l'environnement et des droits humains, qui joignons aujourd'hui notre voix pour défendre la vie dans la vallée de Mexico, cet espace où nous vivons et où nous subissons les conséquences hydrologiques, urbaines ainsi que la contamination provoquées par ce projet d'aéroport.

Nous sommes la Plateforme organisationnelle contre le Nouvel Aéroport et l'Aérotropolis.

II.

Il y a 17 ans, nous avons compris que le véritable visage de l'aéroport mortifère, c'est l'ambition affichée par les puissants. En 2006, lorsqu'Enrique Peña Nieto a dirigé son opération policière de vengeance politique contre la lutte du Front des Peuples en Défense de la Terre, nous avons compris que tout cet acharnement, la répression, les perquisitions, la torture sexuelle, les années injustes de prison, la persécution politique, toute cette stratégie de terreur faisait également partie de la réactivation du projet d'aéroport.

Aujourd'hui le gigantesque chantier écocidaire et le mépris avancent par le biais de la violation des droits humains des communautés. Son approbation s'est faite sans qu'il y ait eu une campagne d'information antérieure, et sans qu'il y ait eu une consultation véritable. Depuis lors, jour après jour la résistance organisée des communautés s'affronte à une stratégie systématique de criminalisation, d'intimidation et de corruption cherchant à détruire la lutte des peuples, causant un nombre incalculable de blessures à notre tissu social et communautaire.

Si vous voulez nous consulter au sujet du nouvel aéroport, rappelez-vous qu'en 2001, nous avons fait valoir notre parole afin de défendre la terre que prétendait nous soutirer Vicente Fox et la mafia d'Atlacomulco. Les villages, mobilisés dans leur ensemble, ont mis leur sang en jeu et c'est ainsi qu'ils nous ont enlevé José Enrique Espinosa Juárez, mort à cause des coups reçus, lorsqu'aux côtés d'autres hommes et femmes, nous avons lutté pour éviter la spoliation de nos terres et pour dire NON A L'AEROPORT. Cela, c'est le résultat de la consultation.

La consultation, cela a aussi été l'élection du 1er juillet dernier, qui a en quelque sorte été l'outil choisi par le Peuple pour exprimer son exaspération et sa décision de ne plus permettre que les puissants de ce pays continuent à piétiner les droits et la dignité de ceux d'en-bas. Trente millions de personnes ont voté contre le PRI de Peña Nieto, contre la corruption, le mensonge et la trahison du Peuple. C'est là aussi le résultat de la consultation : les mexicains ne veulent plus de projets qui ne servent qu'aux mêmes de toujours, c'est-à-dire à une minorité. NON A L'AEROPORT.

L'appel réalisé actuellement par le gouvernement élu afin d'entamer un processus qu'ils appellent “consultation”, ne prend pas en compte les processus légaux entamés par les communautés affectées par le projet, qui réclament le respect de leurs droits humains. Elle pose des délais temporels très courts et un procédure des plus opaques afin de décider du futur et de la continuation ou non du projet de spoliation, de corruption et de mort. Au travers de cette consultation, s'est mis en place un débat totalement asymétrique qui nous pose en position désavantageuse face aux puissants intérêts des entrepreneurs et des politiciens, qui se font l'écho des algorythmes économiques dans les médias à leur service, mais qui ne disent rien ni n'apportent aucune réponse au sujet des graves conséquences environnementales, hydrologiques, géologiques, archéologiques et sociales provoquées par le projet et qui se multiplient dans toute la Vallée de Mexico.

Face à ce scénario, nous, les villages, sommes résolus à mener la bataille par le biais de tous les ressorts juridiques, politiques et de mobilisation sociale possibles, et nous appelons à participer activement à toutes ces expressions, y compris la “consultation” évoquée antérieurement, mais toujours avec la clarté de position que la défense de la vie n'a pas de date de péremption, ni n'a à se soumettre aux délais imposés par les détenteurs de l'argent. Le nouveau gouvernement est confronté à une grande épreuve de feu, de la taille d'un aéroport mortifère. Tout en comprenant que ce n'est pas lui qui a impulsé ce projet ou qui en porte l'ambition, et malgré toute l'impunité sur laquelle le projet repose, ce qui est en jeu aujourd'hui, ce n'est pas seulement une consultation citoyenne.

Ce qui est au centre du débat, c'est de savoir qui prend les décisions sur le futur du Mexique : les chefs d'entreprise, les puissants, les transnationales, l'oligarchie nationale que nous subissons, ou bien le Peuple digne qui travaille, qui lutte et qui résiste pour un Mexique debout, appuyé sur la Justice et qui ne sera plus jamais soumis.

III.

Pour toutes ces raisons, et considérant :

  • QU'IL EXISTE REELLEMENT UNE POSSIBILITE DE METTRE A BAS LE PROJET D'AEROPORT ET SON AEROTROPOLIS MORTIFERE, fruits de l'ambition et de la corruption du gouvernement de Peña Nieto et de l'oligarchie mexicaine qui s'est enrichie par le biais de troubles négoces avec l'Etat, au détriment de la qualité de vie des villages et des peuples.
  • Que le gouvernement élu de López Obrador a accéléré les délais de décision et a déterminé une procédure afin de décider de l'annulation ou non de l'aéroport à Texcoco sans avoir encore écouté notre parole.
  • Que la consultation a provoqué un débat asymétrique avec les intérêts extrêmement puissants des chefs d'entreprise et au sein duquel nous tentons d'ouvrir une brèche pour faire valoir notre parole, nos droits violés de manière permanente ainsi que nos raisons juridiques, environnementales et scientifiques.
  • Que le gouvernement élu ne va plus promouvoir de manière ouverte l'annulation du projet comme il l'avait promis durant la campagne électorale
  • Que de cette décision dépend la viabilité de la vallée et de la métropole, où des milliers de personnes allons en subir les conséquences.
  • Que la décision en jeu est de savoir si dirigent les chefs d'entreprises ou si dirige le peuple.

Nous lançons cet APPEL A LA CAMPAGNE NATIONALE #YoPrefieroElLago que nous allons réaliser durant le mois d'octobre, et auquel nous convoquons toute la population civile, les mouvements sociaux et tous les citoyens, afin de participer à trois grandes actions :

#1. Face à cet énorme enjeu, nous les villages et la Plateforme, avons convoqué des experts et des chercheurs de différentes disciplines, qui s'appuient sur des conclusions basées sur des études en matière financière, environnementale, urbaine, agroproductive et sociale au sujet des effets catastrophiques, des irrégularités et de la non-viabilité du projet.

Nous exigeons du gouvernement élu que ces voix soient inclues dans les forums en préparation pour le débat devant précéder la consultation. Mais nous convoquons également toutes les universités et les instituts de recherche à assumer une participation active et à ce qu'ils organisent et reçoivent ces voix et ces connaissances durant des forums thématiques.

Nous convoquons les médias afin de recevoir ces spécialistes qui ont des opinions et des données indépendantes des intérêts liés à la réalisation du chantier. Mais nous exigeons qu'ils le fassent suivant des conditions paritaires et équitatives, et qu'au moins deux de nos porte-paroles académiques et de nos représentants des villages aient un espace garanti durant les débats publics dans les médias, et que eux, tout comme leurs savoirs, soient traités avec respect et dignité. Il y a bien d'autres raisons autres que financières pour ne pas construire cet aéroport. Nous demandons aux médias qu'ils écoutent de manière paritaire ces autres raisons.

