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Frente Popular en Defensa del Soconusco prohibe la mineria en Acacoyagua

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Luttes anticapitalistes: l'appui aux communautés du Chiapas

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Luttes anticapitalistes: l'appui aux communautés du Chiapas

La solidarité de plusieurs organisations nationales et internationales avec les luttes des communautés autochtones autonomes a rendu possible l'articulation et la convergence de la société civile tout au long des dernières années.

 22/12/2017 09:00 EST
  • Un seul mondeLe blogue sur la coopération et la solidarité internationales


MATHA LUCIA GOMEZ
Ce billet du blogue Un seul monde, une initiative de l'AQOCI et du CIRDIS, a été écrit par Martha Lucia Gomez, Éva Mascolo-Fortin, Annie Lapalme, Geneviève Messier et Joëlle Gauvin-Racine, membres de l'équipe de formations des BriCOs du Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL). L'article qu'elles nous présentent ci-dessous traite de la pertinence des divers liens qui se sont créés entre le mouvement zapatiste et les groupes sympathisants à l'international.

La solidarité internationale avec le mouvement zapatiste a pris des formes multiples depuis le soulèvement de l'Armée zapatiste de libération nationale -EZLN- au Chiapas, au Mexique, en 1994, dans une volonté de participer et de contribuer à un processus qui a largement interpellé les mouvements sociaux dans le monde. Les Brigades civiles d'observation des droits humains (BriCOs) sont un exemple d'initiative de solidarité concrète avec les communautés sur le terrain, à la fois les communautés zapatistes et les autres communautés en résistance contre le modèle néolibéral. Coordonnées par le Centre pour les droits humains Fray Bartolomé de las Casas (FRAYBA), les BriCOs répondent depuis 1995 au besoin d'accompagnement des communautés devant la situation de conflit toujours existante.

Le contexte zapatiste

La société civile nationale et internationale s'est présentée à de multiples reprises auxrencontres organisées par l'EZLN pour analyser le monde et pour renforcer des liensdans les luttes contre le capitalisme. C'est le poids de la pression nationale et internationale qui a mené au cessez-le-feu en 1995, après la contre-offensive militaire disproportionnée avec laquelle le gouvernement avait répondu au soulèvement zapatiste. Massif a été l'appui des mouvements sociaux du pays et du monde au processus de négociation entamé avec le gouvernement ayant eu comme résultat les accords de San Andrés en 1996. Cependant, ces accords ont été trahis par le gouvernement à plusieurs reprises.
L'étape de négociations fut aussi marquée par la hâte du gouvernement à mettre en œuvre des programmes d'assistance visant la division de la population. À partir de ce moment, celui-ci a instauré une guerre de basse intensité qui perdure jusqu'à aujourd'hui et dont les résultats, pour en nommer quelques-uns, ont été des déplacements de communautés, des massacres et des disparitions.
Le mouvement zapatiste a depuis abandonné l'objectif d'obtenir la reconnaissance légale de ses demandes et il a plutôt dirigé ses efforts vers la consolidation de l'autonomie (modèle de gouvernement propre basé sur la responsabilité politique et l'organisation sociale, qui intègre en pratique toutes les exigences en termes de terre, d'éducation, de santé, de justice, de paix et de reconnaissance culturelle). Une réorganisation politique et administrative des territoires a eu lieu en 2003, alors que l'on a décidé de mettre sur pied cinq Juntas del buen gobierno et des Caracoles dans lesquels se réunissent les représentant.e.s des municipalités autonomes rebelles. Le fonctionnement du modèle autonome est financé par les communautés elles-mêmes, avec les ressources générées notamment via les dépanneurs coopératifs et les collectifs de production agricole. La construction de cliniques, d'écoles et d'autres infrastructures a pour sa part été rendue possible grâce aux apports de la société civile nationale et internationale (Van der Harr, 2005) et même de quelques municipalités européennes qui ont été jumelées avec les municipalités autonomes.
Avec le temps, les zapatistes ont réussi à mettre sur pied des mécanismes pour la gestion et la distribution des ressources.
Avec le temps, les zapatistes ont réussi à mettre sur pied des mécanismes pour la gestion et la distribution des ressources. C'est le cas de l'entité Enlace A.C., née en 1996 à la demande des communautés, pour canaliser les ressources de la solidarité. Les Juntas de buen gobierno sont pour leur part chargées de coordonner la destination de l'aide vers les municipalités où un plus grand nombre de besoins sont identifiés.

