l@s zapatistas no están sol@s.

Infos

Esta es la nueva pagina de europa Zapatista : Contiene noticias y artículos publicados en los sitios web y blogs de los diferentes colectivos europeos solidarios con l@s zapatist@s y con los de abajo y a la izquierda. Permitiendo así colectivizar e intercambiar la información desde nuestros rincones.

Estado de la pagina

Número de artículos:
10  15  20 

 

Au Chiapas, du 23 au 29 juillet : « PARTage pour l'humanité »

tags : 29, pl-fr,

Au Chiapas, du 23 au 29 juillet : « PARTage pour l'humanité »

Appel et invitation :

"(…) Nous convoquons toutes et tous les artistes à la seconde édition du
“pARTage pour l'Humanité” qui a pour thème : « Contre le Capital et ses
murs : tous les arts réunis”. Elle pourra être célébrée dans le monde
entier et sur l'espace cybernétique. La partie “réelle” aura lieu du 23 au
29 juillet 2017 au caracol d'Oventic et au CIDECI-Unitierra (à San
Critóbal de las Casas). L'édition virtuelle aura lieu du 1er au 17 août
2017 sur la toile".

Voir le site d'Enlace zapatista

Si tu veux participer, tu peux écrire à :
participantescomparte2017@ezln.org.mx

Si tu veux assister :
asistentescomparte2017@ezln.org.mx

Ici le formulaire de préinscription comme participant

Prélude - les horloges, l'apocalypse et l'heure des chose de petites dimensions

tags : pl-fr,

Voici plus bas, grâce aux efforts du groupe de traduction collective, la première partie de la série de textes rendus publics par les zapatistes à l'occasion du séminaire : "Les murs du Capital, les brèches de la gauche" :

Prélude - Les horloges, l'apocalypse et l'heure des choses de petites dimensions

12 avril 2017.

Bon après-midi, bonne nuit, bonjour, bon matin.

Nous voulons remercier les compañeras et compañeros du CIDECI-UniTierra qui, avec leur générosité camarade, nous ont de nouveau confié leur espace pour que nous puissions nous réunir. Et aux équipes de soutien de la commission Sexta qui se sont chargées du transport (nous espérons que vous n'allez pas vous perdre de nouveau), de la sécurité et de la logistique durant cet événement.

Nous voulons remercier également la participation des personnes qui durant ces journées nous accompagneront avec leurs réflexions et leurs analyses durant ce séminaire, que nous avons appelé "Les murs du Capital, les brèches de la gauche". Merci donc à :

Don Pablo González Casanova.
María de Jesús Patricio Martínez.
Paulina Fernández C.
Alicia Castellanos.
Magdalena Gómez.
Gilberto López y Rivas.
Luis Hernández Navarro.
Carlos Aguirre Rojas.
Arturo Anguiano.
Christian Chávez.
Carlos González.
Sergio Rodríguez Lascano.
Tom Hansen.

Nous remercions et saluons aussi tout spécialement les médias libres, autonomes, indépendants, alternatifs ou peu importe le nom qu'on leur donne, à elleux et à leur effort pour donner son envol à la parole et que ce qui se réfléchit ici, atteigne d'autres endroits.

-*-

Nous, les femmes et les hommes zapatistes, avons décidé d'ouvrir ce séminaire ou cette rencontre qui fait partie de la campagne "Contre les murs d'en haut, les brèches en bas (et à gauche)", pour permettre, de cette manière, que ceux dont le tour de parole suivra puissent se dissocier, critiquer, ou simplement faire les morts ou les mortes, selon.

C'est la raison pour laquelle nous sommes seuls à cette table, juste accompagnés par Don Pablo González Casanova. Et lui, est ici pour plusieurs raisons : l'une d'elles est qu'il est déjà au-delà du bien et du mal, et, il l'a démontré au fil de ces 23 ans, il ne s'occupe ni ne ne se préoccupe qu'on lui fasse des remontrances pour traîner en mauvaise compagnie. Une autre raison est que, de fait, il dit toujours ce qu'il pense. Lui pourra vous le dire, et il dira la vérité, qu'on ne lui a jamais imposé ni la vision ni le point de vue, raison pour laquelle bien des fois il ne coïncide pas avec notre réflexion, mais est au contraire extrêmement critique. C'est tellement vrai que le nom de code avec lequel on se réfère à lui dans nos communications internes, pour que l'ennemi ne sache pas qu'on parle de lui, c'est "Pablo Contreras". Nous le considérons comme un compañero, un de plus parmi lesquels nous sommes ce que nous sommes et comme nous sommes. C'est une fierté de marcher à ses côtés, de compter sur sa voix critique et, surtout, sur son engagement sans failles ni duplicités.

Notre parole d'aujourd'hui,, nous l'avons préparée avec le sous-commandant insurgé Moisés pour qu'elle soit reliée par un fil, enfin, c'est tout du moins notre prétention.

Je sais bien que nous sommes connus pour manquer de sérieux et pour être extrêmement irresponsables, en plus bien sûr d'être irrévérencieux, butés et ouvertement fouteurs de merde ; qu'après, on se met à raconter des histoires, là où ce serait l'occasion d'être solennel et transcendantal et où l'académie exige "l'analyse concrète de la réalité concrète". Au final, que nous sommes des transgresseurs de la responsabilité, des bonnes manières et de l'urbanité civilisée.

Mais, malgré cela, je vais vous demander de faire preuve de sérieux parce que ce que nous allons dire aujourd'hui va provoquer une avalanche d'attaques et de disqualifications.

Bon, une supplémentaire, en plus de celle déjà mise en scène par l'hystérie illustrée de la gauche institutionnelle qui, naïve, pense arriver au Pouvoir et que cette fois oui, c'est la bonne, car elle a obtenu précocement ce qui s'annonçait déjà, c'est-à-dire qu'elle s'est convertie en un clone de ce qu'elle prétend combattre, la corruption inclue. Ce progressisme illustré qui a élevé au rang de concepts des sciences sociales des catégories telles que "complot" ou "mafia du pouvoir", et qui prodigue des pardons, des absolutions et des amnisties au moment de s'en référer à ceux d'en haut, et des sentences et des condamnations quand elle s'en réfère à ceux d'en bas. Et oui, il faut bien reconnaître que cette gauche illustrée est d'une malhonnêteté courageuse, parce qu'elle n'a pas peur du ridicule à répétition pour se convaincre elle-même et de convaincre ses ouailles de circonstance que "régénérer" est synonyme de "recycler" quand c'est de la classe politique et patronale qu'il s'agit [1].

Ce que nous voulons vous dire à cette occasion aujourd'hui est bref, et nous commencerons par l'exprimer dans quelques-unes des langues originaires qui se transforment en paroles au fil de notre chemin :

La parole chol revient à la commandante Amada : ...

La parole tojolabal revient à la commandante Everilda : ...

La parole tzotzil revient à la commandante Jesica : ...

La parole tzeltal revient à la commandante Miriam : ...

La parole castilla revient à la commandante Dalla : ...

Ce qu'ont dit les compañeras et les compañeros peut être plus ou moins traduit en espagnol par "Trump vas-te faire foutre", mais je ne vais pas le dire comme ça pour qu'on ne m'accuse pas d'être grossier et prosaïque. On le traduira donc par un laconique : "Fuck trump".

Une fois établi le plus important et le plus sérieux de ce que nous avons à dire durant ce séminaire, ou quel que soit le nom qu'on donne à cette réunion qui a, en réalité, pour objectif principal d'adresser une embrassade collective à Don Pablo Gonzalez Casanova, nous pouvons maintenant passer à ce qui est de moindre importance : notre réflexion.

-*-

LES HORLOGES.

Le temps, toujours le temps. Les horloges. Les secondes, les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois, les années, les lustres, les décennies, les siècles. Le tic-tac frénétique de la bombe du Capital, le terroriste par excellence, menace aujourd'hui l'humanité entière. Mais aussi le temps devenu calendrier et manière de faire selon chacun, selon la lutte d'en bas et à gauche, la résistance et la rébellion.

Il y a 21 ans, durant ce qu'on désigne comme les Dialogues de San Andrés, désespérée par le fait que le zapatisme devait consulter les villages pour le moindre accord aussi minime qu'il soit, la délégation gouvernementale réprimandait la délégation zapatiste au sujet de ses montres. A quelques mots près, ils les récriminaient avec ces paroles : "Vous, vous parlez beaucoup du temps zapatiste, et vous portez des montres digitales qui marquent la même heure que les nôtres". Les fous-rires des commandants Tacho et Zebedeo ont alors résonné dans la petite pièce où se déroulaient les discussions.

Ce fut cela, la réponse zapatiste au questionnement du gouvernement. A proximité, en tant que membres de la Commission Nationale d'Intermédiation, en étaient entre autres témoins Don Pablo González Casanova et un artiste de la parole, le poète Juan Bañuelos, qui est mort il y a quelques jours et qui, durant un des accompagnements qu'il a fait aux côtés de la délégation durant le trajet dilaté jusqu'à La Realidad zapatiste, défendit aux côtés du lui aussi défunt SupMarcos Les Vers du Capitaine de Pablo Neruda, que quelqu'un attaquait comme étant de la "poésie trop politique". "Cela ce n'est pas de la poésie", argumentait le responsable de la diatribe, "c'est un pamphlet".

Le silence s'en est suivi durant le trajet. Juan Bañuelos regardait les montagnes, confectionnant peut-être dans sa tête le poème "Le courrier de la Selva" à l'intérieur duquel, contrairement à ce qui s'est dit, il ne parlait pas de lui-même, mais de celui qui faisait le facteur entre la CONAI et l'EZLN, risquant sa vie, sa liberté et ses biens,en ces temps assombris par la trahison zedilliste de 1995 (un de ses opérateurs, Esteban Moctezuma Barragán, est aujourd'hui un des absous qui s'est vu offrir le poste de dirigeant stratégique de choc du "changement véritable").

De son côté, je m'imagine que le défunt SupMarcos respirait avec soulagement à la vue du territoire zapatiste et peut-être, dans un murmure prémonitoire, récitait-il les derniers vers de la "Lettre sur le chemin" de Pablo Neruda, le poème qui conclut le livre Les vers du Capitaine.

Et ainsi cette lettre se termine
sans aucune tristesse :
mes pieds bien ancrés sur la terre,
ma main écrit cette lettre sur le chemin,
et au milieu de la ville je serais
toujours
aux côtés de l'ami, face à l'ennemi,
avec ton nom à la bouche
et un baiser qui jamais
ne s'est éloigné de la tienne."

-*-

Au sujet du temps (le "timing", comme disent les tanks obèses et paresseux de la pensée d'en haut), ils ont voulu nous critiquer et nous cataloguer. Ils nous ont dit par exemple que, à l'ère digitale, nous, les femmes et les hommes zapatistes, nous sommes comme ces montres qui fonctionnent avec des rotors, des engrenages et des ressorts, et qu'il faut remonter manuellement.

"Anachroniques" ont-ils dit. "Le passé qui revient demander des comptes", ont-ils déclaré. "Le retard historique", ont-ils murmuré. "Ce qui reste à conclure de la modernité", ont-ils menacé.

Et bien, avec notre habituel sens de l'opportunité, nous leur répondons que nous ne sommes pas comme une montre mécanique à l'ère des smartwatch qui te mesurent les calories consommées et consumées, le rythme cardiaque, en plus de te dire si tu te bouges bien ou mal lorsque les corps nus répètent le cérémonie, oui celle-ci bien anachronique, de la rencontre des peaux et des humidités. Elles sont tellement modernes et avancées ces montres, que, parfois, tu peux même y voir quelle heure il est.

Évidemment, nous sommes à une époque où la réalité virtuelle a bien plus d'avantages que la réalité réelle, et n'importe quel imbécile peut simuler la sagesse grâce au fait que les réseaux sociaux lui permettent de trouver des échos tout aussi stupides et cyniques ; une époque où la prétendue originalité de l'antipathie s'annule lorsqu'on se rend compte que l'impertinence, l'ignorance et la pédanterie constituent une "individualité" partagée par des millions de nicknames, comme si la stupidité n'était rien d'autre qu'un être solitaire à comptes multiples, et la misogynie de Calderón et de la Calderona, son épouse, ont leur double dans tout l'univers des réseaux sociaux et même chez ceux qui, avec des maîtrises et des doctorats au sein de la gauche bienséante et institutionnelle, se réfèrent à la possible porte-parole du Conseil Indigène de Gouvernement sous le sobriquet sarcastique de "la Tonantzin".