Ces chercheurs, en lien avec nos villages, iront durant le mois d'octobre rencontrer les médias, les universités et les forums où ils seront invités au travers de notre plate-forme (dans la limite de nos possibilités). Les académiciens et les spécialistes qui participeront le feront suivant les axes suivants :

IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX
Dr. Fernando Córdova Tapia. Chercheur du Centre de Recherche sur la Biodiversité et la Conservation (UAEM) y Académicien de la Faculté des Sciences (UNAM). Spécialiste de l'impact environnemental des mégaprojets. Analyse et avertit au sujet des graves conséquences envieronnementales que provoquerait la construction de l'aéroport à Texcoco.

IMPACTS ET REPERCUSSIONS TECHNIQUES DU NAICM
Maitre Jesús Flores Hernández. Maitre d'architecture dans le champ de l'économie politique et de l'environnement (UNAM), Professeur de la faculté d'architecture (UNAM).

CONSEQUENCES CULTURELLES
Itzam Pineda Rebolledo. Maitre en anthropologie sociale à la ENAH, Professeur chercheur du Collège d'Humanités et de Sciences Sociales de la UACM, et expert en anthropologie dans le processus de recours juridique déposé par le Front des Villages en Défense de la Terre contre le NAICM.

IMPACTS SOCIO-ENVIRONNEMENTAUX
Dra. María Fernanda Paz. Anthropologue au Centre Régional de Recherches Multidiciplinaires (CRIM) de la UNAM. Spécialiste desconflits et des affectations socio-environnementales es mégaprojets. Analyse les affectations socio-environnementales de la construction de l'aéroport dans les communautés, villages et municipalités de l'est de l'Etat de Mexico.

BUSINESS, FINANCEMENT ET MALVERSATIONS DES ENTREPRISES QUI CONSTRUISENT LE NAIM
María Julieta Lamberti, Docteur en Sciences sociales spécialisé en Sociologie pour le Centre d'Etudes Sociologiques (ColMex), coordinatrice du Projet de recherches Organisation, Développement, Education et Recherche (PODER).

CRISE HYDROLOGIQUE
Une représentation de l'initiative citoyenne et académique AGUA PARA TODOS.

CONSEQUENCES POUR LA FAUNE
Dra. Patricia Escalante Pliego. Chercheuse de l'institut de biologie de la UNAM. Spécialiste en Biologie de la Conservation et Ornythologie. Exposera les impactss sur la faune, tout spécialement les oiseaux et le risque aviaire.

# 2. Nous convoquons le Peuple du Mexique, les étudiants, travailleurs, mères aux foyer, artistes, tuiteros, cinéastes, vidéastes, éditeurs, leaders d'opinion, youtubers, médias libres, radios communautaires, à informer, conscientiser et joindre votre voix afin de multiplier les raisons des experts et des villages et communautés affectées au travers des réseaux sociaux. Nous réaliserons de nombreux matériels vidéo, des affiches et des infographies que nous invitons à démultiplier.

Pour cette tâche 60 musiciens, acédémiciens, acteurs, actrices et activistes nous aideront à faire résonner notre voix. Certains d'entre eux sont :

Rubén Albarrán músico (Café Tacvba), Arcelia Ramírez (actrice), Roco Pachukote músico (Maldita Vecindad), Giovanna Zacarías (actrice), Dr. Shenka músico (Panteón Rococó), Olinka & Masehuali (musique), Daniel Giménez Cacho (acteur), Ana Francis Mor (directrice, actrice), Eréndira Ibarra (actrice), Pato, músico (Maldita Vecindad), Gabriela de la Garza (Actrice), Carlos Ventura (défenseur des droits humains), Valeria Hamel (avocat, ex-activiste de #YoSoy132.), Paco Ignacio Taibo II (écrivain et historien), Pilar Flores Del Valle (Actrice), Héctor Díaz Polanco (académicien), Mariana Giménez (actrice), Humberto Robles (metteur en scène), Maria Goycoolea (actrice), Antonio Martínez Velázquez (journaliste), Roberto Sosa Martinez, (Acteur), Ximbo & Van-T, Magisterio, (hip-hop), Bhajan Resplandor (los hijos de la lucha, hip-hop), Rubén Pastor “Pato”, musicien (Rastrillos), Abraham Mendoza (tuitero-communauté gay), Carlos Brito (regidor actuel de Jojutla, activiste de #YoSoy132), Alfredo Lecona (essayiste et défenseur des droits humains), Eréndira Derbez (Activiste, twittera), Sandra Patargo (Défenseuse des droits humains), Alejandro Encinas Nájera (Politologue, membre de Por México Hoy), Liz Mejorada (Activiste), Bosque David (activiste en défense de l'environnement), Mónica Meltis (Directrice Exécutive en date civique), Paola Galleta (gestion de projets), Antonio Muñohierro (Cinaste), Baltimor Beltrán (Acteur), Batan Silva (Cinéaste), Laura Imperiale (Productrice), Úrsula Pruneda (Actrice), Karina Gidi (Actrice), Alejandro Zuno (Cinéaste) Jeremy Renaux (Défenseur des DH, France) ; Ana Cristina Vázquez Carpizo (Défenseuse des DH, Chiapas, Mexique), Afra Mejía (Documentaliste), Caro Platt (Documentaliste), Adela Gómez ; Sebastián Pinheiro (Brésil), Cayo Vicente, Carlos Fazio ; Daniela González López (Coordination Internationale de l'Observatoire des Droits Humains des Peuples), Ariadna Ramonetti Liceaga (Université Ibéro-americaine), Nancy Villegas García (Défenseuse des Droits Humains, Veracruz), Eloísa Ladrón de Guevara (Défenseuse des Droits Humains, Veracruz), Paz Carmona (Défenseuse des Droits Humains, CDMX), Iván Pérez Pacheco (artiste, Grupo Péreztown), Naayeli Ramírez (avocate), Claudia Campero (défenseuse de l'eau), Aída Salome Díaz Jiménez, Alejandro Meléndez (photoreporter de FotoreporterosMx) y Jorge Meléndez (Periodistas Unidos) et une vingtaine d'autres activistes et twitteros.

Cependant toutes et tous pourront participer. Nous invitons tous les collectifs, organisations, mouvements à adhérer à la campagne en écrivant à todosvsnaicm@ gmail.com avec votre nom, état, ville, profession ou travail pour les personnes et pour les organisations, en signalant le nom complet (pas le sigle), ainsi que les mêmes éléments de référence : état et localité.

Nous appelons tous les citoyens à suivre l'INITIATIVE #YoPrefieroElLago sur les réseaux sociaux sur PUEBLOS UNIDOS CONTRA EL AEROPUERTO.

A cet effort visant à démultiplier la voix de nos villages et des spécialistes, ont ADHERE déjà PLUS DE 500 ORGANISATIONS en défense des droits humains et des femmes, des travailleurs et des collectifs étudiants, des organisations sociales qui s'approprient l'opposition au projet d'aéroport à Texcoco, et qui répliqueront cette camapgne dans les quartiers, colonies, centres de travail, écoles et centres culturels du pays.

