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La délégation aérienne de l'EZLN atterrit et s'exprime à Vienne

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La délégation aérienne de l'EZLN atterrit et s'exprime à Vienne

Vienne, 14 septembre 2021. À midi, une centaine de femmes, d'hommes et d'enfants zapatistes sont sortis de l'aéroport de Vienne, en Autriche, sixième ville plus peuplée du continent, située sur les rives du Danube, près des frontières avec la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie. Des dizaines de collectifs viennois et de diverses géographie de Slumil K'ajxemk'op –c'est ainsi que Marijosé a rebaptisé le territoire européen en touchant terre à Vigo en juin dernier– attendent avec impatience l'arrivée de la deuxième partie de La Extemporánea, la délégation aérienne de l'EZLN du Voyage pour la Vie, qui n'a pas pu embarquer lors de la correspondance à Madrid.

À l'extérieur de l'aéroport de Vienne, la délégation zapatiste a été accueillie avec beaucoup d'émotion et des mots chaleureux de la part de femmes autrichiennes et migrantes qui lui ont « souhaité la bienvenue chez elle » en allemand et en espagnol. Sans enlever son sac à dos, le sous-commandant Insurgente Moisés a pris le micro pour s'adresser à ses hôtes, en leur parlant de la défense de la Terre Mère. « Nous connaissons déjà le nom du responsable : c'est le capitalisme. C'est le capitalisme qui détruit la vie de la nature ». Vêtu d'une chemise bleue, d'une casquette, d'une visière de protection et le visage couvert uniquement par un masque, ne portant ni paliacate ni passe-montagne, le Sup Moi a été applaudi lorsqu'il a déclaré : « Nous ne voulons pas tuer. Nous ne voulons pas mourir… Nous voulons la vie et nous allons rester là où nous sommes ».

Sous le soleil, brièvement, en raison de sa chaleur intense tombant en zénith sur leurs visages, les femmes mayas se sont couvertes de leurs pochettes pleines des documents témoignant de leur extemporanéité et de leur vaccination complète contre le covid-19. Elles se sont abritées à l'ombre du mur décoré de banderoles pour se reposer un moment pendant que les collectifs hôtes s'organisaient pour le transport vers leurs hébergements. Accompagnés de leurs hôtes, les groupes de zapatistes se sont déplacés en transports publics jusqu'aux différents endroits où ils résideront à Vienne. Quelques personnes venues les recevoir ont attendu le deuxième accueil à l'aéroport, mais il n'a pas pu avoir lieu. Il a cependant été décidé de maintenir l'événement culturel : son jarocho, poésie, batucada et chants collectifs, ainsi que discours en différentes langues pour exprimer leur indignation face au retard mais aussi leurs espoirs quant à l'arrivée attendue. Une compañera migrante s'est même exclamée avec véhémence : « Si les zapatistes sont coincés à Madrid, au cœur du colonialisme, alors allons-y, même si nous devons y aller à pied ».

Un peu d'histoire locale au-delà de la valse et des palais rococo sur les rives du Danube, le plus grand fleuve d'Europe : le camarade Ricardo Loewe, du Comité de solidarité Mexique-Salzbourg, a déclaré à Medios Libres que, « avec la Pologne et la Hongrie, l'Autriche est un pays de l'ancien empire des Habsbourg qui, aujourd'hui, porte également le drapeau du racisme et de la fermeture de l'Europe ; c'est plus que triste, c'est scandaleux, c'est rageant car il y a des rappels dramatiques du fascisme qui n'a jamais disparu, il est toujours vivant. Et pourtant, nous sommes sur le point de recevoir la délégation zapatiste : ce n'est pas pour rien qu'ils viennent à Vienne où il y a de nombreux groupes qui ont une grande sympathie pour le zapatisme ».

Outre la crypte impériale où les touristes peuvent visiter le tombeau de Maximilien de Habsbourg, le musée d'ethnologie expose son eurocentrisme et son colonialisme, « avec le Panache de Moctezuma qui ressemble à une poule morte, couchée, parce qu'il tombe en morceaux », selon les mots du compañero Loewe, qui nous rappelle le passé de la « Vienne rouge », avant la dictature fasciste de Dolfus, ainsi que l'austro-marxisme qui a fasciné le cardénisme, en nommant, à titre d'exemple, la place Friedrich Engels et le complexe multifamilial Karl Marx Hof. Cependant, le camarade autrichien de 80 ans met l'accent sur les luttes des femmes et des dissidents du genre (« Je les admire »), le mouvement des squatters, la culture de la lutte anarcho-marxiste, « petite, mais bien structurée et non partisane ».

Les collectives internationalistes, féministes, antifascistes et anticapitalistes d'Autriche ont bien assuré en organisant un événement culturel à quelques mètres des sorties internationales, sous les yeux incrédules des voyageurs et de la police aéroportuaire assistant à un événement politico-artistique émouvant et joyeux qui marquera l'histoire d'une invasion bien différente.

Fotos de Isabel Mateos Hinojosa y Amehd Coca Castillo, Viena, Austria, 14-09-2021.

Videos streaming sur les réseaux sociaux de Medios Libres y Vimeo de Zapalotta (en español y alemán). Más imágenes en YRetiemble Madrid y Pozol Noticias Chiapas.

Traducción de la nota en español de Medios Libres replicada en Pozol y Camino al Andar.

Source : Radio pozol

La Force aérienne zapatiste au complet en Autriche

Vienne, 15 septembre 2021

Plus de 70 hommes zapatistes ont atterris et sont sortis en file de l'aéroport de la capitale autrichienne située sur le Danube qu'ils ont pu observer par les hublots de l'avion lors de cette matinée ensoleillée. Près de 24h après l'arrivée du premier avion de la délégation aérotransportée, la FAZ a été reçu par Zapalotta, Compas Zapatistas Viena, Asamblea latinoamericana – Viena, Solidaridad con México – Salzburgo, Ekh, Frauenzentrum, KomIntern, Colectivo Acción Solidaria, Mujeres y Disidencias de la Sexta en la Otra Europa y Abya Yala-RRR, RAZB de Bélgica, Café Libertad Kollektiv de Hamburgo, Alemania, LA PAZ Italia, Asamblea Zapatista Berlin, Frankfurt, Wendland, Compas Arriba, Medios Libres con la Gira, Ni Una Menos Austria, et d'autres collectifs de Slumil K'ajxemk'op avec pancartes, banderoles, slogans, musique et chant. À quelques mètres de la porte des arrivées internationales, des compañeras migrantes de Vienne ont pris la parole :

« Cher.es Compas ! Les migrant.es de langue hispanique et portugaise de la géographie de Vienne vous saluent et vous souhaitent la bienvenue ! Nous sommes un collectif qui s'est réuni pour vous accompagner et nous réunir avec vous, la délégation zapatiste. Nous voulons nous assurer que la voix des migrant.es s'écoute dans les différents fronts d'organisation du parcours pour la vie en Autriche. Nous nous sommes demandé.es : Comment aurions-nous aimé être accueilli.es quand nous sommes arrivé.es de l'autre côté de l'océan ? Et nous nous sommes répondu que nous aurions aimé que quelqu'un nous dise ces mots : Nous, les précaires, nous les racisé.es, nous qui luttons pour avoir une voix migrante, nous qui parlons allemand avec un accent, dans cette géographie appelée Vienne, nous vous saluons et nous vous souhaitons la bienvenue ! Notre maison est votre maison. » (https://www.facebook.com/CompasZapatistas).

L'équipe de diffusion audiovisuelle en direct (streaming) s'est installé durant deux jours consécutifs près des portes des arrivées internationales de l'aéroport et ont pu transmettre l'émotion de dizaines d'activistes et de sympathisants du mouvement zapatiste lorsqu'ils ont vu surgir la file rebelle. Ils et elles ont échangé des saluts de la main et des mots chaleureux tout en se photographiant mutuellement avec leurs téléphones. Avant de les accompagner en transport public, les médias libres ont réalisé de petites interviews aux assistant.es et ont immortalisé les activités artistiques et culturelles. Ils ont documentés la distribution par le sous-commandant Moisés des tickets de train aux voyageurs tout juste arrivés. Malgré un long voyage, les compañeros étaient souriants et semblaient très contents de fouler pour la première fois l'herbe verte européenne.

Photos d'Amehd Coca et Isabel Mateos

source : Radio Pozol

Disparition de deux membres du Conseil de bon gouvernement Patria Nueva, Caracol 10

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Disparition de deux membres du Conseil de bon gouvernement Patria Nueva, Caracol 10 "Quand fleurit la graine rebelle" imputée à l'ORCAO

Jobel, Chiapas, Mexique
Le 14 septembre 2021

Aux peuples du monde,
Au Congrès national indigène,
Au Conseil indigène de gouvernement,
À la Sexta nationale et internationale,
Aux réseaux de résistance et de rébellion,

Sœurs, frères, compañeras et compañeroas,

Nous dénonçons le discours hypocrite, mensonger et bâclé du gouvernement fédéral d'Andrés Manuel López Obrador et du gouverneur de l'État du Chiapas Rutilio Escandón Cadenas, qui prétendent respecter les autonomies des peuples originels, alors qu'en réalité ils ont mis en oeuvre une série d'actions contre-insurrectionnelles à l'encontre des Autonomies qui constituent le chemin des peuples de l'Armée zapatiste de libération nationale et de leurs Bases d'appui.

