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25 ans de l'EZLN et du début de la guerre contre l'oubli (Communiqués)

tags : 25, cni, ezln, guerre, pl-fr,

PAROLES DU CCRI-CG DE L'EZLN AUX PEUPLES ZAPATISTES LORS DU 25ème ANNIVERSAIRE DU DÉBUT DE LA GUERRE CONTRE L'OUBLI.

Paroles du Sous-commandant insurgé Moisés


Le 31 décembre 2018.
EZ-25AÑOS-DIC-18-POZOL II


Compañeros, compañeras Bases d'Appui Zapatistes,
Compañeras et compañeros des Autorités Autonomes Zapatistes,
Compañeras et compañeros des Comités et Responsables régionaux et locaux,
Compañeras et compañeros miliciennes et miliciens,
Compañeras et compañeros insurgé.e.s,



Par ma voix s'exprime la voix de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale.


Je vous parle en tant que porte-parole de vous tous, c'est mon travail d’être votre voix et votre regard.


L'heure est venue pour nous, les peuples zapatistes, et nous voyons que nous sommes seuls.


Je vous le dis clairement, compañeras et compañeros bases d'appui, compañeras et compañeros miliciens et miliciennes, c'est comme ça que nous le voyons, nous sommes aussi seuls qu'il y a vingt-cinq ans.


Nous sommes apparus pour réveiller le peuple du Mexique et le monde entier, seuls, et aujourd'hui, vingt-cinq ans plus tard, nous voyons que nous sommes seuls. Pourtant nous sommes bien allés le leur dire, nous en avonsorganisé des rencontres, vous le savez bien, compañeras, compañeros, vous en avez été témoins ; nous sommes allés les réveiller, nous sommes allés le dire aux pauvres du Mexique, de la campagne et de la ville.





Beaucoup nous ont ignorés ; certains s'organisent effectivement, et nous espérons qu'ils continuent à le faire, mais la majorité nous a ignorés.


Mais nous avons fait notre travail et il en reste encore beaucoup à faire, et c'est pour cela que nous vous parlons clairement, compañeros et compañeras.


Et ce ne sont pas juste ces vingt-cinq dernières années, cela fait plus de cinq cents ans que nous le savons, et c'est pour cela que nous pouvons vous dire que ce que nous voyons aujourd'hui est comme ce que nous avons vu il y a 25 ans, c'est comme s'ils ne nous voyaient pas, c'est comme s'ils n'écoutaient pas ce que nous disons aux pauvres du Mexique.





Il y a vingt-cinq ans lors de notre soulèvement, nous avons remarqué ce que nous sommes en train de vous dire.


Nous vous le répétons, compañeros, compañeras, nous voyons que nous sommes seuls.


Ce que nous sommes arrivés à faire, c'est grâce à notre travail, grâce à notre effort.


Si nous avons obtenu quelque chose, c'est par notre travail, et si nous avons fait des erreurs, c'est parce que nous avons eu nos défaillances. Mais c'est notre travail, personne ne nous a dit comment faire, personne ne nous l'a enseigné, c'est notre travail. Certains et certaines ont voulu nous enseigner, ils voulaient nous dire ce que nous devions faire ou ne pas faire, quand parler, quand nous taire. Nous ne faisons pas attention à eux. Il n'y a que celui qui s'organise qui sait, qui voit, qui comprend. Dans les discours, on ne fait que dire ; il faut faire ce qu'on dit, il faut faire ce qu'on pense. Des manuels, nous n'en avons pas ; des livres, nous n'en avons pas. Ce que nous,nous voulons construire, personne ne va nous l'enseigner, nous n'y arriverons que par notre sacrifice et nos efforts, compañeros et compañeras.



Et nous sommes en train de démontrer une fois de plus, et nous allons devoir tenir parole, nous sommes en train de démontrer que oui, ce qu'on voit et dont on a l'impression que c'est impossible est possible. Dans le discours, c'est très facile à dire, "il faut rendre possible l'impossible", c'est comme ça qu'on dit. Dans la pratique, il faut le faire, et nous sommes en train de le démontrer. Ce que nous disons que nous sommes en train de montrer, c'est là, nous l'avons devant nos yeux : un peuple qui se gouverne lui-même, qui a sa propre politique, sa propre idéologie, sa propre culture; un peuple qui crée, qui améliore, qui corrige, qui imagine et qui met tout en pratique.

C'est ça que nous sommes, ça. Ici, le mauvais gouvernement ne commande pas, ceux et celles qui commandent, ce sont les hommes et les femmes, celles et ceux qui sont organisé.e.s. Ceux qui ne sont pas organiséscontinuent à faire confiance en ce désespoir, car ce dont on parle tant et ce en quoi ils croient, non, ça n'est pas un espoir.