# 3. Enfin nous appelons toutes les personnes qui défendent la vie de la terre-mère, les jeunes de la métropole, les habitants de la Ville et de l'Etat de Mexico, les travailleurses et travailleurs et leurs organisations syndicales, le mouvement urbano-populaire, la communauté artistique, les écrivains et les académiciens, les universitaires, les paysans et les peuples originaires de la vallée, tous ceux qui croient que la vie compte plus que l'argent à réaliser en octobre prochain une :

MOBILISATION : NOUS, NOUS PREFERONS LA VIE, NON A L'AEROPORT

Qui aura lieu le jeudi 25 octobre à Mexico à 4 heures de l'après-midi.

Ces trois axes de mobilisation : la voix des villages et des spécialistes, la campagne sur les réseaux sociaux, ainsi que la mobilisation, font partie de la campagne #YoPrefieroElLago.

Nous appelons toutes et tous à s'y intégrer en défense de la vie, de l'eau, du lac et des villages.

# 4. Nous, nous préférons le vieux lac qui durant des siècles nous a fourni la nourriture, l'identité et la vie, raison pour laquelle nous mourrons pour lui. Nous vous convoquons à vous remémorer que ce paradis promis aux Aztèques par leur dieu Huitzilopochtli et qui se trouve aujourd'hui à un niveau de risque limite, était le territoire de l'eau et de l'abondance, et que c'est dans ce milieu lacustre qu'est né l'identité mexicaine. Faisons oeuvre de mémoire, durant les premiers chapitres de cette histoire tous les villages étaient des villages sur les rivages du lac, tous étaient “Atenco” (au bord de l'eau). L'aéroport mortifère et la spoliation de Peña Nieto avancent tandis que les corrompus répartissent des millions pour faire avancer leurs chantiers, mais il est encore temps. Rejoignons la force digne du Peuple, depuis tous les espaces et les points géographiques, et en particulier ceux qui sommes dans la vallée de Mexico, disons #YoPrefieroElLago et mettons à bas de nouveau cette tentative de spoliation.

Si nous ne nous engageons pas en tant que société, nous serions condamnés à un futur privé de la garantie d'un digne accès à l'eau, dans un environnement nocif pour notre santé et à l'intensification des risques d'inondation dans les zones urbaines. Nous condamnerions les générations futures à payer l'interminable facture chiffrée en millions pour le maintien d'une réalisation remplie d'erreurs structurelles et de soutenabilité et, pire, ce serait trahir le devoir de résister et de défendre nos frères d'Atenco, Texcoco, Teotihuacán, Tepetlaoxtoc, Acolman, Tezoyuca, Chalco, Ixtapaluca, Tecamachalco, Amecameca et des autres villages qui ont réussi, depuis le bord de l'eau, à ce que la vie continue à exister.

ORGANISATIONS ADHERANT A L'INICIATIVE :

ADHERENTS AU MEXIQUE :