Aujourd'hui, nous faisons savoir qu'ont été enlevés - avec la permissivité des mauvais gouvernements aux trois niveaux, municipal, de l'État et fédéral - deux membres du Conseil de bon gouvernement "Nouveau lever du jour en résistance et en rébellion pour la vie et pour l'humanité" du Caracol 10 "Quand fleurit la graine rebelle".

Les deux membres du Conseil de bon gouvernement, José Antonio Sánchez Juárez et Sebastián Núnez Pérez, ont quitté le siège de la Junta le 11 septembre de cette année, vers 8h du matin, dans un pick-up immatriculé CW-0001-C pour aller accomplir une tâche du Conseil dans un autre endroit. N'ayant reçu aucune information, la Junta a lancé un processus de recherche, localisant la camionnette dans la communauté "7 de Febrero", dans la municipalité d'Ocosingo, Chiapas. Il convient de rappeler que cette localité est le siège de l'Organisation régionale des producteurs de café d'Ocosingo (ORCAO) - où, selon les informations, les deux membres du Conseil ont été détenus dans ce qui était légitimement le territoire de l'EZLN et où le magasin coopératif Arco Iris a été implanté dans le cadre de l'expression de l'économie autonome zapatiste. À ce jour, mardi 14 septembre, la JBG (Conseil de bon gouvernement, ndt) n'a pas été en mesure de voir les détenus, de vérifier leur état de santé, ni de savoir où ils se trouvent, et ils sont donc portés disparus. Depuis plusieurs mois, l'ORCAO a perpétré une série d'actions criminelles contre les bases d'appui de l'EZLN dans la communauté autonome de Moisés-Gandhi.

Les actes les plus ignobles sont ceux enregistrés depuis août 2020, avec le pillage, le vol, la destruction et l'incendie du magasin coopératif autonome Arco Iris, l'enlèvement du base d'appui de l'EZLN Félix López Hernández le 8 novembre 2020, et l'enlèvement de deux défenseurs des droits de l'homme du Centre des droits de l'homme Fray Bartolomé de Las Casas le 12 avril de cette année. Cette année encore, en ce mois de septembre, ils insistent en répétant leurs actions criminelles. Cette ampleur de la violence orchestrée depuis les hautes instances du gouvernement fédéral s'inscrit dans le cadre de l'initiative de l'EZLN de la "Traversée pour la Vie - Chapitre Europe", une initiative organisationnelle qui cherche à étendre, de manière pacifique et créative, la graine de la résistance-rébellion pour l'humanité et la Terre Mère, c'est-à-dire pour la Vie.

En raison de ces faits, nous exigeons la présentation en vie des bases d'appui de l'EZLN José Antonio Sánchez Juárez et Sebastián Núñez Pérez.

Cessez le harcèlement à l'encontre de l'Autonomie et de la Vie que l'EZLN est en train de construire.

Compañeros bases d'appui : Vous n'êtes pas seuls !
S'ils touchent à l'un.e d'entre vous, ils nous touchent à tou.te.s !

Nous appelons les compañeras et compañeros des Réseaux de résistance et de rébellion, les adhérent.es à la Sexta nationale et internationale à exprimer leur exigence de comparution en vie des compañeros membres du Conseil de bon gouvernement.

Signatures (écrire à ajmaq_chiapas@riseup.net pour rajouter la votre) :

Red de Resistencias y Rebeldías AJMAQ, Grupo de Trabajo No Estamos Todos y Todas, Espacio de Lucha contra el Olvido y la Represión (ELCOR), Consejo Autónomo de la Costa, Centro de Derechos de la Mujer de Chiapas AC (CDMCH), El Puente, Promedios de Comunicación Comunitaria, Bizilur, Diana Itzu Luna, Elena Morúa
Karela Contreras, Barbara Riviello, Gustavo Bárcenas (...)..."

source : REDAJMAQ

Comando Palomitas (Commando Pop Corn)

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Comando Palomitas (Commando Pop Corn)

Septembre 2021

Je n'en suis pas certain, mais la légende situe la gestation de cette unité d'élite de l'euzèdélène voilà quelques lunes.

Bien que le commandement général zapatiste ait nié à encore et encore son existence, et range ces médisances dans le dossier des « Mythes géniaux ou pas » (aux côtés des légendes du Sombrerón, de la Xpakinté et des recettes gastronomiques du défunt SupMarcos), les rumeurs situent la naissance du désormais célèbre Commando Pop Corn dans le Caracol de Tulan Kaw, à la fin de l'année 2019.

Il paraîtrait que l'autoproclamé SupGaleano avait accaparé tout le maïs à pop corn du sud-oriental état mexicain du Chiapas. Et, bien que le susnommé prétexta ensuite que son plan était de saboter les grandes chaînes de cinéma et de les obliger à baisser le prix de cette marchandise tellement appréciée -et de faire interdire les absurdes variations qui proposent du pop corn saveur friture rance -, des enquêtes postérieures abondèrent dans l'hypothèse posée par le procureur (un être ressemblant extraordinairement à un scarabée), qui lors du procès proposa le mobile du crime : le SupGaleano voulait se goinfrer tout seul de pop corn. La subite et incompréhensible pénurie de sauce piquante faisait augmenter les soupçons.

Le procureur, appelé Don Durito -qui s'habillait comme le Fiscal de Hierro (Procureur de Fer) des frères Almohada (à ne pas confondre avec les Almada, ce ne sont pas les mêmes)-, déploya une brillante pièce oratoire pleine de références cinématographiques qui, il faut le reconnaître, par moments rappelaient Al Pacino, Tom Cruise, John Travolta et Matthew McConaughey (cf. les films de ces acteurs et la thématique de jurisprudence). L'accusé, faisant office de son propre avocat, fut à la hauteur et, de plus, ajouta des références à l'art dramatique. Le susnommé était en train d'argumenter comme Shui Ta / Shen Te face aux dieux (« La Bonne Âme du Se-Tchouan ». Bertold Brecht), quand arriva l'heure du pozol et le jury dans sa totalité s'absenta.

Voyant que justice ne serait pas rendue et que le méchant SupGaleano parviendrait à ses fins, la bande de Defensa Zapatista, avec la collaboration du Chat-Chien, prit d'assaut la cahute du SupGaleano et « expropria » non seulement plusieurs sacs de maïs à pop corn, mais aussi un nombre non négligeable de cartons de sauce piquante. Le bien-aimé Amado faisait alors ses premières incursions dans la bande de Defensa Zapatista (même s'il avait déjà débuté à Oventik en 2018, pendant le premier festival de ciné, quand il avait volé la vedette à Gael García Bernal), c'est ainsi qu'il forma, avec son ami Chinto, une sorte de succursale de la horde de Defensa Zapatista.

Dans le nouveau gang s'est autorecrutée Verónica, petite sœur d'Amado et dont on dit qu'elle est « l'aile radicale » du Commando (elle a pour habitude de porter des tatouages jusque sur les lèvres quand il lui arrive de tomber sur le bonbon acidulé qui les contient). Chuy et Cintia ont été recrutés après. Pendant un temps, Esperanza a dirigé la troupe, mais elle ne tarda pas à rejoindre, tout comme Defensa, l'équipe féminine de football des miliciennes. Le bien-aimé Amado a alors pris le commandement.

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Les mois d'avril et de mai s'écoulaient. L'unité qui serait ensuite baptisée « La Extemporánea » se préparait par centaines dans la Pépinière « Comandanta Ramona ».

Le SupGaleano reçut alors l'ordre d'éviter que les enfants embêtent leurs mamans pendant qu'elles suivaient le cours « Écoute et Parole ». Le susmentionné affronta ce nouveau défit organisationnel et conçut une réforme à l'inexistante loi organique de l'euzèdélène. Son objectif : leur donner une structure militaire et les instruire dans le difficile art du sabotage, la destruction indiscriminée et les braillements coordonnés et séquencés.

Il les appela et, d'une voix martiale, leur parla ainsi : « Vous avez entendu que le SubMoy a expliqué qu'il faut être organisé. Alors il faut que vous compreniez que même pour faire des bêtises, il faut s'organiser. À partir de maintenant vous êtes une unité militaire et quiconque n'obéira pas aux ordres recevra une punition qui sera de lui couper la tête avec une machette, émoussée pour que ça dure, et rouillée pour que ça s'infecte et que l'on doive faire une piqûre ».

Inutile de dire que la menace n'eut pas l'effet désiré. Cintia « balaya » du regard le Sup de bas en haut et lui tourna le dos. Chuy demanda s'il allait chercher une machette. Chinto parut évaluer les risques. Le bien-aimé Amado remonta le col de sa chemise et Verónica décida que c'était le bon moment pour pleurer à pleins poumons. En cho´ol, encore une fois.

Notre héros (attention : c'est moi « notre héros ») ne se découragea pas face à ce contretemps et, faisant étalage de ses amples connaissances en psychologie, arriva avec un seau de 20 litres, rempli de pop corn. La bande se rassembla et fit pression sur le SupGaleano avec le classique « il faut partager ». Mais le Sup répondit seulement : « je ne peux pas, c'est seulement pour les commandos ». Tou.te.s s'inscrirent immédiatement. Ceci fut la naissance officielle du Commando Pop corn en tant que tel.

