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INVITATION À UNE RENCONTRE DE RÉSEAUX DE SOUTIEN AU CIG, AU PARTAGE 2018 : « Pour la vie et la liberté » ; ET AU 15e ANNIVERSAIRE DES CARACOLES ZAPATISTES

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INVITATION À UNE RENCONTRE DE RÉSEAUX DE SOUTIEN AU CIG, AU PARTAGE 2018 : « Pour la vie et la liberté » ; ET AU 15e ANNIVERSAIRE DES CARACOLES ZAPATISTES : « Peins des caracolitos [1] et envoie des doigts d'honneur aux mauvais gouvernements passés, présents et futurs ».

Juillet 2018

Aux individu-e-s, groupes, collectifs et organisations des Réseaux de soutien au CIG,
A la Sexta nationale et internationale,

En premier et en dernier lieu, voici

La grande Finale.

Vous arrivez au grand stade. « Monumental », « colossal », « architecture merveilleuse », « le géant de béton », des qualificatifs de ce genre se répètent dans les voix des locuteurs qui, malgré les différentes réalités qu'ils décrivent, mettent tous en avant la superbe construction.

Pour arriver au grandiose édifice, vous avez dû contourner des décombres, des cadavres, de la saleté. Ceux qui ont le plus d'années derrière eux racontent qu'il n'en a pas toujours été ainsi ; avant, autour du grand siège sportif, s'élevaient des maisons, des quartiers, des commerces, des immeubles, des fleuves et des rivières de gens que l'on esquivait jusqu'à ce qu'on ait le nez quasiment collé au gigantesque portail qui ne s'ouvrait qu'à certains moments et qui disait « Bienvenu au Jeu Suprême ». Oui, « bienvenu », au masculin, comme si ce qui se passait à l'intérieur n'était qu'une affaire d'hommes ; comme auparavant les toilettes, les restaurants, le rayon machines et outils des magasins spécialisés… et, bien sûr, le football.

Mais, à vol d'oiseau, l'image vue pourrait tout autant être l'imitation d'un univers en train de se réduire,en ne laissant dans sa périphérie que mort et destruction. Oui, comme si le grand Stade était le trou noir qui absorbe la vie et ce qu'il y a autour et qui, toujours insatiable, rote et défèque des corps sans vie, du sang, de la merde.

Depuis une certaine distance, on peut apprécier l'édifice dans sa totalité. Bien que maintenant ses dispositions architecturales erronées, ses erreurs structurelles en ciment et en édifications, ses décorations changeantes au goût de l'équipe gagnante du moment apparaissent recouvertes par une machinerie qui abonde en appels à l'unité, à la foi, à l'espérance et, bien sûr, à la charité. Comme pour ratifier la ressemblance entre cultes religieux, politiques et sportifs.

Vous, vous ne savez pas grand-chose sur l'architecture mais cette insistance presque obscène dans une scénographie qui ne coïncide pas avec la réalité vous dérange. Couleurs et sons en train de proclamer la fin d'une ère et le passage au lendemain rêvé, la terre promise, le repos que même la mort ne promet plus (pensez-vous alors que vous faites le compte de vos proches, des personnes disparues, assassinées, « exportées » vers d'autres enfers, et dont les noms se diluent dans des statistiques et des promesses de justice et de vérité).

Comme dans la religion, la politique et les sports, il y a des spécialistes. Et vous, vous ne savez pas grand-chose sur rien. Les encens, les psaumes et les louanges de ce monde vous donnent le tournis. Vous ne vous sentez pas capable de décrire l'édifice, car vous parcourez d'autres mondes, leurs longs et hasardeux chemins filent dans ce qui, depuis les superbes balcons du grand stade, pourrait se nommer « le sous-sol ». Oui, la rue, le métro, le bus, le véhicule par abonnement ou payé sur d'autres abonnements (une dette toujours repoussée et toujours croissante), le chemin en terre, les routes sans indication qui mènent au champ de maïs, à l'école, au marché, aux puces, au boulot, au turbin, au taf.

Vous vous inquiétez, oui, mais l'optimisme de l'intérieur du grand stade est majoritaire, écrasant, a-c-c-a-b-l-a-n-t, et déborde vers l'extérieur.

Comme dans cette chanson dont vous vous souvenez vaguement, le spectacle qui s'est déjà fini, a réuni « le noble et le vilain, le grand homme et l'asticot ». Dans ces moments, l'égalité a été reine et dame, peu importe que le coup de sifflet final ait remis tout le monde à sa place. Il a suffi d'oublier que chacun est chacun, de nouveau, « et avec la gueule de bois sur le dos / le pauvre revient à sa pauvreté, / le riche à sa richesse / et le prêtre à ses messes / le bien et le mal se sont réveillés / la trainée pauvre revient au portail, / la trainée riche revient au rosier, / et l'avare aux devises ».

Car maintenant, des bruits et des images vous l'indiquent, le match est fini. La grande finale tant espérée et crainte a pris fin et l'équipe gagnante reçoit, sans fausse modestie, les clameurs des spectateurs. « Le public respectable », disent les porte-paroles et les chroniqueurs. Oui, c'est en ces termes qu'ils se réfèrent à ceux qui ont participé activement avec des cris, des chants, des hourras, des insultes et des diatribes, depuis les gradins, en tant que spectateurs ; ceux à qui uniquement pour la grande finale on permet de simuler qu'ils sont face au ballon et que leur cri est le coup de pied qui dirige la sphère « au fond des filets ».

Combien de fois avez-vous entendu ça ? Beaucoup. Vaut-il la peine de raconter chacune d'entre elles ? Les défaites réitérées, la promesse que la prochaine fois sera la bonne, l'arbitre, le terrain, le climat, la lumière, l'alignement, la stratégie et la tactique, etc. Au moins l'illusion actuelle soulage cette histoire d'échecs… à laquelle plus tard on ajoutera la désillusion prévue.

En dehors de l'enceinte, une main malicieuse a écrit une phrase sur le superbe mur qui entoure le stade : « IL MANQUE LA RÉALITÉ ». Et, en désaccord avec son hérésie, la main a rajouté aux lettres des traits et des couleurs si variés et créatifs qu'ils semblent être plus que de la peinture. Ce n'est plus un graffiti mais une inscription gravée au burin, tachant le ciment ; une empreinte indélébile dans l'apathique superficie du mur. Et, comble, le dernier trait du « D » final a ouvert une brèche qui s'allonge jusqu'à la base. Sur une affiche, déchirée et décolorée, l'image d'un couple hétérosexuel heureux, deux enfants, garçon et fille, et l'entête de « La Famille heureuse », essayent en vain d'occulter l'entaille qui, peut-être par un effet d'optique, semble déchirer en même temps l'heureuse image de la famille heureuse.

Mais même le bruit intérieur qui fait vibrer les murs du stade ne parvient pas à dissimuler la brèche.

À l'intérieur, bien que le match soit terminé, la foule n'abandonne pas le stade. Bien qu'elle ne tardera pas à être exclue de nouveau dans la vallée des ruines, la multitude éblouie se fait l'écho de ses propres cris et échange des anecdotes : qui a crié le plus fort, qui a fait la meilleure blague (on dit « mème »), qui a raconté le mensonge qui a eu le plus de succès (le nombre de « likes » détermine le degré de vérité), qui savait depuis le début, qui n'a jamais eu de doute. Dans les tribunes, certains, certaines, certain-e-s, échangent des analyses : « T'as vu que les adversaires ont changé de chemise à la mi-temps et que maintenant ceux qui fêtent la victoire sont ceux qui ont commencé la rencontre avec l'uniforme de l'équipe rivale ? » ; que « l'arbitre (l'arbitre toujours « vendu ») a bien fait son travail cette fois-ci car la victoire de l'équipe nettoie et transcende tout. »

Certains, certaines,certain-e-s, plus sceptiques, voient déconcerté-e-s que, parmi ceux qui célèbrent le triomphe, il y a ceux qui ont joué et qui jouent dans des équipes rivales. Ils essayent, mais ils ne comprennent pas. Ou bien, ils comprennent mais ce n'est pas le moment de comprendre, mais de faire la fête. Pour que ce soit bien clair, un écran géant clignote avec un slogan visuel à la mode : « Interdit de penser ».