On veut nous mentir, on veut nous tromper, à commencer par cette histoire à propos de vierge morena. Celui qui dit ça est fou, il ne sait pas penser, il ne pense pas au peuple. Nous, compañeros, nous travaillons à partir de notre propre expérience, avec notre travail, avec notre effort, et nous allons continuer de le faire. Et nous allons continuer de construire et nous allons gagner. Tout ce que nous avons construit, c'est grâce à nous ; il y a bien quelques frères et sœurs solidaires, il y en a quelques-uns et quelques-unes qui nous ont aidés, mais tout le poids, c'est nous qui l'avons porté, car ce n'est pas facile d'affronter ces partis politiques, ces mauvais gouvernements ni celui d'aujourd'hui, l'actuel escroc, ce fourbe.


Ce n'est pas facile d'affronter depuis vingt-cinq ans ces milliers de soldats, protecteurs du capitalisme, qui sont ici, là où nous nous trouvons, nous sommes passés sous leur nez ces jours-ci. Ce n'est pas facile d'affronter les paramilitaires, ce n'est pas facile d'affronter les petits leaders qui ont aujourd'hui acheté tous les partis politiques, en particulier la personne et le parti qui sont au pouvoir. Mais ils ne nous font pas peur. Ou bien si ? Ils nous font peur, compañeras et compañeros ?


[on entend à l'unisson : “Non !”]. Je ne vous ai pas entendus ! [on entend plus fort : “Non !”].


Les gens de l'extérieur viennent et repartent, mais nous, nous sommes là, nous sommes toujours là. Quand eux viennent, c'est comme pour faire du tourisme, mais la misère, l'inégalité, l'injustice, il ne s'agit pas d'en faire du tourisme, le peuple pauvre du Mexique est en train de mourir et il continuera de mourir. C'est bien dommage qu'ils fassent confiance à celui qui est là, en train de tromper le peuple du Mexique.



Et nous ne vous avons pas menti compañeras et compañeros. Il y a cinq ans, nous l'avons dit au peuple du Mexique et au monde entier, que quelque chose d'encore pire va arriver. Dans les langues que parlent celles et ceux de l'extérieur, ils l'appellent crise, hydre, monstre, mur, nous le leur avons dit en essayant d'utiliser leurs mots, la manière dont ils parlent, mais même comme ça ils ne nous ont pas écouté. Et du coup, ils croient que nous leur mentons parce qu'ils écoutent celui dont je ne veux même pas prononcer le nom, il vaut mieux que je l'appelle plutôt l’escroc, le fourbe, celui-là qui est au pouvoir.




Compañeros, compañeras, celui qui est au pouvoir va détruire le peuple du Mexique mais principalement les peuples originaires, il vient pour nous, et spécialement pour nous l'Armée Zapatiste de Libération Nationale. Pourquoi ? Parce que nous lui disons clairement qu'il ne nous fait pas peur. Ou bien si, compañeros et compañeras ?


[Un “Non !” puissant résonne]


Nous allons faire face, nous n'allons pas permettre que passe par ici son projet de destruction, nous n'avons pas peur de sa garde nationale à laquelle il n'a fait que changer le nom pour ne pas l'appeler armée, mais ce sont les mêmes, nous le savons.


Nous allons défendre ce que nous avons construit et que nous sommes en train de démontrer au peuple du Mexique et du monde que nous avons construit tout cela nous-mêmes, femmes et hommes. Nous ne permettrons pas qu'ils viennent nous détruire. Ou bien si ?


[Un “Non !” puissant résonne]


Celui qui est au pouvoir est un fourbe. Et en quoi consiste sa fourberie ? C'est qu'il fait comme s'il était avec le peuple du Mexique mais en fait il trompe les peuples originaires. Il montre qu'il s’agenouille pour demander son autorisation à la terre, en faisant comme si tous les peuples originaires le croyaient mais nous, ici, nous lui disons que nous ne le croyons pas, bien au contraire.


Bien au contraire, dans quel sens ? C'est qu'il fait semblant de le faire à notre manière, avec nos coutumes, en demandant l'autorisation à terre-mère ; mais en fait ce qu'il veut dire c'est, donne-moi ton autorisation terre-mère pour détruire les peuples originaires, c'est cela qu'il dit, et ça, ces autres frères des peuples originaires ne l'ont pas encore compris. C'est ça que fait ce monsieur et nous, nous ne le croyons pas. Et c'est seulement parce que la terre-mère ne parle pas qu'elle ne lui répond pas “Nique ta mère !”, parce que si la terre pouvait parler, elle lui dirait “Non, va te faire foutre !”.