Liens à l'international

Au-delà des apports matériels, les gestes de solidarité au fil des ans avec les réseaux nationaux et internationaux ont permis la circulation d'information, notamment à travers les médias alternatifs et les collectifs. Au cours des 23 dernières années, ces réseaux ont agi comme un bouclier qui sert à contrer la campagne de délégitimation et de désinformation menée par l'État. En définitive, un des plus grands apports de la solidarité internationale envers les communautés au Chiapas est celui de pouvoir exposer les menaces auxquelles sont confrontées les communautés au jour le jour aux mains de groupes armés organisés (paramilitaires) par l'entremise des agents de l'État et de groupes économiques. Les zapatistes et les membres des autres communautés en résistance sont agressé.e.s parce qu'elles et ils protègent leurs territoires convoités par des intérêts privés, y compris les compagnies canadiennes, qui cherchent à les exploiter en raison de leur grande richesse en ressources hydriques et minières.
Les BriCOs, qui ont été convoquées par Mgr Samuel Ruíz, fondateur du Frayba, représentent un de ces efforts de solidarité internationale envers les diverses communautés chiapanèques qui se sont organisées pour résister aux politiques néolibérales du gouvernement mexicain. Les observatrices et observateurs documentent la violence dont sont victimes les communautés en résistance, apportent un support moral aux communautés et assurent une protection des communautés par l'effet dissuasif de leur présence.
En effet, l'expérience au Chiapas n'est qu'une des façons de supporter les communautés en résistance, et la création d'une véritable solidarité transnationale est aussi au cœur de la démarche des BriCOs. Au Québec, en plus d'offrir de l'accompagnement direct sur le terrain, les personnes ayant fait de l'observation des droits humains dans le cadre des BriCOs continuent leur travail de solidarité avec les communautés chiapanèques en résistance en travaillant à sensibiliser la population québécoise à la situation sur place et en participant à diverses activités et campagnes de support.
La solidarité de plusieurs organisations nationales et internationales avec les luttes des communautés autochtones autonomes a rendu possible l'articulation et la convergence de la société civile tout au long des dernières années.
La solidarité de plusieurs organisations nationales et internationales avec les luttes des communautés autochtones autonomes a rendu possible l'articulation et la convergence de la société civile tout au long des dernières années. Alors que les effets du néolibéralisme sont mondiaux, soutenir les communautés en résistance est une façon concrète d'appuyer un modèle qui s'oppose au néolibéralisme et de faire partie de la résistance. Les liens qui se sont tissés entre les zapatistes et le reste du monde reflètent une volonté de bâtir des relations d'horizontalité et de réciprocité. Si les ponts tendus vers l'extérieur par le mouvement zapatiste, telle la Sixième déclaration de la Selva Lacandona (la Sexta) en 2005, répondent à la nécessité constante pour le mouvement d'étendre et de consolider des alliances nationales et internationales, ils participent aussi à une dynamique d'enrichissement mutuel des résistances à laquelle nous sommes convié.e.s., encore aujourd'hui.
Si vous êtes intéressé.e.s par les formations offertes dans le cadre des BriCOs, vous pouvez écrire à l'adresse observation@cdhal.org.
N'hésitez pas à contacter Ève Claudel Valade, coordonnatrice du blogue Un seul monde, pour en savoir davantage sur le blogue ou connaître le processus de soumission d'articles. Les articles publiés ne reflètent pas nécessairement les points de vue de l'AQOCI, du CIRDIS ainsi que de leurs membres et partenaires respectifs.
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Desmantelan casas y despojan comunidad y compas del CNI y Sexta cerca de Bachajon.

tags : bachajon, cni, pl-fr, sexta,
NOTA INFORMATIVA URGENTE

Compañeros y compañeras, organizaciones y al pueblo en general, en este medio compartimos con ustedes los actos violentos cometidos por parte del comisariado ejidal de san Sebastián Bachajon Manuel Guzmán Álvaro en complicidad de las autoridades de las casadas de agua azul, el día de ayer 17 de enero del presente año desmantelaron las casas y despojaron de sus tierras a una comunidad indígena cercana a las cascadas de agua azul, afectando a otros indígenas choles del municipio de Tumbala, todo estos actos de despojo fueron cometidos por el comisariado ejidal, anteriormente denunciamos las amenazas de desalojo que tenían esta comunidad indígena por parte del comisariado ejidal junto con paramilitares y ayer cumplieron esas amenazas, dejando sin hogar a las familias indígenas, entre los afectos hay compañeros adherentes a la sexta e integrantes del CNI, todas las víctimas se encentran sin hogar toda vez que sus casas fueron destruidos por la gente del comisariado Manuel Guzmán junto con los paramilitares.