La nuit a remis à plus tard son arrivée, pensez-vous. Mais vous vous rendez compte que ce sont les projecteurs et les feux d'artifices qui simulent la clarté. Bien sûr, une clarté sélective, car là-bas, dans ce coin, des gradins se sont effondrés et les équipes de secours n'arrivent pas, trop occupées à faire la fête. Les gens ne se demandent pas combien il y a de morts, mais quelle équipe ces morts soutenaient. Plus loin, dans cet autre coin sombre, une femme a été agressée, violée, séquestrée, assassinée, portée disparue. Mais, bon, ce n'est qu'une femme, ou une vieille, ou une jeune ou une petite fille. Les médias, toujours dans l'air du temps qui court, ne demandent pas le nom de la victime, mais quel tee-shirt de quelle équipe elle portait.

Mais ce n'est pas le moment des amertumes, mais de la fête, de l'apéritif, de l-a-f-i-n-d-e-l-‘-h-i-s-t-o-i-r-e mon cher, du début d'un nouveau championnat. Dehors, l'obscurité apparait comme l'apothéose picturale pour la zone dévastée. Oui, pensez-vous, comme une scène de guerre.

Le boucan attire votre attention. Vous essayez de prendre de la distance pour comprendre l'impact de ce grand triomphe de votre équipe préférée… mmh… c'était votre équipe préférée ? Ce n'est plus important, le triomphateur sera l'équipe favorite de la majorité. Et, bien sûr, tous savaient que le triomphe était inévitable et dans les tribunes se succèdent les explications logiques : « Non, un autre résultat n'était pas possible ; le seul valable est celui de la coupe enivrante couronnant les couleurs de l'équipe préférée ».

Vous essayez, sans y parvenir, de vous approprier l'enthousiasme qui inonde les tribunes, les balcons et semble arriver jusqu'au point le plus haut de la construction où ce que l'on devine être une luxueuse chambre reflète sur ses vitres teintées les lumières, les cris et les images.

Vous parcourez les tribunes avec difficulté, les gens remplissent les couloirs et escaliers. Vous cherchez quelque chose ou quelqu'un qui ne vous fasse pas sentir bizarre, vous marchez comme un extraterrestre ou un voyageur du temps qui atterrit dans un calendrier ou une géographie inconnus.

Votre regard se pose sur deux personnes âgées qui regardent avec attention une espèce de tableau. Non, ce ne sont pas des échecs. Alors que vous vous approchez suffisamment, vous voyez qu'il s'agit d'un puzzle avec tout juste quelques pièces mises sans que s'esquisse encore la figure finale.

Une personne dit à une autre : « Bon, non, je n'ai pas l'impression que ça soit une fiction. Après tout, la pensée critique doit partir d'une hypothèse, même si elle semble folle. Mais elle ne doit pas abandonner la rigueur pour qu'on puisse la confronter et vérifier si elle convient. Sinon, il faut chercher un autre point de départ ». La personne prend une des pièces du puzzle, elle la montre et dit : « Par exemple, il est possible, parfois, que le petit aide à comprendre le grand. Comme si dans cette petite partie on pouvait deviner ou pressentir la figure complète ». Vous n'écoutez pas ce qui suit, car les groupes d'à côté crient contre ces deux étranges personnes et les font taire.

Quelqu'un vous a passé un prospectus. « Disparue », peut-on lire, et il y a une image d'une femme dont vous n'arrivez pas à deviner l'âge. Une vieille dame, une femme mûre, une jeune, une petite fille ? Le vent vous arrache le prospectus et dans son envol il se confond avec les serpentins et les confettis qui brouillent la vue.

Et en parlant de petites filles…

Petite, la peau sombre, portant des habits étranges particulièrement colorés et décorés, une fillette regarde le stade, les tribunes, les lumières multicolores, les sourires des vainqueurs et des vaincus ; les premiers, heureux, les seconds malicieux.

La fillette a un doute, on le devine à l'expression de son visage, dans son regard inquiet.

Vous vous sentez généreux ; après tout,vous avez gagné… mmh… vous avez gagné ? Bon, peu importe. Vous vous sentez généreux et, attentionné, vous demandez à la fillette ce qu'elle cherche.

La fillette vous répond : « Le ballon ». Et, sans se retourner, continue à balayer du regard la grande construction.

« Le ballon ? », demandez-vous comme si la question venait d'un autre temps, d'un autre monde.
La fillette soupire et ajoute : « Bon, tout compte fait, c'est peut-être le propriétaire qui l'a ».
« Le propriétaire ? »

« Oui, le propriétaire du ballon, et du stade, et du trophée, et des équipes, et de tout ça », dit la fillette alors qu'avec ses petites mains elle essaye d'englober la réalité contenue dans le grand stade.

Vous essayez de trouver les mots pour dire à la fillette que ces questions sont hors-sujet, ou objet c'est selon, mais vous vous rappelez à ce moment…, ou plutôt vous ne vous rappelez pas avoir vu le ballon. Dans votre esprit, une image floue apparait, au début du match pensez-vous, de la sphère partout marquée du sceau de « nos aimables sponsors ». Mais même lors des buts marqués vous ne la situez pas.

Mais l'écran des scores est là, et l'écran marque la réalité qui est importante : untel a gagné, untel a perdu. Aucun tableau des scores ne montre qui est le propriétaire, ni même du tableau, et encore moins du ballon, des équipes, des tribunes, des « caméras et micros ».

En plus, le tableau n'est pas n'importe quel tableau. C'est le plus moderne qui existe et il coûte une fortune. Il inclut une assistance vidéo à l'arbitrage pour aider ses employés à additionner ou soustraire des points sur l'écran, et à situer les répétitions instantanées ou réitérées des « Ensemble, nous avons fait l'histoire. » [2]. Le tableau ne marque pas les buts, mais les cris. Celui qui gagne est celui qui crie le plus, donc, qui a besoin du ballon ?

À ce moment, vous passez en revue vos souvenirs et remarquez quelque chose d'étrange : quelques minutes avant la fin du match, les chants, le bar, le délire fanatique de l'équipe adverse, tout ça est demeuré silencieux. Et les cris des supporters de l'équipe triomphante n'ont pas eu de rival. Oui, très étrange ce retrait subit. Mais plus étrange encore, le fait que quand l'écran du tableau ne reflétaient pas encore les résultats, même pas les résultats partiels, l'équipe adverse était revenue sur le terrain pour féliciter le vainqueur… qui n'était pas encore vainqueur. Dans les hauts et luxueux balcons du stade avait éclaté le brouhaha et les couleurs des étendards étaient déjà celles de l'équipe victorieuse. À quelle heure avait-on changé de favori ? Qui avait réellement gagné ? Et effectivement, qui était donc le propriétaire du ballon ?