Le Sup, prévoyant, avait des nounours en peluche et de puissants pistolets à eau. Il leur donna à choisir. Amado et Chinto choisirent les pistolets à eau ; Cintia prit l'ours en peluche qui, en plus, était de sa taille ; Chuy -comme à son habitude-, opta pour un petit cheval en plastique, qui, soit dit en passant, n'était pas prévu dans la distribution.

Alors que tout le monde s'attendait à ce que Verónica choisisse l'autre nounours, elle le rejeta, prit un des pistolets à eau, s'en alla et enleva à Chuy son petit cheval après l'avoir arrosé (à Cintia, elle ne put pas enlever le nounours, car elle l'avait déjà rangé « pour qu'il ne se mouille pas »), et elle attaqua Amado et Chinto. Trempée dans le tumulte de la bataille, Verónica alla voir sa maman pour qu'elle la change, mais sans prendre de pause elle s'élança contre ces satanés mecs -qui s'étaient retrouvés sans munitions, c'est-à-dire sans eau-, et les vainquit en une action fulgurante, qui fut applaudie par Defensa et Esperanza dans ce qu'elles appelèrent « victoire de genre ». Notre héros vit le potentiel belliqueux de Verónica et lui donna une carabine lance-balles à eau (de dernière génération).

Comme dit le sage proverbe -que notre héros inventa à ce moment-là- : « on ne vit pas que de pop corn, il y a aussi les sucettes et les bonbons au chamoy » ; il fut distribué au Commando tous types d'éléments pour sa formation de fer. C'est ainsi qu'arrivèrent des bonbons acidulés avec des décalcomanies de type tatouage en cadeau. Verónica fut la seule qui se les colla sans hésiter. Et, bien sûr, aussi la seule qui, en léchant la décalcomanie parce qu'elle avait un peu de poudre de chamoy, se tatoua la langue. Ce fut ainsi que Verónica, à trois ans, obtint, en plus du cho'ol et du castillan, la langue sino-japonaiso-coréenne.

Le redoutable Commando Pop corn est actuellement composé du bien-aimé Amado (10 ans et responsable du commando), de Chinto (10 ans et coordinateur des opérations), de Cintia (3 ans et docteure du groupe), de Chuy (3 ans, démolitions contrôlées) et de Verónica (3 ans, démolitions sans aucun contrôle).

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La première opération du CP fut l'au revoir de l'Escadron 421. Pendant que les bases de soutien criaient des vivas à l'Escadron et que le conseil des anciens protégeait avec la fumée de copal les futurs marins, le CP se consacrait à crier des consignes absurdes, encouragé par un individu de douteuse réputation, comme « Nous voulons du pop corn ! », « Nous luttons pour le pop corn ! », « Pour tous, tout. Pour nous le pop corn ! ».

Bien sûr qu'il y eut des plaintes et même une accusation formelle, mais Verónica commença à pleurer en cho'ol et le SubMoisés perdit patience et dit « faites taire cette enfant ». Le SupGaleano, faisant étalage de ses masters et doctorats en pédagogie infantile, proposa deux options : ou coudre les lèvres de la petiote ou lui donner du pop corn – car avec la bouche pleine de pop corn elle ne pourrait pas brailler-. Comme ils ne trouvèrent ni fil ni aiguille, ils lui donnèrent un sac de pop corn. Les pleurs cessèrent immédiatement. Mais, ô surprise, se rendant compte du résultat, le reste de la bande commença à pleurer aussi. Conclusion : la sous-lieutenante Angelina dut faire du pop corn pour en donner à tous.

L'histoire des tronçonneurs est assez semblable. Quand les enfants virent les insurgé.e.s couper le bois pour tailler les pirogues, ils commencèrent à jouer à la tronçonneuse avec des planches. En fait, la planche était la tronçonneuse. Leur optimisme était digne d'éloges : avec la planche-tronçonneuse, ils prétendaient abattre les montants métalliques des panneaux de basket. Mais, quand ils commencèrent à « jouer » pour voir qui allait scier l'autre, le SupGaleano se rendit compte, avec une profonde satisfaction, que la bande pourrait affronter avec succès une apocalypse zombie.

Quand le bien-aimé Amado se blessa le pied avec un clou, Verónica pensa que lui « soigner » le pied était une bonne idée, et elle demanda de l'aide à Chuy. Avec les planches, ils essayèrent de scier le pied d'Amado. C'est alors que Cintia informa le SupGaleano du fait qu'Amado « s'était cloué un clou ». Le Sup lui conseilla, pour voir si c'était vrai, de lui dire qu'il allait lui faire une piqûre. Si Amado partait en courant, cela signifiait qu'il faisait l'idiot et qu'il n'était pas gravement blessé. Cintia y alla et revint très vite et informa : Amado était toujours prostré (votre attention centennials -ou autre appellation-, elle a dit « prostré »). Le Sup prit son meilleur air de Doctor House et dit : « C'est grave, il faut opérer ». Et il conseilla à Cintia de lui couper les pieds… et la tête, car « si ça se trouve, il a mal à la tête ». Cintia fut d'accord. L'histoire aurait culminé avec un triomphe de la science médicale, avec une chirurgie majeure exécutée à 4 mains et deux planches en mode tronçonneuses, si les promoteurs de santé n'étaient arrivés et n'avaient emmené Amado à la clinique dans une civière, où ils lui mirent des bandes et je ne sais quels onguents.

Mais face à la frustration, Cintia ne s'avoua pas vaincue et choisit d'être la doctoresse du Commando. Comme le Sup ne trouva pas de déguisement de doctoresse pour jouer, mais seulement un de vétérinaire, Cintia se présenta avec celui-ci comme la médecin de la troupe.

Voyant la louable vocation pour la démolition de Verónica et de Chuy, on leur trouva deux tronçonneuses en plastique et un étui de mécanicien, avec une perceuse, des pinces, une scie à découper, un cutter, un tournevis, un marteau et une clef anglaise (le tout en plastique), qui avaient l'avantage de pouvoir être utilisés tant pour les opérations de chirurgie médicale, que pour réparer les tronçonneuses qui, bien entendu, « se sont cassées » dès le premier jour.

Sur ce, arrivèrent les bicyclettes . Tout le monde sait qu'un commando sans bicyclette ne peut pas se déployer avec rapidité et efficacité. Le problème, c'est qu'iels ne savaient pas faire de vélo. Le Sup ne leur apprit pas argumentant que « Est-ce que quelqu'un t'apprend à vivre ? Non, tu apprends en tombant ». Et ainsi : le Commando se couvrit d'égratignures, de bleus et de coupures, mais en quelques jours, iels parcourraient le terrain de basket sans difficulté.

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Quand l'Extemporánea fut informée que, enfin, on avait trouvé les vols et, le plus important, un endroit où atterrir en Europe, notre acclamé héros (moi-même) convoqua le Commando Pop Corn et leur dit : « Vous allez enfin partir dans quelques jours. Il est interdit de tomber malade ou de se faire mal. Vous devez faire attention à vous, parce que celui qui arrivera avec des égratignures n'aura pas de pop corn. C'est clair ? »

Pour montrer que c'était bien clair, Chuy dénonça Cintia qui était tombée de vélo. Cintia dit que c'était un mensonge de Chuy, Véronica l'avait poussée. Le bien-aimé Amado expliqua qu'iels se disputent pour un rien, qu'il suffit que l'un ou l'une des deux ait un jouet pour qu'iels se battent. Notre admiré paladin objecta : « Mais j'ai pourtant donné le même jouet à chacun.e, pour qu'iels ne se disputent pas ». Chinto fit sa mine de « il ne comprend vraiment rien à rien le Sup » et le bien-aimé Amado rendit sa sentence : « Comme si ça les intéressait, iels veulent le jouet qu'a l'autre ».

L'incomparable et idolâtré héros (toujours moi, mais plus humble si tant est que ce soit possible) les prévînt : « Bon, je vous ai déjà prévenu.e.s, si vous vous faites mal ou que vous tombez malades, vous ne partirez pas et vos mamans vont finir en pleurs parce qu'elles ne partiront pas non plus à cause de vous. Vous avez compris ? » Tou.te.s répondirent affirmativement.

Dès que le vaillant Sup eut tourné le dos, Chuy se mit à pleurer. C'est que Véronica lui avait mis une claque derrière la tête parce qu'il faisait le rapporteur. On demanda à Verónica si c'était vrai, et elle répondit que oui, sans le moindre signe de remords.

Désespéré, le Sup alla à sa cahute. Loin de s'avouer vaincu, il révisa sa riche bibliothèque de traités de psychologie, de géographie, de sciences occultes et sa collection de BD de Memín Pingüín et y retourna. Il convoqua le CP et leur montra sur une carte où étaient le caracol et la pépinière. Ensuite, il leur montra où est Madrid et où est Vienne. Ultérieurement, il traça une élégante ligne pour décrire le vol à venir.