Mais ce qui à droite est un délit juridiquement répréhensible n'est dans la gauche institutionnelle qu'un gracieux commentaire qui ne mérite pas d'être condamné, mais célébré. Même si elle se vêtit de l'habit de l'unique et du non-reproductible et qu'elle dirige le supplément d'un journal de presse, l'imbécillité est la plus commune et la plus courante des caractéristiques humaines du spectre politique d'un en-haut où les différences se diluent même dans les sondages.

Mais dans cette ère technologique qui nous contemple avec une réprobation moqueuse, nous, les femmes et les hommes zapatistes, nous sommes semblables au sablier.

Un sablier qui, même s'il n'a pas besoin d'être réactualisé toutes les 15 minutes et qui n'a pas besoin d'avoir encore du crédit pour fonctionner, doit quand même renouveler périodiquement son délai limité.

Bien que peu pratique et peu commode, tout comme nous sommes, nous, les femmes et les hommes zapatistes, le sablier a ses avantages.

On peut par exemple y observer le temps écoulé, voir le passé, tenter de le comprendre.

Et on peut voir aussi le temps à venir.

On ne peut pas comprendre le temps zapatiste si on ne comprend pas le regard qui calcule le temps écoulé dans un sablier.

C'est pour cela que nous vous avons amené ici, pour cette seule et unique fois, madame, monsieur, autrE, petite fille, petit garçon, ce sablier dont le modèle a été baptisé du nom de : "Tu n'as rien compris, John Snow" .

Regardez-le vous-mêmes, appréciez la perfection de ses lignes incurvées qui rappellent que le monde n'est pas rond mais que pourtant il bouge, se renverse et, comme le disait Mercedes Sosa à son époque : "il change, tout change".

Regardez-les vous-mêmes, et comprenez que vous ne nous comprenez pas, mais que ce n'est pas important ; que, comme on dit souvent, il n'y a pas de malaise, parce que ce n'est pas en direction de notre manière archaïque (qui, plutôt que prémoderne, est préhistorique). Ce n'est pas dans cette direction que nous vous demandons de regarder, non. C'est vers au-delà que nous avons besoin de votre vigilance.

Parce que nous comprenons qu'à vous, ils vous demandent de porter attention à ce bref instant durant lequel un grain de sable arrive au niveau du passage étroit où il tombe et se joint aux instants qui s'accumulent dans ce que nous appelons "passé".

Parce que c'est cela qu'ils vous insinuent, qu'ils vous conseillent, qu'ils vous demandent, qu'ils vous ordonnent, qu'ils obligent : vit l'instant, vit ce présent qui peut être réduit encore plus grâce à la technologie la plus élevée et la plus sophistiquée. Ne penses pas au temps qui gît déjà dans l'hier, parce que dans le vertige de la modernité, "il y a une seconde" revient au même qu'"il y a un siècle".

Mais, surtout, ne contemplez pas ce qui vient après.

Et nous évidemment, à rebrousse-poil, juste pour en aller en sens contraire, en bonne tête de mule quoi (sans déranger personne en particulier, chacun suivant ce qui lui correspond), en train d'analyser et de questionner le petit grain de sable qui se trouve, anonyme, au milieu de tous les autres, attendant son tour pour s'enfiler dans l'angoissant tunnel. Tout en regardant en même temps celui qui gît en bas et à gauche dans ce qu'on appelle le "passé", se demandant bien ce qu'ils ont à voir l'un et l'autre avec cette discussion sur les murs du Capital et les brèches d'en bas.

Et nous, femmes et hommes, avec un œil sur le chat et un autre sur la chose, c'est-à-dire sur le chien, ce qui transforme le "chat-chien" en outil d'analyse de la réflexion critique et le fait cesser d'être la compagnie constante d'une petite fille qui s'imagine sans peur, libre, compañera.

Mais ce n'est pas le zapatisme que nous vous invitons à essayer de comprendre ou d'expliquer. Même si, évidemment, si vous vous souhaitez réitérer votre maladresse, votre limitation et votre dogmatisme anti- ou pro-, et bien qui sommes-nous donc pour vous en empêcher ?

Et donc on vous dit que non, qu'on ne vaut pas la peine, que le zapatisme n'est qu'une lutte de plus parmi bien d'autres. Voir même la plus petite en termes de nombre, d'impact, de transcendance.

Même si, c'est vrai, peut-être la plus irrévérente si on la compare à l'ennemi qu'elle s'est donné, à son objectif, son horizon, sa détermination têtue à construire un monde où puissent tenir de nombreux mondes, tous, ceux qui existent et ceux qui naîtront.

Et tout cela pendant que, avec une obstination absurde, nous tournons et retournons le sablier, comme si on voulait vous dire, nous dire, que ceci est la lutte : quelque chose où il n'y a pas de repos, où on doit résister et ne pas ouvrir les portes de la prudente lâcheté qui, accompagnées du panneau "SORTIE", apparaissent tout au long du chemin.

La lutte est quelque chose où il faut être attentif au tout et à toutes les parties, et être prêtes, prêts, parce que ce dernier grain de sable n'est pas le dernier, mais le premier, et il faut renverser le sablier, parce qu'ici, ce n'est pas l'aujourd'hui, mais l'hier et, oui, vous avez raison, aussi le jour de demain.

Et voilà, vous connaissez le secret de la méthode zapatiste pour l'analyse et la réflexion : nous n'utilisons même pas une montre mécanique à remontage manuel, mais un sablier.

Bien sûr, ça se comprend, que peut-on attendre de ceux qui maintenant soutiennent qu'à cette époque, en plus de la logique de l'argent, c'est la sainte mère de Donald Trump qui est mondialisée, parce que sur toute la planète on s'en souvient et on la mentionne, c'est-à-dire qu'on la traite de tous les noms.

Ou peut-être que nous utilisons un sablier parce que nos efforts pour comprendre ne vient pas d'un intérêt académique, scientifique ou descriptif, ou d'un prétentieux et stupide tribunal qui pense tout savoir et peut donner son opinion sur tout. Parce qu'il est notoire - et les réseaux sociaux le confirment : n'importe quelle bêtise trouve des adeptes. Et c'est ainsi que prennent forme les troupeaux autour du berger qui, à son tour, fait partie du troupeau d'un autre berger, et ainsi de suite.

Non, notre intérêt est subversif. Nous combattons l'ennemi. Nous voulons savoir comment il est, quelle est sa généalogie, son modus operandi pourrions-nous dire, suivant en cela Elias Contreras, un défunt membre de la commission d'enquêtes de l'EZLN qui affirmait que le capitalisme était un criminel, et que dans le monde la réalité entière était la scène du crime, et qu'en ce sens elle devrait être étudiée et analysée.

Et maintenant j'en viens à penser que les pistes laissées par Elías Contreras, celles laissées par le défunt SupMarcos, celles que nous, femmes, hommes, zapatistes, nous vous laissons, madame, monsieur, et autres, fille, garçon, jeunes, bien qu'elles ne soient pas dans le calendrier mais bien plutôt dans le regard, elles sont, toutes, des signes pour suivre un chemin.

Et le truc, l'astuce comme dit le SubMoy, la "magie" comme disait le SupMarcos, est dans le fait que ces pistes ne sont pas là pour que vous nous trouviez, nous découvriez, nous attrapiez. Elles sont, selon cette note que j'ai trouvé dans le coffre des souvenirs du SupMarcos et que maintenant je relis déconcerté, pas seulement pour que vous trouviez le miroir, mais pour que vous alliez construire la réponse, votre propre réponse à vous, à la question apocalyptique qui vous giflera au visage, peu importe votre couleur, votre genre ou transgenre, votre croyance ou dé-croyance, vos affiliations et phobies politiques et idéologiques, votre façon de vivre, votre temps, votre géographie.

La question qui annonce l'apocalypse la plus terrible et merveilleuse : Et toi quoi ?

L'apocalypse qui, selon ce que raconte la fille qui s'auto-prénomme Défense Zapatiste, est genrée. "C'est la faute de ces enfoirés de mecs", tranche chaque fois qu'elle peut cette fille qui rêve de compléter son équipe de football, que ce soit ou non le propos.

"Tout est déjà réglé, même si le ballon, il est un peu bosselé, comme si ils lui avaient donné un coup sur sa tête et qu''elle est pleine de bosses", me répond la fille à une question qui ne m'a même pas traversé l'esprit.

"Et bien sûr, il faut compléter l'équipe, mais ne t'inquiète pas Sup, on va être plus nombreux, peut-être que ça prend du temps, mais on va être plus", me dit-elle en essayant de me tranquilliser pendant que dans le Caracol, nous attendons, inquiets, qu'ils trouvent l'équipe de soutien qui est perdue.

Le Sous-commandant Insurgé Moisés murmure "'tain, je crois que nous devons faire une équipe de soutien pour l'équipe de soutien, parce qu'il leur arrive toujours quelque chose", alors que Défense zapatiste essaye de me convaincre de chercher parmi vous des prospecteurs pour gambader derrière un ballon déformé à travers un pré aujourd'hui rempli de tiques voire d'un ou deux serpents nauyaca, et reluisant depuis quelques jours à peine de l'eau dégorgeant d'une pluie à laquelle, à n'en pas douter, il manque une montre parce qu'elle n'avait rien à faire là en ce mois d'avril.

Les indications que je reçois de la fille sont loin d'être simples. L'équipe n'a pas besoin d'un gardien, position occupée, je le sais, par un vieux cheval borgne qui se distingue des autres par le fait qu'il n'a pas d'attache, ni de marque, ni de quelconque propriétaire, et qu'il mastique, insouciant, une bouteille en plastique vide sur laquelle ne se distingue plus la marque de la célèbre boisson coca.

La position de défenseur, c'est évident, est aussi déjà prise. Et l'équipe a un arrière droit qui a plutôt l'air d'un chat... ou d'un chien, qui, bon, c'est par là que se trouve la souris de l'ordi du SubMoy, et là le Monarque le poursuit en criant « sale chien ! », et l'insurgée Erika précise que ce n'est pas un chien, et le Monarque "un chat alors". "Non plus", dit Erika qui veut seulement s'assurer que le chat-chien s'échappe indemne, ce qu'elle réussit.

Fait aussi partie de la composition toujours incomplète le fameux Pedrito, qui, selon ce que je comprends du schéma que Défense zapatiste déploie devant moi, est une espèce de Libero multi-positions. « C'est que Pedrito il obéit quand ça lui chante », me précise-t-elle, "un jour il veut être gardien, un autre jour attaquant, en défense qu'il y pense même pas", prévient la fille. Avant d'ajouter : "mais c'est comme ça qu'ils sont ces foutus mecs, un jour ils disent un truc et le jour d'après va voir ailleurs", en me regardant les yeux entrouverts, avec sa meilleure tête de "Fuck Trump et pousse-toi dans un coin que je ne t'éclabousse pas ou à toi de voir si toi aussi t'es concerné".

Avant de partir, Défense zapatiste me résume : "Hé Sup, pas n'importe qui ein, il faut de la discipline et de la lutte, parce que sinon ensuite ils s'évanouissent rapidement et dans l'équipe, que de la résistance et de la rébellion". Je n'ai pas voulu la décevoir, mais le simple réquisit de la discipline laisse de côté toutes les équipes de soutien et tous, toutes, tout-e-s les personnes présentes, à commencer, bien sûr, par Pablo Contreras ici présent.

Pour le défunt SupMarcos, selon ce dont je me rendrai compte après sa mort en retrouvant ses lettres, l'apocalypse, ce n'est pas le miroir, ni la question, mais la réponse. "Là" a-t-il écrit de son écriture maladroite d'enfant mal appliqué et disqualifié chronique en calligraphie, "C'est là que le monde se termine... ou commence".

Je reviendrai à une autre occasion sur ces feuilles tachées d'humidité et de tabac que, avec d'autres et dans un coffre en toile abîmée et déchirée, le SupMarcos m'a remises peu de temps avant sa mort, avec une sentence laconique : "tu verras bien".

Cette même phrase, il me l'a répétée quand il descendait de l'estrade à La Realidad, le sang de mon frère mort, le maître Galeano, encore chaud sur la terre ; quand, comme une prémonition de ce qui viendrait après, l'unique lumière était celle de la pluie brisant la logique de ce mois de mai que les calendriers avaient déjà rendus caducs.

Non, je ne parlerai pas de cet écrit. Ou pas encore. Non plus de celui que je viens de trouver et qui, provocateur, porte ce bref intitulé : "De comment Durito a décidé d'embrasser la noble profession de la Cavalerie itinérante et s'est donné comme but de parcourir le monde en défiant les injustices, secourant le démuni, sauvant l'opprimé, soutenant le faible et arrachant des soupirs lascifs aux prudes demoiselles, ainsi que des essoufflements d'envie chez les machines. Rapports, devis sans engagement et embauches : Hojita de Huapac #69".