La ambición que tienen las autoridades ejidales, junto con los tres niveles de gobierno es muy grande que hasta violentan a los hermanos indígenas para lograr sus objetivos, amenazas e intimidaciones, es injusto que el comisariado ejidal este cometiendo estos actos vandálicos, violentando los derechos de los pueblos indígenas,la gente digna y humilde que se gana la vida trabajando, en esas tierras donde hoy fueron desalojados.


Que en esas tierras donde hoy se apropiaron el comisariado ejidal es para construir hoteles y cabañas, supuestamente para beneficio de la comunidad y para que haya más visitas de gente extrajera, sin tomar conciencia que en medio de todo eso hay un bien que se está afectando y un derecho que se está violentando.

No omitimos señalar que en el ejido san Sebastián Bachajon, por parte del comisariado ejidal, están creando un reglamento interno para que supuestamente mantener el orden y respetar las violaciones a derechos humanos, para protegerse de los capitalistas y las violaciones que se han venido cometiendo en la comunidad de san Sebastián Bachajon, por lo que se ve,es todo lo contrario a lo que el comisariado planea hacer en su reglamento interno, nos preguntamos, donde queda aquella Organización que se hacen llamar Defensores de Derechos Humanos, que viene asesorando al comisariado ejidal en su reglamento interno, que hasta esta altura mantienen un silencio de los actos cometidos por el comisariado ejidal Manuel Guzmán, están legitimando la violencia contra los hermanos indígenas, apropiándose de sus tierras para construir cabañas y hoteles.

Ayúdenos a difundir esta nota, esperamos compartir más información con ustedes
Saludos combativos por parte de los adherentes a la sexta ejido san Sebastián Bachajon

MEXIQUE - Marichuy et le Conseil indien de gouvernement rendent visite aux communautés zapatistes

tags : marichuy, mexique, pl-fr,

Par Orsetta Bellani

dimanche 24 décembre 2017mis en ligne par Dial
Le Ve Congrès national indien qui s’est tenu en décembre 2016 avait fait savoir dans sa déclaration [1] qu’« il aura[it] comme porte-parole une femme indienne du [Conseil national indien (CNI)] qui sera[it] candidate indépendante à la présidence du Mexique lors des élections de l’année 2018. » Les 27 et 28 mai 2017, 848 membres du CNI, délégués et conseillers municipaux d’au moins 58 peuples autochtones du Mexique, se sont réunis à San Cristobal de Las Casas, au Chiapas, et ont fait connaître à la fin des réunions les noms des membres du Conseil indien de gouvernement (CIG) nouvellement formé et de sa porte-parole [2]. Cet article d’Orsetta Bellani, publié le 15 novembre 2017 sur le site du Programme des Amériques, relate brièvement les actions actuelles et futures menées par le CIG et sa porte-parole en vue de la campagne présidentielle à venir.