Après une longue explication, le Sup se retira satisfait : Il avait réussi à convaincre le Commando Pop Corn. Les dernières paroles de notre héros résonnaient dans l'air : « Pourquoi se contenter de faire des bêtises et des dégâts dans un caracol, quand tu peux détruire tout un continent ? ».

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La prise de vue de la caméra s'éloigne. Le Commando Pop corn contemple le mapamundi tout en léchant avidement leurs sucettes de chamoy. Tzotz, Tragón et Pelusa, trois petits chiens qui ont pour habitude d'accompagner le CP dans ses incursions, surgissent et détruisent le document. Une rafale de vent soulève et fait voler un fragment sur lequel on lit « Traversée pour la Vie ».

Un final épique… et, bon, oui, un peu paradoxal.

Warning : ces deux derniers mois, le Commando Pop corn n'a pas prouvé la raison de son existence. Un Commando Pop corn sans maïs à pop corn est comme un vampire qui se console avec de la sauce tomate, il faut donc s'attendre à ce que, en arrivant en Europe… et bien… pourquoi le SupGaleano répète-t-il encore et encore le « Aló ? ¿Brennen Wien und Berlín ? », dans deux vieux talkies-walkies, avec Amado, qui est à seulement 10 mètres et qui dit qu'il n'entend pas. Évidemment, peut-être que s'ils mettaient des piles dans les appareils…

J'en témoigne.

Le SupGaleano

Chef Suprême, Leader Maximum, Notable Dirigeant, Grand Guide, Historique Historien, Sage Infaillible, Lumière Pérenne au Bout du Tunnel, Alpha et Omega -et Delta et Lambda-, Phare des Générations Présentes et Futures, Paladin de la Modestie, et Instructeur du Commando Pop corn.

(et, bon, aussi « Notre héros » dans ce récit épique, digne d'être étendu par les plumes de Martín Luis Guzmán et Léon Tolstoï)

Musique : Amanda Ventura-« The Way » (Harmonica Blues Solo), Led Zeppelin-« Immigrante Song », Creedence Clearwater Revival-« Fortunate Son »

EZLN - Commando Popcorn

Settembre 2021

Non lo so per certo, ma la leggenda colloca la gestazione di questa unità d'élite dell'ezetaelene a poche lune fa.

Sebbene il comando generale zapatista abbia più volte negato la sua esistenza classificando queste maldicenze nella cartella dei «Grandi Miti e Non» (insieme alle leggende del Sombrerón, la Xpakinté e delle ricette gastronomiche del defunto SupMarcos), le voci collocano la nascita dell'ormai famoso Commando Popcorn nel Caracol di Tulan Kaw alla fine del 2019.

Secondo ciò, l'autoproclamato SupGaleano si era accaparrato tutto il mais da popcorn dello stato messicano sudorientale del Chiapas. E, sebbene il suddetto abbia poi affermato che il suo piano fosse quello di sabotare le grandi catene cinematografiche e costringerle a ridurre il prezzo di un articolo così prezioso – oltre a vietare le assurde varianti che offrono popcorn aromatizzati al sapore di fritture stantie – indagini successive hanno sostenuto l'ipotesi avanzata dall'accusa (un essere straordinariamente simile a uno scarabeo), che al processo sollevò il movente del crimine: il SupGaleano voleva strafogarsi di popcorn. L'improvvisa e incomprensibile carenza di salsa piccante ne aumentava i sospetti.

Il procuratore di nome Don Durito – abbigliato come il Procuratore di Ferro dei fratelli Almohada (da non confondere con gli Almada, quelli sono altri) – aveva esibito una brillante oratoria ricca di riferimenti cinematografici che, bisogna ammetterlo, a volte ricordava Al Pacino, Tom Cruise, John Travolta e Matthew McConaughey (cit. i film di questi attori e le tematiche di giurisprudenza). L'imputato, in qualità di difensore di sé stesso, non era stato da meno e, inoltre, aveva aggiunto riferimenti drammaturgici. Il suddetto stava argomentando come Shui Ta/Shen Te davanti agli dei («L'anima buona di Sezuan». Bertold Brecht), quando è arrivata l'ora del pozol e la giuria al completo si è assentata.

Capendo che giustizia non sarebbe stata fatta e che il malvagio SupGaleano se la sarebbe cavata, la banda di Defensa Zapatista, con la collaborazione del Gatto-Cane, prese d'assalto la capanna del SupGaleano ed “espropriato” non solo diversi sacchi di popcorn, ma anche non pochi cartoni di salsa piccante. L'amato Amado stava allora facendo le sue prime incursioni nella banda di Defensa Zapatista (sebbene avesse già debuttato a Oventik nel 2018, al primo festival del cinema, quando rubò la macchina da presa a Gael García Bernal), così formò, con l'amico Chinto , una sorta di succursale dell'orda di Defensa Zapatista.

Nella nuova banda si è auto-reclutata la Veronica, la sorellina di Amado, che si dice sia «l'ala radicale» del Commando (di solito porta i tatuaggi anche sulle labbra quando gli tocca la caramella gommosa che li contiene). Il Chuy e Cintia sono stati reclutati successivamente. Per un po' Esperanza ha guidato la truppa, ma non è passato molto prima che si unisse, insieme a Defensa, alla squadra di calcio femminile delle miliziane. Allora l'amato Amado è rimasto al comando.

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    Erano i mesi di aprile e maggio. L'unità che sarebbe stata poi battezzata “La Extemporánea”, si preparava in centinaia nel Semillero «Comandanta Ramona».

Al SupGaleano era stato ordinato di impedire ai bambini di disturbare le loro madri mentre seguivano il corso di Ascolto e Parola. Il suddetto ha affrontato questa nuova sfida organizzativa e progettato una riforma alla legge organica inesistente dell'ezetaelene. Il suo obiettivo: dare loro una struttura militare e istruirli nella difficile arte del sabotaggio, della distruzione indiscriminata e delle urla coordinate e in sequenza.

Li ha radunati e con voce marziale ha detto loro: “Avete sentito il SubMoy che ha spiegato che dovete essere organizzati. Quindi dovete capire che anche per fare marachelle bisogna organizzarsi. D'ora in poi siete una unità militare e chi non obbedisce agli ordini subirà la punizione del taglio della testa con il machete, senza filo affinché ci metta tempo, e arrugginito affinché si infetti e si debba fare l'iniezione”.

Inutile dire che la minaccia non sortì l'effetto sperato. La Cintia ha fulminato il Sup dall'alto in basso con lo sguardo voltandogli le spalle. Il Chuy ha chiesto se dovesse andare a cercare un machete. Il Chinto sembrava valutare i rischi. L'amato Amado si è alzato il colletto della camicia e la Veronica ha deciso che era un buon momento per urlare a squarciagola. In cho'ol, di nuovo.

Il nostro eroe (attenzione: io sono «il nostro eroe») non si è lasciato scoraggiare da questo contrattempo e, sfoggiando le sue vaste conoscenze in psicologia, è arrivato con un secchio da 20 litri pieno di popcorn. La banda si è raccolta intorno al SupGaleano pressionandolo con il classico «devi condividere». Ma il Sup ha risposto: «Non posso, è solo per i commandos». Immediatamente tutt@ si sono iscritti. Questa è stata la nascita ufficiale del Commando Popcorn in quanto tale.

Il Sup, lungimirante, aveva alcuni orsacchiotti e qualche potente pistola ad acqua. Ha fatto scegliere a loro. Amado e Chinto hanno scelto pistole ad acqua; Cintia ha preso l'orsacchiotto, che era anche della sua altezza; il Chuy – come sua abitudine – ha scelto un cavallino di plastica che, per inciso, non era contemplato nella distribuzione.

Mentre tutti si aspettavano che Veronica scegliesse l'altro orsacchiotto, lei lo ha rifiutato, ha preso una delle pistole ad acqua, si è pigliata il cavalluccio del Chuy dopo averlo bagnato (non è riuscita a prendere l'orsacchiotto di Cintia perché l'aveva già nascosto «in modo che non si bagnasse») ed ha attaccato Amado e Chinto. Immersa nel fragore della battaglia, Veronica è andata da sua mamma perché la cambiasse ma non si è riposata e si è lanciata contro i fottuti uomini – che avevano finito le munizioni, cioè l'acqua – e li ha sconfitti con un'azione fulminante applaudita da Defensa e da Esperanza in quella che hanno definito una «vittoria di genere». Il nostro eroe, vedendo il potenziale bellico di Veronica, le ha regalato un fucile lanciapalloni ad acqua (di ultima generazione).

Come dice il proverbio – inventato all'epoca dal nostro eroe -: «non si vive di solo popcorn, ma ci sono anche ghiaccioli e caramelle gommose»; il Commando è stato dotato di ogni genere di elementi per il suo ferreo addestramento. È così che sono arrivate delle caramelle gommose che avevano in omaggio degli adesivi simili a tatuaggi. Veronica è stata l'unica ad appiccicarseli senza esitazione. E, naturalmente, anche l'unica che, leccando la calcomania che aveva un po' di zucchero, si è tatuata la lingua. È così che Verónica, a soli tre anni, si è ritrovata, oltre al cho'ol e castigliano, con la lingua cinese-giapponese-coreana.