Nous, nous savons ce qu'est la terre-mère. Cela fait cinq cent vingt ans et quelques que nous vivons avec elle. Nous le savons, nous, pas comme ceux qui ne savent pas ni n'ont jamais senti ce que c'est la sueur, ceux qui croient savoir, comme ces crétins, ces crétines de députés et de sénateurs qui ne savent même pas ce que c'est la pauvreté, qui ne savent pas ce que c'est la sueur, nous si. C'est pour cela qu'ils ne savent pas faire des lois pour le peuple des peuples originaires, nous si, parce que nous savons ce qu'est la souffrance et nous savons comment est la loi que nous voulons. D'elles et d'eux nous n'en voulons pas.



Prenez par exemple, compañeros et compañeras, ces fourbes qui sont là, ceux des trois pouvoirs existants au Mexique, le pouvoir judiciaire, le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif. Observez ce qu'ils nous font, surtout celui-ci, ceux-là du parti majoritaire au congrès de l'union [MORENA] qui nous pousse nous les indigènes à devenir député.e.s, pour qu'on aille ensuite s’asseoir à côté de Ricardo Monreal, par exemple, comme auparavant par le passé, quand un mec qui parle tojolabal s'est assis là-bas, aux côtés de Diego Fernández de Ceballos qui est un grand propriétaire terrien avec de nombreuses propriétés, et lui, il était là, assis à ses côtés, un indigène du peuple tojolabal, et cet indigène du peuple tojolabal là-bas il parle, il participe au congrès de l'union et il dit que nous voulons que les terres occupées par les propriétaires terriens soient réparties alors qu'il est là, à côté de Diego Fernández de Ceballos, et ça c'est ce qu'ils veulent nous apprendre. Et avec ça la paye qu'ils touchent, et ils s'asseoient dans les restaurants, dans un motel, ils gagnent de l'argent, et ils continuent à abandonner leurpeuple, c'est comme ça que sont tous les députés, sénateurs, ministres, conseillers municipaux et autres. C'est ça qu'ils veulent, pour que nous-mêmes, tzeltales, tzotziles, choles, tojolabales et toutes les autres langues qui se parlent ici au Mexique, nous allions mentir et tromper nos peuples, c’est ça qu’il nous enseignent, ceux-là, c'est ça leur travail, c’est ce que leur patron leur a dit de faire. Eux ne sont pas un gouvernement pour nous, ce sont des contremaîtres.



Et maintenant, nous voyons qu'ils viennent pour nous, les peuples originaires. Avec la consultation qu'ils sont en train de faire, nous devons vous le dire clairement, avec cette consultation, ils demandent l'autorisation, à travers le vote, de venir nous attaquer, nous, les peuples originaires. C'est à ça que sert cette consultation, mais il faut encore que le peuple se réveille car aujourd'hui nous ne pouvons pas attendre vingt-cinq ans de plus, nous en avons assez. Ils parlent, ils parlent et ils parlent, comme on dit ici, mais ça leur rentre par l'oreille droite et ça leur ressort par l'oreille gauche, c'est-à-dire que ça ne reste pas de leur esprit.


C'est ça ce que fait le gouvernement actuel, il consulte pour pouvoir venir nous affronter, nous, les peuples originaires et en particulier nous, l'Armée Zapatiste de Libération Nationale, avec sa saleté de Train Maya et en plus en lui donnant le nom de nos ancêtres. Nous ne l'acceptons pas. Il peut bien lui donner le nom qu'il veut, ça ne veut rien dire. Nous ne lui avons rien demandé. Il n'a qu'à lui donner le nom de sa mère.



Au cours de ces vingt-cinq années, compañeros, compañeras, bases d'appui, femmes et hommes, miliciennes et miliciens, nous avons vu, et ceux qui dans le monde entier luttent le disent aussi, qu'il y en a certains qui se disent progressistes, il y en a d'autres que se disent de gauche, il y en a d'autres qui disent qu'ils sont révolutionnaires, alors qu'ils n'ont pas la moindre idée de ce que veut dire le mot révolutionnaire, parce que qui révolutionne retourne tout. Comme on dit ici, nous devons préparer nos jeunes, car nous-mêmes sommes en train d'être retournés et, un jour, nous retournerons [à la terre] et c'est pour cela que nous devons laisser nos jeunes prêt.e.s. Ils n'ont aucune idée de ce qu'ils disent, ils ne savent pas, et c'est bien triste qu'ils disent qu'ils ont fait des études, qu'ils sont allés à la fac et qu'ils ont des diplômes, mais il ne savent pas ce que veut dire le mot révolution. Ah mais, ça oui, ils savent bien, il y en a même certain.e.s qui disent que nous sommes électoralistes.