« Et pourquoi veux-tu savoir qui est le propriétaire ? », demandez-vous à la fillette, car il vous semble que malgré vos doutes, c'est l'heure des sifflets et des matraques, et pas des questions têtues.
« Ah, parce que celui-là il ne perd jamais. Peu importe quelle équipe gagne ou perd, le propriétaire gagne toujours. »

Vous êtes mal à l'aise avec les questions que cela pose. Et vous êtes d'autant plus mal à l'aise en voyant ceux auxquels on déclarait que l'équipe à présent triomphante apporterait des malheurs, célébrer un triomphe qui, à peine quelques heures plus tôt, n'était pas le leur. Car on n'a pas l'impression qu'ils ont perdu, ils font plutôt la fête comme si le triomphe était le leur, comme s'ils disaient :« On a gagné une fois de plus. »

Vous êtes sur le point de dire à la fillette qu'elle laisse tomber l'amertume, qu'elle a peut-être ses règles, ou qu'elle déprime, ou qu'elle ne comprend rien, après tout, ce n'est qu'une fillette, mais d'un coup le respectable se met à hurler : l'équipe gagnante retourne sur le terrain pour le remercier de son soutien. Les gens-gens sont toujours dans les tribunes et contemplent, fascinés, les gladiateurs modernes qui ont vaincu les bêtes… Un moment ! Ne sont-ce pas les bêtes qui maintenant embrassent et fêtent et portent sur leurs épaules l'équipe gagnante ?

Vous avez réfléchi à ce qu'a dit la fillette. Et vous vous rappelez à ce moment, inquiet, que l'équipe contraire, connue pour sa rudesse, son habileté et ses coups montés, a abandonné le match juste avant que ne retentisse le coup de sifflet final. Oui, comme si elle craignait que sa propre inertie lui permette de triompher (avec de la triche, bien sûr) et que, pour l'éviter, elle se retirait complètement. Et avec elle ont disparu ses chants, ses supporters et, vous vous en souvenez maintenant, ses quelques porte-drapeaux et étendards.

Le brouhaha continue. Il semble que dans les tribunes, l'absurdité qui parcourt le centre du terrain importe peu ; le podium attend la remise finale des prix.
Vous faites écho à la question de la fillette et, timidement, vous demandez à votre tour :

« Qui est le propriétaire du ballon ? »

Mais le cri massif avale votre question, et personne n'écoute.
La fillette vous prend par la main et vous dit : « Allons-y, on doit sortir ».

« Pourquoi ? », demandez-vous.
Et la fillette, en montrant du doigt la base de la grande structure, vous répond :
« Ça va s'effondrer ».
Mais personne ne semble s'en rendre compte… Un moment, personne ?
(À suivre ?)

-*-

Sur la base de ce qui vient d'être exposé, la Commission Sexta de l'EZLN invite les individu-e-s, groupes, collectifs et organisations qui ont soutenu et soutiennent le CIG et, bien sûr, qui pensent encore que les changements importants ne viennent jamais du haut, mais du bas (en plus de n'avoir pas envoyé de lettre pour exprimer leur adhésion et leurs demandes au futur chef) à une :

Rencontre des réseaux de soutien au Conseil indigène de gouvernement.

Avec comme programme la proposition suivante :

- Évaluations du processus de soutien au CIG et à sa porte-parole Marichuy et de la situation selon la perspective de chaque groupe, collectif et organisation ;

- Propositions des pas à suivre ;

- Propositions pour consulter de nouveau ses groupes, collectifs, organisations.

Arrivée et inscriptions : jeudi 2 août 2018.

Inscriptions et activités : vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 août.

Pour s'inscrire en tant que participant à la rencontre de réseaux, l'adresse est :

encuentroredes@enlacezapatista.org.mx

-*-

De la même manière, les communautés indigènes zapatistes, invitent ce-lles-ux qui ont l'art comme vocation et comme ambition au

pARTage POUR LA VIE ET LA LIBERTÉ

« Peins des caracolitos et envoie des doigts d'honneur aux mauvais gouvernements passés, présents et futurs » du 6 au 9 août 2018

Arrivée et inscriptions : quand ce sera possible pour vous du 6 au 9 août.
Clôture le 9, 15eanniversaire de la naissance des caracoles zapatistes.

Le programme sera constitué suivant ceux qui s'inscrivent mais assurément des musicien-n-e-s, des théâtreux-ses, despeintres, des sculpteurs-trices, des crieur-ses des communautés zapatistes en résistance et en rébellion.
Pour s'inscrire comme participant et/ou assistant, l'adresse est :

asistecomparte2018@enlacezapatista.org.mx

participacomparte2018@enlacezapatista.org.mx

Tout aura lieu au caracol de Morelia (où a eu lieu la rencontre des femmes qui luttent), dans la zone Tzotj Choj, terre zapatiste en résistance et enrébellion.

Attention : amenez vos verre, assiette et cuillère, car les femmes qui luttent ont conseillé de ne pas utiliser de la vaisselle jetable qui pollue en plus de laisser tout en désordre. Ce ne sera pas de trop si vous amenez aussi votre lampe de poche, votre quoiquecesoit pour mettre entre le digne sol et votre très digne corps, ou une tente. Votre imperméable ou plastique ou équivalent pour s'il pleut. Vos médicaments et nourriture spéciale si vous en avez besoin. Et n'importe quoi d'autre qui pourrait vous manquer pour que quand vous nous critiquerez, nous puissions répondre : « On vous avait prévenus ». Pour les personnes en âge « de jugement » comme on dit ici, nous ferons en sorte dans la mesure du possible de leur donner un coin où dormir dans une zone spéciale.

Remarque : Oui, l'accès sera autorisé aux hommes et autres minorités.

Pour la Commission Sexta de l'EZLN.

Sous-commandant insurgé Moisés.
Sous-commandan tinsurgé Galeano.

Mexique, 4 juillet 2018.

PS : Non, nous, femmes, hommes, zapatistes, nous ne nous mêlons PAS à la campagne « Pour le bien de tous, d'abord les os » [3]. Vous pouvez changer de chef, de valets et de caporaux, mais le propriétaire reste le même. Ergo…

Traduction collective

Source originale : Enlace zapatista


[1] “Píntale caracolitos” signifie littéralement “Peins de petits escargots” mais l'expression a un double sens en espagnol du Mexique. Les caracolitosou petits escargots se réfèrent à la symbologie des zapatistes et ce sont les noms donnés à leurs centres d'auto-gouvernement. Mais l'expression « píntale caracolitos » se réfère aussi à un geste obscène adressé ici directement « aux mauvais gouvernements ». L'effet est en quelque sorte équivalent à « Envoie-les se faire foutre »

[2] 2 “Juntos haremos historia”, “Ensemble nous ferons l'histoire” est le slogan de MORENA, le parti de Lopéz Obrador, candidat donné pour vainqueur aux dernières élections à la présidence de la république

[3] L'expression se réfère à un des slogans de la campagne de Lopez Obrador, “Por el bien de todos, primero los pobres”, “Pour le bien de tous, d'abord les pauvres.”

L'Armée zapatiste de libération nationale dément tout contact avec AMLO

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L'Armée zapatiste de libération nationale dément tout contact avec AMLO

Communiqué du CCRI-CG de l'EZLN

Armée zapatiste de libération nationale
Mexique

Au peuple du Mexique,

Aux peuples et gouvernements du monde,

Aux médias libres, alternatifs, autonomes ou du nom qu'ils se donnent,

À la Sexta nationale et internationale,

Au Congrès national indigène et au Conseil indigène de gouvernement,

À la presse nationale et internationale,

17 juillet 2018.

Depuis hier et aujourd'hui au cours de la journée, les médias diffusent la version, soutenue par des déclarations du père Alejandro Solalinde [1] (qui se présente comme membre du clergé, prêtre, curé ou ce genre de choses, chrétien, catholique, apostolique et romain), d'un prétendu rapprochement entre l'EZLN et Monsieur Andrés Manuel López Obrador. Ils insinuent que « l'EZLN a accepté d'avoir le premier dialogue » (mots exacts de Monsieur Solalinde).