Des membres du Conseil indien de gouvernement (CIG) et sa porte-parole María de Jesús Patricio (Marichuy) ont été accueillis dans la joie par les bases de soutien zapatiste et par les miliciens de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN). Marichuy a lancé la campagne de collecte de signatures pour se présenter comme candidate indépendante aux élections présidentielles mexicaines de 2018, et, accompagnée de membres du CIG, a parcouru le territoire zapatiste : les Caracoles de Morelia, La Garrucha, Roberto Barrios, Oventic et la communauté zapatiste de Guadalupe Tepeyac. À Guadalupe Tepeyac, la porte-parole était accompagnée par des miliciens à moto (le nouvel Escadron motorisé zapatiste) et à cheval.
La caravane est passée également par la ville de Palenque, au Chiapas, où le CIG a dénoncé les pièges dressés par l’Institut national électoral (INE) à la candidature de Marichuy, parmi lesquels le blocage de son compte de courrier électronique, l’intervalle de temps très long requis pour l’enregistrement des signatures et le fait que dans la liste des téléphones portables habilités pour leur collecte se trouvent des appareils qui en réalité ne fonctionnent pas.
Le but de la candidature de la porte-parole du CIG n’est pas de gagner les élections, mais une stratégie pour attirer l’attention des médias sur la lutte et les propositions des peuples indiens et pour renforcer l’organisation de la base.
« Nous réaffirmons que nous ne luttons pas pour prendre le pouvoir, ce n’est pas ce que nous recherchons ; nous appelons plutôt les peuples autochtones et la société à s’organiser pour stopper cette destruction, rendre plus fortes nos résistances et nos révoltes, autrement dit pour la défense de la vie de chaque personne, famille, collectif, communauté ou quartier. Il nous faut construire la paix et la justice en retissant à partir du bas, à partir de là où nous sommes ce que nous sommes. » Ce sont les déclarations du CNI et de l’EZLN dans un communiqué d’octobre 2016 intitulé « Que tremble à nouveau la terre en ses centres ». Les nations indiennes réunies fin décembre 2016 lors du Ve Congrès national indien ont, elles aussi, fait connaître leur intention de « serrer les rangs et [de] passer à l’offensive, [de] démonter le pouvoir d’en haut et [de] nous reconstituer non seulement comme peuples, mais aussi comme pays, d’en bas et à gauche, […] [de] nous organiser et [d’]arrêter cette guerre, [de] ne pas avoir peur de nous construire et de nous semer sur les ruines laissées par le capitalisme ».
En avril 2018 la candidate indienne doit réaliser une tournée de l’ensemble du pays, en même temps que les autres candidates et candidats font campagne. Au Caracol d’Oventic, dernière étape du parcours du CIG, Marichuy a affirmé que ce qui est au centre de sa campagne c’est l’organisation du peuple, la vie et la défense du territoire : « Nous parcourrons le pays dans le cadre d’un agenda national qui sera ancré dans le tissu régional autour des conseillers du CIG, et appellerons les peuples, les collectifs, les organisations et les personnes sans organisations sur tout le territoire de la nation à nous regarder dans le miroir de ce que nous sommes tous ensemble […] et à construire notre propre agenda, notre propre programme de gauche anticapitaliste, en saisissant le moment que l’histoire nous offre pour être, ensemble, la grande structure nationale qui font tomber les murs qui nous oppriment, nous divisent et nous affaiblissent ».

- Dial – Diffusion de l’information sur l’Amérique latine – D 3434.
- Traduction d’Annie Damidot pour Dial.
- Source (espagnol) : Programa de las Américas, 15 novembre 2017.
En cas de reproduction, mentionner au moins l’autrice, la traductrice, la source française (Dial - www.dial-infos.org) et l’adresse internet de l’article.
Les opinions exprimées dans les articles et les commentaires sont de la seule responsabilité de leurs auteur-e-s. Elles ne reflètent pas nécessairement celles des rédactions de Dial ou Alterinfos. Tout commentaire injurieux ou insultant sera supprimé sans préavis. AlterInfos est un média pluriel, avec une sensibilité de gauche. Il cherche à se faire l’écho de projets et de luttes émancipatrices. Les commentaires dont la perspective semble aller dans le sens contraire de cet objectif ne seront pas publiés ici, mais ils trouveront sûrement un autre espace pour le faire sur la toile.

CNI Denuncia presencia de soldados en ejidos tzeltales como consecuencia de la ley de seguridad interior

tags : cni, denuncia, pl-fr,
DENUNCIA DEL CONGRESO NACIONAL INDÍGENA REGIÓN SELVA TSELTAL
EJIDO PICHUCALCO,MUNICIPIO AUTÓNOMO GENERAL EMILIANO ZAPATA