Il temibile Commando Popcorn è attualmente composto dall'amato Amado (10 anni e responsabile del commando), Chinto (10 anni e coordinatore operativo), Cintia (3 anni e dottoressa del gruppo), Chuy (3 anni, demolizioni controllate) e Verónica (3 anni, demolizioni senza alcun controllo).

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La prima operazione del CP è stata quella di salutare lo Squadrone 421. Mentre le basi di supporto gridavano evviva allo Squadrone e il consiglio degli anziani benediceva i futuri marinai con il fumo di copale, il CP gridava slogan assurdi, incitati da un individuo di dubbia reputazione, come «Vogliamo popcorn!», «Lottiamo per i popcorn!», «Per tutti, tutto. Popcorn per noi!».

Naturalmente ci sono state lamentele e persino un'accusa formale, ma Veronica ha iniziato a piangere in ch'ol e il SubMoisés disperato ha detto «fate zittire quella bimba». Il SupGaleano, vantando suoi diplomi e dottorati in pedagogia infantile, ha presentato due opzioni: o cucire le labbra all'urlatrice o darle dei popcorn – perché con la bocca piena di popcorn non avrebbe potuto urlare -. Poiché non sono riusciti a trovare ago e filo, le hanno dato un sacchetto di popcorn. Il pianto è cessato immediatamente. Ma, oh sorpresa, accortisi del risultato, anche il resto della banda ha iniziato a piangere. Conclusione: la sottotenente Angelina ha dovuto fare i popcorn da dare a tutti.

La storia della motosega è simile. Quando i bambini hanno visto gli insorti tagliare il legno per scolpire i cayucos, hanno cominciato a giocare alla motosega con delle assi. Cioè, la tavola di legno era la motosega. Il loro ottimismo era encomiabile: con la tavola-motosega hanno cercato di abbattere i pali metallici dei tabelloni da basket. Ma, quando hanno iniziato a «giocare» a chi segava l'altro, il SupGaleano si è reso conto, con profonda soddisfazione, che la banda avrebbe potuto affrontare con successo un'apocalisse zombie.


Quando l'amato Amado si è ferito al piede con un chiodo, Veronica ha pensato che fosse una buona idea «curare» il suo piede ed ha chiesto aiuto al Chuy. Con le rispettive tavole hanno cercato di segare i piedi dell'Amado. Lì Cintia ha informato il SupGaleano che l'Amado «si era inchiodato un chiodo». Il Sup le ha dunque consigliato, per vedere se era vero, di dirgli che gli avrebbe fatto un'iniezione. Se Amado fosse fuggito, significava che stava fingendo e non era gravemente ferito. Cintia dopo poco è tornata ed ha riferito: l'Amado era ancora postrato (attenzione Centennials – o come si dice -, ha detto “postrato”). Il Sup ha fatto la sua migliore faccia da Doctor House e ha detto: «È serio, dobbiamo operare». Ed ha consigliato a Cintia di tagliargli i piedi… e la testa perché «forse gli fa male la testa». La Cintia ha concordato. La storia sarebbe culminata in un trionfo della scienza medica, con un importante intervento chirurgico eseguito a 4 mani e due tavole in modalità motosega, se non fossero arrivati i promotori di salute che hanno portato Amado in clinica in barella, gli hanno messo delle bende e non so che unguenti.

Ma, di fronte alla frustrazione, Cintia non si è lasciata scoraggiare ed ha deciso di essere la dottoressa del Commando. Siccome il Sup non ha trovato una scatola gioco del piccolo medico ma solo una del piccolo veterinario, con questa Cintia si è presentata come la dottoressa della truppa.

Vedendo la lodevole vocazione per la demolizione di Verónica e del Chuy, hanno ottenuto due motoseghe di plastica e una valigetta da meccanico, con trapano, pinza, seghetto, taglierino, cacciavite, martello e chiave inglese (tutto in plastica), con il vantaggio di poter essere utilizzate sia per operazioni medico-chirurgiche, sia per riparare motoseghe che, ovviamente, si sono “rotte” fin dal primo giorno.

Poi sono arrivate le biciclette. Tutti sanno che un commando senza biciclette non può spostarsi in modo rapido ed efficiente. Il problema è che non sapevano andare in bicicletta. Il Sup non glielo ha insegnato sostenendo che “Forse qualcuno ti insegna a vivere? No, impari cadendo”. Infatti: il Commando si è riempito di graffi, contusioni e tagli, ma, pochi giorni dopo, già pedalava senza difficoltà sul campo da basket.

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Quando La Extemporánea è stata informata che finalmente, c'erano i voli e, soprattutto, un posto dove atterrare in Europa, il nostro acclamato eroe (io) ha convocato il Commando Popcorn e ha detto loro: «Tra pochi giorni partirete. È vietato ammalarsi e ferirsi. Dovete badare a voi stessi, perché chi si farà dei graffi non avrà i popcorn. È chiaro?».

Per dimostrare che tutto era chiaro, Chuy ha accusato Cintia di essere caduta dalla bicicletta. La Cintia ha detto che era una bugia di Chuy, che Veronica l'aveva spinta. L'amato Amado ha spiegato che litigano per qualsiasi cosa, che è sufficiente che una abbia un giocattolo, che litigano. Il nostro ammirato paladino ha confutato: «ma se dessimo ad ognuna lo stesso giocattolo, così che non litighino». Il Chinto ha fatto l'espressione di «il Sup non capisce un bel niente» e l'amato Amado ha sentenziato: «Non gliene importa nulla, vogliono il giocattolo che ha l'altra».

L'incomparabile e idolatrato eroe (di nuovo io, ma più modesto se possibile) li ha avvertiti: “Bene, vi ho già avvertito, se vi fate male o ammalate allora non partirete e le vostre mamme piangeranno perché neanche loro potranno partire, a causa vostra. Capito?». Tutt@ hanno risposto affermativamente.

Non appena il gagliardo Sup ha girato le spalle, il Chuy ha iniziato a piangere. Veronica gli ha dato uno schiaffo per essere stato pettegolo. A Veronica è stato chiesto se fosse vero e lei ha confessato che lo era, senza il minimo segno di pentimento.

Sconsolato, il Sup è andato nella sua capanna. Lungi dal darsi sconfitto, ha controllato la sua vasta libreria di trattati di psicologia, geografia, scienze occulte e la sua collezione di fumetti i Memín Pingüín, ed è tornato. Ha chiamato il CP e su una mappa ha mostrato loro dove sono il caracol ed il semillero. Poi ha mostrato loro dov'è Madrid e dov'è Vienna. In seguito ha tracciato una linea elegante per descrivere il volo imminente.

Dopo una lunga spiegazione, il Sup si è ritirato soddisfatto: era riuscito a convincere il Commando Popcorn. Le ultime parole del nostro eroe riecheggiavano nell'aria: «Perché accontentarsi di fare marachelle e guai in un caracol, se puoi distruggere un intero continente?».

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L'inquadratura della telecamera si allontana. Il Commando Popcorn guarda la mappa del mondo mentre succhia avidamente ghiaccioli alla frutta. Tzotz, il Greedy e la Pelusa, tre cagnolini che di solito accompagnano il CP nelle sue incursioni, arrivano e distruggono la cartina. Una folata di vento solleva e fa volare via un frammento su cui si legge «Viaggio per la Vita».

Un finale epico… e, beh, sì, un poco paradossale.

Warning: il Commando Popcorn per due mesi non ha dimostrato la ragione della sua esistenza. Un Commando Popcorn senza popcorn è come un vampiro che si consola con la salsa di pomodoro, quindi c'è da sperare che una volta giunto in Europa… beh, ecco… il SupGaleano con due vecchi walkie-talkie prova e riprova “Hallo? Vienna e Berlino bruciano?” con Amado che è a soli 10 metri di distanza e gli risponde che non sente niente. Certo, forse se mettessero le batterie nei dispositivi…

In fede.

Il SupGaleano.
Capo Supremo, Leader Maximo, Dirigente Eccezionale, Grande Guida, Storico, Saggio Infallibile, Luce Perenne alla Fine del Tunnel, Alfa e Omega – e Delta e Lambda -, Faro delle Generazioni Presenti e Future, Paladino della Modestia e Istruttore del Commando Popcorn.
(e, beh, anche «Nostro eroe» in questo racconto epico, degno di essere ampliato dalle penne di Martín Luis Guzmán e León Tolstoi)

Música: Amanda Ventura-«The Way» (Harmonica Blues Solo), Led Zeppelin-«Immigrante Song», Creedence Clearwater Revival-«Fortunate Son»

Traduzione “Maribel” – Bergamo

EZLN - Dopo i 17 (La Sezione Miliziana Ixchel-Ramona)

Settembre 2021

Come parte della Extemporánea c'è una sezione di miliziane. Oltre a far parte dei gruppi “Escucha y Palabra”, si occuperanno della sicurezza della squadra aerotrasportata e dello svolgimento di una o più partite di calcio con squadre femminili di tutta Europa.

C'erano 196 miliziane iscritte per viaggiare. Circa 20 avevano meno di 18 anni, ma si preparavano per viaggi successivi e per i continenti Asia, Oceania, Africa e America, prevedendo che per allora sarebbero state maggiorenni per ottenere il passaporto.