À propos de ce mensonge, l'EZLN déclare :

Premièrement, le CCRI-CG de l'EZLN, direction politique, organisationnelle et militaire de l'EZLN, n'a accepté aucun premier dialogue avec personne. Comme le savent bien ceux qui connaissent un minimum l'EZLN et ses manières de fonctionner, un sujet tel que celui-ci aurait été communiqué de manière publique à l'avance.

Deuxièmement, l'EZLN n'a reçu rien que des mensonges, des insultes, des calomnies et des commentaires racistes et machistes, de la part du père Solalinde qui sous-entend, comme cela se disait à l'époque du salinisme et du zedillisme, que nous sommes de pauvres indigènes ignorants manipulés, pour utiliser ses propres mots, par « des blancs qui administrent le zapatisme », et cela nous permettrait de ne pas baisser les yeux ni de nous agenouiller face à celui que le père Solalinde considère comme le nouveau sauveur.

Troisièmement, nous comprenons que Monsieur Solalinde ait besoin de se donner un rôle important et qu'il adopte une attitude consistant à exiger une soumission, mais il se trompe avec le zapatisme de l'EZLN. Il ne se trompe pas que sur ça. Nous n'en savons pas beaucoup à ce propos, mais il semble qu'un des commandements de l'Église que prétend servir Monsieur Solalinde, ordonne : « Tu ne feras pas de faux témoignages contre ton prochain et tu ne mentiras point. »

Quatrièmement : comme chaque personne connaissant les lois mexicaines devrait le savoir, monsieur Andrés Manuel Lopez Obrador n'est pas le président du Mexique, il n'est même pas le président élu. Pour être un « président élu », il faut compter sur la déclaration du tribunal électoral du pouvoir judiciaire de la fédération ; ensuite vient la chambre des députés qui doit émettre un décret dans le journal officiel de la fédération où l'on communique à la population qu'il y a bien un président élu. Et, selon les mêmes lois, le président n'entrera en fonction qu'après avoir prêté serment le 1erdécembre 2018. D'ailleurs, en accord avec la dernière réforme électorale, il ne gouvernera pas six ans mais deux mois de moins. À moins, bien sûr, que l'on ne réforme la constitution et que l'on permette la réélection.

Cinquièmement : si ceux qui font partie de l'équipe de Monsieur Lopez Obrador se comportent comme s'ils formaient déjà un gouvernement, car c'est ce que leur ont fait croire les hommes d'affaires (via Youtube, ce qui est une garantie de sérieux), l'administration de Monsieur Trump (via sa visite fanfaronne) et les grands médias, ça se comprend ; mais peut-être qu'il convient de ne pas trop s'avancer dans sa disposition à violer les lois sous la protection d'une supposée « voiture tout équipée » (comme l'a fait le PRI au cours de son long règne).

Sixièmement, l'EZLN a déjà fait l'amère expérience du contact avec un Monsieur qui ensuite allait être déclaré président élu. Nous faisons référence à Monsieur Ernesto Zedillo Ponce de León, qui a profité de ces contacts initiaux pour planifier l'anéantissement de la direction zapatiste d'alors. Celui qui a élaboré cette trahison, Monsieur Esteban Moctezuma Barragán, est maintenant une des personnes proposées pour faire partie du gouvernement qui exercera supposément à partir du le 1er décembre 2018, mais pas avant. Nous ignorons si, à présent, Monsieur Solalinde prétend prendre le relais de Monsieur Moctezuma Barragán dans les fonctions qu'il a eues avec Zedillo.

Septièmement, cela n'est pas de notre ressort, mais ils agissent mal ceux qui s'auto-dénomment le « réel changement », en démarrant avec des mensonges, des calomnies et des menaces, ils se trompent. Ils l'ont déjà fait avec l'histoire du pape [2], maintenant ils le font avec l'EZLN. Ils singent les « us et coutumes » de ceux qu'ils prétendent avoir enlevés du gouvernement.

Huitièmement, comme cela a été rendu public, depuis il y a au moins 16 ans, après la contre-réforme indigène, l'EZLN n'a pas dialogué avec les gouvernements fédéraux. Ni avec Fox après 2001, ni avec Calderón, ni avec Peña Nieto. On a toujours répondu à notre disposition au dialogue par des mensonges, par des calomnies et par la trahison. Vous seriez bien aimables de prêter à Monsieur Solalinde des coupures de presses et des livres qui expliquent cela en détail, car il refait la même chose.

Neuvièmement et en dernier lieu, si nous sommes « sectaires », « marginaux » et « radicaux » ; si nous sommes « isolés » et « seuls » ; si nous ne sommes pas « à la mode » ; si nous ne représentons rien ni personne ; alors, pourquoi ne nous laissez-vous pas tranquilles et ne continuez-vous pas à célébrer votre « triomphe » ? Pourquoi plutôt ne vous préparez-vous pas bien, et sans mensonges, pour les 5 ans et dix mois où vous serez au gouvernement fédéral ? Et pourquoi ne vous organisez-vous pas, car même pour se battre pour un os et recevoir les félicitations de l'argent, c'est mieux d'être organisé.e.s.

Nous, zapatistes ? Eh bien, nous continuerons à faire ce que nous faisons depuis maintenant presque 25 ans :

RÉSISTANCE ET RÉBELLION !

Car la liberté ne se reçoit ni comme une aumône, ni comme une faveur humaine ou divine ; elle se conquiert en luttant.

C'EST TOUT.

Depuis les montagnes du Sud-est Mexicain.

De la part du Comité clandestin indigène-Commandement général de l'Armée zapatiste de libération nationale.

Sous-commandant insurgé Moisés.

(100% mexicain, 100% originaire de langue tzeltal – ou « indigène tzeltal » pour Monsieur Solalinde – et 100% zapatiste).

Mexique, juillet 2018.


[1] Le Père Solalinde est une figure importante de l'Église mexicaine, connu pour son soutien aux migrants

[2] Allusion à l'invitation au pape annoncée par AMLO « pour chercher des solutions afin de pacifier le pays » alors que deux ans plus tôt il affirmait que le changement nécessaire et l'oppression au Mexique était une affaire des Mexicains et non du pape.

Répression contre CODEDI - Déclaration de Nodo Solidale

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Assassinat du compañero Abraham Hernández Gonzales, membre du Comité pour la défense des droits indigènes

Déclaration de Nodo Solidale

jeudi 26 juillet 2018, par Nodo Solidale

Abraham Hernández Gonzales était un homme de quarante-deux ans qui vivait en travaillant dans un petit hôtel sur la côte Pacifique, à Salchi, près de San Pedro Pochutla, Oaxaca. Là vivent aussi sa femme et ses deux enfants. Sa famille, comme des centaines d'autres dans la région, fait partie du Comité pour la défense des droits indigènes (Codedi), une organisation qui cherche à construire l'autonomie des peuples, défendre le territoire des projets extractivistes capitalistes et résister aux politiques gouvernementales d'appauvrissement et d'anéantissement. Plus précisément, Abraham jouait dans l'organisation le rôle de coordinateur régional à Los Ciruelos.

Le mardi 17 juillet, sa vie a sombré dans la fosse noire et infinie de la guerre au Mexique. Une camionnette et une moto sont arrivées chez lui, des hommes armés, cagoulés et déguisés en soldats l'ont arraché de sa maison et l'ont emmené avec un luxe de violence. Sa fille était présente et a déclenché l'alarme. Un de plus a disparu, dans un pays qui compte déjà plus de 37 000 personnes « avalées dans le néant ». L'organisation a informé le bureau du procureur et les autorités, mais les efforts de recherche des institutions ont été nuls et non avenus. Cinq heures plus tard, le corps d'Abraham a été retrouvé et reconnu par sa propre fille, dans la montagne, près de sa communauté. Ils l'ont exécuté d'un coup de grâce.