Sección XXII de la CNTE-SNTE ; Coordinación Metropolitana Anticapitalista y Antipatriarcal con el Consejo indígena de Gobierno ; Pedro Faro ; Centro de Derechos Humanos Fray Bartolomé de Las Casas, A.C. ; Alma Rosa Rojas, CEPAZDH A.C ; CEND del CNTE ; Silvia Villaseñor, Consejo Tiyat Tlali (Puebla), Makxtum Kgalhaw Chuchutsipi ; Sindicato de Telefonistas de la República Mexicana, Sección 75 (STRM) ; Comunidad Indígena de San Francisco Xochicuautla ; Vecinos del Cerro de Tecalco ; Asamblea General de los Pueblos, Barrios, Colonias y Pedregales de Coyoacán ; Vecinos en Defensa de Texcoco ; Comuneros Democráticos en Resistencia contra el Tren México-Toluca, comunidad indígena de Acopilco ; Oficial-Vecinos Unidos Zona Poniente ; Unión de Comités Autónomos de Agua del Oriente del Estado de México ; Comunidad indígena de Tocuila ; Asamblea Permanente de los Pueblos de Morelos ; Colectivo Santa cruz Alcapixca, Aleria ; Grupo Cuauhximalpan A.C. ; Sociedad Vecinos de Tepetlaoxtoc ; Comité de Agua Potable 2016-2019 de Tepetlaoxtoc ; Concejo Comunitario de Atlazalpan A.C. ; Servicio de Agua Potable y Alcantarillado San Pablo Atlazalpan A.C. ; Comité Autónomo de Agua Potable Colonia Valle Verde Ixtapaluca ; Comité Autónomo del Agua Santa Cruz Tlapacoya ; Movimiento Social en Defensa de la Vida de Ixtapaluca ; Colectivo Autónomo de México, Chimalhuacán ; Colectivo Ciudadano Cultural Chimalapa ; Comité Chimalcoatl ; Pueblos Chimalhuacanos en Reivindicación ; Comisión por la Defensa del Agua del Pueblo de Santa María Nativitas ; Zacapan/Contraloría Social y Ciudadana (Xochimilco) ;Frente Popular Francisco Villa ; Comités de Cuenca del Río Sonora ; Ana de Ita, Centro de Estudios en el Campo Mexicano (CECCAM) ; Grupo de Tecnología Alternativa S.C ; Unión Popular Valle Gómez ; La Voladora Radio, Amecameca ; Sindicato Nacional de Profesores de Investigación Científica y Docencia del INAH ; Taller por la Defensa de los Territorios y del Patrimonio Biocultural de la DEAS-INAH ; Sindicato de Trabajadores del Instituto de Educación Media Superior de la Ciudad de México (SITRAIEMS-CDMX) ; Organización Nacional del Poder Popular ; Animal Dañero (miembros del Sindicato Mexicano de Electricistas) ; Grupo Sindical “Para Todos, Todo”, Agremiados al Sindicato Mexicano de Electricistas ; Partido Comunista de México (PCdeM) ; Proyecto SED, Compañía Nacional de Teatro ; Brigada Comunitaria contra el Urbanismo Salvaje ; Frente Popular Francisco Villa, México Siglo XXI ; Defensoría en Derechos Humanos, Gral. Francisco Gallardo ; El Milagro, DANZARESISTENCIA, colectivo escénico ; Centro Educativo Cultural y de Organización Social (CECOS/NEZA) ; Coordinadora Nacional de Usuarios en Resistencia (CONUR) ; Izquierda Revolucionaria-México ; Sindicato de Estudiantes ; Libres y Combativas ; UAM en Resistencia ; Colectivo Lxs Otrxs UAM-A ; Mujeres que luchan AUM-A ; Síntesis, Organización Ciudadana A.C. ; Títeres “Pahpaki” ; Comité de Defensa Integral de Derechos Humanos Gobixha Oaxaca A.C., CÓDIGO DH. ; Colectivo AEQUUS Promoción en Defensa de Derechos Humanos ; CLETA UNAM ; Unión General de Trabajadores de México (UGTM) ; Partido Revolucionario de las y los Trabajadores (PRT) ; Partido Comunista de México (marxista-leninista) ; Frente Popular Revolucionario ; Unión de la Juventud Revolucionaria de México ; Unión de Trabajadores de la Educación ; Unión Revolucionaria de Trabajadores del Arte ; Unión de Campesinos Pobres ; Rebelión ; Pacto Morelos por la Soberanía Alimentaria y Energética y los Derechos de las y los Trabajadores (integrado por SNDT INAH, STUNAM delegaciones Morelos, M17 de Mayo del Mercado ALM, CIDHM, jubiladas, SITIMTA, Coalición Rintex, STRM Sección 10, OPT Morelos, MMB, SIIINIFAP, SME División Cuernavaca, Cooperativa Bandera, MOPIN-CNPA, Colectivo Yanga, CEBs, PRT Morelos, PCM) ; Unión de Lucha Anticapitalista ; Organización Nacional del Poder Popular (Onpp/Chiapas) ; Asamblea General de Trabajadores ; Centro de Derechos Humanos “Zeferino Ladrillero” ; Espacio de Construcción Estudiantil “Caracol” ; Agua para Todos, Agua para la Vida, CDMX ; Colectivo El Zurdo ; Movimiento Urbano Popular (MUP) ; Sociedad Organizada en Lucha (SOL) ; Unión de Colonias Populares (UCP) ; Unión Popular Revolucionaria Emiliano Zapata (UPREZ) ; FUOSYC ; Barzón Ciudad de México ; Asamblea de Barrios Nahui Ollin ; Colectivo de Mejoramiento Barrial, Cooperativa Yelitza ; Cooperativa Tollan ; Cooperativa Tochan ; Organizaciones Independientes de la Zona de Tláhuac (OIZT) ; UPFV-CUT, Vecinos de Justo Sierra ; Damnificados de la Ampliación de la Línea 12 del Metro ; No al Deprimido Río Mixcoac ; MTS ; Agrupación Juvenil Anticapitalista ; Grupo Tiempos Moderno ; Comité Estudiantil Metropolitano ; Frente de Escuelas Democráticas Febrero 25 (FEDEF-25) ; Corriente en Lucha ; Frente Ciudadano “Salvemos la Ciudad” ; Red Nacional de Resistencia Civil ; Ocupa tu Ciudad A.C Jalisco ; Bio-Espiral, Colectivo de Bio-Construccion , Jalisco ; Asamblea de Pueblos Indígenas del Istmo de Tehuantepec en Defesa de la Tierra y el Territorio (APIITDTT Oaxaca) ; Comité por la Defensa de los Derechos Indígenas (CODEDI) ; Concejo Autónomo Regional de la Costa de Chiapas ; Coordinación de Pueblos Unidos en Defensa de la Energía Eléctrica (CPUEDEE, EDOMEX ,PUEBLA Y CDMX) ; Frente Amplio de Comunidades de Ecatepec ; Frente de Consumidores (FEDECO,Chihuahua) ; Frente de Pueblos en Defensa de la Tierra y el Agua, Morelos-Puebla (FPDTA-MP) ; Fuerza Social Choapence A.C ; Resistencia Civil “Las Choapas”, Agua Dulce e Ixhuatlan ; Movimiento Amplio de Resistencia Civil (MARC, CHIHUAHUA) ; Movimiento Amplio de Resistencia Civil- Homero (MARC-HOMERO, CHIHUAHUA ; Nueva Constituyente Ciudadana y Popular de Motozintla Chiapas ; Organizaciones Indias por los Derechos Humanos en Oaxaca (OIDHO) ; Resistencia Civil de Candelaria Campeche ; Resistencia Civil Indígena y Popular del Sur de Veracruz contra las altas tarifas de Luz ; Unión de Comunidades Indígenas de la Zona Norte del Istmo (UCZONI-OAXACA) ; Alianza de Organizaciones Nacional y Estatal y Municipal por la Justicia Social (San Quintín) ; Asamblea Permanente de los Pueblos de Morelos ; Asociación local de Productores de Maíz Coronel José Isabel Linares García ; Centro de Estudios Ecuménicos ; Centro de Investigación Laboral y Asesoría Sindical (CILAS) ; Ciencia para el Pueblo ; Colectivo reivindicación Universitaria (UAEMX) ; Coordinadora Revolucionaria Socialista (CSR) ; Coordinadora Nacional de Usuarios en Resistencia (CONUR) ; Comité Ciudadano en Defensa del Xinantécatl – Comunidad de Santiago Tlacotepec (Edomx) ; Comunidad, Autonomía y Libertad (Comunal) ; Disidenciascolectiva feminista ; Estudiantes del posgrado de sociología 2018-BUAP ; Frente de Pueblos en Defensa de la Tierra y el Agua- Morelos-Puebla ; Frente Juvenil en Defensa de Tepoztlán ; Grupo Cultural Tierra Nuestra ; Hamartia-Coletiva Feminista ; Izquierda Revolucionaria-Militante ; La Sandía Digital ; Libres y Combativas ; Mitoteras y Mitoteros de Ayotzinapa (Guanajuato) ; Nación Comcaac ; Nueva Central de Trabajadores ; Partido Revolucionario de las y los Trabajadores ; Red Anáhuac por los Bienes Comunes ; Servicio, Paz y Justicia- SERPAJ-México ; Sindicato de Estudiantes ; Sindicato Mexicano de Electricistas ; Voces Oaxaqueñas Construyendo Autonomía y Libertad (VOCAL-Oaxaca) ; Servicios Educación Alternativa (Educa A.C.) ; Colectivo Mujer Nueva ; Frente Popular Revolucionario (FRP) ; FALP Dirección Colectiva ; Unión de Artesanos y Comerciantes Oaxaqueños ( UACOL) ; Coordinadora Indígena Popular Autónoma (CINPA) ; Comité Damián Gallardo Martínez, A.C. Cielo ; Corriente del Pueblo Sol Rojo ; Grupo Internacionalista ; Hermanos Coca Gómez ; Comunidades Indígenas de la Zona Norte del Istmo (Ucizoni) ; Movimiento Agrario Indígena Zapatista (MAIZ) ; Comité de Defensa de Derechos Indígenas (CODEDI) ; Frente Amplio de Comunidades Marginadas del Estado de Oaxaca (FACMEO) ; Colectivo Comunista PLP Sindicato Libre del Municipio de Oaxaca ; Sindicato de Trabajadores y Empleados de la Universidad Autónoma Benito Juárez de Oaxaca (STEUABJO) ; Coordinadora de Bases del Seguro Social (CBSS) ; Berenice Sánchez, Asamblea de Pueblos Indígenas por la Soberanía Alimentaria APISA A. C. ; Centro de Derechos Humanos Digna Ochoa AC, Tonalá, Chiapas ; Alejandra Méndez, Fray Julián Garcés Derechos Humanos y Desarrollo Local A. C. Tlaxcala, Tlaxcala ; Iglesias por la Paz ; Lilia Jiménez Romero, Colectivo Defensa Verde Naturaleza para Siempre, Veracruz ; Empoderando mujeres A.C. de Córdoba, Veracruz ; Psicólogos Sin Fronteras, Enlace Estatal Veracruz ; Mujeres Unidas al Servicio del Estado A. C., Veracruz ; Fundación Libélulas de Esperanza A. C. Reynosa Tamaulipas ; María González Valencia, Imdec Independiente ; Instituto Mexicano Para el Desarrollo Comunitario, A.C. ; Comité Salvemos Temacapulín, Acasico y Palmarejo ; Cuerpos Parlantes, Espacio Feminista ; Red Solidaria de Derechos Humanos, A.C. – Michoacán ; Red Nacional de Promotoras y Asesoras Rurales (RedPAR) ; CUPASIJMINU S.C. ; Mujeres Libres COLEM A.C. ; Comité de Derechos Humanos y Orientación Miguel Hidalgo, A.C. (CODHOMHAC) –Guanajuato ; Colectivo Educación para la Paz y los Derechos Humanos AC. (Chiapas) ; Comité de Derechos Humanos de Comalcalco A.C. - Tabasco ; Centro de Derechos Humanos de los Pueblos del Sur de Veracruz Bety Cariño A.C., Veracruz ; Comité de Derechos Humanos Sierra Norte de Veracruz ; Bowerasa A.C. - Chihuahua ; Alianza Sierra Madre A.C. – Chihuahua ; Barcadh A.C. – Oaxaca ; Instituto de Derechos Humanos Ignacio Ellacuria SJ de la Universidad Iberoamericana - Puebla ; AJAGI, A.C. – Jalisco ; Plataforma Tómala Ciudad – Jalisco ; Unión de Pueblos y Organizaciones de Jalisco por el Agua, la Salud y el Territorio (UPOJAST) - Jalisco ; Movimiento Mexicano de Afectados Por las Presas y en Defensa de los Ríos (MAPDER) ; Coalición de Organizaciones Mexicanas por el Derecho Humano al Agua (COMDA) ; Asamblea Veracruzana de Iniciativas y Defensa Ambiental (LA VIDA) – Veracruz ; Sindicato de Trabajadores Unidos – Jalisco ; Colonos Arcos de Guadalupe - Jalisco ; Foro Socio Ambiental Guadalajara- Jalisco ; Colectivo Unido por Jardines de la Paz y Colonias Aledañas A.C., GDL ; Mujer y Medio Ambiente, A.C. - Ciudad de México ; Colectivo Cerró de la Reyna- Jalisco ; Magisterio Democrático del Valle de México Sección 36 SNTE-CNTE ; Asamblea Popular de Ciudad Nezahualcóyotl ; Talleres Comunitarios de Ciudad Nezahualcóyotl ; Mexicanos Unidos ; Red Tlalpan de apoyo al CIG ; Organización Indígena Campesina “Vicente Guerrero”, Guerrero ; FPR, Morelos ; Sara Angélica Álvarez Arratia ; María de Lourdes Toussaint Loera, Atlatlahucan, Morelos ; Luis Fernando Moreno Ojeda, Estudiante ; María de Jesús Álvarez Moctezuma ; Andrés Alonso Flores Marín ; Araceli Marín Cadena ; María del Carmen Guadalupe Cadena Guzmán, Rolando Ramírez Sánchez (Coordinador Distrital Morena Veracruz) ; Rodolfo Chico Lorenzo ; Eva Isabel López Díaz ; José de Jesús González Quiroz ; Tania Gabriela Pérez Quijano ; Fernando Biciego Minero ; Juan José López Soto ; Andrés Hirsch Soler ; Dra. Adriana Pañuelo Arévalo ; Rafael Bautista Patiño, Socioantropologo de la UACM ; Mtra. Ivonne Uribe López ; María de Lourdes Olibares Albarrán ; Adda Stella Ordiales de La Garza ; Javier Pérez Luna ; María Álvarez ; Juan Pablo Almaráz del Ángel ; Dalia Luna.