Oui, je suis d'accord avec vous, c'est un titre aussi modeste que son protagoniste.

Mais je ne vous le lirai pas maintenant, et pas parce que je ne veux pas écouter les sourires que vous arracheraient cette histoire, écrite de la main du défunt avec pour seule précision de lieu et de date lisibles : "Campement Watapil, Sierra del Almendro, avril 1986", c'est-à-dire il y a de cela environ 30 ans. Mais pour le moment ce n'est pas pertinent.

Bien sûr, vous êtes en train de vous mettre en colère parce que, pensez-vous, pourquoi je vous fais désirer cela si ni-maïs-ni pop corn-ni oranges-pourries—ni jus de fruits-ni-gâteau, si maintenant je ne vais pas vous lire cette histoire au titre si bref et si explicatif, mais laissez-moi vous dire que ces papiers trouvés dans la malle du SupMarcos m'ont rappelé quelque chose qui s'est passé quand, sur la montre de La Realidad, l'heure de sa mort n'était pas encore advenue :

Le SupMoy et le maintenant défunt SupMarcos sont revenus de la réunion avec le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène - Commandement Général de l'EZLN, célébrée dans une des salles du caracol de La Realidad, et ils m'ont fait appeler.

J'ai compris que, sur les deux montres que le maintenant défunt Sup portait depuis le premier janvier 1994, l'heure était venue. Parce que je savais que sa mort avait déjà été décidée, mais pas quand. Le fait qu'ils me convoquent ne pouvait signifier qu'une seule chose : le décès était imminent, et lui me donnerait les dernières instructions avant ma naissance.

Le SupMoy a dû se retirer et je suis resté seul avec le SupMarcos.

Il m'a remis une petite mallette en toile, vieille et mal recousue, sans rien me dire de plus.

J'ai demandé ce que j'allais faire avec ça et il m'a seulement répondu que je saurai quoi faire le moment venu. J'ai acquiescé en silence.

Puis, il m'a donné les indications de l'emplacement d'une boite aux lettres de la montagne où, m'a-t-il dit, il gardait différents livres.

Maintenant ils me reviennent en mémoire : les anthologies poétiques de León Felipe et Miguel Hernández, le Romancero gitan de García Lorca, les deux tomes du Don Quichotte, Les vers du capitaine de Pablo Neruda, une édition bilingue de sonnets de William Shakespeare, Cronopes et fameux de Julio Cortázar, et d'autres dont je ne me souviens pas pour le moment.

Cela m'a fait bizarre que, dans sa dernière volonté, il y eu de la place dans ses pensées pour recommander le sauvetage de quelques livres qui, très probablement, seraient déjà réduits en miettes par l'humidité et les fourmis rouges.

J'ai dû fait un geste quelconque, parce qu'il s'est senti obligé d'expliquer : "Il n'y a pas de solitude plus désespérante qu'un livre que personne ne lit".

Je n'ai rien dit, j'ai seulement écrit en code les données de la boite postale.

Ensuite, il m'a demandé comme c'était son genre au moment des indications finales : "Des doutes, des questions, des angoisses, des désaccords, des insultes en chocolat ou de l'autre sorte ?".

Je suis resté pensif.

"J'ai une question" lui ai-je dit. Pas parce que j'en avais une mais pour me donner du temps, et pouvoir penser à quelque chose.

Il a gardé le silence.

Et je ne sais pas pourquoi, je l'ai interrogé sur Durito.

Oui, je sais, j'aurais dû lui demander autre chose, les raisons de sa mort par exemple, ou la toujours pressante question "et maintenant ?". Mais non, je l'ai interrogé sur Durito.

Pourquoi as-tu choisi comme personnage un insecte ? Le truc du Vieil Antonio, je comprends, pareil avec les enfants, mais un insecte ? Et pire, un scarabée ! Les scarabées qu'il y a par ici sont ceux qui font leur nid avec de la bouse et ils y élèvent leurs petits.

Il alluma sa pipe et répondit entre des bouffées de fumée :

"D'abord, comme tu t'en rendras compte dans quelques minutes, ce ne sont pas eux les personnages, mais moi. Et en ce qui concerne Don Durito, et bien c'est le petit, le faible et l'insignifiant qui se soulève, se rebelle et défie tout, y compris sa destinée imposée".

"En ce qui concerne la bouse, les scarabées ne sont pas les seuls qui sur ces terres travaillent avec la bouse et l'utilisent y compris pour leurs maisons. Les indigènes aussi. Bon, ça, c'était avant notre soulèvement".

Oui, nous avons parlé d'autres choses, mais pas parce que c'était un interrogatoire, mais parce que le début des funérailles prenait du retard et que le SupMarcos faisait toujours de la sorte : pendant qu'il pensait à quelque chose, il se mettait à discuter de n'importe quoi ou de ce qu'on lui demandait, comme s'il avait besoin d'occuper son esprit de plusieurs choses à la fois pour pouvoir en même temps résoudre la principale.

De ces autres choses, je ne sais pas, peut-être, c'est un suppositoire, je vous les raconterai à une autre occasion. Ou non, va savoir.

Mais le lien entre le scarabée et les indigènes zapatistes, peut-être que vous le comprendrez mieux dans les histoires qui vont suivre à travers la voix du SupMoy.

Je passe donc la parole à notre chef et porte-parole, le Sous-commandant insurgé Moisés, qui revient récemment du plus profond de la jungle lacandone, où il est parti pour nous expliquer pourquoi le monde capitaliste ressemble à un grand domaine fortifié.

Merci beaucoup.

SupGaleano.

Mexique, avril 2017.

traduction collective

source du texte en espagnol : Enlace zapatista


[1] référence au journal de MORENA, le parti de Lopez Obrador, qui a repris le nom de Régéneration, en référence au journal éponyme publié au début du 20e siècle par l'anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon pour appeler au soulèvement contre la dictature de Porfirio Diaz

Las Abejas: "Nada nos va a parar: La semilla sembrada en el CIG ha germinado"

Congreso Nacional Indígena. que esa semilla juntos la hemos sembrado y brotado en tierra fértil, en el Concejo Indígena de Gobierno (CIG) en nuestra gran hermana Marichuy.



Organización Sociedad Civil Las Abejas de Acteal      
                Tierra Sagrada de los Mártires de Acteal
                Municipio de Chenalhó, Chiapas, México
                                      A 22 de junio del 2017.




Al Congreso Nacional Indígena
A las Juntas de Buen Gobierno
A la Sexta Nacional e Internacional
A la Sociedad Civil Nacional e Internacional
A las Organizaciones Sociales y Políticas
A las y los Defensores de los Derechos Humanos Nacional e Internacional
A los Medios Libres, Alternativos, Autónomos o como se llamen
A la Prensa Nacional e Internacional
Y a la opinión pública.

Hermanas y hermanos:

La lluvia ha llegado en nuestras tierras, pero, también hay tormentas que quieren destruir nuestras semillas...
Ante la represión y masacres que nos hacen los malos gobiernos, damos nuestra palabra las mujeres y hombres integrantes de la Organización Sociedad Civil Las Abejas de Acteal.
Vemos cómo los malos gobiernos en turno: Enríque Peña Nieto y Manuel Velasco su estrategia contrainsurgente es mucho más criminal y sangrienta que la que culminó con la masacre de Acteal, el 22 de diciembre de 1997.

El sistema capitalista neoliberal, o la hidra capitalista o el dragón de 7 cabezas del apocalipsis, al que sirven Peña Nieto, Manuel Velasco, no se sacia sus deseos de sangre. Su deseo es exterminarnos a los  pueblos y mujeres y hombres que no nos callamos ante los proyectos de muerte que nos imponen en nuestros territorios.


Nos duele y nos indigna hasta lo más profundo de nuestro corazón, los asesinatos que sufren nuestras hermanas, hermanos como Rodrigo Guadalupe Huet Gómez, integrante de la organización Semilla Digna participante del Congreso Nacional Indígena (CNI), fue asesinado por un grupo paramilitar que se identifica como Nuevo Guadalupe Victoria, este pasado 22 de mayo. Y después de este asesinato de nuestro compañero han continuado las amenazas de muerte.

Que el Corazón del Cielo y Corazón de la Tierra, engrandezca el corazón y les traiga justicia a la familia de nuestro hermano Rodrigo Guadalupe y al pueblo hermano de Cruztón, en el municipio de Carranza, Chiapas. Sabemos cómo es el dolor, pero, no olvidar que no están solos. Y, si encontramos estas espinas en nuestro camino, es porque el mal gobierno y el sistema capitalista neoliberal o la hidra capitalista o el dragón de 7 cabezas del apocalipsis, saben que nuestra lucha en la construcción de un México justo y libre, va a triunfar.

El mal gobierno de Peña Nieto y de Manuel Velasco, no pueden tapar con un dedo, el infierno en que tienen sumergido a nuestro país.
En el municipio de Tila en donde en el año de 1995, el mal gobierno creó paramilitares para echar a andar su estrategia de contrainsurgencia en el marco de Campaña Plan Chiapas 94. Esta Zona Norte de Chiapas, conocido como laboratorio de la creación del grupo paramilitar "Paz y Justicia", quien es responsable de varias desapariciones forzadas y asesinatos. Ahora, este grupo paramilitar a través de su líder Arturo Sánchez Sánchez y su hijo Francisco Arturo Sánchez Martínez, han vuelto a traer la violencia y la muerte en contra de nuestras hermanas y hermanos del ejido Tila. Y el actual gobierno está permitiendo hechos violentos como de igual manera así lo permitió y propició el gobierno de Ernesto Zedillo en ese entonces.
El mal gobierno de México y sus asesinos paramilitares serán los responsables de cualquier hecho lamentable con nuestras hermanas y hermanos del ejido Tila. Que el viento lleve nuestras palabras y nuestra solidaridad al pueblo de Tila y que no se desanimen, porque no están solos.
Nos solidarizamos también con nuestras hermanas y hermanos de la comunidad San Francisco, municipio de Teopisca, que están siendo hostigados por los ricos Juan Hernández Molina, Pedro López Girón y Pedro Hernández Espinoza y su gente. Les decimos que no están solos, y le decimos al mal gobierno y al grupo agresor con nombre y apellidos que respeten el territorio recuperado de nuestras hermanas y hermanos de San Francisco.

Desde Acteal Casa de la Memoria y la Esperanza, saludamos y abrazamos la justa y digna lucha del pueblo Nahua de Tepoztlán, en contra de la ampliación de la autopista La Pera - Cuautla. Aunque estemos lejos geográficamente, pero, de alguna manera estamos con ustedes hermanas y hermanos. Exigimos al mal gobierno cese a la represión y no a la ampliación de la autopista en mención.

Saludamos y nos solidarizamos con nuestras hermanas y hermanos de la comunidad Ñuhú, de Santa Cruz Ayotuxco, municipio de Huixquilucan, en el Estado de México, que enfrentan la destrucción de su territorio por el mal gobierno y las empresas constructoras que están devastando el bosque otomí mexica para la construcción de la autopista Toluca - Naucalpan. A pesar de que desde el pasado 26 de abril de este año, fueron notificados de la suspensión judicial de dicha obra, misma que no ha sido respetada por las autoridades del mal gobierno ni las empresas constructoras, violando así sus propias leyes del mal gobierno.

El sistema capitalista neoliberal o la hidra capitalista o el dragón de 7 cabezas del apocalipsis no sólo azota y devora en tierras mexicanas, sino, también en Guatemala, es por eso que rechazamos totalmente el desplazamiento forzado y que sean atendidos sus demandas de nuestras hermanas y hermanos de la comunidad de San Andrés en Laguna Larga, municipio de La Libertad en Petén, Guatemala, que el pasado 2 de junio cerca de 700 personas, fueron desplazadas de manera forzada de sus tierras tras el anuncio de un desalojo masivo y el desplazamiento de más de mil efectivos de la Policía Nacional Civil (PNC) y del ejército de Guatemala.

Es demasiado el dolor, es monstruoso la violencia del mal gobierno de Peña Nieto, de Manuel Velasco Coello y demás gobiernos títeres y serviles del sistema capitalista neoliberal o de la hidra capitalista o del dragón de 7 cabezas del apocalipsis.

Los malos gobiernos de México, la historia los ha juzgado de vender patrias. Su gran ignorancia y su falta de sensibilidad humana, les hace creer que nuestra Madre Tierra es mercancía.



Pero, nosotros los pueblos quienes sabemos que la Madre Tierra NO se vende, sino, que se ama y se defiende, es por eso que este 22 de junio nuestras hermanas y hermanos del Movimiento Indígena del Pueblo Creyente Zoque están marchando-peregrinando "a favor del agua, la tierra y la vida".