C'est le quatrième compañero du Codedi qui tombe sous les balles meurtrières du pouvoir en cinq mois. Le 12 février 2018, deux jeunes et un homme ont été tués dans une embuscade, tous les trois membres de l'organisation revenaient d'une réunion avec des représentants de l'État quand ils ont été abattus. Une fois de plus, nos cœurs éprouvent de la douleur pour une nouvelle blessure qui ne sera jamais guérie devant l'impunité avec laquelle les meurtriers agissent et l'abri qu'ils trouvent grâce aux différents niveaux de gouvernement.

Ça nous fait mal parce que le Codedi est une organisation sœur mais ça fait mal à tout ce pays qui n'arrête pas de saigner. L'enlèvement et l'assassinat d'Abraham doivent être situés dans la vague de violence qui submerge l'État d'Oaxaca, avec 756 assassinats depuis le début 2018 (et 198 féminicides en vingt mois), miroir d'une violence criminelle débridée par le gouvernement fédéral même dans tout le Mexique : en douze ans plus de 220 000 personnes ont été assassinées. L'impunité des gangs criminels est garantie par les mêmes groupes de pouvoir (hommes d'affaires, politiciens et militaires) afin de désintégrer le peuple, ravager les territoires et saisir leurs ressources. Entre les narcotrafiquants, les kidnappeurs, les forces paramilitaires, la police et les forces armées, il existe une alliance pour promouvoir la violence que nécessitent les mégaprojets capitalistes dans la région : dans la zone d'influence du Codedi il y a au moins neuf concessions minières, cinq projets hydroélectriques, tandis que 7,8 % du territoire de l'État est concédé à de grandes entreprises pour l'exploration et l'exploitation des sols et des sous-sols.

Pour autant nous demandons quelle est la relation de ces groupes armés et mafieux locaux avec le gouvernement de Murat sur l'État d'Oaxaca ? Pourquoi la presse profite-t-elle de ces événements pour semer la confusion au détriment d'Abraham Ramírez Vázquez, leader du Codedi menacé de toute part ? Ce n'est pas le fait du hasard : nous accusons le gouvernement d'Alejandro Murat de complicité ou d'omertà.

En mars 2018, une brigade de solidarité internationale, dont nous faisions partie, a signalé plusieurs menaces que subissaient le Codedi et ses membres. Le rapport (en espagnol) de la Brigade internationale de solidarité avec le Codedi est dramatiquement actuel.

Avec la même colère, avec la même détermination, avec les larmes aux yeux et la machette à la main, nous continuerons à semer un meilleur avenir pour nos enfants dans l'organisation des peuples, pas à pas avec le Codedi et avec les organisations sœurs de l'Alliance magoniste zapatiste (AMZ).

Ignacio vit ! Luis Angel vit ! Alejandro vit ! Abraham vit !

19 juillet 2018. Nodo Solidale
Source (espagnol) :
La Pirata

publié par la voie du jaguar

Las Abejas: "mientras los partidos politicos regalan mentiras, EPN privatiza 300 cuencas en el pais"

La Organización Sociedad Civil Las Abejas de Acteal y miembros del Congreso Nacional Indígena rechazamos rotundamente la privatización del agua





Organización Sociedad Civil Las Abejas de Acteal
Tierra Sagrada de los Mártires de Acteal
Municipio de Chenalhó, Chiapas, México.
22 de junio del 2018. 

Al Congreso Nacional Indígena
Al Concejo Indígena de Gobierno
A las y los defensores de los derechos humanos
A los medios libres
A los medios de comunicación nacional e internacional
A la Sociedad Civil Nacional e Internacional

Hermanas y hermanos:

Mientras los partidos políticos andan en su campaña política regalando mentiras y como de costumbre falsas promesas a la gente, Enríque Peña Nieto aprovechó este 5 de junio, privatizar más de 300 cuencas del país, que concentran 55 por ciento de lagos y ríos.



El pretexto de Peña Nieto de firmar los 10 decretos es cuidar el agua para el futuro y así evitar la sobre explotación del mismo, pero, a nosotros como pueblo organizado no nos engaña, en realidad son decisiones para entregar el agua en manos de empresas trasnacionales quienes siempre han saqueado a nuestro país, permitido por gobiernos en turno serviles del sistema capitalista de muerte.

Nosotros como pueblo tsotsil, integrantes de la Organización Sociedad Civil Las Abejas de Acteal y miembros del Congreso Nacional Indígena (CNI) rechazamos rotundamente la privatización del agua, porque este recurso lo consideramos sagrado y no se vende. Lo que no es creación del ser humano y, ponerle precio es: absurdo e irracional.

Las políticas entreguistas del mal gobierno mexicano en turno, se deben de detener con organización y fortalecimiento de los modos de vida y uso de los recursos naturales que nos ofrece nuestra Madre Tierra y, con respeto como nos enseñaron nuestros primeros padres y madres.

Ante las privatizaciones de las riquezas de nuestra Madre Tierra y de nuestra nación mexicana, es tiempo de hacer más fuerte nuestras organizaciones, es momento de avanzar la construcción de nuestras autonomías, porque ni un partido político, ni un candidato para presidente de la república, para gobernador, ni para presidente municipal tiene convicción ni honor para defender con su vida estas privatizaciones, como lo hemos hecho nosotras y nosotros; al contrario, ellos, son parte y cómplices de toda política entreguista en la historia de estos gobiernos títeres del sistema capitalista de muerte.

Junto con la privatización del agua que hace Peña Nieto y demás políticas que violan nuestros derechos humanos y colectivos, reiteramos nuestra denuncia y rechazo tajante a la “Ley de Seguridad Interior”, como ya lo habíamos dicho, viene a sembrar terror, controlar a la población civil, violar legalmente los derechos humanos de los pueblos organizados, como por ejemplo por rechazar la privatización del agua.

En este medio de campañas electorales en el que todavía mucha gente deposita su “esperanza” en los partidos políticos; desde Acteal nos solidarizamos con nuestros compañeros del ejido Tila miembros del CNI, se les respete su decisión la de no permitir la instalación de casillas del Instituto Nacional Electoral para las elecciones próximas, porque simplemente están haciendo uso de su derecho a la libre determinación y a la autonomía.

Así mismo, con todo respeto, hacemos nuestro su denuncia contra los paramilitares que están reactivando los caciques de los partidos políticos de ese pueblo ch’ol. Nosotras y nosotros guardianes de la Memoria y la Esperanza, recordamos que en la Zona Norte de Chiapas entre los años 1995 y 1996 fungió como laboratorio para la creación de grupos paramilitares como parte del Plan de Campaña Chiapas 94 y, culminó con la Masacre de Acteal el 22 de diciembre de 1997, tanto, las desapariciones forzadas, ejecuciones extrajudiciales en Tila y en Sabanilla y como la masacre de 45 hermanos nuestros más 4 no nacidos en Acteal, siguen impunes hasta la fecha.

Y otro de los casos impunes cometidos por los paramilitares en la Zona Norte de Chiapas, es, la desaparición forzada de Minerva Guadalupe Pérez Torres, el 20 de junio de 1996 “quería ver a su padre enfermo y viajó a Masojá Suchjá, municipio de Tila, en la Zona Norte de Chiapas. Integrantes de la Organización Desarrollo “Paz y Justicia” mantenían un cerco paramilitar en el poblado Miguel Alemán y en un retén la detuvieron ilegalmente. El testimonio de uno de ellos contó los hechos: La encerraron e incomunicaron, la torturaron, la violaron más de 50 paramilitares, tenía 19 años. Los pocos procesados quedaron absueltos por la ineficacia del sistema de justicia mexicano y porque el cuerpo de las mujeres es también territorio a controlar en la política de terror de la contrainsurgencia.” Desde Acteal, Sitio de Conciencia, gritamos: ¡JUSTICIA PARA MINERVA!