ACADEMICIENS :

Andrés Barreda ; Luz Emilia Aguilar ; Pedro Luis del Ángel Rodríguez ; Daniel Jacobo Marín (Colegio de San Luis) ; Fernando Matamoros (ICSyHBUAP) ; Dra. Itza Amanda Varela Huerta, investigadora huésped modalidad posdoctoral en el Centro de Investigaciones y Estudios Superiores de Antropología Social (CIESAS) Pacífico Sur ; Dra. Itzia Fernández Escareño profesora-investigadora independiente La Pizca Film Research México ; Mtro. Rodrigo Castillo Aguilar del Equipo Interdisciplinario de Investigación y Prácticas Educativas para la Transformación : Elepantli ; Karla Isaeth Díaz Pérez del Equipo Interdisciplinario de Investigación y Prácticas Educativas para la Transformación : Elepantli y Red Latinoamericana Feminista ; Mtro. César Eduardo Ortega Elorza ; Mtra. Elievf León Arizmendi ; Ita del Cielo Reyes. Socióloga y Fanzinera ; Dr. Daniel Inclán Solís Investigador Asociado C. del Instituto de Investigaciones Económicas, UNAM ; Mtra. Griselda Arroyo Romero, estudiante del Doctorado en Ciencias Económicas UAMX ; Mtro. Isaac Ali Siles Bárcenas, Universidad de Manchester, Reino Unido ; Grupo Intercolegiado de Investigación en Ecología Política -GIIEP- UCM ; ECOMUNIDADES ; Red Ecologista Autónoma de la Cuenca de México ; Comité Organizador de la Primera Conferencia Norte Sur Descrecimiento/Degrowth, Ciudad de México ; Centro de Estudios para el Desarrollo Rural (CESDER-Prodesc, A.C.) ; Centro de Investigación y Capacitación Rural, A.C. (CEDICAR) ; Curso Popular “Zapata Vive” ; Seminario de Mundos Rurales, Tierra, Territorio y Territorialidades (UACM, UAM, ENAH) ; Unitierra Puebla ; Comunidad Cinematográfica por Ayotzinapa ; Olga Laura López Uribe Codirectora ; Artística de la Compañía Teatro en Código ; Hela Cotler investigadora del CENTROGEO ; Mtro. José Luis García Hernández, (CAMeNA-UACM) ; Martín López Gallegos (Relaciones Internacionales FCPyS-UNAM) ; Los Heraldos Negros Revista de creación literaria y análisis político ; Dr. Joel Ortega Erreguerena.

ADHERENTS INTERNATIONAUX :

Indonesie
Teman Temon, Yakarta ; Stop New Yogyakarta International Airport, Yakarta ;

Europe :

Habitantes de la ZAD (Notre-Dame-des-Landes, Francia) ; Quartier Libre des Lentilleres (Dijon, Francia) ; Comité de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha (CSPCL-Paris, Francia), Confédération Nationale du travail, CNT- Francia), Colectivo París Ayotzinapa, Francia, Colectivo Mexican@s en Lyon

Taula per Mexic PAT Defensoras/defensores, Barcelona ; L´Adhesiva Barcelona ; Coordinadora de Activistas de Latinoamérica y el Caribe, CALACA, Catalunya ; Alianza Internacional de Habitantes ;

Amerique centrale :
Red de Abogadas y Abogados defensores de Derechos Humanos de Honduras ; Mesa de Coordinación Transfronteriza “Migraciones y Género”, México-Guatemala ; México Ritmos Mulatos, Costa Rica ; Hedme Castro, Directora ACI PARTICIPA, Honduras

Amerique latine :
América Friends Service Committee, Oficina Regional para America Latina y el Caribe ; Proyectos sobre Organización, Desarrollo, Educación e Investigación (PODER) ; Anabella Sibrián, Plataforma Internacional contra la Impunidad ; Consejo de Educación Popular de América Latina y el Caribe - (CEAAL) ; Comité de América Latina y el Caribe para la defensa de los derechos humanos de las mujeres ; Red MesoAmeriKaab Boicot, Desinversión y Sanción a Israel (BDC) ; Red Antimilitarista de América Latina y el Caribe RAMALC

Colombie :
Kinorama Copyleft (Medio de Comunicación y Noticias) ; Colombia Asociación Colectivo ; Barrios del Mundo, Colombia ; Colectiva La tulpa (Antimilitarista), Colombia ; La Sonora Criminal, Músicos ; Colectivo a las Calles Sin Miedo, Colombia ; Congreso de los Pueblos, Colombia.