Le difficoltà per avere i documenti (tutte sono estemporanee) e il continuo andirivieni dovuto alle pretese dei «funzionari», le hanno costrette ad abbandonare il tentativo. Alcune sono madri single e devono lavorare per sostenere i loro piccoli. La maggior parte lavora a sostegno delle proprie madri e dei fratelli più piccoli. Anche la preparazione è stata un problema, perché non è stata una passeggiata, ma piuttosto è stato necessario prepararsi per fare il lavoro di “Ascolto e Parola”. Quello che è costato loro più lavoro è stato imparare ad ascoltare.

Ne sono rimaste 37. Si sono aggiunte due minorenni: Defensa (15 anni) ed Esperanza (12 anni). Quindi, in totale sono 39 miliziane. Da 3 mesi sono acquartierate nel Semillero, esercitandosi, imparando, provando e aspettando che si aprisse la possibilità di partire: un posto dove arrivare in Europa. Tutte hanno radici maya e parlano Tzeltal, Tzotzil, Cho'ol, Tojolabal e castigliano. Pochissime hanno più di 25 anni, la maggior parte ha tra i 18 e 21 anni. Le loro abilità calcistiche sono un segreto di Stato, ma la loro volontà di lottare è lampante.

Nessun maschio adulto senza permesso ha potuto entrare nel luogo in cui erano acquartierate. Nel caso dell'ingresso di un uomo, magari disorientato, questo veniva subito circondato da un gruppo di miliziane ed “esortato” ad andarsene immediatamente con la solida argomentazione dei bastoni e delle fionde.

Nella loro preparazione e adattamento, i primi giorni sono stati difficili. I successivi lo sono stati ancora di più. Lontane dalle loro famiglie, dagli amori e dal cibo dei loro villaggi, hanno sopportato l'incertezza, la fame, le malattie, i cambiamenti di clima, lo sconcerto di convivere con altre diverse, la sorpresa di apprendere cose nuove e lo stupore di rendersi conto di essere in grado di fare quello che non sapevano di poter fare. Ad esempio: ascoltare. E scusate se ancora una volta insisto sul fatto di ascoltare, ma guardo là fuori e sento tutti che vogliono parlare – anzi, urlare – e nessuno, o quasi, con la volontà di ascoltare.

Queste mie compagne combattenti, si sono lasciate alle spalle, vicino o lontano nel calendario, i 17 anni. La loro identità non è in dubbio: sono ZAPATISTE.

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Invece no.

Una miliziana prende la parola nell'Assemblea Generale della Extemporánea, mentre si valuta ciò che è stato realizzato o meno nel corso di «Ascolto e Parola»:

“Non sapevo niente di quello che raccontate. Pensavo che fosse sempre stato così, che potevo andare a scuola, che potevo avere un ragazzo senza costringermi a sposarmi, che potevo sposarmi se volevo, o non sposarmi, che potevo vestirmi secondo i miei gusti, che potevo partecipare, che potevo imparare, che potevo insegnare. Pensavo che fosse sempre stato come adesso, che abbiamo diritti e non solo doveri. Ma ho ascoltato la compagna raccontare di come si viveva al tempo dei finqueros. Ho sentito quanto è costato prepararsi a combattere. Ho ascoltato quanto è costata la guerra. Ho ascoltato come è stata fatta l'autonomia. Quindi quello che penso è che devo prepararmi a difendere tutto questo. Per non tornare mai più a quel tempo passato. Pensavo che così si nascesse, con la libertà. E invece no, tutto questo dopo che si è dovuto combattere, e quindi dobbiamo continuare a lottare. Quindi non c'è riposo».

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A difesa dei 17 anni.

Non ne sono proprio sicuro, ma penso che fosse nel 2018.

In occasione del Primo Incontro delle Donne che Lottano, fu deciso che le miliziane sarebbero state incaricate della sicurezza. Furono convocate per l'addestramento. Nelle marce non ne indovinavano una. Diversi come le lingue che danno loro origine e destinazione, i loro passi erano disordinati, scomposti. Per quanto si esercitassero, non c'erano miglioramenti. Disperato, decisi che forse con un po' di ritmo musicale avrebbero potuto uniformare il passo. Las tercias stavano testando l'impianto audio. Chiesi loro se avessero portato della musica. «Solo cumbias e reguetón«, mi risposero. «Qualcos'altro?«, ho insistito. «Non c'è» hanno risposto ridendo. Chiesi allora alle miliziane se qualcuna di loro avesse, nei propri cellulari, una canzone che potessi usare. Sussurri e risate complici tra di loro. Dopo un po' una ha detto “solo cumbias”. “Bene”, mi dissi rassegnato, “che cumbia avete? E non ditemi quella del Moño Colorado perché vi dico che morirete tutte miseramente«. Nuove risatine e bisbiglii in 4 diverse lingue maya. Dopo un po': «solo una, quella dei 17 anni«. «Tutte avete una sola cumbia ed è la stessa?» «Sì, quella dei 17 anni.» “Vabbè, quella allora, passatela a Las Tercias e fatela mettere nell'altoparlante grande. E mettetevi in riga per provare di nuovo«.

Partono i primi accordi, alzano e incrociano i bastoni e, accidenti, iniziano a marciare uniformemente, senza perdere il passo. In seguito ho chiesto loro se era vero che avessero solo quella cumbia. «Sì«, dissero, «quando avremo campo o arriveranno altre compagne, ne avremo di più, tipo Cómo te voy a olvidar«.

Chiesi l'elenco delle miliziane per caracol e per età, per raggrupparle per lingua ed età. La stragrande maggioranza aveva tra i 15 e i 17 anni.

Adesso hanno tra i 18 e i 21 anni, nessuno le ha obbligate a sposarsi, hanno un fidanzato o no – non se ne preoccupano – si innamorano e si disinnamorano, spezzano cuori e spezzano i loro. Sanno che nessuno può costringerle a fare qualcosa che non vogliono, e sanno difendersi. È stato insegnato loro qualcosa sui punti deboli dei maschi, nel caso debbano ricorrere alla difesa fisica. Anche quello che ai maschi fa male sentirsi dire, nel caso debbano ricorrere alla difesa psicologica. Non chiedetemi chi ha insegnato loro questi «segreti» maschili.

Alla domanda se hanno un fidanzato, la maggioranza ha risposto di sì. Una ha detto: «cheb» («due» nella sua lingua). Quella accanto le ha detto qualcosa sotto voce, allora la compagna ha corretto: «No, ocheb» («tre», nella sua lingua). Ancora un'altra: «bayal» («molti»). Un'altra ci ha messo un po' a rispondere perché, ha detto, aveva perso il conto. Le tre sono scoppiate a ridere.

In sintesi: avevano 17 anni e a quell'età, quella cumbia – credo «Los Ángeles Azules» – le ha accompagnate nell'amore e nel disamore. Chi critica quella cumbia o ne chiede la censura, forse ha dimenticato cosa vuol dire avere 17 anni. Forse ha dimenticato che sì, le relazioni possono essere quelle di un predatore che dissangua la sua preda – e a qualsiasi età. Ma possono anche essere inquietudine e libertà di amare e non amare. Scoprire così che al posto del cuore si può avere un fiore agrodolce e, allo stesso tempo, una ferita che non si chiude. Inoltre, ovviamente, poi dovrebbe anche chiedere di censurare Violeta Parra e la sua «Volver a los 17″.

Ora, dopo i 17, può darsi che le miliziane dedichino “Cómo te voy a olvidar”a quell'amore passato o presente.

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Penelope Sovvertita.

Ho chiesto loro cosa avessero detto ai fidanzati. Così mi hanno risposto: «se mi ama davvero e non è una bugia, che mi aspetti, e se no, allora niente, ne troverò un altro«. In altre parole, nessuna tela della vana attesa da tessere e sbrogliare. Un altro esempio di «le anatre che sparano ai fucili».

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Il Consenso.

Alle compagne viene detto che nessuno può toccarle senza il loro esplicito consenso. Non prenderle per mano, né mettere la mano sulle spalle, o altro. Sono state istruite, ad esempio, su come togliersi di dosso una mano maschile, non importa se è un comandante o meno. Lo stesso vale per la loro immagine: nessuno può scattare foto o video senza il loro consenso. Tanto meno pubblicarle. È stato mostrato loro il video che appare alla fine di questo testo ed è stato chiesto se fosse pubblicabile o no. Si sono riunite per caracol e lingua. Hanno discusso e all'unanimità hanno deciso che si pubblicasse. Siete avvisat@.

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Ognuno a modo suo.

Da parte mia, dal 2018 ho vissuto nell'inganno. Credevo che il ritornello della cumbia «17 anni» dicesse «quanto è triste l'amore, quanto è triste l'amore«. Le sergenti mi hanno cavato dall'errore: «Non è così Sup, dice che «se questo è l'amore «, cioè la ragazza non lo sa, sta appena imparando«, e ridono.

Nell'esercizio della marcia, con La Carencia de los Panteones, il Lago de los Cisnes e La Cumbia del Sapito, è stato dimostrato che la danza, come la vita, può attraversare i muri più inviolabili.

Non lo so, dico che le cumbias sono come le magliette delle divise da calcio. Con forbici, filo e ago si sistemano in modo che si adattino al tuo gusto: giusta o che vesta bene.