Hermanas y hermanos del Movimiento Indígena del Pueblo Creyente Zoque, desde Acteal, Tierra Sagrada de los Mártires, Casa de la Memoria y la Esperanza: Nos solidarizamos, saludamos y respetamos su lucha y marcha-peregrinación que están realizando en este momento en la Ciudad de Tuxtla Gutiérrez. No están solos, aunque no estemos ahí con ustedes físicamente, pero, nuestro corazón y pensamiento caminan y luchan con ustedes. También saludamos a todas las hermanas y hermanos que en este momento caminan físicamente con ustedes, quizá bajo un fuerte sol o lluvia. Saludos al MODEVITE, a la Coordinadora Nacional de Trabajadores de la Educación (CNTE) Sección VII Chiapas bloque democrático, a nuestro hermano y compañero de lucha y servidor de Cristo P. Marcelo y, a todas las mujeres y hombres y jóvenes y niñas y niños conscientes de buen corazón.

A pesar de tanta injusticia y saqueo a nuestros pueblos y territorios, nos da mucha alegría saber y conocernos en este camino de la construcción de un México más justo, humano y libre. Así es pues hermanas y hermanos Desde esta Tierra Sagrada, pedimos a la Sangre derramada de las y los 45 mujeres y hombres y más 4 no nacidos masacrados aquí en Acteal, y nuestra Madre la Virgen de la Masacre que los acompañe y guíe con sabiduría, amor y firmeza en su caminar y su lucha que también es nuestra; por la defensa del agua, la tierra y la vida. ¡NO AL FRACKING, NI AQUÍ, NI ALLÁ, NI HOY, NI NUNCA!

A pesar del infierno del sistema capitalista neoliberal o la hidra capitalisa o el dragón de 7 cabezas del apocalipsis, nosotros los pueblos organizados seguimos caminando y retoñando la vida. Y, así andamos sembrando semillas de esperanza y de vida, sobre la muerte.

Ya nada nos va a parar: La semilla ha germinado. La lluvia ha llegado en nuestras tierras. La semilla crece mucho más rápido con la lluvia. Y esa semilla sigue creciendo, porque no es una semilla cualquiera. Porque es la semilla de dignidad de los pueblos del Congreso Nacional Indígena. Y que esa semilla  juntos la hemos sembrado y brotado en tierra fértil, en el Concejo Indígena de Gobierno (CIG) en nuestra gran hermana Marichuy.

Hermanas y hermanos, desde nuestra humildad y de corazón pedirle al Corazón del Cielo y Corazón de la Tierra, a Mamá-Papá Dios o de acuerdo a nuestras creencias espirituales, que nuestro CIG y nuestra Vocera Marichuy tengan muchas fuerzas y sabidurías. Y pedir también que a los hombres y mujeres que todavía no entienden nuestra lucha y nuestro caminar, que se acerquen y se organizasen y se den cuenta que nuestro país México, se está desmoronando por los partidos políticos y por los malos gobiernos. Y que nosotras y nosotros los pueblos y hombres y mujeres conscientes y de buen corazón, debemos de reconstruirlo.

"Nuestro sueño, no es un sueño", decíamos hace varios años. Ahora, nuestro sueño, se ha despertado.

Desde Acteal, Casa de la Memoria y la Esperanza.

Atentamente

La Voz de la Organización de la Sociedad Civil Las Abejas de Acteal.


Por la Mesa Directiva:



                               Vicente Jiménez Sántiz                     Antonio Ramírez Pérez                                                                 
    
                                 Sebastián Pérez Pérez              Javier Ruiz Hernández

                                Reynaldo Arias Ruiz                  Sebastián Cruz Gómez

El Pueblo Zoque #CNI con el apoyo del pueblo y organizaciones de Chiapas marcha contra las minas.

tags : #cni, apoyo, chiapas, cni, pl-fr,
Hoy, 22 de junio el pueblo zoque acompañado del pueblo creyente y del magisterio marchan en la ciudad de Tuxtla Gutierrez capital de Chiapas, para la defensa de su tierra en contra de los megaproyectos de minas y fracking en su territorio.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, foule, arbre et plein air
@pozol

Rápidamente el Pueblo Creyente y el Modevite anunciaron sumarse a esta marcha, otros pueblos del Congreso Nacional Indígena, como la organización de la Sociedad Civil de Las Abejas se solidarizaron con esa Marcha.


L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein air
@pozol


Como herencia del apoyo y de la solidaridad del pueblo creyente, de la sociedad civil, y de los y las zapatistas el magisterio, seccion 7 y 40 se sumaron igual a la marcha.

Mensaje de Las Abejas de Acteal

Hoy 22 de junio conmemoración de los mártires de Actel, la organización sociedad civil de las Abejas de Acteal Las Abejas se solidariza espiritualmente con el pueblo zoque en la marcha peregrinación por la defensa de la madre Tierra, los mártires de Acteal está presente con los hermanos y compañeros del pueblo zoque que lucha por sus derechos. No al hidrocarburo.

L’image contient peut-être : 17 personnes, plein air

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout et texte

El Centro de derechos humanos Frayba con la presencia del Obispo y presidente de ese Centro Raul Vera y el Padre Chuy de Las Margaritas enviaron ese mensaje:


Desde San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, México. El Centro de Derechos Humanos Fray Bartolomé de Las Casas, AC. Se garantice el derecho de los pueblos indígenas.

La ronda 2.2 pone en riesgo un total de 16 arroyos y 4 manantiales de las comunidades zoques de Chapultenango, Ixtacomitán, Francisco León y Tecpatán. Por mencionar algunos serían los ríos Yomonó y Totopac en Tecpatán; el Movac y Susnubajk en Chapultenango; los ríos Tumbak y Magdalenas en Francisco León y el rio Blanco en Ixtacomitán, poniendo en riesgo la disponibilidad de agua para la agricultura y el equilibrio ambiental del territorio.
#NoALosHidrocarburos #TerritoriosZoques

L’image contient peut-être : 17 personnes, personnes souriantes, personnes debout et texte


Silvia Juarez, ex presa por defender la tierra igual dio su apoyo al movimiento

Silvia Juarez Juarez, defensora comunitaria del territorio Zoque.
Exigimos que el pueblo zoque sea declarado TERRITORIO LIBRE DE PROYECTOS EXTRACTIVOS, QUE ATENTAN CONTRA LOS RECURSOS NATURALES (HIDROCARBUROS, MINERÍA, PRESAS HIDROELÉCTRICAS, CENTRALES GEOTÉRMICAS).
#NoALosHidrocarburos #TerritoriosZoques

L’image contient peut-être : 5 personnes, plein air

Sub Galeano: "Prélude: les horloges l'apocalypse et l'heure des choses à petite échelle"

tags : ezln, pl-fr,
PRELUDE: LES HORLOGES, L'APOCALYPSE ET L'HEURE DES CHOSES A PETITE ÉCHELLE.

12 avril 2017.

Bon après-midi, bonne nuit, bonjour, bon matin.

Nous voulons remercier les compañeras et compañeros du CIDECI-UniTierra qui, avec leur générosité camarade, nous ont de nouveau confié leur espace pour que nous puissions nous réunir. Et aux équipes de soutien de la commission Sexta qui se sont chargées du transport (nous espérons que vous n'allez pas vous perdre de nouveau), de la sécurité et de la logistique durant cet événement.



Nous voulons remercier également la participation des personnes qui durant ces journées nous accompagneront avec leurs réflexions et leurs analyses durant ce séminaire, que nous avons appelé "Les murs du Capital, les brèches de la gauche". Merci donc à:

Don Pablo González Casanova.
María de Jesús Patricio Martínez.
Paulina Fernández C.
Alicia Castellanos.
Magdalena Gómez.
Gilberto López y Rivas.
Luis Hernández Navarro.
Carlos Aguirre Rojas.
Arturo Anguiano.
Christian Chávez.
Carlos González.
Sergio Rodríguez Lascano.
Tom Hansen.


Nous remercions et saluons aussi tout spécialement les médias libres, autonomes, indépendants, alternatifs ou peu importe le nom qu'on leur donne, à elleux et à leur effort pour donner son envol à la parole et que ce qui se réfléchit ici, atteigne d'autres endroits.



Nous, les femmes et les hommes zapatistes, avons décidé d'ouvrir ce séminaire ou cette rencontre qui fait partie de la campagne "Contre les murs d'en haut, les brèches en bas (et à gauche)", pour permettre, de cette manière, que ceux dont le tour de parole suivra puissent se dissocier, critiquer, ou simplement faire les morts ou les mortes, selon.


C'est la raison pour laquelle nous sommes seuls à cette table, juste accompagnés par Don Pablo González Casanova. Et lui, est ici pour plusieurs raisons: l'une d'elles, est qu'il est déjà au-delà du bien et du mal, et, il l'a démontré au fil de ces 23 ans, il ne s'occupe ni ne ne se préoccupe qu'on lui fasse des remontrances pour traîner en mauvaise compagnie. Une autre raison est que, de fait, il dit toujours ce qu'il pense. Lui pourra vous le dire, et il dira la vérité, qu'on ne lui a jamais imposé ni la vision ni le point de vue, raison pour laquelle bien des fois il ne coïncide pas avec notre réflexion, mais est au contraire extrêmement critique. C'est tellement vrai que le nom de code avec lequel on se réfère à lui dans nos communications internes, pour que l'ennemi ne sache pas qu'on parle de lui, c'est "Pablo Contreras". Nous le considérons comme un compañero, un de plus parmi lesquels nous sommes ce que nous sommes et comme nous sommes. C'est une fierté de marcher à ses côtés, de compter sur sa voix critique et, surtout, sur son engagement sans failles ni duplicités.



Notre parole d'aujourd'hui,, nous l'avons préparée avec le sous-commandant insurgé Moisés pour qu'elle soit reliée par un fil, enfin, c'est tout du moins notre prétention.


Je sais bien que nous sommes connus pour manquer de sérieux et pour être extrêmement irresponsables, en plus bien sûr d'être irrévérencieux, butés et ouvertement fouteurs de merde; qu'après, on se met à raconter des histoires, là où ce serait l'occasion d'être solennel et transcendantal et où l'académie exige "l'analyse concrète de la réalité concrète". Au final, que nous sommes des transgresseurs de la responsabilité, des bonnes manières et de l'urbanité civilisée.


Mais, malgré cela, je vais vous demander de faire preuve de sérieux parce que ce que nous allons dire aujourd'hui va provoquer une avalanche d'attaques et de disqualifications.



Bon, une supplémentaire, en plus de celle déjà mise en scène par l'hystérie illustrée de la gauche institutionnelle qui, naïve, pense arriver au Pouvoir et quecette fois oui, c'est la bonne, car elle a obtenu précocement ce qui s'annonçait déjà, c'est-à-dire qu'elle s'est convertie en un clone de ce qu'elle prétend combattre, la corruption inclue. Ce progressisme illustré qui a élevé au rang de concepts des sciences sociales des catégories telles que "complot" ou"mafia du pouvoir", et qui prodigue des pardons, des absolutions et des amnisties au moment de s'en réfèrer à ceux d'en haut, et des sentences et des condamnations quand elle s'en réfère à ceux d'en bas. Et oui, il faut bien reconnaître que cette gauche illustrée est d'une malhonnêteté courageuse, parce qu'elle n'a pas peur du ridicule à répétition pour se convaincre elle-même et de convaincre ses ouailles de circonstance que "régénérer" est synonyme de "recycler" quand c'est de la classe politique et patronale qu'il s'agit.



Ce que nous voulons vous dire à cette occasion aujourd'hui est bref, et nous commencerons par l'exprimer dans quelques-unes des langues originaires qui se transforment en paroles au fil de notre chemin:

La parole chol revient à la commandante Amada.
La parole tojolabal revient à la commandante Everilda.
La parole tzotzil revient à la commandante Jesica
La parole tzeltal revient à la commandante Miriam.
La parole castilla revient à la commandante Dalla.


Ce qu'ont dit les compañeras et les compañeros peut être plus ou moins traduit en espagnol par "Trump vas-te faire foutre", mais je ne vais pas le dire comme ça pour qu'on ne m'accuse pas d'être grossier et prosaïque. On le traduira donc par un laconique: "Fuck trump".


Une fois établi le plus important et le plus sérieux de ce que nous avons à dire durant ce séminaire, ou quel que soit le nom qu'on donne à cette réunion qui a, en réalité, pour objectif principal d'adresser une embrassade collective à Don Pablo Gonzalez Casanova, nous pouvons maintenant passer à ce qui est de moindre importance: notre réflexion.