Chili et territoire mapuche :
Red por la Defensa de la Infancia Mapuche : Infancia Libre y sin Represión, Chile ; Unión General de Estudiantes Palestinos, Chile ; Juventud Chileno-Árabe de Valdivia por Palestina, Chile ; BDS desde el Sur, Chile ; BDS Profesionales, Chile ; Movimiento por la Asamblea Constituyente Los Ríos, Chile ;

Argentine :

Alba Pereyra, A.R.E.P.A., Colectiva Argentina de CEAAL ;

ADHERENTS DE L'OBSERVATOIRE DES DROITS HUMAINS DES PEUPLES :

Adolfo Pérez Esquivel Premio Nobel de la Paz, Stella Calloni Corresponsal de la Jornada en Buenos Aires ; Colombia Dra. Piedad Esneda Córdoba Ruiz Senadora y Defensora de Derechos Humanos y Coordinadora Internacional del Observatorio de Derechos Humanos de los Pueblos. Vocera de colombianas y colombianos por la Paz, Camilo González Posso, Presidente de INDEPAZ, Dr. Mario Hernández Álvarez, Coordinador Doctorado Interfacultades en Salud Pública Universidad Nacional de Colombia ; España Ana Andrés Ablanedo Defensora de Derechos Humanos de Soldepaz Pachakuti, Ricardo Sánchez Andrés miembro de la junta de la (ACP) Asociación Catalana por la Paz – miembro de la Asamblea de Internacional de (Comunistes de Catalunya) y miembro permanente del consejo de Solidaridad de la Ciudad de Manresa, María Victoria Fernández Molina Candidata a Doctora en Derechos Humanos, Estados Unidos James Patrick Jordán Coordinador Nacional de la Alianza por la Justicia Global y NasimChatha Activista de la Alianza por la Justicia Global e integrantes del Observatorio de Derechos Humanos de los Pueblos capítulo Estados Unidos ; Suiza José Manuel González López y Gerardo Romero Luna de la Red Latinoamericana de Zurich integrantes del Observatorio de Derechos Humanos de los Pueblos capítulo Suiza ; Venezuela Héctor Orlando Zambrano Diputado de la Asamblea Nacional del Poder Popular de la República Bolivariana de Venezuela y Miembro de la Coordinación Nacional de la Corriente Revolucionaria Bolívar y Zamora, Nieves Hugo Alberto Integrante de la Comisión Política de la Corriente Revolucionaria Bolívar y Zamora – CRBZ, Gioconda Mota Gutiérrez Red de Colectivos La Araña Feminista, José Miguel Gómez García Movimiento Internacional de la Economía de los Trabajadores ; Ecuador Abg. Franklin Columba Cuji Dirigente Nacional y Coordinador de Asuntos Políticos del FENOCIN ; BoliviaStrio. General de Confederación Sindical Única De Trabajadores Campesinos de Bolivia (CSUTCB) ; Palestina Jamal Juma Coordinador STOP The WALL ; Guatemala Ana Laura Padgett Rojas Red de Integración Orgánica - RIO - por la Defensa de la Madre Tierra y los Derechos Humanos ; Uruguay AnahitAharonianKharputlian Ingeniera Agrónoma y Docente Comisión Multisectorial de Uruguay ; Panamá Ligia Arreaga Integrante de la Alianza por un mejor Darién – AMEDAR ; México Eduardo Correa Senior Profesor de la Universidad Autónoma de la Ciudad de México – UACM, Carlos Fazio Analista Internacional, Dr. Gilberto López y Rivas Investigador del Instituto Nacional de Antropología e Historia, Dr. José Enrique González Ruiz Profesor de la Universidad Nacional Autónoma de México – UNAM, Dr. José Rafael Grijalva Eternod Doctor en Derechos Humanos, Dr. Felix Hoyo Arana Profesor de la Universidad Autónoma de Chapingo ; Dr. John MillAckerman Rose, Daniela González López Coordinadora Internacional del Observatorio de Derechos Humanos de los Pueblos, Samuel Hernández Morales CODEP – MNPP, Juan Torres Pereda CODECI, Herzahin Michel López – COIVO, Artemio Ortiz Hurtado CEND – SNTE, Sergio Espinal CEND – SNTE ; Prof. Antonio Castro López Secretario General del CEND – SNTE, Prof. Miguel Guerra Castillo Secretario General del CEND – SNTE, Prof. Alejandro Trujillo González, Secretario General del CEND – SNTE, Prof. Eugenio Rodríguez Cornejo CEND – SNTE, Prof. Jerónimo Sánchez Sáenz CEND – SNTE, Roberto Palma Juárez ONPP – Morelos, Arquitecto José Márquez Pérez Presidente del Patronato Pro Defensa y Conservación del Patrimonio Cultural y Natural de Oaxaca PRO – OAX y Lic. Hugo Aguilar Promotor y Defensor de Derechos Indígenas ; Observatorio de Derechos Humanos de los Pueblos ; Soldepaz – Pachakuti de España ; Red Latinoamericana de Zurich de Suiza ; Alianza por la Justicia Global, SOA Watch – Observatorio por el Cierre de las Escuela de la Américas de Estados Unidos ; Red de Colectivos La Araña Feminista de Venezuela, Corriente Revolucionaria Bolívar y Zamora de Venezuela, Movimiento Internacional de la Economía de los Trabajadores de Venezuela ; Comisión Multisectorial del Uruguay ; Red de Integración Orgánica – Rio – Por la Defensa de la Madre Tierra y los Derechos Humanos de Guatemala ; Confederación Nacional de Organizaciones Campesinas, Indígenas y Negras (FENOCIN) de Ecuador ; Confederación Sindical Única De Trabajadores Campesinos de Bolivia (CSUTCB) ; Observatorio de Derechos Humanos de los Pueblos capítulo Estados Unidos y Suiza ; Campaña Popular Palestina contra el Muro de Apartheid (Stop the Wall), Coalición de la Defensa de la Tierra Palestina ; Alianza por un mejor Darién – AMEDAR de Panamá ; Movimiento Nacional del Poder Popular – México (MNPP) ; Movimiento Nacional del Poder Popular Zacatecas (MNPP – Zacatecas) ; Movimiento del Magisterio Democrático Nacional, Comité Ejecutivo Nacional Democrático del Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación en Lucha (CEND del SNTE en Lucha) ; Asamblea de los Pueblos en Defensa del Territorio, la Educación Pública, Laica, Gratuita y los Derechos Humanos ; Frente de Pueblos en Defensa de la Tierra en San Salvador Atenco (FPDT-Atenco) ; Consejo de Defensa de los Derechos del Pueblo (CODEP-MNPP) ; Consejo de Organizaciones Interdisciplinarias Vinculadas por Oaxaca (COIVO) ; Consejo de Comunidades Indígenas de la Sierra Sur (COCISS) ; Comité de Defensa Ciudadana (CODECI) ; Consejo de Organizaciones Indígenas y Populares de Oaxaca (COIPO)¸ Contingentes del Comité Ejecutivo Nacional Democrático del SNTE en Lucha (CEND SNTE en Lucha), Congreso Nacional de Bases, Movimiento del Magisterio Democrático Nacional : Sección III de Baja California Sur ; Sección V de Campeche ; Sección X de la Ciudad de México ; Sección XIII y XLV de Guanajuato ; Sección XIV de Guerrero ; Sección XV de Hidalgo ; Movimiento Magisterial Jalisciense, Secciones XVI y XLVII de Jalisco ; Sección XVIII de Michoacán ; Movimiento Magisterial de Bases, Sección XIX de Morelos ; Consejo Democrático Magisterial Poblano, Secciones XXIII y LI de Puebla ; Movimiento Magisterial de Bases de Querétaro, Sección XXIV de Querétaro ; Bases Magisteriales Democráticas de Quintana Roo, Sección XXV de Q. Roo ; Bases Magisteriales de Tabasco, Sección XXIX de Tabasco, Trabajadores del Colegio de Bachilleres de Tabasco ; Comité Estatal Democrático, Sección XXXII y LVI de Veracruz ; Sección XXXVI del Valle de México ; Consejo Nacional de Sistematización ; Escuelas Integrales de Educación Básica de Michoacán ; Colectivo Pedagógico “Francisco Javier Acuña Hernández” ; Promotora del Poder Popular de Michoacán ; Caja Popular de Ahorro “Emiliano Zapata” ; Colectivo de Estudios “Ricardo Flores Magón” ; Movimiento de Unidad Social por un Gobierno del Pueblo (MUSOC-GP) Michoacán) ; Coalición de Jubilados y Pensionados “Elpidio Domínguez Castro” ; Talleres Comunitarios del Municipio de Nezahualcóyotl, estado de México ; Barzón Federación : Estado de México, Querétaro, Morelos, Veracruz, Guerrero y Distrito Federal ; Coalición Nacional de Cooperativas y Empresas Sociales (CONACyES) ; Organización Nacional del Poder Popular (ONPP) ; Organización Nacional del Poder Popular de Morelos (ONPP-MORELOS) ; Organización Nacional del Poder Popular del D. F. ; Asamblea Permanente de los Pueblos de Morelos, Instituto Mexicano de Desarrollo Comunitario (IMDEC) ; Centro de Atención en Derechos Humanos a la Mujer y el Menor Indígena (CADHMMI) y Centro Regional Indígena en Derechos Humanos “Ñuu-Savi” (CERIDH).