Conclusione: Ognuno a modo suo, ad ognuno la sua cumbia, ad ognuno il suo pas de chat (o de Chat-Chien)… e ognuno il suo ska. Saltare, raza!

In fede.

Il SupGaleano mentre si esercita al “Chúntaro Style”.
(Oh beh, ognuno pesta il pavimento come può).
Messico, Settembre dell'anno 501

EZLN - 2021 Per la vita: Partenza della Extemporánea per l'Europa

Commissione Sexta Zapatista
Messico

30 agosto 2021

All'Europa in basso e a sinistra:

Alla Sexta Nazionale e Internazionale:

Alle organizzazioni, gruppi e collettivi che cercano verità e giustizia per gli assenti:

Sorelle, fratelli, hermanoas:

Compañeroas, compagne, compagni:

Vogliamo iniziare salutando la lotta e l'impegno di tutte quelle persone che cercano i propri assenti, Le/gli desaparecid@s. La loro lotta è anche, e soprattutto, una lotta per la vita. Non è un caso che sia in questo giorno che vi annunciamo quanto segue:

Primo. – Dopo innumerevoli procedure, ostacoli e problemi, annunciamo che la compagnia aerotrasportata zapatista, che abbiamo chiamato “La Extemporánea”, partirà da Città del Messico per l'Europa il 13 settembre 2021.

Secondo. – La destinazione è la città di Vienna, nella geografia che chiamano Austria, e viaggeremo in due gruppi.

Terzo. – Il primo gruppo lascerà l'aeroporto di Città del Messico il 13 settembre 2021 alle 12:10 circa. Arriverà a Madrid, nella geografia chiamata Spagna, alle 06:00 del 14 settembre. Dopo una sosta di 2 ore e un trasferimento, il volo riprenderà alle 08:20 per atterrare nella città di Vienna, in Austria, alle 11:05 del 14 settembre. Il secondo gruppo partirà lo stesso giorno, 13 settembre, alle 20:45 con scalo sempre a Madrid alle 14:35 del 14, riprendendo il volo alle 16:00 e atterrando a Vienna alle ore 19:00 dello stesso giorno 14 settembre.

Quarto. – “La Extemporánea” è organizzata in 28 squadre di Escucha y Palabra (composte da 4-5 compas ciascuna), 1 di Gioco e Marachella, e una di Coordinamento. “La Extemporánea” può così coprire contemporaneamente 28 angoli della geografia europea.

Qualche giorno dopo, si unirà la delegazione del Congresso Nazionale Indigeno-Consiglio Indigeno di Governo e del Fronte dei Popoli in Difesa della Terra e dell'Acqua.

Insieme a questa delegazione di organizzazioni sorelle, continueremo il lavoro iniziato dallo Squadrone 421, che attualmente sta coprendo la geografia che chiamano Svizzera.

Quinto. – Tra qualche giorno comunicheremo la data in cui lasceremo il Semillero “Comandanta Ramona” per concentrarci nel caracol Jacinto Canek, a San Cristóbal de las Casas, Chiapas. Da lì andremo via terra, con una carovana di veicoli, a Città del Messico dove alloggeremo nel locale di Carmona y Valle fino al giorno e all'ora della partenza. Nel caso qualcuno volesse accompagnare la partenza e il viaggio da San Cristóbal a Città del Messico.

Sesto. – Dedichiamo questo sforzo (che ha coinvolto molte persone non zapatiste e alcune anche antizapatiste) a tutte le desaparecidas, alle famiglie che soffrono la loro assenza e, soprattutto, alle donne e agli uomini che lottano per ritrovarle e ottenere la verità e la giustizia di cui tutte necessitiamo e meritiamo. Sappiate che il vostro esempio, il vostro instancabile lavoro e il vostro non arrendervi, non svendervi e non tentennare, sono per noi popoli zapatisti una lezione di dignità umana e un autentico impegno nella lotta per la vita.

Nei giorni in cui saremo a Città del Messico consegneremo i verbali delle assemblee delle comunità zapatiste, non zapatiste e antizapatiste, con i loro accordi sul sostegno alla lotta per la verità e la giustizia per le vittime della violenza, secondo la consultazione effettuata il primo di agosto di quest'anno 2021.

È tutto.

Dalle montagne del Sud-est Messicano.
Subcomandante Insurgente Moisés
Coordinatore Generale del Viaggio per la Vita – Capitolo Europa.
Ancora Messico. Anno 501.

Traduzione “Maribel” – Bergamo

Après 17 ans. (La Section milicienne Ixchel-Ramona)

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Après 17 ans. (La Section milicienne Ixchel-Ramona).

Septembre 2021.

Parmi les membres de La Extemporanéa se trouve une section de miliciennes. En plus de faire partie des groupes d'« Écoute et Parole », elles se chargeront de la sécurité de l'aéroportée et de participer à une ou plusieurs rencontres de foot avec des équipes féminines de la géographie européenne.

Il y avait 196 miliciennes inscrites pour voyager. Une vingtaine avaient moins de 18 ans, mais elles se sont préparées pour des voyages postérieurs et pour les continents d'Asie, d'Océanie, d'Afrique et d'Amérique, prévoyant qu'elles seraient alors majeures pour pouvoir obtenir un passeport.

Les difficultés pour obtenir leurs documents officiels (toutes sont « extemporáneas ») et les constants allers-retours dus aux idées incongrues des « fonctionnaires » les ont obligées à abandonner cette tentative. Quelques-unes sont mères célibataires et doivent travailler pour subvenir aux besoins de leurs enfants. La majorité travaille pour aider leur mère et leurs frères et sœurs plus jeunes. La préparation a aussi été un problème, parce qu'il s'est avéré que ce n'était pas une balade, mais qu'il fallait se préparer pour effectuer un travail d'Écoute et de Parole. Le plus difficile a été d'apprendre à écouter.

Il en est resté 37. Deux mineures s'y sont ajoutées : Defensa (15 ans) et Esperanza (12 ans). Elles sont donc 39 miliciennes, au total. Elles ont été cantonnées 3 mois à la Pépinière à s'entraîner, à apprendre, à répéter et à attendre que s'ouvre la possibilité du voyage : un lieu où arriver en Europe. Elles sont toutes d'origine maya et elles parlent tzeltal, tzotzil, cho'ol, tojolabal et castillan. Quelques-unes ont plus de 25 ans, la majorité a entre 18 et 21 ans. Leurs aptitudes footballistiques sont un secret d'État, mais leur volonté de se battre est visible.

Aucun homme adulte ne pouvait entrer sans autorisation dans le lieu où elles étaient cantonnées. Dans le cas où, désorienté, un homme entrait, il était immédiatement encerclé par un groupe de miliciennes et était « exhorté », avec le solide argument des bâtons et des lance-pierres, à sortir immédiatement.

Les premiers jours de leur préparation et de leur adaptation furent difficiles. Les suivants le furent encore plus. Loin de leurs familles, de leurs amours et des repas de leurs villages, elles ont supporté l'incertitude, la faim, les maladies, les changements de climat, la confusion de partager leur vie avec des personnes différentes, la surprise d'apprendre de nouvelles choses et l'émerveillement de se rendre compte qu'elles pouvaient faire ce qu'elles ne savaient pas qu'elles pouvaient faire. Par exemple : écouter. Et pardonnez-moi si j'insiste une fois encore sur le fait d'écouter, mais je regarde là-bas à l'extérieur et j'entends que tout le monde veut parler — ou plutôt crier — et personne, ou presque, n'est disposé à écouter.

Elles, mes compañeras combattantes, ont laissé derrière elles leurs 17 ans, plus ou moins loin dans le calendrier. On ne peut mettre en doute leur identité : elles sont ZAPATISTES.

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En fait, non.

Une milicienne prend la parole lors de l'assemblée générale de la Extemporánea, au moment d'évaluer ce qui a été réussi ou pas, dans le cours d'« Écoute et Parole ».

« Moi, je ne savais pas tout ce que vous racontez. Je pensais que ça avait toujours été comme ça, que je pouvais aller à l'école, que je pouvais avoir un petit ami sans être obligée de me marier, que je pouvais me marier si je le voulais, ou ne pas me marier, que je pouvais m'habiller comme il me plaît, que je pouvais participer, que je pouvais apprendre, que je pouvais enseigner. Moi, je pensais que ça avait toujours été comme ça, comme maintenant, que nous avons des droits et pas seulement des devoirs. Mais j'ai écouté ce qu'a raconté la compañera sur la façon dont on vivait à l'époque des grands propriétaires terriens. J'ai écouté ce qu'a coûté de se préparer pour lutter. J'ai écouté ce qu'a coûté la guerre. J'ai écouté comment s'est faite l'autonomie. Donc moi, ce que je pense, c'est que c'est à moi de me préparer pour défendre ça. Quoi que ce soit, pour que cette époque révolue ne revienne plus jamais. Moi, je pensais qu'on naissait ainsi, avec la liberté. Et en fait, non, en fait, il a fallu lutter, en fait il faut continuer de lutter. Autrement dit, il n'y a pas de repos. »

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Pour la défense de 17 años.

Je n'en suis pas très sûr, mais je crois que c'était en 2018.