ESTANDO REUNIDOS LOS DELEGADOS DEL (CNI) LOS DÍAS 11 Y 12 DE ENERO DEL 2018, CON LAS PRESENCIAS DE LAS DIFERENTES COMUNIDADES , EJIDO CANDELARIA, EJIDO PLAN DE GUADALUPE, RANCHO ALEGRE , EJIDO AMADOR HERNÁNDEZ , EJIDO NUEVA GALILEA, EJIDO BENITO JUÁREZ MIRAMAR, EJIDO TRES HERMANO, POR UN MOTIVO URGENTE POR LA PROVOCACIÓN DEL DÍA 09 DE ENERO DEL PRESENTE AÑO COMO A LAS 2:00 HORAS DE LA TARDE EMPEZARON LOS SOBREVUELOS DE AERONAVE MILITAR DE LA FUERZA AÉREA MEXICANA, Y LA MARINA (FAM) EN EL EJIDO AMADOR HERNANDEZ, AMENAZANDO NUESTROS PUEBLOS Y REGIÓN SELVA TSELTAL, Y SE ATERRIZÓ DOS VUELOS DE HELICÓPTERO TRASLADANDO A 17 MILITARES DE LA FUERZA MARINA Y LAS AUTORIDADES DEL EJIDO ANTES MENCIONADO HICIERON LA INTERROGACIÓN CON EL TENIENTE Y EL SARGENTO MILITAR INFORMAN, QUE FUERON ENVIADOS DESDE TUXTLA GUTIÉRREZ ,CHIAPAS , MÉXICO SE HABÍAN CONFUNDIDO POR QUE EL ATERRIZAJE ERA PARA EL EJIDO CANDELARIA , EN BUSCA DE UN AERONAVE PRIVADO QUE SE HABÍA CAÍDO EN ESTA ZONA .
EL CONGRESO NACIONAL INDÍGENA, (CNI) DENUNCIAMOS ANTE LOS TRES NIVELES DE GOBIERNO POR EL NUEVO DECRETO PUBLICADO EL DÍA 21 DE DICIEMBRE DE 2017, LA NUEVA (LEY DE SEGURIDAD INTERNA) NOSOTROS COMO PUEBLO DE MÉXICO NO NOS BENEFICIA EL REPLIEGUE DE OPERATIVOS MILITARES EN NUESTRAS EJIDOS Y COMUNIDADES INDÍGENAS POR QUE VIOLAN NUESTROS DERECHOS, CULTURAS COMO PUEBLOS, NUESTROS USOS Y COSTUMBRE.
DENUNCIAMOS LOS SIGUIENTES PUNTOS.
1.- RECHAZO TOTALMENTE DE LA NUEVA LEY DE SEGURIDAD INTERIOR QUE ESTÁ ACTUANDO EL GENERAL, SALVADOR SINFUEGOS ZEPEDA.
2.- NO AL DESALOJO DE LAS COMUNIDADES ASENTADOS EN LA BIOSFERA DE MONTES AZULES Y DE LA SELVA LACANDONA.
3.- NO A LA PRIVATIZACIÓN DE LOS RECURSOS NATURALES (LA BIODIVERSIDAD)
4.- RECHAZO TOTAL A LAS EMPRESAS TRANSNACIONALES (ALEMANA BAYER), QUE INTENTAN PATENTAR LA VIDA
5.- RECHAZO TOTAL AL PROTOCOLO DE NAGOYA, GIZ, CONABIO,REDD+ Y A TODAS LAS FALSAS SOLUCIONES COMO LAS MAL LLAMADAS MECANISMOS DE DESARROLLO LIMPIO.
6.- FUERA ANGELA MELKEL EN NUESTRO PAÍS MÉXICO.
7.- LA TIERRA NOES NEGOCIO NO ES MERCANCÍA LA TIERRA ES DEL QUIEN LA TRABAJA.
8.- NO A LA CRIMINALIZACIÓN DE LAS COMUNIDADES INDÍGENAS NO AL PATRULLAJE DE MILITARES POR VÍAS TERRESTRES.
9.- RECHAZAMOS TOTALMENTE DEL ECO TURÍSTICOS DENTRO DE LA RESERVA DE LOS MONTES AZULES Y LAS ZONAS HOTELERAS ESPECIALMENTE EN ALAGUNA MIRAMAR.
10.- NO A LOS ACUERDOS COMERCIALES
11.- FUERA JULIA CARBIA EN LA SELVA LACANDONA Y EN LA BIOSFERA DE MONTES AZULES.
PERO HOY EN DÍA AQUÍ EN LOS PUEBLOS ORIGINARIOS DE CHIAPAS Y DEL MUNDO ESTAMOS TODOS AMENAZADOS, TODO CON FIN DE VOLVER PRIVADO A NUESTRAS ,TIERRAS, LOS TERRITORIOS, PARA ESO PRINCIPALMENTE COMPAÑEROS, COMPAÑERAS, NIÑOS, NIÑAS, ANCIANOS Y ANCIANAS, NOS MOVILIZAMOS PARA ENFRENTAR TODO LO QUE VIENE DEL SISTEMA CAPITALISTA, PARA DERROTAR TODO DE SUS PLANES Y PROGRAMAS QUE QUIEREN INTENTAR EN NUESTRO TERRITORIO, EL CONGRESO NACIONAL INDÍGENA (CNI) ESTARÁ AL PENDIENTE DE LO QUE PASE, LA COMPAÑERA MARÍA DE MARIA DE JESÚS PATRICIO MARTÍNEZ LA VOCERA, Y SU CONSEJO INDÍGENA DE GOBIERNO ESTAMOS EN PIE DE LUCHA PARA PODER LLEGAR A LA CANDIDATA POR QUE NUESTRO PAÍS, SE NECESITA UN GOBIERNO MEJOR PARA QUE LOS NIÑOS ,MUJERES TRABAJEN MEJOR QUE NO SEAN PROSTITUIDOS CON EL GOBIERNO.
ANIMO COMPAÑERA, DESDE LA SELVA LACANDONA.
(CNI) DELEGADOS DE EJIDO GALILEA, EJIDO AMADOR HERNANDEZ, EJIDO CANDELARIA, BENITO JUÁREZ MIRAMAR, EJIDO TRES HERMANOS, RANCHO ALEGRE, EJIDO PLAN DE GUADALUPE, EJIDO PICHUCALCO, MUNICIPIO AUTÓNOMO GENERAL EMILIANO ZAPATA 12 DE ENERO 2018.
CONGRESO NACIONAL INDÍGENA (CNI) CONCEJO INDÍGENA DE GOBIERNO (CIG).