MEXICO : L'AEROPORT, CARLOS SLIM ET LOPEZ OBRADOR (1)

tags : mexico, pl-fr,
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chantier actuel du nouvel aéroport (juillet 2018)

Un aéroport en lieu et place du dernier lac de la vallée de Mexico

Construire un gigantesque aéroport international en lieu et place de l'ultime résidu lacustre de l'ancien lac de Texcoco. C'est sur ce pari farfelu que s'édifie, depuis 4 ans déjà, le plus grand projet d'aéroport d'Amérique latine, pour un coût exorbitant de près de 13 milliards d'euros. L'impact environnemental et les dangers d'une catastrophe écologique majeure pour la ville de Mexico sont immenses. Mais pour mieux comprendre ce qui est actuellement en jeu, un retour en arrière s'impose...

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Tenochtitlan selon le muraliste Diego Rivera

Il y a longtemps, bien longtemps, avant qu'Hernan Cortés et ses conquistadores espagnols ne viennent coloniser les terres mexicaines, l'actuelle « vallée de Mexico » était constituée d'un ensemble de lacs, alimentés par les rivières s'écoulant des volcans et des chaînes de montagnes environnantes, abritant une véritable civilisation lacustre de plusieurs centaines de milliers d'habitants, au cœur de l'empire aztèque. Tenochtitlán, capitale de l'empire, était alors construite sur une île protégée par d'énormes digues, tandis que d'autres villes s'éparpillaient sur les pourtours des zones lacustres depuis Azcapotzalco à l'ouest, jusqu'à Texcoco, à l'extrême est, sans compter Coyohuacan, Tlalpan, Iztapalapa, Xochimilco ou bien Chalco, plus au sud.

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la vallée de Mexico au moment de la conquête

Mais le pouvoir espagnol colonial, avec la volonté explicite d'en finir avec cette civilisation lacustre, s'est obstiné depuis le 16e siècle à évacuer l'eau des lacs de la vallée de Mexico en creusant des canaux vers le fleuve Tula, au nord de la région, dans l'illusoire espoir de mettre la nouvelle ville coloniale de Mexico à l'abri des inondations. Sous la dictature « scientifique » de Porfirio Diaz, à la fin du 19e siècle, le drainage des lacs fut intensifié et poursuivi avant d'en arriver finalement, après la seconde guerre mondiale, à l'assèchement quasi-complet de la vallée suite à la construction d'énormes tunnels sous la ville afin de drainer toutes les eaux de la ville et de les rejeter plus au nord, dans les rivières de l'état d'Hidalgo.

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les tunnels de drainage de la ville de Mexico

Depuis le début de la période coloniale, la ville de Mexico est donc profondément marquée par l'incroyable stupidité de la gestion des eaux de la métropole : tandis que de nombreuses parties asséchées de la vallée, désormais urbanisées, se trouvent confrontées à des problèmes d'inondations chroniques en période de pluie, un nombre considérable de quartiers se retrouvent confrontés au manque d'eau courante, toutes les eaux de surface étant drainées et évacuées depuis des siècles vers l'extérieur de la ville. Incapables de se recharger, les nappes phréatiques situées sous la mégalopole et ses près de 30 millions d'habitants se retrouvent surexploitées, aboutissant à un affaissement continu de la ville de plusieurs dizaines de centimètres chaque année. Conséquence : la fragilisation et l'effondrement régulier des bâtiments et des infrastructures, le tout démultiplié par la forte activité sismique de cette région entourée de volcans...

Dans les années 60 cependant, un ingénieur, Nabor Carillo, proposa de renverser le problème et, plutôt que d'assécher la vallée, d'essayer de préserver les zones lacustres afin de permettre la reconstitution des nappes phréatiques et le retraitement progressif des eaux usées. C'est ainsi qu'en 1971, près de 10 000 hectares de marais situés à l'est de la ville, dans la zone la plus basse de la vallée, furent expropriés afin d'y reconstituer le dernier système lacustre de ce qui, bien longtemps auparavant, constituait le gigantesque lac de Texcoco.

