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Combien de morts devrons-nous attendre pour que justice soit faite ?

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9 et 10 janvier : La voix des habitant.e.s du village de Magdalena Aldama

Combien de morts devrons-nous attendre pour que justice soit faite ?

9 janvier 2022
Paroles des habitant.e.s du village de Magdalena Aldama, Chiapas, Mexique.

Nous faisons appel :

Aux peuples du Mexique et du monde
Aux défenseur.e.s des droits humains indépendant.e.s nationaux et internationaux
Aux médias nationaux et internationaux
À l'Armée zapatiste de libération nationale
Au Congrès national indigène

Nous dénonçons aujourd'hui énergiquement les faits déplorables qui ont lieu dans notre village de Magdalena Aldama, et nous donnons l'alerte face à la violente offensive néolibérale du mauvais gouvernement et à sa nouvelle façon de nous faire la guerre à nous, peuples autochtones. Nous nous déclarons en état d'alerte car on nous cantonne à un espace d'obscurité, de mort, de déplacements internes forcés, à l'intérieur de nos propres terres. Comme, de toutes façons, on est toujours obligé de faire face aux trois niveaux de/du gouvernement et à sa "4ème Transformation".
Prétendant supprimer par décret les droits humains que nous avons tous et toutes en tant que société, pour diviser et pour imposer leurs méga-projets et leurs privatisations, ils polluent, ils nous dépouillent de nos terres, comme ils sont en train de le faire avec nos 60 hectares. Ils font en sorte qu'il ne puisse pas y avoir de solution en disant qu'il s'agit d'échanges de tirs alors qu'en réalité, ce n'est pas le cas.

Aujourd'hui, 9 janvier 2022, un blessé de plus dans notre village nous a montré et nous montre encore l'incapacité du gouvernement, de ses fonctionnaires comme de ses gouvernants. Cela n'aurait pas dû se produire, si le gouvernement agissait et faisait son devoir comme gouvernement. Les jours précédents, les 5, 6 et 7 janvier de cette année, ces groupes armés ont franchi les limites territoriales et sont entrés dans la communauté de Ch'ivit aux environs de 22h54 et ont fait exploser des bombes, causant des dommages aux plants de café et à d'autres plantations dans les caféiers.

En conséquence des agressions armées qui se répètent quotidiennement, un de nos frères et compañero de 32 ans, Javier Hernández de la Torre, a été blessé aujourd'hui à 8h01 du matin alors qu'il se rendait sur sa parcelle avec sa famille en direction de Xuxch'en. Ils ont été attaqués dans la communauté de Tabac. Les tirs de gros calibre effectués par des groupes armés provenaient du point d'attaque de T'elemax, village rattaché à Santa Martha Chenalho. Javier Hernández de la Torre appartient à l'organisation de l'Armée zapatiste de libération nationale, en tant que base d'appui. Ce n'est pas la première fois que cela arrive à nos frères. Ce fut le cas pour notre frère Domingo Santiz Jiménez le 15 septembre 2021. Ainsi, nos blessés et nos morts se succèdent, quotidiennement. Et c'est ce qu'attend le gouvernement pour agir. Ceci est une guerre silencieuse qu'il nous livre ; il veut nous tuer en tant que peuples.

Alors que les habitants du village de Magdalena Aldama sont en paix, qu'ils respectent les accords et ont remis 27 hectares de terres, Santa Martha ne respecte pas les conditions réclamées par le tribunal agraire. Pendant ce temps, le gouvernement ne tient pas sa parole, la signature d'accords n'a servi à rien, cela n'a fait que provoquer ces groupes civils armés qui opèrent à Santa Martha, Chenalho, pour qu'ils se renforcent et continuent à nous attaquer et à nous déplacer de force.

Chaque jour, les agressions se poursuivent et le 5 janvier de cette année, les agressions armées se sont intensifiées. Ce qui s'est passé aujourd'hui est la preuve de l'incompétence et de l'ingouvernabilité dans notre État et dans notre Mexique ; cela malgré la table de travail mise en place avec les trois gouvernements et les tas de signatures d'accords, les rondes effectuées par la Garde nationale, la Marine et la Police préventive de l'État, qui n'ont servi à RIEN.