Ils n'ont pas la moindre idée de comment faire une révolution dans les idées, dans la pensée. Ils pensent que nous mentons comme elles et eux mentent. Ce que nous disons nous, comme nous l'avons dit au peuple du Mexique, c'est que nous allions dialoguer mais avec vous, et nous avons tenu parole. Et si un jour nous disons que nous allons nous défendre s'ils viennent nous provoquer ne serait-ce qu'un tant soit peu, cela veut dire quenous allons nous défendre. Nous ne permettrons pas que quelqu'un vienne se camoufler dans ce territoire en rébellion et résistance et qu'ils en profitent pour venir se cacher ici, pour venir faire leurs conneries. Nous ne le permettrons pas.


Nous, compañeros, compañeras, nous n'avons pas trompé le peuple du Mexique. Mais nous devons vous dire que le peuple se laisse encore faire, nous ne savons pas pourquoi, ça nous attriste, et ça nous met en rage. À quoi ça sert alors d'étudier, de connaître l'histoire, si ça ne nous permet pas de voir notre réalité, comment nous sommes en train de vivre? À quoi servent les études alors?





Nous, nous n'avons pas fait d'études pour construire ce que nous avons construit, mais c'est bien là, les faits sont là, nous en sommes la preuve, nous vous le démontrons et nous allons continuer à le démontrer,. Mais eux etelles, là-bas, nous ne savons pas [ce qu'ils font].


Ce que nous vous disons maintenant, c'est que ce gars-là qui est au pouvoir, et bien, il faut voir à quel point il est fou. Il dit: "Moi je vais gouverner pour les pauvres et pour les riches"! Il n'y a qu'un fou mal dans sa tête qui peut dire une chose pareille, parce que ça veut dire que sa tête ne travaille pas, qu'il est décérébré. Il n'y a qu'un gars comme ce propriétaire terrien, une saleté comme Absalón Castellanos Domínguez, qui est enfin en enfer, pour dire cela. On ne va pas nous convaincre de nous laisser exploiter, parce que ce fou, il dit qu'il gouverne pour les riches et pour les pauvres. Il ne sait pas ce qu'il dit, il ne comprend même pas ce qu'il dit. Et nous sommes sûrs qu'il ne comprend pas parce que tout lui est dicté par son patron, c'est comme ça que tu dois le dire franco, et il obéit, nous vous le disons, pour que les citoyens et les citoyennes continuent à le croire.



Simplement, c'est très simple, on ne peut pas soutenir à la fois celui qui est exploité et celui qui exploite, il faut en choisir un des deux, tu es avec l'exploiteur ou tu es avec l'exploité, mais avec les deux, ce n'est pas possible. C'est comme ça que nous le voyons, et c'est comme ça que nous le comprenons et c'est ce que nous faisons.


Tout ce qu'il est en train de faire, quel dommage qu'il dise que c'est la quatrième [transformation], elle n'a rien de quatrième, parce que d'où vient cette histoire de quatrième, ceux de la troisième, ils l'ont fait dans les faits, ils ont fait face, pas comme lui qui dit par exemple qu'il va pardonner tous les criminels, il utilise le mot pardon. Comme on dit aussi dans ce tout petit coin du monde, là où nous sommes, ça veut dire qu'il ne va rien faire contre le mauvais gouvernement qui est là en ce moment, ni contre les assassins du compañero Galeano. C'est aussi ça qu'il est en train de nous dire. Ça veut aussi dire qu'il ne fera rien pour les autres assassinés, c'est donc en vain qu'il au pouvoir.


Et c'est pareil pour beaucoup de choses, si nous disons ce qu'il dit, et bien ce n'est pas du tout la vérité. Et donc, nous avons peur de ce mauvais gouvernement, compañeros, compañeras ?
[Résonne fortement un “Non !”]



Bien sûr que non, parce que tous ces mensonges qu'il est en train de raconter au peuple du Mexique nous enragent et c'est bien triste que ceux qui parlent espagnol ne comprennent pas ce qu'il dit. Mais pour nous, ce n'est pas l'espagnol le problème, ce qu'il faut voir c'est la misère, l'inégalité, la justice, et tout le reste, il n'est pas nécessaire d'apprendre l'espagnol pour ça, ça se voit et ça se sent.