Es tanto el dolor, es tanta la infamia que nos han hecho y nos siguen haciendo los malos gobiernos a través de sus paramilitares y de su ejército federal, pero, del dolor agarramos fuerzas y organización.

A pesar de la impunidad en la Masacre de Acteal, no nos damos por vencidos y reiteramos las veces que sean necesarias que estamos convencidos que la justicia no la va a dar quien ha cometido el crimen, sino, que nosotros mismos las y los sobrevivientes tenemos que pensar y construir una justicia verdadera y digna como lo hemos estado caminando y construyendo la Otra Justicia, el Lekil Chapanel (Justicia digna), con otros pueblos y organizaciones hermanas.

Desde Acteal Tierra Sagrada, condenamos la política migratoria de “tolerancia cero” del presidente de Estados Unidos Donald Trump, la de separar a las niñas y niños latinoamericanos de sus padres, este acto, no es más que racismo. No importa el color de nuestra piel, nuestra cultura y lengua, porque todos somos seres humanos y tenemos conciencia y moral, pero, este presidente estadounidense es: inhumano.

Con dolor en nuestro corazón, nos solidarizamos con los familiares de las víctimas fallecidas por la erupción del volcán de fuego en el sur de Guatemala el pasado 3 de junio, sabemos que la pérdida de sus seres queridos son irreparables, quizá nuestra palabra no cambia nada, pero, sepan que aquí en Acteal oramos por los sobrevivientes y sobre todo por las niñas y niños puedan superar esta terrible tragedia. Les enviamos mucha fuerza y abrazos de corazón.

Y a pesar de tanto dolor que atravesamos los pueblos, queremos enviar nuestras felicitaciones al Frente Popular en Defensa del Soconusco, en su 3er aniversario de lucha y resistencia contra la minería y por la vida. Hermanas y hermanos sigan organizados, siga fuerte su corazón, la Madre Tierra nos agradecerá por defender y cuidarla.

Desde Acteal, Casa de la Memoria y la Esperanza.

ATENTAMENTE
La Voz de la Organización de la Sociedad Civil Las Abejas de Acteal.

Por la Mesa Directiva:

Martín Pérez Pérez           Mariano Gómez Ruiz

Pedro Pérez Pérez             Manuel Pérez K’oxmol

       Alonso Ruiz López          Manuel Nuñez Gutiérrez


          Manuel Nuñez Gutiérrez

Anuncian Semillero en la CDMX

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Semillero de la Ciudad de México

SEMILLERO CDMX

Al Concejo Indígena de Gobierno
Al Congreso Nacional Indígena
Al Ejercito Zapatista de Liberación Nacional
A las y los compañeras de la Sexta Nacional e Internacional
A la Asociación Civil “Llegó la Hora del Florecimiento de los Pueblos”
A todas las redes, mesas, organizaciones y personas que acompañan al CIG

Compañeras y compañeros:

Atendiendo al llamado del Ejército Zapatista de Liberación Nacional y del Congreso Nacional Indígena, de encontrarnos y escuchar las valoraciones en torno al proceso de recolección de firmas en apoyo al Concejo Indígena de Gobierno y su vocera Marichuy, nos convocamos a participar en el “Semillero de la Ciudad de México”, que se realizará el sábado 23 y domingo 24 de junio del 2018, en Dr. Carmona y Valle #32, Col. Doctores.


Al día de hoy han confirmado su partición:

Concejo Indígena de Gobierno
Llegó la hora del Florecimiento de los Pueblos A.C.
Red Universitaria de Apoyo al CIG
Red Tlalpan
Red Magdalena Contreras
Red de Apoyo Iztapalapa Sexta
Red LGBT                    
Mesa Bellas Artes
Mesa Cineteca
Mesa Tláhuac
Mesa CCH -Azcapotzalco
Mesa UACM Cuautepec
Qué hacer aquí con esto
Criptopozol
Mujeres y la Sexta
Grietas en el muro
Frente del Pueblo Resistencia Organizada
Infrarrealismo Jurídico
Xochitlanezi
Gozadera
Redmyc
Tejiendo Organización Revolucionaria
HIJOS – México
Sindicato Mexicano de Electricistas
Centro de Análisis Multidisciplinario
Movimiento Al Socialismo
Organización Política de los Trabajadores
Márgara Millán
Aida Hernández
Alicia Castellanos
Araceli Osorio (Madre de Lesvy Berlin)
Sergio Luna Moran
Guillermo Palacios

También queremos informar que hay diversas redes, mesas u organizaciones que se reunirán en el transcurso de la semana, por lo que el programa definitivo lo haremos saber el viernes 22 de junio por la mañana.

De la misma manera les solicitamos registrar su participación como escuchas en el siguiente correo electrónico: escuchasemillerocdmx@gmail.com

Sin más por el momento y esperando contar con la participación de todos y todas ustedes, reciban un saludo fraterno.


Semillero de la Ciudad de México

Comité organizador
RUACIG, Mesa Cineteca Nacional y Mesa Bellas Artes

Ciudad de México a 18 de junio de 2018

Ejidatari@s de Tila denuncian formacion de Paramilitares para atacar su pueblo

DENUNCIA PÚBLICA
EJIDO TILA, CHIAPAS MEXICO A 05 DE JUNIO DE 2018

A la Opinión pública
Al Concejo Indígena de Gobierno
Al Congreso Nacional Indígena
A las y los adherentes a la Sexta Nacional e Internacional
A las Organizaciones Independientes
a los Derechos Humanos no Gubernamentales
A los Pueblos que Luchan por Justicia y Dignidad




Reciban un cordial saludo a los compañeros (as) de las diferentes organizaciones. Denunciamos públicamente a nivel nacional e internacional el pasado 7 de mayo de 2018, los partidos políticos y miembros del ayuntamiento municipal presentaron su solicitud ante el Doctor Oswaldo Chacón Rojas presidente del IEPC, Tuxtla Gutiérrez, y Ante el C. Lic. Felix Siprian Hernández vocal ejecutivo del Instituto Nacional Electoral Palenque Chiapas, para solicitar las instalaciones de las urnas el 1ero de julio del 2018 y solicitando policías, militares y gendarmería, para el estado de derecho.



El candidato del PT Miguel Gómez Ramírez procedente de otro ejido, Jesús Álvarez Gutiérrez candidato del PAN, Clara Esmeralda Gordillo Estrada candadata de mover a Chiapas hija de un cacique, Juana Torres Jiménez candidata de Nueva Alianza de Tila Chiapas Barrio Concepción, Lucía Pérez Torres candidata del PRD. Estos candidatos que solicitaron las urnas son manipulados lo hacen por orden del candidato Limberg Gregorio Gutiérrez Gómez partididista del verde ecologista en sus 3 periodo de gobierno. El lic. Jorge David Valdez Zúliga le dio instrucciones al Lic. José Luis Vázquez López vocal ejecutivo de la Junta local ejecutiva para que atendiera la petición de los representantes de los miembros del H. Ayuntamiento Municipal de Edgar Leopoldo Gómez Gutiérrez.




 

Tenemos la información que están repartiendo uniformes (chaleco antibala, rodillera, pasa montaña) y la contratación de jóvenes y dándoles entrenamiento para dar el golpe y dándoles armas de fuego (cuerno de chivo o m1). Tenemos conocimiento de lo que nos puede pasar, porque son los mismos que en el año de 1980 que hicieron una represión donde trajeron personas de otro ejido que fueron acarreados y coordinados por el mal gobierno, en el año 2000 paz y justicia tuvo presencia en nuestra población para lastimarnos en coordinación del líder de paz y justicia presidente municipal Carlos Torres López junto con los caciques. El 15 de febrero del 2004 hubieron personas uniformados y encapuchados para señalar a las personas en la protesta de la imposición de Juan José Díaz Solórzano y bino la represión.