La patrouille d'aujourd'hui, qui était composée de la police préventive de l'État, de la Garde nationale ainsi que d' une soi-disant délégation des droits humains et du procureur, n'est pas entrée dans notre village, c'est-à-dire qu'elle n'a pas fait son devoir. Elle n'est pas arrivée sur les lieux des affrontements et elle est seulement venue faire sa tournée à l'entrée de la municipalité d'Aldama. Ils continuent à vouloir nous humilier, en essayant de faire la même chose que toujours. Notre histoire nous a marquée et fait que nous sommes ce que nous sommes aujourd'hui. Le gouvernement pense qu'en tant que peuples nous ne savons rien, mais ce n'est pas vrai, nous en savons beaucoup.

Les paramilitaires du mauvais gouvernement continuent à agir contre nous, car ce même gouvernement les laisse faire et les finance. Les paramilitaires disposent d'uniformes, d'équipements, d'armes et de munitions obtenus avec l'argent qu'ils reçoivent du mauvais gouvernement, soi-disant sous forme d'indemnisations. Ils gardent une partie de l'argent des aides et donnent l'autre partie aux fonctionnaires pour publier qu'ils respectent ce qui a été convenu lors des réunions de dialogue qui sont organisées. Avec ces armes, ils tirent nuit et jour contre les communautés d'Aldama.

En tant que peuples, nous avons supporté patiemment ces agressions pendant des jours et des nuits. Le gouvernement essaie toujours de nous saboter avec ce problème agraire, il essaie de faire et de dire que ce sont des problèmes intercommunautaires, alors qu'ils sont créés par les gouvernements eux-mêmes.

Rien que pour avoir dénoncé et signalé ces agressions et demandé justice pour nos terres qui nous ont été confisquées, des mandats d'arrêt ont été émis contre les représentants des membres de la communauté Magdalena Aldama. L'un de nos représentants, Cristóbal Santiz Jiménez, a également été arrêté et nous exigeons aujourd'hui sa liberté sans conditions.

Aujourd`hui, nous vous demandons d'être attentifs face à ce qui pourrait arriver.
Nous responsabilisons les mauvais gouvernements de tous les faits survenus et de ce qui pourrait se passer.
Nous ne voulons plus de violence, ni de la part des groupes paramilitaires et criminels, ni de la part de l'État. Nous exigeons donc que les autorités fassent leur travail et appliquent les mesures de précaution, qu'elles démantèlent les groupes criminels, qu'elles respectent et cessent de harceler les habitants du village de Magdalena Aldama.
Et nous voulons demander aux gouvernements pour qu'ils agissent :
Combien de morts faudra-t-il attendre pour que justice soit faite ?
Combien de blessés de plus ?
Encore combien d'habitant.e.s de villages obligé.e.s à quitter leur village ?

FRATERNELLEMENT
LA VOIX DES HABITANTS DU VILLAGE DE MAGDALENA ALDAMA
JUSTICE POUR LES PEUPLES AUTOCHTONES.
POUR UNE RECONSTITUTION INTEGRALE DE NOS PEUPLES

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Le 10 janvier 2022
Magdalena Aldama, Chiapas
Paroles des habitant.e.s du village de Magdalena Aldama, Chiapas, Mexique

Nous faisons appel
Aux peuples du Mexique et du monde,
Aux défenseur.e.s des droits humains indépendants nationaux et internationaux
Aux médias nationaux et internationaux,
À l'Armée zapatiste de libération nationale,
Au Congrès national indigène,

Aujourd'hui, lundi 10 janvier, nous exprimons une fois de plus nos sentiments et nos préoccupations. Hier nous nous sommes exprimés en tant que Village de Magdalena Aldama, nous disons une fois de plus aux mauvais gouvernements et à leurs paramilitaires de Santa Martha, Chenalho, que nous sommes fatigués de tant de violence armée que subit notre municipalité. Parce qu'ils continuent à nous traiter comme des objets, mais nous ne sommes PAS des objets. Nous, hommes et femmes, sommes aussi des êtres humains.