Tout ce qu'il est en train de faire, c'est une mascarade, spécialement envers nous les peuples originaires, c'est une humiliation ce qu'il est en train de nous faire, mais aussi envers celles et ceux qui parlent bien l'espagnol et qui n'analysent pas ce puant politicien qui mène ce mauvais gouvernement.


Compañeros et compañeras, nous ne nous laisserons pas faire. Ou si ?


[On entend un fort “Non !”]


Je parle fort pour que vous m'entendiez bien jusque là-bas au fond. Compañeros, compañeras nous n'allons pas nous laisser faire. Ou si ?


[On entend à l'unisson “NON !”]





Personne ne va lutter pour nous les peuples exploités de la campagne et de la ville, personne. Personne ne va venir, ni un homme, ni une femme, ni un groupe, ce dont nous avons besoin c'est qu'il y ait des femmes et des hommes qui s'organisent pour se libérer. Ou quoi, vous croyez que c'est le Pape qui va venir ?


[On entend “NON !” à l'unisson]


Ou que c'est Trump qui va venir ?


[On entend “NON !” à l'unisson]


Nous croirons encore moins à celui qui se dit être la quatrième. Ou quoi, on le croit ?


[On entend “NON !” à l'unisson]


C'est la même chose compañeros, compañeras, et je ne vous mens pas, quand il était encore en train de faire campagne, il a dit quelque chose : dans le parti dans lequel je suis -celui qui est au pouvoir tout de suite-, je ne permettrai pas que rentre des vendu.e.s. C'est ce qu'il a dit ; ça voulait donc dire qu'il n'allait pas mettre tous ceux qu'il a mis jusqu'à maintenant, qui sont les mêmes. Ils viennent du PAN, du PRI, des Verts, du PT. Il est là le grand mensonge mais il y en a bien d'autres, il y a trente millions de personnes qui ne comprennent pas l'espagnol, c'est pour ça qu'ils croient tous ces mensonges. Et ensuite il dit qu'il va combattre la corruption, il le dit. C'est ce qu'il dit ! Et sa première ministre en premier lieu. Parce qu'elle elle travaillait... on sait d'où elle vient, je n'ai pas besoin de vous le dire pour qu'on le sache. Nous savons d'où vient sa première ministre et elle-même le dit : “moi, là-dedans, je ne viens pas pour me battre” et lui qui dit qu'il va combattre la corruption, il ne dit rien.


Ce ne sont que de purs mensonges, il ne va rien faire pour le peuple. Du coup, ils pensent qu'ils vont nous niquer avec leur projet de PROARBÓL [PROARBRE], parce que c'est la même chose, c'est le nom qu'il lui donne, mais c'est le même projet qu'il copie de ceux qui sont passés avant lui, ceux que nous avons fait tombé avec notre résistance et notre rébellion.



Nous avons d'abord fait tombé celui qui se disait être l'homme le plus puissant, il y a vingt-cinq ans, qui s'appelle Carlos Salinas de Gortari, il se disait être l'homme le plus puissant et il ne nous a pas fait peur. Et le peuple du Mexique ne nous connaissait pas, aujourd'hui il nous a connu tout au long de ces vingt-cinq ans. On lui a dit, redit et re-redit. Aujourd'hui, nous en avons assez, nous avons donné beaucoup en voulant que les gens comprennent. Seulement certains, certaines ont compris, la majorité, non.





Mais c'est ce que nous avons fait compañeros et compañeras, nous ne sommes pas en train de demander aux frères et aux sœurs de l'extérieur qu'ils prennent les armes. Au long de ces vingt-cinq années, nous n'avons pas gagné avec des balles, ni avec des bombes, c'est par la résistance et la rébellion. C'est avec cela que nous avons gagné, c'est pour cela qu'ils ont pu venir voir, mais seulement venir voir ; mais pas pour l'apporter à d'autres frères et sœurs qui n'ont pas pu venir parce qu'ils n'ont pas le même salaire que nous.