El 2015 hubo contrataciones de encapuchados para mantener el poder intimidando con detonaciones de alto calibre en la población, en la elección de Leopoldo Gómez Gutiérrez. En 23 de noviembre del 2017 cuando ya estamos construyendo la autonomía y el autogobierno ejidal los organizadores Arturo Sánchez Sánchez uno de los que participo en el año de 1980, francisco Arturo Sanchez Martínez, Rodrigo Martínez Parcero, Adelaida Martínez Parcero y los traidores de Francisco Sánchez de Cantiok, Francisco Pérez López, Genaro Pérez López y sus seguidores solicitaron el estado de derecho en la Suprema Corte de Justicia, hoy en día se han unido con el candidato Limberg Gregorio Gutiérrez Gómez y mencionan que estamos privando la libertad de votar a los ciudadanos como votar y de ser votado en base al artículo 35 de la constitución, pero somos claros que esto es donde no tiene legalidad el municipio libre, pero nuestra población esta asentado en medio de los terrenos ejidales y por eso exigimos que respeten nuestra libre determinación y la autonomía, en base al articulo 2 inciso A fracción 2 reconocimos nuestra propia autoridad, modificamos nuestra forma de gobierno porque o tenía legalidad el ayuntamiento.



Es un ejido legalmente de acuerdo a los documentos federales recuperamos nuestra soberanía del pueblo cho’l de acuerdo el artículo 39 de la misma Constitución Política De los Estados Unidos Mexicanos, y de acuerdo al artículo 9 de la Legislación Agraria en vigor es patrimonio propio de lo 836 capacitados y la máxima autoridad es la asamblea general de acuerdo con el artículo 21, 22, 23, 2, 25, 26,27, 28, 29, nadie puede cambiar el régimen ejidal solamente la asamblea general de ejidatarios de acuerdo con el artículo 30, 31, 32, el encargado de ejecutar los acuerdos de la asamblea general es el comisariado ejidal articulo 33 todo los bienes que se encuentran dentro de los 5405 hectáreas serán administrados por als autoridades ejidales es por ellos exigimos que se respete nuestro autogobierno. Les pedimos a todas las organizaciones que estén pendientes de lo que pueda pasar por la preparación de grupos paramilitares en la candidatura de Limberg Gregorio que por sus ambiciones e intereses personales y ciego de avaricia no le importa nuestros ancianos, niños, viudas, huérfanos, enfermos en nuestra población.


Hacemos de su conocimiento que el 13 de mayo del 2018 se celebró una asamblea general extraordinario donde se levanto una acta de expulsión definitivamente en este pueblo si algún poblador, avecindado o líder político asesina a un miembro o una de las autoridades ejidales o representantes de guardia participantes en al asamblea general. El acta se dio lectura en la plaza cívica en los 86 años de aniversario de la entrega de las 5405 hectáreas el 19 de mayo de 2018. Donde se recordó en el año de 1980 hirieron al compañero Domingo Martínez Pérez, el agresor se fue a su pueblo 2 años, regreso a vivir al ejido Tila y también asesinaron al compañero Nicolás Jiménez García en la puerta de su casa el asesino estuvo en la cárcel pocos años salió libre y sigue viviendo en el pueblo donde no se le aplicó la justicia ahora el régimen es diferente la justicia se hace de acuerdo a usos y costumbres y con los acuerdos de nuestra asamblea general.




ATENTAMENTE

TIERRA Y LIBERTAD
ORGANOS DE REPRESENTACION EJIDAL
CONGRESO NACIONAL INDIGENA

Mercredi 13 Juin : PRESENTATION DE "PISTES ZAPATISTES"

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Rencontre débat pour la sortie du livre :

PISTES ZAPATISTES La pensée critique face à l'hydre capitaliste

Avec Rocio Martinez, Jérome Baschet, les éditions Albache et quelqu'un de l'ambaZADa de Notre-Dame-des-Landes

Mercredi 13 juin à 19h30

Dans les locaux de la CNT-f
33 rue des vignoles 75020 paris

Né du séminaire « La pensée critique face à l'hydre capitaliste » qui s'est tenu du 2 au 9 mai 2015 au Chiapas, au Mexique, à l'initiative de la Commission Sexta de l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), ce livre se veut une participation des zapatistes au débat anticapitaliste à partir de leur propre expérience de construction de l'autonomie depuis maintenant plus de 20 ans. Son objectif n'est pas, selon les mots du sous-commandant Galeano (ex-Marcos), « de favoriser des adhésions à l'une ou l'autre des analyses [ici présentées], mais de provoquer des idées, des pensées, des discussions, des débats […] pour répondre à la question que toutes, tous, nous finissons par nous poser : et ensuite ? »

FALTA LO QUE FALTA

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FALTA LO QUE FALTA : Il manque encore ce qu'il manque encore

Avril 2018

Aux Réseaux de soutien au CIG et aux casitas Marichuy,

A ceux qui ont participé à l'Association Civile « L'heure de la floraison des peuples est venue »

A la Sexta nationale et internationale,

Au peuple du Mexique,

Aux médias libres, autonomes, alternatifs, indépendants,

A la presse nationale et internationale

Face à l'intensification de la guerre, de la spoliation et de la répression qui envahit nos peuples en même temps qu'avance le processus électoral, et en accord avec les étapes parcourues le long des géographies de ce pays par notre porte-parole Marichuy ainsi que les conseillers et les conseillères, nous nous adressons respectueusement au peuple du Mexique pour lui dire que :

Nous avons écouté la douleur de toutes les couleurs de ceux qui, comme nous, constituent le Mexique d'en-bas

Prenant la période de collecte des signatures comme prétexte, nous avons parcouru les territoires indigènes de notre pays où ensemble, nous avons fait grandir notre proposition politique d'en-bas et depuis lesquels nous avons rendu visible la lutte de nombreux peuples originaires, leurs problèmes et leurs propositions.

A travers notre participation au processus électoral, nous avons fait savoir à nouveau aux peuples indigènes et non-indigènes du Mexique que nous ne resterons pas tranquilles alors qu'ils détruisent et nous vole la terre que nous avons héritée de nos ancêtres et que nous devons transmettre à nos petits-enfants, alors qu'ils contaminent les rivières et perforent les collines pour en extraire des minerais. Nous ne resterons pas tranquilles alors qu'ils convertissent la paix et la vie que nous construisons jour après jour pour la guerre et la mort, par le biais de leurs groupes armés qui protègent leurs intérêts. Notre réponse, n'ayez aucun doute, sera la résistance organisée et la rébellion, afin de soigner ce pays.

Grâce à la mobilisation importante de milliers et milliers de compañeras et compañeros des réseaux de soutien dans tout le pays, nous nous sommes rendus compte et il est apparu à la vue de tous que pour apparaître sur les bulletins électoraux il faut garantir que nous sommes égaux ou pire qu'eux, que si nous présentons des signatures, celles-ci doivent être fausses ou bien sinon elles n'ont aucune valeur, que si nous dépensons de l'argent, la provenance de celui-ci doit être trouble, que si nous disons quelque chose, cela doit être un mensonge, que si nous nous accordons sur quelque chose de sérieux, ce doit être avec les politiciens corrompus, avec les entreprises d'extraction minière, avec les banquiers, les cartels de la drogue, mais jamais, au grand jamais, avec le peuple du Mexique.

Apparaître sur les bulletins électoraux n'a de sens que pour ceux qui cherchent à administrer le pouvoir d'en-haut en oppressant ceux d'en-bas, parce que le pouvoir qu'ils recherchent est pourri jusqu'à la moelle.