LES HORLOGES.


Le temps, toujours le temps. Les horloges. Les secondes, les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois, les années, les lustres, les décennies, les siècles. Le tic-tac frénétique de la bombe du Capital, le terroriste par excellence, menace aujourd'hui l'humanité entière. Mais aussi le temps devenu calendrier et manière de faire selon chacun, selon la lutte d'en bas et à gauche, la résistance et la rébellion.



Il y a 21 ans, durant ce qu'on désigne comme les Dialogues de San Andrés, désespérée par le fait que le zapatisme devait consulter les villages pour le moindre accord aussi minime qu'il soit, la délégation gouvernementale réprimandait la délégation zapatiste au sujet de ses montres. A quelques mots près, ils les récriminaient avec ces paroles: "Vous, vous parlez beaucoup du temps zapatiste, et vous portez des montres digitales qui marquent la même heure que les nôtres". Les fous-rires des commandants Tacho et Zebedeo ont alors résonné dans la petite pièce où se déroulaient les discussions.



Ce fut cela, la réponse zapatiste au questionnement du gouvernement. A proximité, en tant que membres de la Commission Nationale d'Intermédiation, en étaient entre autres témoins Don Pablo González Casanova et un artiste de la parole, le poète Juan Bañuelos, qui est mort il y a quelques jours et qui, durant un des accompagnements qu'il a fait aux côtés de la délégation durant le trajet dilaté jusqu'à La Realidad zapatiste, défendit aux côtés du lui aussi défunt SupMarcos "Les Vers du Capitaine" de Pablo Neruda, que quelqu'un attaquait comme étant de la "poésie trop politique". "Cela ce n'est pas de la poésie", argumentait le responsable de la diatribe, "c'est un pamphlet".



Le silence s'en est suivi durant le trajet. Juan Bañuelos regardait les montagnes, confectionnant peut-être dans sa tête le poème "Le courrier de la Selva" à l'intérieur duquel, contrairement à ce qui s'est dit, il ne parlait pas de lui-même, mais de celui qui faisait le facteur entre la CONAI et l'EZLN, risquant sa vie, sa liberté et ses biens, en ces temps assombris par la trahison zedilliste de 1995 (un de ses opérateurs, Esteban Moctezuma Barragán, est aujourd'hui un des absous qui s'est vu offrir le poste de dirigeant stratégique de choc du "changement véritable").







De son côté, je m'imagine que le défunt SupMarcos respirait avec soulagement à la vue du territoire zapatiste et peut-être, dans un murmure prémonitoire, récitait-il les derniers vers de la "Lettre sur le chemin" de Pablo Neruda, le poème qui conclut le livre "Les vers du Capitaine".




"Et ainsi cette lettre se termine
sans aucune tristesse:
mes pieds bien ancrés sur la terre,
ma main écrit cette lettre sur le chemin,
et au milieu de la ville je serais
toujours
aux côtés de l'ami, face à l'ennemi,
avec ton nom à la bouche
et un baiser qui jamais
ne s'est éloigné de la tienne."




Au sujet du temps (le "timing", comme disent les tanks obèses et paresseux de la pensée d'en haut), ils ont voulu nous critiquer et nous cataloguer. Ils nous ont dit par exemple que, à l'ère digitale, nous, les femmes et les hommes zapatistes, nous sommes comme ces montres qui fonctionnent avec des rotors, des engrenages et des ressorts, et qu'il faut remonter manuellement.


"Anachroniques" ont-ils dit. "Le passé qui revient demander des comptes", ont-ils déclaré. "Le retard historique", ont-ils murmuré. "Ce qui reste à conclurede la modernité", ont-il menacé.




Évidemment, nous sommes à une époque où la réalité virtuelle a bien plus d'avantages que la réalité réelle, et n'importe quel imbécile peut simuler la sagesse grâce au fait que les réseaux sociaux lui permettent de trouver des échos tout aussi stupideset cyniques; une époque où la prétendue originalité de l'antipathie s'annule lorsqu'on se rend compte que l'impertinence, l'ignorance et la pédanterie constituent une "individualité" partagée par des millions denicknames, comme si la stupidité n'était rien d'autre qu'un être solitaire à comptes multiples, et la misogynie de Calderón et de la Calderona, son épouse, ont leur double dans tout l'univers des réseaux sociaux et même chez ceux qui, avec des maîtrises et des doctorats au sein de la gauche bienséante et institutionnelle, se réfèrent à la possible porte-parole du Conseil Indigène de Gouvernement sous le sobriquet sarcastique de "la Tonantzin".



Mais ce qui à droite est un délit juridiquement répréhensible n'est dans la gauche institutionnelle qu'un gracieux commentaire qui ne mérite pas d'être condamné, mais célébré. Même si elle se vêtit de l'habit de l'unique et du non-reproductible et qu'elle dirige le supplément d'un journal de presse, l'imbécillité est la plus commune et la plus courante des caractéristiques humaines du spectre politique d'un en-haut où les différences se diluent même dans les sondages.





Mais dans cette ère technologique qui nous contemple avec une réprobation moqueuse, nous, les femmes et les hommes zapatistes, nous sommes semblables au sablier.


Un sablier qui, même s'il n'a pas besoin d'être réactualisé toutes les 15 minutes et qui n'a pas besoin d'avoir encore du crédit pour fonctionner, doit quand même renouveler périodiquement son délai limité.


Bien que peu pratique et peu commode, tout comme nous sommes, nous, les femmes et les hommes zapatistes, le sablier a ses avantages.


On peut par exemple y observer le temps écoulé, voir le passé, tenter de le comprendre.


Et on peut voir aussi le temps à venir.



On ne peut pas comprendre le temps zapatiste si on ne comprend pas le regard qui calcule le temps écoulé dans un sablier.


C'est pour cela que nous vous avons amené ici, pour cette seule et unique fois, madame, monsieur, autrE, petite fille, petit garçon, ce sablier dont le modèle a été baptisé du nom de: "Tu n'as rien compris, John Snow".


Regardez-le vous-mêmes, appréciez la perfection de ses lignes incurvées qui rappellent que le monde n'est pas rond mais que pourtant il bouge, se renverse et, comme le disait Mercedes Sosa à son époque: "il change, tout change".


Regardez-les vous-mêmes, et comprenez que vous ne nous comprenez pas, mais que ce n'est pas important; que, comme on dit souvent, il n'y a pas de malaise, parce que ce n'est pas en direction de notre manière archaïque (qui, plutôt que prémoderne, est préhistorique). Ce n'est pas dans cette direction que nous vous demandons de regarder, non. C'est vers au-delà que nous avons besoin de votre vigilance.



Parce que nous comprenons qu'à vous, ils vous demandent de porter attention à ce bref instant durant lequel un grain de sable arrive au niveau du passage étroit où il tombe et se joint aux instants qui s'accumulent dans ce que nous appelons "passé".


Parce que c'est cela qu'ils vous insinuent, qu'ils vous conseillent, qu'ils vous demandent, qu'ils vous ordonnent, qu'ils obligent: vit l'instant, vit ce présent qui peut être réduit encore plus grâce à la technologie la plus élevée et la plus sophistiquée. Ne penses pas au temps qui gît déjà dans l'hier, parce que dans le vertige de la modernité, "il y a une seconde" revient au même qu'"il y a un siècle".


Mais, surtout, ne contemplez pas ce qui vient après.



Et nous évidemment, à rebrousse-poil, juste pour en aller en sens contraire, en bonne tête de mule quoi (sans déranger personne en particulier, chacun suivant ce qui lui correspond), en train d'analyser et de questionner le petit grain de sable qui se trouve, anonyme, au milieu de tous les autres, attendant son tour pour s'enfiler dans l'angoissant tunnel. Tout en regardant en même temps celui qui gît en bas et à gauche dans ce qu'on appelle le "passé", se demandant bien ce qu'ils ont à voir l'un et l'autre avec cette discussion sur les murs du Capital et les brèches d'en bas.





Et nous, femmes et hommes, avec un oeil sur le chat et un autre sur la chose, c'est-à-dire sur le chien, ce qui transforme le "chat-chien" en outil d'analyse de la réflexion critique et le fait cesser d'être la compagnie constante d'une petite fille qui s'imagine sans peur, libre, compañera.


Mais ce n'est pas le zapatisme que nous vous invitons à essayer de comprendre ou d'expliquer. Même si, évidemment, si vous vous souhaitez réitérer votre maladresse, votre limitation et votre dogmatisme anti- ou pro-, et bien qui sommes-nous donc pour vous en empêcher.


Et donc on vous dit que non, qu'on ne vaut pas la peine, que le zapatisme n'est qu'une lutte de plus parmi bien d'autres. Voir même la plus petite en terme de nombre, d'impact, de transcendance.





Même si, c'est vrai, peut-être la plus irrévérente si on la compare à l'ennemi qu'elle s'est donné, à son objectif, son horizon, sa détermination têtue à construire un monde où puissent tenir de nombreux mondes, tous, ceux qui existent et ceux qui naîtront.


Et tout cela pendant que, avec une obstination absurde, nous tournons et retournons le sablier, comme si on voulait vous dire, nous dire, que ceci est la lutte: quelque chose où il n'y a pas de repos, où on doit résister et ne pas ouvrir les portes de la prudente lâcheté qui, accompagnées du panneau "SORTIE", apparaissent tout au long du chemin.



La lutte est quelque chose où il faut être attentif au tout et à toutes les parties, et être prêtes, prêts, parce que ce dernier grain de sable n'est pas le dernier, mais le premier, et il faut renverser le sablier, parce qu'ici, ce n'est pas l'aujourd'hui, mais l'hier et, oui, vous avez raison, aussi le jour de demain.


Et voilà, vous connaissez le secret de la méthode zapatiste pour l'analyse et la réflexion: nous n'utilisons même pas une montre mécanique à remontage manuel, mais un sablier.


Bien sûr, ça se comprend, que peut-on attendre de ceux qui maintenant soutiennent qu'à cette époque, en plus de la logique de l'argent, c'est la sainte mère de Donald Trump qui est mondialisée parce que sur toute la planète on s'en souvient et on la mentionne, c'est-à-dire qu'on la traite de tous les noms.



Ou peut-être que nous utilisons un sablier parce que nos efforts pour comprendre ne vient pas d'un intérêt académique, scientifique ou descriptif, ou d'unprétentieux et stupide tribunal qui pense tout savoir et peut donner son opinion sur tout, parce qu'il est notoire - et les réseaux sociaux le confirment:n'importe quelle bêtise trouve des adeptes, et c'est ainsi que prennent forme les troupeaux autour du berger qui, à son tour, fait partie du troupeau d'un autre berger et ainsi de suite.

Non, notre intérêt est subversif. Nous combattons l’ennemi. Nous voulons savoir comment il est, quelle est sa généalogie, son modus operandi pourrions-nous dire, suivant en cela Elias Contreras, un défunt membre de la commission d’enquêtes de l’EZLN qui affirmait que le capitalisme était un criminel et que dans le monde la réalité entière était la scène du crime, et qu’en ce sens elle devrait être étudiée et analysée.



Et maintenant j'en viens à penser que les pistes laissées par Elías Contreras, celles laissées par le défunt SupMarcos, celles que nous, femmes, hommes, zapatistes, nous vous laissons, madame, monsieur, et autres, fille, garçon, jeunes, bien qu'elles ne soient pas dans le calendrier mais si, dans le regard, elles sont, toutes, des signes pour suivre un chemin.

Et le truc, l'astuce comme dit le SubMoy, la "magie" comme disait le SupMarcos, est dans le fait que ces pistes ne sont pas là pour que vous nous trouviez, nous découvriez, nous attrapiez. Elles sont, selon cette note que j'ai trouvé dans le coffre des souvenirs du SupMarcos et que maintenant je relis déconcerté, pas seulement pour que vous trouviez le miroir, mais pour que vous alliez construire la réponse, votre propre réponse à vous, à la question apocalyptique qui vous giflera au visage, peu importe votre couleur, votre genre ou transgenre, votre croyance ou dé-croyance, vos affiliations et phobies politiques et idéologiques, votre façon de vivre, votre temps, votre géographie.



La question qui annonce l'apocalypse la plus terrible et merveilleuse : Et toi quoi?

L'apocalypse qui, selon ce que raconte la fille qui s'auto-prénomme Défense Zapatiste, est genrée. "C'est la faute de ces enfoirés de mecs", tranche chaque fois qu'elle peut cette fille qui rêve de compléter son équipe de football, que ce soit ou non le propos,.