Nous n'avons pas peur du capitalisme, ni du grand propriétaire, ni du nouveau grand propriétaire. Ou si, nous avons peur ?
[On entend “NON !” à l'unisson]






Donc, qu'ils disent ce qu'ils disent, qu'ils pensent ce qu'ils pensent, nous, nous allons nous défendre. Qu'il se passe ce qu'il doit se passer, que ça coûte ce que ça doit coûter et que vienne ce qui doit venir. Nous allons nous défendre, nous nous battrons s'il le faut. Ou non compañeros et compañeras ?
[On entend “SI !” à l'unisson]
Donc que ce soit bien clair compañeros et compañeras ; ici il n'y a pas ni sauveur, ni sauveuse. Les seuls qui sont des sauveurs et des sauveuses, ce sont les hommes et les femmes qui luttent et qui s'organisent, ceux qui le font en face de leur peuple.
EZLN-DIC- 18 – POZOL VIII


Le changement que nous voulons donc, c'est qu'un jour, le peuple, le monde, les femmes et les hommes décident de comment ils veulent vivre leur vie, qu'il n'y ait pas un groupe qui décide la vie de millions d'êtres humains. NON.
Nous le résumons en seulement deux mots : le peuple commande, le gouvernement obéit. C'est pour cela que nous devons lutter.
Ils croient que nous sommes toujours ignorants, compañeros et compañeras. Ici, nous sommes prêts à nous défendre.
Pour tout cela et pour tout ce que je vous ai déjà dit, nous sommes prêts à quoi que ce soit, nous sommes prêts pour ce qui vient.



C'est pour cela que nous disons :
Nous sommes là !
Nous sommes l'Armée Zapatiste de Libération Nationale et nous serons toujours là !
QUE VIVE L'AUTONOMIE ZAPATISTE !
QUE VIVENT LES PEUPLES ORIGINAIRES !
QUE MEURE LE MAUVAIS GOUVERNEMENT !
QUE MEURENT LES CAPITALISTES !
QUE VIVE L'ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE !




Communiqué du Congrès National Indigène et du Conseil Indigène de Gouvernement pour le 25e anniversaire du soulèvement armé de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale



A l'Armée Zapatiste de Libération Nationale
Aux réseaux de soutien au CIG
Aux réseaux de résistance et de rébellion
Au peuple du Mexique
Aux peuples du monde
Aux médias




Nous, les peuples, nations et tribus qui formons le Congrès National Indigène et le Conseil Indigène de Gouvernement, saluons avec fierté le 25e anniversaire du soulèvement armé de l'EZLN, depuis que le 1er janvier 1994, notre parole a arrêté de demander l'aumône pour exiger la justice et pouvoir nous reconnaître dans les droits que nous avons commencé à exercer depuis ce jour-là, non seulement au Chiapas, mais dans tous les recoins indigènes de notre pays.


Ce jour-là, un nouveau chapitre dans notre vie collective a commencé à s'écrireC'est la tête haute que nous marchons sur les pas de nos ancêtres, semant ceux des générations futures, avec la conviction de continuer à rester des peuples, des nations et des tribus. 

A travers la guerre qui se déchaîne contre nous, nous nous sommes vus reflétés dans le cheminement des communautés indigènes zapatistes, sachant que dehors il n'y a que des menaces à notre encontre, tout cela au nom de la richesse pour seulement quelques-uns. Pour nous, ils nous offrent le choix de migrer en abandonnant nos territoires, ils nous offrent le deuil pour nos morts face à la violence, face à la pollution, face à la persécution et la prison, ils nous offrent la peur et la résignation.


Nous, les peuples qui formons le CNI, nous savons comment agissent les mauvais gouvernements au nom de ceux qui possèdent plus et qui veulent tout. Nous avons affronté la formation de groupes de choc, de paramilitaires, et maintenant de narco-paramilitaires que le mauvais gouvernement fait passer pour des divisions internes, pour dire de cette manière qu'il y en a certains qui veulent et d'autres qui ne veulent pas concéder la terre et les ressources naturelles aux possesseurs de l'argent. Nous connaissons les formes avec lesquelles les institutions indigénistes du mauvais gouvernement trompent les nôtres pour générer la division qui cause la mort de nos compañeros et compañeras qui optent pour la dignité, la résistance et la rébellion.


L'INPI et sa soi-disant nouvelle politique indigéniste n'est rien d'autre que l'approfondissement de cette offensive contre la vie, avec laquelle ils veulent affaiblir la lutte pour l'autonomie des peuples originaires qui, par leur lutte, freinent la dévastation qu'ils nous imposent depuis en haut. Nous, le CNI et nos compañeros du Conseil Indigène de Gouvernement, nous ne croyons pas aux bobards du contremaître du capitalisme qui dit gouverner le Mexique, et nous n'accepterons aucune fausse consultation comme celles par lesquels ils veulent légitimer le vol des territoires indigènes et paysans, notre extermination, ainsi que l'aggravation de la guerre à notre encontre. Nous n'accepterons pas notre mort, même s'ils se prévalent de milliers ou de millions de votes qui selon eux, l'ont décidé ainsi.