Mais devant la pénurie de terrains à proximité de la ville, et face à la pression des grands promoteurs immobiliers, c'est sur ces terrains que le 22 octobre 2001, le président mexicain Vicente Fox Quesada décidait que serait édifié le futur nouvel aéroport international de la métropole.

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vue sur le lac artificiel Nabor Carillo et les terres avoisinantes

Ce fut alors le début d'un long combat menée par Atenco et les villages des environs contre l'expropriation de leurs terres agricoles, et tout le désastre écologique qu'allait provoquer la construction du nouvel aéroport. Au bout d'un an de lutte acharnée, le Front des Villages en Défense de la Terre d'Atenco réussissait toutefois à faire abandonner le projet et le décret d'expropriation des terres, arrachant une victoire alors saluée dans toute l'Amérique latine. Victoire bien malheureusement éphémère : depuis lors, la répression eu le temps de s'abattre sur la résistance locale, entraînant son lot d'atrocités les 2 et 3 mai 2006 : plusieurs dizaines de femmes violées, qui demandent encore aujourd'hui justice et réparation auprès de la Cour Inter-américaine des Droits de l'Homme, des morts (Alexis Benhumea, 21 ans, et Javier Hernandez, 13 ans, tués par balle et par grenade explosive), et des centaines d'incarcérations arbitraires, dont 13 condamnées à plusieurs dizaines d'années de prison, avant d'être finalement relaxés après 4 ans d'incarcération. Mais tout cela a déjà été conté à de nombreuses reprises... [1]

Ce qui paradoxalement a été bien moins documenté depuis lors, c'est la relance du projet en 2014 sous la présidence d'Enrique Peña Nieto, responsable de la tragique opération policière et militaire de mai 2006. Profitant de l'impact physique, psychologique et économique provoqué par la répression, le projet aéroportuaire fut relancé sur les terres fédérales de l'ancien lac de Texcoco, sans que la résistance locale ne réussisse désormais à générer l'indignation suffisante pour mettre un frein sur place à l'achat des consciences et aux travaux préliminaires de construction.

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design marketing du projet d'aéroport

Sous la pression du multimilliardaire mexicain Carlos Slim, dont le gendre Fernando Romero se vit décerner l'élaboration du projet en 2015, celui-ci prit cependant une toute autre ampleur. Les plans urbanistiques présentés et élaborés par son consortium d'entreprises vont en effet bien au-delà de la construction d'un « simple » aéroport, et envisagent de remodeler totalement tout l'est de la mégalopole. Au cœur de cette restructuration urbaine est envisagé l'édification d'une véritable ville-nouvelle, d'ors et déjà rebaptisée “Slim City” par ses détracteurs.

(à suivre...)

Siete Nubes


[1] Voir à ce sujet les différentes vidéos et documentaires élaborées au fil de la lutte : « Tierra si, aviones, no ! », de Gringoyo productions, « Romper el cerco » de Promedios, « lettre-vidéo à la ZAD », etc.

Journée de solidarité autour de la distribution du café zapatiste

tags : pl-fr, zapatiste,

Journée autour de la distribution du café zapatiste

JPEG - 1.5 Mo

de 14 à 20h au CICP
21 ter rue voltaire 75011 Paris
M° Rue des boulets

A l'occasion de l'arrivée du café produit par les communautés zapatistes, nous organisons comme chaque année une journée de solidarité ;

Vous y trouverez une vente des gravures du Congrès National indigène, des vidéos et des stands proposant artisanat, livres, cd, t-shirts des communautés zapatistes mais aussi plus largement des indiens des Amériques, de l'artisanat et des savons palestiniens, un stand de solidarité avec les prisonniers basques et corses.

Bar et petite restauration

Entrée libre

CNI : appel à mobilisation pour retrouver vivant Sergio Rivera Hernández

tags : cni, pl-fr,

CONVOVATION A LA MOBILISATION DU CNI ET DE MAIZ AFIN DE RETROUVER VIVANT LE COMPAÑERO SERGIO RIVERA HERNANDEZ

Au peuple du Mexique

Aux réseaux de soutien au Conseil Indigène de Gouvernement (CIG)

A la Sexta nationale et internationale

Aux médias

Le Congres National Indigene (CNI) aux côtés du Mouvement Agraire Indigene Zapatiste (MAIZ) lancent une convocation afin que nous nous mobilisions tous et toutes le 18 septembre prochain de la forme qui semble à chacun la plus pertinente, afin que nous soit rendu vivant le compañero Sergio Rivera Hernández.

Dans la Sierra Negra de Tehuacán, Puebla, nos compañeros des communautés nahuas de Zoquitlan et Tlacotepec de Díaz membres du Mouvement Agraire Indigène Zapatiste mènent une lutte depuis près de deux ans contre la construction du "Projet Hydroélectrique Coyolapa-Atzalan" que prétend construire Minera Autlan dans cette région.

Du fait de cette lutte, ils ont été menacés et agressés à diverses occasions par les maires des municipalités mentionnées précédemment, qui travaillent en tant qu'agents de l'entreprise en question.

La dernière agression qu'ils ont dû affronter a été l'enlèvement et la disparition du compañero Sergio Rivera Hernández depuis le 23 août dernier. Ce crime a été commis par des personnes identifiées comme étant liées aux présidents municipaux signalés plus haut.

Celui-ci est porté disparu depuis lors sans que les autorités ou les instances d'impartition et de procuration de la justice ne fassent quoi que ce soit pour retrouver Sergio et arrêter les responsables.

Et, face à cela, nous lançons cet appel, qui consiste à se mobiliser de la forme qui vous semble la plus appropriée ce 18 septembre, au sein de vos peuples et de vos villes afin d'exiger que soit retrouver vivant Sergio Rivera Hernández et que soient détenus les responsables matériels et intellectuels de sa disparition, et que le Projet Hydroélectrique soit annulé .

14 septembre 2018

Pour la reconstitution intégrale de nos peuples

Jamais plus un Mexique sans nous !

C'est en vie qu'ils les ont emporté,

c'est en vie que nous voulons les revoir !

COMMISSION DE COORDINATION ET DE SUIVI DU CIG/CNI

Source : Congrès National Indigène

Traduction Siete Nubs

NOTE : L'activiste Sergio Rivera Hernández forme partie du mouvement des communautés en résistance contre le projet hydroélectrique Coyolapa-Atzala. Suivant des témoins des faits il aurait été vu pour la dernière fois sur la route conduisant à la communauté de Tepexilotla, le 23 août aux alentours de 6 heures du soir. Les témoins mentionnent le fait que sa motocyclette à été retrouvée dans le fossé au niveau de la déviation routière menant à la communauté de Zaragoza, sans qu'il n'ait donné aucune nouvelle.

“Sergio a déjà vécu par deux fois des tentatives d'assassinat et d'agression physique, faits que nous avons dénoncé publiquement ainsi qu'auprès du sectrétariat de gouvernement. C'est sans le moindre doute un des défenseurs de la terre et du territoire qui a su se faire entendre face à l'Imposition subie et en tant que défenseur, il a été à la tête de l'opposition au projet promu par le secrétariat de l'energie afin de favoriser la Mine Autlan” a fait savoir l'organisation MAIZ dans un communiqué.