"Tout est déjà réglé, même si le ballon, il est un peu bosselé, comme si 'ils lui avaient donné un coup sur sa tête et qu''elle est pleine de bosses", me répond la fille à une question qui ne m'a même pas traversé l'esprit.

"Et bien sûr, il faut compléter l'équipe, mais ne t'inquiète pas Sup, on va être plus nombreux, peut-être que ça prend du temps, mais on va être plus", me dit-elle en essayant de me tranquilliser pendant que dans le Caracol, nous attendons, inquiets, qu'ils trouvent l'équipe de soutien qui est perdue.



Le Sous-commandant Insurgé Moisés murmure "'tain, je crois que nous devons faire une équipe de soutien pour l'équipe de soutien, parce qu'il leur arrive toujours quelque chose", alors que Défense zapatiste essaye de me convaincre de chercher parmi vous des prospecteurs pour gambader derrière un ballon déformé à travers un pré aujourd'hui rempli de tiques voire d'un ou deux serpents nauyaca, et reluisant depuis quelques jours à peine de l'eau dégorgeantd'une pluie à laquelle, à n’en pas douter, il manque une montre parce qu’elle n’avait rien à faire là en ce mois d’avril. .

Les indications que je reçois de la fille sont loin d'être simples. L'équipe n'a pas besoin d'un gardien, position occupée, je le sais, par un vieux cheval borgne qui se distingue des autres par le fait qu'il n'a pas d'attache, ni de marque, ni de quelconque propriétaire, et qu'il mastique, insouciant, une bouteille en plastique vide sur laquelle ne se distingue plus la marque de la célèbre boisson coca.



La position de défenseur, c'est évident, est aussi déjà prise. Et l'équipe a un arrière droit qui a plutôt l'air d'un chat... ou d'un chien, qui, bon, c'est par làque se trouve la souris de l'ordi du SubMoy, et là le Monarque le poursuit en criant « sale chien ! », et l'insurgée Erika précise que ce n'est pas un chien, et le Monarque "un cha alors". "Non plus", dit Erika qui veut seulement s'assurer que le chat-chien s'échappe indemne, ce qu'elle réussit.

Fait aussi partie de la composition toujours incomplète le fameux Pedrito, qui, selon ce que je comprends du schéma que Défense zapatiste déploie devant moi, est une espèce de libero multi-positions. « C’est que Pedrito il obéit quand ça lui chante », , me précise-t-elle, "un jour il veut être gardien, un autre jour attaquant, en défense qu'il y pense même pas", prévient la fille. Avant d'ajouter: "mais c'est comme ça qu'ils sont ces foutus mecs, un jour ilsdisent un truc et le jour d'après va voir ailleurs", en me regardant les yeux entrouverts, avec sa meilleure tête de "Fuck Trump et pousse-toi dans un coinque je ne t'éclabousse pas ou à toi de voir si toi aussi t'es concerné".



Avant de partir, Défense zapatiste me résume : "Hé Sup, pas n'importe qui ein, il faut de la discipline et de la lutte, parce que sinon ensuite ils s'évanouissent rapidement et dans l'équipe, que de la résistance et de la rébellion". Je n'ai pas voulu la décevoir, mais le simple réquisit de la discipline laisse de côté toutes les équipes de soutien et tous, toutes, tout-e-s les personnes présentes, à commencer, bien sûr, par Pablo Contreras ici présent.

Pour le défunt SupMarcos, selon ce dont je me rendrai compte après sa mort en retrouvant ses lettres, l'apocalypse, ce n'est pas le miroir, ni la question, mais la réponse. "Là" a-t-il écrit de son écriture maladroite d'enfant mal appliqué et disqualifié chronique en caligraphie, "C'est là que le monde se termine... ou commence".


Je reviendrai à une autre occasion sur ces feuilles tachées d'humidité et de tabac que, avec d'autres et dans un coffre en toile abîmée et déchirée, le SupMarcos m'a remises peu de temps avant sa mort, avec une sentence laconique: "tu verras bien".



Cette même phrase, il me l'a répétée quand il descendait de l'estrade à La Realidad, le sang de mon frère mort, le maître Galeano, encore chaud sur la terre; quand, comme une prémonition de ce qui viendrait après, l'unique lumière était celle de la pluie brisant la logique de ce mois de mai que les calendriers avaient déjà rendus caducs.

Non, je ne parlerai pas de cet écrit. Ou pas encore. Non plus de celui que je viens de trouver et qui, provocateur, porte ce bref intitulé: "De comment Durito a décidé d'embrasser la noble profession de la Cavalerie itinérante et s'est donné comme but de parcourir le monde en défiant les injustices, secourant le démuni, sauvant l'opprimé, soutenant le faible et arrachant des soupirs lascifs aux prudes demoiselles, ainsi que des essoufflements d'envie chez les machines. Rapports, devis sans engagement et embauches: Hojita de Huapac #69".



Oui, je suis d'accord avec vous, c'est un titre aussi modeste que son protagoniste.

Mais je ne vous le lirai pas maintenant, et pas parce que je ne veux pas écouter les sourires que vous arracheraient cette histoire, écrite de la main du défunt avec pour seule précision de lieu et de date lisibles: "Campement Watapil, Sierra del Almendro, avril 1986", c'est-à-dire il y a de cela environ 30 ans.Mais pour le moment ce n'est pas pertinent.

Bien sûr, vous êtes en train de vous mettre en colère parce que, pensez-vous, pourquoi je vous fais désirer cela si ni-maïs-ni pop corn-ni oranges-pourries--ni jus de fruits-ni-gâteau, si maintenant je ne vais pas vous lire cette histoire au titre si bref et si explicatif, mais laissez-moi vous dire que ces papiers trouvés dans la malle du SupMarcos m'ont rappelé quelque chose qui s'est passé quand, sur la montre de La Realidad, l'heure de sa mort n'était pas encore advenue:

Le SupMoy et le maintenant défunt SupMarcos sont revenus de la réunion avec le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène - Commandement Général de l'EZLN, célébrée dans une des salles du caracol de La Realidad, et ils m'ont fait appeler.

J'ai compris que, sur les deux montres que le maintenant défunt Sup portait depuis le premier janvier 1994, l'heure était venue. Parce que je savais que sa mort avait déjà été décidée, mais pas quand. Le fait qu'ils me convoquent ne pouvait signifier qu'une seule chose: le décès était imminent, et lui me donnerait les dernières instructions avant ma naissance.




Le SupMoy a dû se retirer et je suis resté seul avec le SupMarcos.

Il m'a remis une petite mallette en toile, vieille et mal recousue, sans rien me dire de plus.

J'ai demandé ce que j'allais faire avec ça et il m'a seulement répondu que je saurai quoi faire le moment venu. J'ai acquiescé en silence.

Puis, il m'a donné les indications de l'emplacement d'une boite aux lettres de la montagne où, m'a-t-il dit, il gardait différents livres.

Maintenant ils me reviennent en mémoire: les anthologies poétiques de León Felipe et Miguel Hernández, le Romancero gitan de García Lorca, les deux tomes du Don Quichotte, "Les vers du capitaine" de Pablo Neruda, une édition bilingue de sonnets de William Shakespeare, "Cronopes et fameux" de Julio Cortázar, et d'autres dont je ne me souviens pas pour le moment.



Cela m'a fait bizarre que, dans sa dernière volonté, il y eu de la place dans ses pensées pour recommander le sauvetage de quelques livres qui, très probablement, seraient déjà réduits en miettes par l'humidité et les fourmis rouges.

J'ai dû fait un geste quelconque, parce qu'il s'est senti obligé d'expliquer: "Il n'y a pas de solitude plus désespérante qu'un livre que personne ne lit".

Je n'ai rien dit, j'ai seulement écrit en code les données de la boite postale.

Ensuite, il m'a demandé comme c'était son genre au moment des indications finales: "Des doutes, des questions, des angoisses, des désaccords, des insultes en chocolat ou de l’autre sorte ?".

Je suis resté pensif.

"J'ai une question" lui ai-je dit. Pas parce que j’en avais une mais pour me donner du temps, et pouvoir penser à quelque chose.



Il a gardé le silence.

Et je ne sais pas pourquoi, je l'ai interrogé sur Durito.

Oui, je sais, j'aurais dû lui demander autre chose, les raisons de sa mort par exemple, ou la toujours pressante question "et maintenant?". Mais non, je l'ai interrogé sur Durito.



Pourquoi as-tu choisi comme personnage un insecte? Le truc du Vieil Antonio, je comprends,pareil avec les garçons et les filles, mais un insecte? Et pire, un scarabée! Les scarabées qu'il y a par ici sont ceux qui font leur nid avec de la bouse et ils y élèvent leurs petits.

Il alluma sa pipe et répondit entre des bouffées de fumée:

"D'abord, comme tu t'en rendras compte dans quelques minutes, ce ne sont pas eux les personnages, mais moi. Et en ce qui concerne Don Durito, et bien c'est le petit, le faible et l'insignifiant qui se soulève, se rebelle et défie tout, y compris sa destinée imposée".

"En ce qui concerne la bouse, les scarabées ne sont pas les seuls qui sur ces terres travaillent avec la bouse et l'utilisent y compris pour leurs maisons. Les indigènes aussi. Bon, ça, c'était avant notre soulèvement".



Oui, nous avons parlé d'autres choses, mais pas parce que c'était un interrogatoire, mais parce que le début des funérailles prenait du retard et que le SupMarcos faisait toujours de la sorte: pendant qu'il pensait à quelque chose, il se mettait à discuter de n'importe quoi ou de ce qu'on lui demandait, comme s'il avait besoin d'occuper son esprit de plusieurs choses à la fois pour pouvoir en même temps résoudre la principale.


De ces autres choses, je ne sais pas, peut-être, c'est un suppositoire, je vous les raconterai à une autre occasion. Ou non, va savoir.

Mais le lien entre le scarabée et les indigènes zapatistes, peut-être que vous le comprendrez mieux dans les histoires qui vont suivre à travers la voix duSupMoy.


Je passe donc la parole à notre chef et porte-parole, le Sous-commandant insurgé Moisés, qui revient récemment du plus profond de la jungle lacandone, où il est parti pour nous expliquer pourquoi le monde capitaliste ressemble à un grand domaine fortifié.


Merci beaucoup.


SupGaleano.


Mexique, avril 2017.

Face à la vague répressive contre les communautés du CNI

tags : cni, pl-fr,

Face à la vague répressive contre les communautés appartenant au Congrès National Indigène, qui a récemment constitué le Conseil Indigène de Gouvernement et nommé sa porte parole, plus de 70 collectifs, organisations, groupes, et centres nationaux et internationaux, ont apporté leur soutien au CNI et dénoncé la stratégie du gouvernement...

Voir Espoir Chiapas

lettre en español

Au Conseil Indigène de Gouvernement
A sa porte parole, Maria de Jesus Patricio Martinez,
A l'Armée Zapatiste de Libération Nationale
Aux Juntas de Buen Gobierno,
A la Sexta au Mexique et dans le monde

Compañeras et compañeros,
Soeurs et frères,

Tout d'abord, nous voulons envoyer nos salutations depuis nos géographies et recoins de luttes aux conseillères et conseillers qui forment le Conseil Indigène de Gouvernement, ainsi qu'à sa porte parole Maria de Jesus Patricio Martinez.

Après 20 ans d'existence, le Congrès National Indigène a pris une décision
historique, que nous saluons ; mais nous avons vu que le mauvais
gouvernement a réactivé ses stratégies aux niveaux municipal, de l'Etat et
fédéral, pour essayer d'empêcher cette initiative, en usant le bras armé
de l'hydre contre différents peuples du CNI :

A Tila, Chiapas, les ejidatari@s luttent depuis près de deux ans pour construire leur autonomie ejidale et ils souffrent d'intimidations et de menaces de la part du groupe paramilitaire Paix et Justice, lequel a bloqué durant plusieurs journées les accès à ce territoire. Nous savons que ce groupe est utilisé par l'ancienne équipe municipale pour provoquer les autonomes et arriver à rentrer de nouveau dans l'ejido avec l'aide de la police ou de l'armée. Mais ils n'y arriveront pas car l'organisation des ejidatari@s les en empêchera.

La mort du Compañero Rodrigo Guadalupe Huet Gomez, de la communauté de Cruzton, Chiapas, intégrante de Semilla Digna et du CNI, nous attriste. Il a été assassiné par une balle provenant d'une arme de gros calibre, appartenant à un groupe paramilitaire de Guadalupe Victoria. Il surveillait le cimetière avec 30 autres de ses compañer@s ; nous exigeons que justice soit rendue !