Avec nous marchent les pas profonds, réels et irrévocables que nous avons effectués en tant que peuples originaires en résonance avec le cheminement de l'EZLN et des communautés indigènes zapatistes. Nous sommes des médias, des coopératives, des gardes communautaires; nous sommes des classes primaires,  des collèges et des lycées; nous sommes des langues et des cosmovisions anciennes; nous sommes les paris pour un futur que ceux qui sont au pouvoir ne sont même pas capables d'imaginer; nous sommes ceux qui dans chaque recoin affronteront la destruction qu'ils prêchent comme s'il s'agissait de bénéfices "démocratiques".


En lien avec l'approfondissement de la guerre capitaliste, nous approfondirons aussi notre résistance et notre rébellion. Les sociétés minières avec lesquelles ils ont pactisé, les mégaprojets dans l'isthme de Tehuantepec, lprojet immoral du train maya, la dévastation et la privatisation visant à semer des plantations forestières industrielles dans la selva lacandona et l'aliénation territoriale au bénéfice du grand capital que sont les Zones Economiques Spéciales (ZEE) devront faire face au vrai pouvoir, celui d'en bas. Celui qui ne se rend pas, qui ne se vend pas et qui ne renonce pas, car faire cela, c'est décréter notre mort en tant que peuples.


Nous saluons respectueusement et adressons une embrassade collective et fraternelle au Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène - Commandement Général de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale, aux milliers de miliciens et miliciennes et aux communautés bases d'appui. Nous avertissons les mauvais gouvernements que toute agression contre eux l'est aussi contre le CNI-CIG, raison pour laquelle nous lançons un appel aux réseaux de soutien de tout le pays et aux réseaux de résistance et de rébellion au Mexique et dans le monde afin d'être attentifs et organisés pour pouvoir agir de manière conjointe, et construire un monde dans lequel nous pourrions vivre toutes et tous.



Bien à vous

Janvier 2019

Pour la reconstitution intégrale de nos peuples

Jamais plus un Mexique sans nous

Commission de coordination et de suivi du Congrès National Indigène / Conseil Indigène de Gouvernement




Paroles du Conseil de Bon Gouvernement "Vers l'Espoir"

1er janvier 2019

L’image contient peut-être : une personne ou plus, foule et plein air

Bonjour compañeras et compañeros, vous toutes et tous.

Au nom de mes compañeras et compañeros du Conseil de Bon Gouvernement de cette zone de la frontière de la jungle, centre de notre caracol Mère des caracoles mer de nos rêves, siège du Conseil de Bon Gouvernement.


A vous toutes et tous, compañeras et compañeros bases de soutien de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale, aux responsables locaux, aux conseils municipaux. 


Soyez tous bienvenus pour célébrer avec nous le 25e anniversaire de notre soulèvement armé du 1er janvier 1994 en tant qu'Armée Zapatiste de Libération Nationale.

Cela fait aujourd'hui déjà 25 ans que nous sommes debout, nous qui sommes les plus oubliés, marginalisés, exploités par le système capitaliste néolibéral.


Dans ces années-là, ils ne nous remarquaient pas si nous existions, nous les peuples indigènes. Mais en 1994, nous avons dit "Ya Basta!" en nous déclarant en guerre contre le mauvais gouvernement. En prenant cinq chef-lieux municipaux,  Las margaritas, San Cristóbal de las Casas, Ocosingo, Altamirano et Oxchuc.


Parce durant plus de 500 ans nos grands-pères et nos grands-mères n'étaient pas pris en compte par le système capitaliste, parce que pour eux on ne compte pas. Nous étions seulement esclaves des patrons, ils travaillaient beaucoup et ils ne les payaient pas et ils les maltraitaient comme des animaux, sans se soucier de la vie de l'humanité, tous ces mauvais traitements nos grands-parents les ont souffert.


Ils n'en pouvaient plus, de tant de mauvais traitements et d'injustice et c'est pour cela qu'ils ont décidé de s'organiser, pour lutter contre l'exploitation. 


C'est pour cela que nos compañeras et compañeros se sont affrontés il y a 25 ans à l'armée mexicaine. Ce sont des compañeras et des compañeros courageux, qui ont offert leur vie sans rien en attendre en échange.


Ils et elles ont offert leur vie pour que dans le futur les nouvelles générations puissent vivre mieux. Ils ont été des hommes et des femmes courageux, et nous nous en souviendrons toujours parce qu'ils ont été nos maîtres.