C'est donc une compétition où l'on ne peut gagner que grâce à la triche, à l'argent et au pouvoir, tout comme la marchandise que sont les élections de la classe politicienne, où il n'y a pas et où il n'y aura jamais de place pour la parole de ceux d'en-bas, de ceux qui étant indigènes ou qui, bien que n'étant pas originaires d'un peuple originaire, méprisent le pouvoir et construisent la démocratie en prenant des décisions en collectif, qui se font ensuite gouvernement au sein d'une rue, d'un quartier, d'une communauté, d'un ejido, d'un collectif, d'une ville ou d'un état.

Et donc le processus électoral est une grande porcherie dans laquelle s'affrontent ceux qui ont pu falsifier des milliers de signatures et qui ont les milliers de millions de pesos qui leur permettent de faire pression et d'acheter les votes, tandis que la plus grande partie du peuple mexicain se débat entre la pauvreté et la misère.

C'est la raison pour laquelle notre proposition n'est pas la même, c'est pour cela que nous ne sommes pas en train de faire campagne, que nous ne nous sommes pas mis à falsifier de signatures, ni à chercher et à dépenser de l'argent que le peuple mexicain utilise pour résoudre ses nécessités vitales, c'est pour cela que nous ne cherchons à gagner aucune élection ni à retourner notre veste pour rejoindre la classe politicienne. Mais c'est au contraire le pouvoir d'en-bas que nous partons chercher, celui qui naît des douleurs des peuples, et c'est pour cela que nous marchons à la recherche de la douleur de toutes les couleurs qui font de nous le peuple du Mexique, car c'est là que se trouve l'espoir que naisse un bon gouvernement qui dirige en obéissant et qui ne pourra émerger que de la dignité organisée.

Ce n'est pas seulement le racisme de la structure politique qui a empêché que notre proposition figure sur les bulletins électoraux, car si ceux qui s'opposaient à la destruction capitaliste avaient les yeux bridés, les yeux bleus ou les yeux rouges, les politiques publiques et la soi-disante démocratie seraient faites pour que eux aussi en soient exclus. Les peuples originaires et nous tous qui marchons en-bas, à gauche, nous ne rentrons pas dans leur jeu ; non pas à cause de notre couleur, de notre race, de notre classe, de notre âge, de notre culture, de notre genre, de nos pensées, de notre cœur, mais parce que nous ne faisons qu'un avec la terre-mère et notre lutte existe pour que tout ne soit pas converti en marchandise, car cela serait la destruction de tout, à commencer par notre existence en tant que peuples.

C'est pour cela que nous luttons, pour cela que nous nous organisons, pour cela que nous ne pouvons pas nous fondre dans la structure de l'état capitaliste, mais qu'au contraire nous ressentons chaque jour un peu plus de dégoût pour le pouvoir d'en-haut, qui rend jour après jour plus flagrant le profond mépris envers toutes et tous les Mexicains. La grave situation que vivent nos peuples et qui s'est gravement intensifiée ces dernières semaines du fait de la répression et de la spoliation, ne s'est vue décernée qu'un silence complice de la part de tous les candidats.

En conséquence, par accord de la deuxième session de travail du Conseil Indigène de Gouvernement qui s'est tenue les 28 et 29 avril dans la ville de México, ni le Conseil Indigène de Gouvernement ni notre porte-parole ne rechercheront ni n'accepteront aucune alliance avec aucun parti politique ni avec aucun candidat, ni n'appelleront à voter ou à s'abstenir. Nous continuerons au contraire à chercher tous les gens d'en-bas pour démonter le pestilentiel pouvoir d'en-haut. Que vous votiez ou que vous ne votiez pas, organisez-vous.

Nous marcherons en construisant les clés pour guérir le monde.

Parmi les peuples originaires de ce pays, là où a été décidé le Conseil Indigène de Gouvernement, c'est-à-dire là où notre porte-parole a tressé au fil de ses pas en suivant le mandat de l'assemblée générale du CNI, se trouvent les résistances et les rébellions qui donnent forme à notre proposition pour toute la nation, et c'est pour cela qu'aux côtés des conseillères et conseillers de chaque état et de chaque région nous avons parcouru leurs géographies, là où la guerre et l'invasion du monstre capitaliste se vit au quotidien. Là où la terre est spoliée afin qu'elle cesse d'être collective et qu'elle reste entre les mains des riches pour que les territoires soient occupés et détruits par les entreprises minières, les nappes phréatiques dévastées par l'extraction d'hydrocarbures, les rivières contaminées, l'eau privatisée sous forme de barrages et d'aqueducs, la mer et l'air privatisés par les parcs éoliens et par les avions, les semences natives contaminées par les transgéniques et par les produits chimiques toxiques, les cultures réduites au folklore, les territoires reconfigurés pour le fonctionnement du narcotrafic transnational, l'organisation d'en-bas soumise à la violence terroriste des groupes narco-paramilitaires obéissant aux mauvais gouvernements.

Nous nous sommes vus aussi dans les chemins qui s'illuminent au sein des mondes qui maintiennent leurs cultures, lorsqu'en leur sein se dessine la proposition et la parole des autres peuples indigènes, et que de leur propre lutte et de leur propre langue surgissent les fondamentaux de ce qui est la raison d'être du Conseil Indigène de Gouvernement.

C'est là que brille l'espoir que nous sommes partis rechercher, tout comme le constitue aussi la société civile organisée dans les villes par le biais de la Sexta, des groupes et des réseaux de soutien au CIG, qui ne sont pas seulement sortis montrer leur solidarité et mettre en place une tournée dans tout le pays, mais qui sont aussi sortis afin de construire depuis la base, depuis les ruines mêmes du capitalisme, un pays et un monde meilleur. A toutes et tous, notre admiration et notre respect.

Nous appelons toutes celles et tous ceux qui, comme nous, sont le peuple du Mexique, les compas des Réseaux de soutien au Conseil Indigène de Gouvernement de tous les états du pays, les compañeras et compañeros qui forment l'Association civile « L'heure de la floraison des peuples est venue », à continuer à nous suivre par le biais de la consultation et l'évaluation, en faisant leurs commentaires, en trouvant et en parcourant les nouveaux chemins que nous déciderons, en nous organisant comme toujours, que vous votiez ou pas pour un candidat ou un autre. Vos paroles, sentiments et propositions ont pour nous de l'importance.

Nous continuerons à tendre des ponts respectueux avec ceux qui vivent et qui luttent, pour qu'ensemble nous fassions ainsi croître la parole collective qui nous aide à résister contre l'injustice, la destruction, la mort et le mépris, afin de reconstruire chaque parcelle du pays avec la conscience de ceux qui en-bas rêvent et se rebellent en ayant leurs propres géographies, leurs propres cultures et leurs propres modes.

Dans la proposition collective des peuples est gardée notre parole qui s'adresse au monde, raison pour laquelle nous continuerons à marcher vers le bas, vers les peuples, nations et tribus indigènes que nous sommes, raison pour laquelle nous appellerons au mois d'octobre 2018 à l'Assemblée générale du Congrès National Indigène, afin de connaître les résultats des commentaires des originaires regroupés au sein du CNI, et avancer vers l'étape suivante.

Sœurs et frères du peuple du Mexique et du monde, continuons ensemble car il manque encore ce qu'il manque encore.

Pour la reconstitution intégrale de nos Peuples

Jamais plus un Mexique sans Nous

Congrès National Indigène
Conseil Indigène de Gouvernement
Commission Sexta de l'EZLN

Sources : http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2018/05/02/falta-lo-que-falta/

Tatto solidario en beneficio para lxs presxs en lucha de chiapas

Jornada de Tatto Solidario en El Paliacate los días 8  y 9 de junio de 5 pm a 10 pm. Todo lo recaudado se destinara a lxs presxs en lucha en Chiapas.



Las Abejas de Acteal: Ya no mas violencia! (video)