Nous dénonçons le groupe d'environ 50 personnes qui sont venues détruire
violemment les barrières et fils de barbelés délimitant la communauté de
San Francisco Teopisca, Chiapas, appartenant au CNI
. Nous exigeons
l'annulation des mandats d'arrêt contre 6 membres de leur communauté et
l'arrêt des agressions et menaces dont souffrent les compañeras de cette
communauté !

Nous dénonçons le vol et les menaces contre les membres de l'équipe de soutien du CIDECI-Unitierra, qui ont été surveillé.e.s et poursuivi.e.s ainsi que le vol d'information dans la maison de l'une d'entre eux. Que le mauvais gouvernement n'aille pas croire que ces intimidations vont décourager la volonté exemplaire des membres de l'équipe !

Nous nous prononçons contre les intentions du groupe de la communauté de Los Chorros, qui ont coupé l'eau et la lumière aux familles de la Société Civile Las Abejas, et qui empêchent toute personne de la communauté de se solidariser en donnant une bouteille d'eau et, de la même manière, nous dénonçons la violence et les groupes paramilitaires qui reprennent de la force dans la région de Chenalho.

A Caltzontzin, Michoacan, nous dénonçons l'opération policière contre les indigènes purépechas qui s'est déroulée avec la police fédérale et des policiers en civil ; nous exigeons la liberté immédiate des détenu.e.s qui ne font que défendre leur territoire.

Nous coïncidons avec la porte-parole du Conseil Indigène de Gouvernement et dénonçons la détention de Géronimo Sanchez et Anselmo Robles, tous deux délégués du Congrès National Indigène, et de Pablo Gonzalez et Luis Alberto Reyes faussement accusés d' émeute aggravée. Tout cela parce qu'ils ont dénoncé les stratégies du gouvernement visant à réprimer les mouvements syndicaux et sociaux de manière autoritaires ! Ce n'est pas en détenant le peuple qu'il le fera taire !

A Tepoztlan, l'Etat détruit les sources de vie : les arbres, la terre, l'eau et l'air pour détruire le digne peuple en résistance contre le mégaprojet routier La Pera. Nous dénonçons l'expulsion du campement de nos frères et soeurs par le mauvais gouvernement avec ses groupes de choc, et soutenons toutes les initiatives du peuple pour empêcher la construction destructrice de cette autoroute.

Comme l'EZLN et le CNI, nous nous indignons et pleurons la mort des leaders wixarika, Miguel Vázquez Torres et Agustín Vázquez Torres de la communauté Waut+a San Sebastián Teponahauxtlán, assassinés lâchement. La digne rage et la douleur du peuple Wixarika de Jalisco sont nôtres aussi !

Nous rejetons la dévastation de la forêt otomi, et la construction de l'autoroute Toluca – Naucalpan, ya basta des mégaprojets inutiles qui détruisent la culture et la Terre Mère, pour le confort de ceux d'en haut.

Il est très difficile de ne pas penser que tous ces actes n'aient rien à voir avec la constitution du Conseil Indigène de Gouvernement. Nous savons que la répression contre les peuples, de la part du mauvais gouvernement a été son unique manière de “dialoguer”. Nous voyons dans les récentes attaques, un motif de plus pour construire la nécessaire et urgente organisation.

Avec nos cœurs et nos rages, nous nous solidarisons avec les peuples du Congrès National Indigène, victimes de la répression. L'unité et la solidarité entre vous, au sein du CNI, feront que le CIG vaincra les pouvoirs d'en haut, pour construire l'organisation depuis le bas et à gauche.

Le CIG est une grande brèche dans le mur construit par le système capitaliste. Ils essayent de refermer cette brèche en usant de leur bras armé, mais la force des peuples est bien plus grande !

Depuis nos géographies recevez notre solidarité

VOUS N'ETES PAS SEUL.E.S

Signataires :

1*Espoir Chiapas, Esperanza Chiapas, Francia
2*Kolectivo el rebelde de Mérida, Yucatán , Mexico
3*Colectivo Azcapotzalco adherente a la Sexta , Mexico
4*Mut Vitz 13, Francia
5*Caracol Marseille, Francia
6*Comitato Chiapas "Maribel" – Bergamo, Italia
7*Torre Latino, Lille, Francia
8*Sector Nacional Obrero y de Trabajadores Adherentes a la Sexta, Mexico
9*Comunidad Autónoma Ernesto Guevara de la Serna, Puebla, Mexico
10*El Colectivo Tierra y Territorio de Madrid, España
11*Kolectivo Pozol, Chiapas, Mexico,
12*Comité por los Derechos Humanos en América Latina (CDHAL), Canada
13*CGT-Estado Español
14*Icra international, Francia,
15*Brigadas de talleres comunitarios, Ciudad de Mexico, Mexico,
16*Habitantes de la ZAD de Notre Dames des Landes, Francia
17*Hormiguero ZerO, Mexico
18*Colectivo multidisciplinario Proyecto 21, Mexico
19*Colectivo LOCUS/México.
20*Colectiva Autónoma de Colaboración Social, Mexico
21*Los que Creemos que otro mundo es posible, Mexico
22*Adherentes a la Sexta de Barcelona
23*Y Retiemble - Madrid, Estado Español
24*Centro de Documentación sobre Zapatismo -CEDOZ-, Estado Español
25*Associazione Ya Basta ! Milano, Italia
26*Association América Sol, Francia
27*Groupe Cafez, Bélgica
28*Casa Nicaragua, Liège, Bélgica
29*ASSI (Acción social sindical Internacionalista)
30*Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelona - Catalunya
31*Terre et Liberté pour Arauco, Francia
32*Collectif Autonome liégeois Riposte.cte, Bélgica
33*Brujula Roja, México
34*El comité de solidaridad con los Pueblos, Estado Español
35*Asociación Interpueblos de Cantabria, Estado Español
36*Karakolaglobal, México
37*El Frente del Pueblo (FP) México,
38*Colectivo KomanIlel, Chiapas, México
39*Tlanezi Calli, México,
40*Xochitlanezi, México
41*Colonialism Reparation, Francia
42*Colectiva Guanajuato, México
43*Gruppe B.A.S.T.A., Münster, Alemania
44*Colectivo Espiral de solidaridad-semilla de resistencia, Grecia
45*Adherentes individuales Zürich, Suiza
46*Associazione Ya Basta – Caminantes, Italia
47*Cooperazione Rebelde – Napoli, Italia
48*Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai, Estado Español 49*L'
Adhesiva, Espai de Trobada i Acció, estado Español
50*Grupo de Trabajo No Estamos Todxs, México
51*Collectif Grains de sable (France-Mexique) (colectivo Granos de arena),
Francia
52*Aitec (Association internationale de techniciens, experts et
chercheurs), Francia
53*IPAM (Initiative Pour un Autre Monde), Francia,
54*CEDETIM. Francia
55*Attac, Francia
56*L' Adhesiva Barcelona
57*Collectif Chiapas-Ariège, Francia
58*Comité Québec con Ayotzinapa, Montreal, Canada
59*Quartier Libre des Lentillères, Dijon, Francia.
60*Mut Vitz 34, Francia
61*Association Galeano, Francia
62*Asamblea libertaria Paliacate Zapatista, Grecia
63*Collectif Guatemala, Francia
64*Mujeres y la Sexta, México
65*Resistencias Enlazando Dignidad-Movimiento y Corazón Zapatista
(RedmycZ), México
66*Grietas en el Muro, Espacio de Coordinación, México
67*Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan) -
Francia
68*Groupe de soutien à Leonard Peltier LPSG-Francia
69*Confédération nationale du Travail CNT-Francia
70*Corsica Internaziunalista – Corsica,
71*CSPCL (Comité de Solidarité avec les Peuples du Chapias en Lutte),
Paris, Francia

*Fernando Alan López Bonifacio, *Brenda Porras Rodríguez, *Pedro Rivero,
Ávila, *Ángel Benhumea Salazar,* Alfredo Herrera Reyes, *Arnulfo González,
Nieto, *Alfredo Velarde Saracho, *Marciano Sebastián Astudillo. *Bruno
Baronnet, *Al Dabi Olvera Contador de Historia, *Mijo Vallet, *Gabriela
Arroyo Morales, Adherente y parte del proyecto Sólo Miradas y Bordados de
Memoria.*Argelia Guerrero Rentería, bailarina, profesora y periodista.
CDMX, *Alberto Colin, *Mauricio Macossay Vallado profesor de la
Universidad de Chapingo , *Lourdes Gutierrez, *Marco Aranda Andrade-UANL,
*Guadalupe Meza Lavaniegos, *Blanca Ibarra, *Silvia Resendiz Flores, *Leon
Sedov Fierro Resendiz, *Diana Gabriela Aranguré Quevedo, *Angelica Medina,
*Carmen Valadez perez, *Jaime Cota Aguilar, *Sidi Bousseta

Foro de mujeres en defensa de la salud: "Nuestro compromiso? Concientizar!"

tags : mujeres, pl-fr,

L’image contient peut-être : 1 personne, assis
Reporte del Foro de mujeres en defensa de la salud, zona Altos de Chiapas.

 / @TERRITORIOCHIAPAS


El pasado 17 de junio de 2017 se realizó el Foro de Mujeres en Defensa de Nuestro Derecho a la Salud en las instalaciones del Cideci-Unitierra en la Ciudad de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas; en el evento participaron compañeras comunicadoras comunitarias de la Escuela de Periódismo Votan K’op que acompaña Promedios y de la Red de Comunicadoras K’asesel K’op integrantes del Movimiento de Mujeres en Defensa del Territorio, aquí parte de su trabajo:
Audio sobre el uso de las plantas medicinales como parte de los conocimientos ancestrales de los pueblos de chiapas, versión grabada en frio en español, tseltal y ch’ol por compañeras de la Escuela Votan K’op y la Red de Comunicadoras K’asesel K’op: http://bit.ly/2sR1oLg
Galería de fotos del Foro de Salud: http://bit.ly/2tu2VVy
Nota de prensa:
170617_nota-foro-salud

Aspecto del Foro regional de salud en el Cideci-Unitierra
panoramica

Cruzton #CNI: Exigimos el libre acceso al agua, y el fin de amenazas de muerte por grupo armado

tags : #cni, amenazas, cni, cruzton, pl-fr,
El día 22 de mayo, un grupo paramilitar de Guadalupe Victoria, del municipio de Venustiano Carranzar, Chiapas, vinieron numerosos para hostigar a los pobladores de la comunidad de Cruzton y de Nueva Libertad. Un grupo de 30 compañer@s resguardaba entonces el panteón, y uno del grupo paramilitar disparo y asesino al Compañero Guadalupe Huet, quien, según testimonios, estaba un gran trabajador, de no muchos recursos.




La dignidad de los familiares y de los compañer@s de Cruzton y de Nueva libertad siempre ha sida un ejemplo, y ahora mas todavía. Su dolor y su rabia dignifican la lucha de ese pueblo,  quien recupero sus tierras el 5 de mayo del 2007.  Desde 2009, los comp@s denuncian el grupo de Guadalupe Victoria, y nunca el gobierno hizo nada al respeto.

Ahora el grupo de Guadalupe Victoria hostiga a integrantes de la comunidad cercana Nueva Libertad y tomo el control del manantial, ademas siguen amenazando de muerte a los compañer@s organizad@s. 