Comme hier et aujourd'hui, les agressions armées contre notre village ont continué. À 10h40 aujourd'hui notre frère et compañero, qui était sur le chemin du retour à son domicile, a été blessé par un projectile d'arme à feu de forte puissance. Il répondait de son vivant au nom de Lorenzo Gómez Ruíz. Il a été immédiatement emmené à la clinique d'Aldama, puis, à 12h54, il a été transféré à l'Hôpital de las Culturas, dans la ville de San Cristóbal de las Casas. Malheureusement, notre frère et compañero est décédé. Face à ces événements regrettables, nous tenons pour responsables les gouvernements qui n'ont pas mis fin à ce problème. Cela ne serait pas arrivé si les gouvernements avaient agi.


Le conflit est en train de prendre des proportions tragiques. Les principaux responsables sont les personnes suivantes :

Armando Hernández Velazco de Saclum,
Marcos Lorenzo Pérez Santiz de Saclum,
Patricio Hernández Hernández de Saclum,
Miguel Martín Álvarez santiz de Saclum,
Efraín Álvarez Velazco ex presidente de comisariado de Saclum,
Manuel Álvarez Santiz de Saclum,
Mario Velazco Hernández Lohom,
Miguel Álvarez Díaz de Saclum,
Armando Velazco Hernández de Ti' Tojtik,
Esteban Hernández Pérez Slumka',
Rafael Álvarez Santiz Saclum,
Adolfo Velazco Díaz de Sector Santa Martha,
Alejandro Jiménez Velazco de Sector Santa Martha,
Aurelio Jiménez Méndez de Sector Santa Martha,
Juventino Jiménez Méndez de Sector Santa Martha,
Cesar Jiménez Santiz de Sector Santa Martha,
Armando Hernández Velazco de Saclum,
Marcos Lorenzo Pérez Santiz de Saclum,
Patricio Hernández Hernández de Saclum,
Miguel Martín Álvarez Santiz de Saclum,
Efraín Álvarez Velazco ex-président du bureau des terres collectives de Saclum,
Manuel Álvarez Santiz de Saclum,
Mario Velazco Hernández Lohom,
Miguel Álvarez Díaz de Saclum,
Armando Velazco Hernández de Ti' Tojtik,
Esteban Hernández Pérez Slumka',
Rafael Álvarez Santiz de Saclum,
Adolfo Velazco Díaz du secteur Santa Martha,
Alejandro Jiménez Velazco du secteur Santa Martha,
Aurelio Jiménez Méndez du secteur Santa Martha,
Juventino Jiménez Méndez du secteur Santa Martha,
Cesar Jiménez Santiz du secteur Santa Martha,

Ces personnes sont toutes originaires de la municipalité de Chenalho, Chiapas. Nous exigeons que soit rendue JUSTICE, une véritable justice. Nous ne permettrons pas d'autre violences dans nos villages.

Nous répétons à nouveau que : Nous sommes fatigués de tant de violence ! Nous sommes fatigués des jeux entre le gouvernement et les paramilitaires !
Nous dénonçons ce qui est en train de se passer, s'il n'est PAS mis fin le plus tôt possible à cette problématique, la situation sera plus grave. En tant que peuples, nous craignons un nouveau massacre comme celui qui s'est produit le 22 décembre 1997.

Nous lançons un appel urgent à tous les habitants du Mexique et du monde, à tous les médias et à toutes les organisations de droits humains honnêtes. Nous demandons de rester attentifs et d'exiger auprès du gouvernement mexicain et de celui de l'´État du Chiapas de résoudre cette problématique agraire, et, face à la situation que nous vivons, nous exigeons le respect des mesures de précaution accordées par la CIDH, parce que le gouvernement les a ignorées et les a manipulées dans le contexte de cette situation que nous vivons.

C'est tout pour le moment.
Fraternellement,

La voix des habitant.e.s du village de Magdalena Aldama.
Pour la défense du territoire, pour la vie et la paix des peuples.

Publié originellement sur la page de Magdalena Aldama en Resistencia