À l'occasion de la Première Rencontre de Femmes qui Luttent, il fut décidé que les miliciennes se chargeraient de la sécurité. Elles furent convoquées pour s'entraîner. Dans les défilés, c'était du grand n'importe quoi. Aussi variés que les langues qui leur donnent une origine et un but, leurs pas étaient désordonnés, sans rythme. Elles avaient beau s'entraîner, il n'y avait aucune amélioration. Désespéré, je décidai que peut-être avec un rythme musical, elles pourraient uniformiser leur pas. Les tercias1 étaient en train de tester la sono. Je leur demandai si elles avaient amené de la musique. « Seulement des cumbias et du reggaeton », me répondirent-elles. « À part ça, autre chose », insistai-je. « Rien d'autre », répondirent-elles en riant. J'ai demandé aux miliciennes, pour savoir si l'une d'entre elles avait dans son portable une chanson que je pourrais utiliser. Chuchotements et rires complices entre elles. Elles ont tardé. Finalement, l'une d'elles dit : « Seulement des cumbias », « Bon », je me suis dit, résigné, « Quelles cumbias vous avez, donc ? Et ne me dites pas celle du Moño Colorado parce que vous allez toutes mourir misérablement » — À nouveau petits rires et chuchotements en 4 langues mayas différentes. Après un moment « Juste une, celle de 17 años. » « Vous avez toutes une seule cumbia et c'est la même ? » « Oui, celle de 17 años. » « Bon, d'accord, celle-là, alors donnez-la aux tercias [1] pour qu'elles la mettent sur le grand ampli. Et formez les rangs pour reprendre l'entraînement. »

Les premiers accords commencent, elles lèvent et croisent leurs bâtons et, alakazam, elles commencent à défiler au même rythme, sans perdre la cadence. Plus tard, je leur ai demandé si c'était vrai qu'elles n'avaient que cette cumbia. « Oui », dirent-elles, « quand on aura du réseau ou quand viendront les autres compañeras on va en avoir d'autres, comme celle de Cómo te voy a olvidar. (Comment vais-je t'oublier, ndt).

Je demandai ensuite la liste des miliciennes par caracol, avec leur âge, pour les regrouper par langues et par âge. La très grande majorité avait entre 15 et 17 ans.

Elles ont maintenant entre 18 et 21 ans, personne ne les a obligées à se marier, elles ont des amoureux ou pas — ça ne les inquiète pas — elles tombent amoureuses et en reviennent, elles brisent des cœurs ou on le leur brise. Elles savent que personne ne peut les obliger à faire ce qu'elles ne veulent pas, et elles savent se défendre. On leur en a appris un peu sur les points faibles des hommes au cas où elles devraient utiliser la défense physique. Elles savent aussi quoi dire aux machos pour leur faire mal, au cas où elles devraient utiliser la défense psychologique. Ne me demandez pas qui leur a enseigné ces “secrets” masculins.

Interrogées sur si elles ont un petit ami, la majorité a dit oui. L'une d'elles a dit : « Cheb » (« Deux » dans sa langue). Celle qui était à côté d'elle a commencé à lui dire quelque chose à voix basse, alors la compañera a corrigé : « Non, ocheb » (« trois », dans sa langue). Une autre : « Bayal » (« Beaucoup »). Une autre tarda à répondre, car, dit-elle, elle n'arrivait plus à les compter. Toutes les trois rirent de bon cœur.

Pour résumer : elles ont eu 17 ans, et à cet âge-là, cette cumbia — des Ángeles Azules, je crois — les a accompagnées dans leurs amours et désamours. Les personnes qui critiquent cette cumbia ou qui en demandent la censure, ont peut-être oublié ce que c'est que d'avoir 17 ans. Elles ont peut-être oublié que, oui, les relations peuvent être celles d'un prédateur qui saigne sa proie — et cela, à n'importe quel âge — . Mais elles peuvent aussi être l'envie et la liberté d'aimer et de ne plus aimer. Découvrir ainsi qu'on peut avoir en guise de cœur une fleur aigre-douce et en même temps, une blessure qui ne se referme pas. En plus, bien sûr, elles devraient donc aussi demander qu'on censure Violetta Parra et sa chanson Volver a los 17.

Maintenant, après 17 ans, il se peut que les miliciennes dédicacent Cómo te voy a olvidar à cet amour passé ou présent.

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Pénélope Subvertie.

Je leur demandai ce qu'elles avaient dit à leurs copains. Elles me répondirent ainsi : « S'il m'aime vraiment et que ce n'est pas un mensonge, il n'a qu'à m'attendre, et sinon, alors, tant pis, je m'en cherche un autre ». Bref, pas question de tisser et détisser l'éternelle toile de la vaine attente. Une preuve de plus que « les canards tirent sur les fusils ».

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Le consentement.

Aux compañeras, on leur dit que personne ne peut les toucher sans leur consentement explicite. Ni leur prendre la main, ni mettre la main sur leurs épaules, ni rien. On les a, par exemple, instruites sur comment se défaire d'une main d'homme sur leur épaule, peu importe qu'elle soit d'un supérieur ou non. Pareil pour leur image : personne ne peut les prendre en photo ou les filmer sans leur consentement. Encore moins la publier. On leur a montré la vidéo qui apparaît à la fin de ce texte et on leur a demandé si oui ou non, on pouvait la publier. Elles se sont réunies par caracol et par langue. Elles en ont discuté et se sont mises d'accord, à l'unanimité, pour la publier. Vous voilà prévenu.e.s.

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À chacun sa façon.

Pour ma part, j'ai vécu dans l'erreur depuis cette année 2018. J'avais cru que le refrain de la cumbia 17 años disait « comme l'amour est triste, comme l'amour est triste ». Les sergentes m'ont détrompé : « C'est pas ça, Sup, ça dit « si c'est ça l'amour”, en fait la jeune fille ne sait pas, elle commence juste à apprendre », et elles rient.

Déjà dans les entraînements au défilé, avec La Carencia des Panteones, Le Lac des cygnes et la Cumbia del sapito [2], il a été démontré que la danse, comme la vie, peut traverser les murs les plus infranchissables.

Je ne sais pas, moi je dis que les cumbias sont comme les maillots de football. Avec des ciseaux, du fil et une aiguille, on les retouche pour qu'ils soient à notre goût : soit bien ajustés, soit plus amples.

Conclusion : À chacun sa façon, à chacun sa cumbia, à chacun son « pas de chat » (ou de Chat-Chien)… et à chacun son ska. Allez les gars, tous au trampoline !

J'en témoigne.

Le SupGaleano s'entraînant au « Chúntaro Style ».
(Oh, ben, chacun foule le sol comme il peut).

Mexique, septembre de l'an 501

Música : ALADEMOSKA – « Sembraremos Rebeldía » / Bersuit Vergarabat – « El Baile de la Gambeta »


[1] les tercias sont promotrices de communication, elles font partie des Tercios compas (automédia zapatiste)

[2] La Carencia, chanson de Panteón Rococó, groupe de rock ska mexicain. La Cumbia del sapito (Cumbia du petit crapaud)

Commando Popcorn.

Commando Popcorn Settembre 2021 Non lo so per certo, ma la leggenda colloca la gestazione di questa unità d’élite dell’ezetaelene a poche lune fa. Sebbene il comando generale zapatista abbia più volte negato la sua esistenza classificando queste maldicenze nella cartella dei “Grandi Miti e Non” (insieme alle leggende del Sombrerón, la Xpakinté e delle […]

Itinéraire de la délégation zapatiste (La Extemporánea)

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Itinéraire de La Extemporánea :

10 septembre 2021. Départ de la délégation aéroportée du Caracol Jacinto Canek, tôt le matin.

10 septembre 2021. Heure indéfinie, à partir de 18h00. Arrivée de La Extemporánea au local de Carmona y Valle, dans la ville de México.

11 septembre 2021. Tests PCR de La Extemporánea.

Arrivée de l'Escadron 421 en provenance de l'Europe. Par Lufthansa, vol LH498. Arrivée à 18h30, ville de México, Terminal 1.
Nous invitons à accueillir l'Escadron 421.

12 septembre 2021. Préparatifs.

13 septembre 2021. 08h00, départ du local de Carmona y Valle en direction de l'aéroport de México, du premier groupe aéroporté, à destination de la ville de Vienne, Autriche. Escale à Madrid, Espagne. Vol Iberia IB6400. Décollage à 12h10, heure de México.

Le deuxième groupe quitte le local Carmona y Valle en direction de l'aéroport à 16h00. À destination de la ville de Vienne, Autriche. Escale à Madrid, Espagne. Iberia vol IB402. Départ 20h45, heure de la ville de Mexico.

14 septembre 2021. Arrivée de La Extemporánea à Vienne, Autriche, dans la géographie qu'on appelle Europe.

C'est tout.

Source : Enlace zapatista

Dopo i 17(La Sezione Miliziana Ixchel-Ramona).

Dopo i 17(La Sezione Miliziana Ixchel-Ramona) Settembre 2021 Come parte della Extemporánea c’è una sezione di miliziane. Oltre a far parte dei gruppi “Escucha y Palabra”, si occuperanno della sicurezza della squadra aerotrasportata e dello svolgimento di una o più partite di calcio con squadre femminili di tutta Europa. C’erano 196 miliziane iscritte per viaggiare. […]