Centro de Derechos Humanos Fray Bartolomé de Las Casas, AC.
San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, México
19 de junio de 2017
Acción Urgente No. 02
Riesgo a la vida, integridad y seguridad de personas en Venustiano Carranza

Grupo armado priva del derecho al agua a 60 familias y amenaza de muerte a personas en las comunidades de Nueva Libertad y Cruztón.
Desde el día 18 de junio de 2017, 60 familias de la comunidad Nueva Libertad, también conocida como Cacao II, del municipio de Venustiano Carranza, Chiapas, se encuentran en privación del derecho al agua ya que el grupo armado Nuevo Guadalupe Victoria controla el manantial que les abastece del líquido. El único suministro les fue cortado por quienes son señalados como responsables de la Privación Arbitraria de la Vida del defensor comunitario Rodrigo Guadalupe Huet Gómez, ocurrido el pasado 22 de mayo.
Después del asesinato del defensor comunitario Rodrigo Guadalupe Huet Gómez, integrante de la organización Semilla Digna, han continuado las amenazas de muerte contra personas de las comunidades de Nueva Libertad y Cruztón por parte del grupo armado Nuevo Guadalupe Victoria, quienes controlan la región portando armas de fuego de alto calibre y de uso exclusivo del ejército, por lo que la vida, integridad y seguridad personal de la población en la región se encuentra en riesgo1.
Recordamos al Gobierno de Chiapas que el Relator Especial de las Naciones Unidas sobre los derechos humanos al agua y al saneamiento en su visita a Chiapas indicó que la falta de acceso al agua a las comunidades indígenas y campesinas pone en riesgo la vida, la salud, la alimentación y otros derechos fundamentales por lo que el Gobierno debe asegurar la igualdad en  el acceso para  todas  las comunidades sin  discriminación.
Por lo anterior, y ante el riesgo la vida, integridad y seguridad de las y los pobladores de Nueva Libertad y Cruztón hacemos un llamado a la solidaridad nacional e internacional para exigir al Estado mexicano en sus tres niveles de gobierno:
Primero: Se implementen de manera urgente las medidas necesarias a fin de respetar, garantizar y proteger la vida e integridad de las familias de Nueva Libertad y Cruztón del municipio de Venustiano Carranza, quienes se encuentran amenazadas de muerte por el grupo armando proveniente de Nuevo Guadalupe Victoria.
Segundo: Garantizar el acceso al derecho al agua a las 60 familias de Nueva Libertad, municipio de Venustiano Carranza, Chiapas.
Tercero: Realizar las acciones necesarias para una investigación pronta que lleve al desarme, disolución y sanciones penales al grupo armado Nuevo Guadalupe Victoria para evitar que siga cometiendo acciones violentas armadas y que actúen impunemente.
Por lo anterior, pedimos envíen sus llamamientos a:
Sr. Presidente Enrique Peña Nieto,
Residencia Oficial de los Pinos,
Casa Miguel Alemán, Col. San Miguel Chapultepec,
C.P. 11850, Ciudad de México;
Fax: (+52) 55 5093 4901;
Correo:
enrique.penanieto@presidencia.gob.mx
Twitter: @PresidenciaMX
Degradación del panteón que los compas resguardaban
Miguel Ángel Osorio Chong,
Secretario de Gobernación
Bucareli 99, 1er. piso, Col. Juárez,
Delegación Cuauhtémoc, Ciudad de México,
C.P. 06600, México;
Fax: (+52) 55 5093 34 14;
Correo:
secretario@segob.gob.mx
Varias tumbas fueron pintadas y cruces destruidas
Luis Raúl González Pérez,
Presidente de la Comisión Nacional de Derechos Humanos,
Edificio “Héctor Fix Zamudio”,
Blvd. Adolfo López Mateos 1922, 6°piso,
Col. Tlacopac San Angel,
Delegación Álvaro Obregón, C.P. 01040;
Ciudad de México;
Fax: (+52) 0155 36 68 07 67;
Correo:
correo@cndh.org.mx
Twitter:
@CNDH
Manuel Velasco Coello
Gobernador Constitucional del Estado de Chiapas
Palacio de Gobierno del Estado de Chiapas,
1er Piso Av. Central y Primera Oriente,
Colonia Centro, C.P. 29009
Tuxtla Gutiérrez, Chiapas, México
Fax: +52 961 61 88088 – + 52 961 6188056;
Extensión 21120. 21122;
Correo:
secparticular@chiapas.gob.mx
Twitter: @VelascoM_
@gubernaturachis
Comp@s de Cruzton siguen viniendo en la tumba del compa Lupe
Juan Carlos Gómez Aranda
Secretario General de Gobierno en Chiapas
Palacio De Gobierno, 2o. Piso, Centro C.P. 29000 Tuxtla Gutiérrez, Chiapas.
Conmutador: (961) 61 8 74 60 Ext. 20003
Correo: secretariaparticular.sgg@gmail.com
Gustavo Víctor Moscoso Zenteno
Coordinación de Subsecretarías de Gobierno Regionales
Palacio de Gobierno, 2o. Piso, Centro C.P. 29200 Tuxtla Gutiérrez, Chiapas.
Conmutador: 61 874 60 Ext. 20031
Fuente: https://frayba.org.mx




************************************************************************************************************************************************************************************************************************
Información :
Videos:
Antecedentes:
Comunidad Cruztón denuncia invasiones a su territorio y agresiones
************************************************************************************************************************************************************************************************************************

foto@ap




Asamblea de habitantes de Cruzton con integrantes de Semilla Digna


#AlertaChiapas: Fuerte represion contra el magisterio 11 detenidos

Chiapas: Represión, así responde Velasco Coello a exigencias del magisterio de AED-CNTE

Publicado por: POZOL COLECTIVO
L’image contient peut-être : arbre et plein air
SINDICATO NACIONAL DE TRABAJADORES DE LA EDUCACIÓN
COORDINADORA NACIONAL DE TRABAJADORES DE LA EDUCACIÓN
ASAMBLEA ESTATAL DEMOCRÁTICA SECCIÓN 40
AL MAGISTERIO ESTATAL Y NACIONAL EN DIGNA RESISTENCIA
A LOS PUEBLOS DE MÉXICO Y DEL MUNDO
Hoy 20 de junio de 2017, a un año y un día de los actos represivos perpetrados por la policía federal, la gendarmería y el ejército mexicano contra el pueblo digno de Nochixtlán de Asunción, Oaxaca el estado fascista, en Chiapas vuelve a mostrar su verdadero rostro represivo y en el marco del accionar político en ese primer aniversario de los sangrientos hechos ocurridos en Nochixtlán, la Asamblea Estatal Democrática de la Sección 40 del SNTE-CNTE realizaba una acción pacífica en la exigencia de pago de salarios a maestros de nuevo ingreso, cadena de cambios para el nivel de Telebachillerato, validación de las cadenas de cambio
internas, retiro de directores y supervisores idóneos, abastecimiento de medicamentos en Isstech, proceso de cambios 2017-2018 y convocatoria para el relevo de la sección 40 del SNTE, bajo la promesa de ser atendidos a las 13:30 horas por una comisión de Secretaría de Educación y Gobierno del Estado, pero fieles a su oficio de mercaderes de la política, la justicia y el derecho a las 4:30pm cobardemente lanzaron los cuerpos represivos y de forma vil y artera persiguieron, sometieron, golpearon y detuvieron a 11 profesores integrantes de la Asamblea Estatal Democrática, de los cuales hacemos inmediatamente responsables a Roberto Rubio Montejo, Secretario Técnico del Gobernador, y a Jorge Baldemar Utrilla Robles, Subsecretario de Gobierno y Derechos Humanos, así como al Gobierno Federal por su integridad física y psicológica, y de igual forma, exigimos su inmediata liberación.
L’image contient peut-être : arbre, ciel, plein air et nature
A Manuel Velasco Coello exigimos la inmediata instalación de la mesa de diálogo antes de que el conflicto alcance otras proporciones que pongan en riesgo la ya de por sí frágil gobernabilidad en el Estado.
De igual forma hacemos el llamado a nuestras bases combativas, y a la solidaridad de todos los referentes dignos y en resistencia a concentrarse el día de hoy a las 21hrs. En la Fiscalía de Distrito Metropolitano que se ubica en la 5a calle norte poniente #1550, en la exigencia de libertad inmediata a los detenidos.
¡¡DAVID VIVE, LA LUCHA SIGUE!!
¡¡PRESOS POLÍTICOS, LIBERTAD!!
¡¡ALTO A LA CRIMINALIZACIÓN DE LA PROTESTA SOCIAL!!
¡¡MESA DE DIALOGO, YA!!
¡¡UNIDOS Y ORGANIZADOS VENCEREMOS!!
“Por una educación critica, humanista, científica y popular”
ASAMBLEA ESTATAL DEMOCRÁTICA SECCIÓN 40 SNTE – CNTE
Tuxtla Gutiérrez, Chiapas; 20 de junio, 2017.
Lista de docentes detenidos durante el desalojo por parte de la policía:
1.- Jose Días Suron 30 años, san juan chamula.
2.- Jose Guadalupe Cuesta Pérdida, 29 años, de Suchiapa.
3.- Jesus Romam Zabala de 28 años de Tonala.
4.- Martin Alejandro Castellanos 28 años de edad, Tonala.
5.- Max Torres Boñigas, 35años, jitotol.
6.-Erika Gabriel a Velazquez Romero 28 años, originario jitotol.
7.- Enrique Mancilla Vazquez de 36 años, pichicalco.
8.- Enrique Burguete Heranandez, 24 años , Tuxtla Gtz.
9.- Marcos Heranandez Dominguez de 33 años, Jaltenango Chiapas.
10.- Nicolás Lopez Ramos de 41 años, pichucalco.
11.- Leyder Gutierrez Salinas 40 años , paredón Chiapas.
Foto: internet

La 72 comunica por el día internacional del refugiad@."Mexico niega ofrecer refugio"

Aucun texte alternatif disponible.LAS PERSONAS REFUGIADAS. VÍCTIMAS DE UN SISTEMA LEGAL

COMUNICADO POR EL DÍA INTERNACIONAL DEL REFUGIADO Y REFUGIADA

 Tenosique, Tabasco, 20 de junio de 2017

En febrero de este año, denunciamos que el Estado mexicano se negaba a atender la grave crisis de personas refugiadas que solicitaban asilo en México. El procedimiento, la larga espera para la respuesta, las innumerables violaciones a los derechos humanos por parte del INM y de la COMAR que dimos a conocer en nuestro primer informe que presentamos en el pasado mes de abril; la falta de una política pública, en los tres niveles de gobierno para las personas refugiadas, son solo algunas manifestaciones para volver a decir hoy, en el marco del día internacional del refugiado y la refugiada, que la situación no mejora, sino que empeora. A continuación, damos cuenta de esta afirmación

1. EL EFECTO TRUMP.

No es para nadie desconocido que la política migratoria y de refugio de los Estados Unidos, ha venido a manifestar la dolorosa situación de cientos de personas que anhelaban llegar a ese país con la esperanza de encontrar un lugar donde vivir y trabajar dignamente. El endurecimiento de dicha política se manifiesta también en la incertidumbre en la que tienen que vivir millones de personas en la espera de una inminente deportación, o que una vez saliendo de ese país no los dejen retornar. El número de personas que atraviesan México de sur a norte para ingresar a los Estados Unidos ha bajado considerablemente, pues el viaje se ha encarecido mucho y México sigue persiguiendo, deteniendo y deportando seres humanos sin ninguna consideración. Las órdenes ejecutivas del Presidente de los Estados Unidos han tenido un efecto dominó en los países del así llamado corredor americano. De diferente manera se replican las prácticas asumidas desde la política migratoria estadounidense en las políticas migratorias de México, los países centroamericanos y algunos sudamericanos.




2. MÉXICO, PAÍS DE DESTINO 

Desde hace algunos años México es país de destino. Las grandes urbes del territorio mexicano son cada vez más receptoras de personas que se establecen en búsqueda de trabajo, vivienda, y estabilidad. Sin embargo, ni el Estado ni la sociedad mexicana están preparados para generar sociedades integradoras. No poseemos la conciencia de ser un país de migrantes y para migrantes. La violencia generalizada y la sistemática violación a los derechos humanos que padecemos los mexicanos les tocan también padecerla a las personas migrantes y refugiadas. Incluso, hemos llegado a declarar, que los migrantes y refugiados son de los grupos más afectados por la crisis que vivimos en México. Sin embargo, no podemos renunciar a recuperar que nuestro país sea un lugar de destino donde a las personas que vienen huyendo de una economía de muerte, de una desigualdad desvergonzada, de una pobreza extrema, y que vienen caminando en estado de sobrevivencia, México les ofrezca un lugar digno y estable para vivir y trabajar.

3. LA NEGATIVA DEL ESTADO MEXICANO PARA OFRECER REFUGIO 

Lo hemos dicho reiteradamente: El Estado mexicano se niega sistemáticamente a ofrecer refugio a las víctimas de la violencia en Centroamérica. Los datos que ponemos a continuación así nos lo demuestran:

La 72, ha acompañado el proceso de 202 solicitantes de la condición de refugiado en Tenosique entre los meses de enero y junio de 2017. Hasta ahora hay CERO RECONOCIDOS, como refugiados en este año. Solo a 6 solicitantes les han dado Protección complementaria.

 Queremos señalar que de las personas que representan estos números, son las y los adolescentes quienes más padecen esta situación. Si los anteriores datos no son una negativa del Estado mexicano a dar refugio, ¿qué es?

México no puede seguir siendo cómplice de esta situación. México no puede seguir con una política de persecución salvaje, de deportación masiva y violación a los derechos humanos de migrantes y refugiados. El pueblo de México no puede dejarse contagiar por la xenofobia, la discriminación de los sentimientos de nacionalismos. Tenemos la obligación de parar todo brote de odio y generar sociedades integradoras que recuperen dignidad y exijan el respeto de los derechos humanos de las personas que huyen de sus países. No podemos ser más pieza de ese círculo mortal que significa la migración y el refugio