Aujourd'hui en tant que Conseil de Bon Gouvernement nous disons que nous avons conquis notre liberté, la liberté de gouverner avec nos peuples, sans en demander la permission à quiconque nous avons décider de former nos gouvernements et nos propres règlements en tant que peuples.


Cela en formant les promoteurs de santé, les promoteurs d'éducation, de travaux collectifs, les communes autonomes et le Conseil de Bon Gouvernement. Même si cela n'a pas été facile pour nous, parce que nous n'avons pas de livres ni de manuels pour nous diriger, nous nous gouvernons nous-mêmes.


Cela en affrontant les différentes attaques du mauvais gouvernement, parce qu'il cherche à en finir avec nous et il a créé différents projets et programmes pour nous tromper et que nous ne nous en rendions pas compte, et ainsi en finir avec notre organisation, mais nous nous sommes organisés, ils ne pourront pas en finir avec nous.


Parce que nous travaillons chaque fois un peu plus à notre autonomie afin d'affronter le système capitaliste néolibéral. 


Mais en tant que peuples en résistance et en rébellion nous avons compris qu'il n'y a pas d'autre chemin: celui de nous organiser, depuis n'importe quel recoin du monde, chaque organisation nous disposons de nos différents manières et coutumes de comment nous organiser, mais si, toutes et tous contre un même ennemi, qui est le système capitaliste néo-libéral. 


Avec ce système, chaque fois la crise mondiale rend cela plus difficile, c'est eux qui l'ont créé pour détruire l'humanité et ils s'en foutent d'en finir avec l'univers, parce que pour eux tout est marchandise, la seule chose qui les intéresse c'est les bénéfices. Pour devenir chaque jour plus riches. 


Ce système cherche à transformer les pays en fincas et que les gouvernements soient leurs contremaîtres, et pour nous les mauvais gouvernements ne sont déjà plus les gouvernements du peuple, parce qu'ils sont au service de leur patron. C'est pour cela que nous en tant qu'EZLN nous ne les croyons plus parce que ce sont les mêmes fourbes et les mêmes assassins marchandeurs de la patrie, et nous leur disons qu'ici nous serons présents, avec notre autonomie, notre résistance et notre rébellion sur notre territoire zapatiste.



Depuis la Realidad, Chiapas.

Conseil de Bon Gouvernement "Vers l'Espoir"



Paroles du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène.




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1er janvier 2019


Compañeros et compañeras, bases d'appui, compañeros miliciens et miliciennes, compañeros insurgés et compañeras insurgées, compañeros du Commandement officiel de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale


Aujourd'hui 1er janvier 2019, nous voulons faire connaître notre parole pour notre 25e anniversaire de notre soulèvement armé du 1er janvier 1994.


Malgré toutes les attaques idéologiques, politiques, économiques et des menaces militaires et paramilitaires, nous voulons vous dire de nouveau que nous sommes là,  à développer l'autonomie pour la vie de nos peuples.

Ici dans les villages zapatistes, gouvernés par les conseils de bon gouvernement et les communes autonomes rebelles zapatistes, là où il n'y a pas place pour les humiliations, les manipulations, les tromperies, ni pour les mensonges ou les consultations déguisées.


C'est pour cela que nous ne permettrons aucun projet détruisant la vie de l'humanité et entraînant la mort de notre terre-mère, car derrière tout cela il y a les intérêts des grands capitalistes nationaux et internationaux.

Il auront beau tenter de nous humilier avec toutes leurs forces répressives, comme par exemple la garde nationale, nous ne cesserons pas de défendre notre terre-mère, parce qu'en elle nous sommes nés, parce qu'en elle nous vivons, et en elles nous mourrons.


Sur ces terres d'hommes et de femmes rebelles, vous devez savoir que nous ne nous rendons pas, nous ne nous vendons pas, nous ne céderons pas et nous trahirons encore moins le sang, la vie et la mort de nos compañeros tombés au cours de notre lutte.



Bien que vous consultiez mille millions de gens, nous n'allons pas nous rendre. Ou même que vous demandiez la permission à votre putain de mère, nous n'allons pas céder. Depuis 1492 jusqu'à 2018, se sont écoulées 525 années de résistance et de rébellion contre les grandes humiliations étrangères et mexicaines, et ils n'ont jamais pu nous exterminer. Nous, ceux de sang brun, couleur de la terre mère, réitérons que nous sommes là, et que nous continuerons à l'être. Mille millions d'années pourront s'écouler, les femmes zapatistes et les hommes zapatistes serons encore là.



Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène, Commandement Général de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale, EZLN

Depuis le Caracol de la Realidad, mère des caracoles mer de nos rêves

Mexique, janvier 2019.