Esteban Gomez Jimenes preso del ejido de San Sebastian Bachajón exige su libertad

San Cristóbal de las Casas Chiapas a 11 de enero del 2018

A las Juntas de Buen Gobierno

Al Congreso Nacional Indígena

A l@s compañer@s adherentes a la Sexta Declaración de la Selva Lacandona

A los medios de comunicación masivos y alternativos

A la Red Contra la Represión y por la Solidaridad

Al Movimiento de Justicia por el Barrio de Nueva York

A los defensores de Derechos Humanos nacionales, internacionales.

Al pueblo de México y el mundo

Soy Esteban Gómez Jiménez, soy indígena de la etnia tzeltal, pertenezco a la Adherentes a la Sexta Declaración de la Selva Lacandona del EZLN. Aquí estoy injustamente privado de mi libertad por ser indígena y analfabeta que no puedo defenderme y que eme encarcelaron de manera injusta y estoy aquí en el CRSS. No. 5 ya llevo cinco años con ocho meses.

El sistema del Poder Judicial encarcelan a las personas indígenas a los que no tiene dinero, a los que no saben defenderse y a los de condición humilde son encarcelados. Por eso les hago un llamado a las organizaciones independientes para que me apoyen y me puedan exigir mi libertad. Lo hago y exijo mi libertad, por que mis hijos están sufriendo, crecen sin mi apoyo y mi esposa sufre y todo por culpa del sistema del Poder Judicial por eso le hago un llamado al gobernador Manuel Velasco y exijo que me de mi libertad inmediatamente.

Atentamente

Esteban Gómez Jiménez

San Sebastian Bachajón

 

 

 

 

 

 

Fuente : Grupo de Trabajo “No Estamos Todxs”

Esteban Gomez, preso injusto de Bachajon denuncia su encarcelamiento de 5 años y 8 meses


Esteban Gomez Jimenes preso del ejido de San Sebastian Bachajón exige su libertad



San Cristóbal de las Casas Chiapas a 11 de enero del 2018
A las Juntas de Buen Gobierno
Al Congreso Nacional Indígena
l@s compañer@s adherentes a la Sexta Declaración de la Selva Lacandona
A los medios de comunicación masivos y alternativos
A la Red Contra la Represión y por la Solidaridad
Al Movimiento de Justicia por el Barrio de Nueva York
A los defensores de Derechos Humanos nacionales, internacionales.
Al pueblo de México y el mundo
Soy Esteban Gómez Jiménez, soy indígena de la etnia tzeltal, pertenezco a la Adherentes a la Sexta Declaración de la Selva Lacandona del EZLN. Aquí estoy injustamente privado de mi libertad por ser indígena y analfabeta que no puedo defenderme y que eme encarcelaron de manera injusta y estoy aquí en el CRSS. No. 5 ya llevo cinco años con ocho meses.
El sistema del Poder Judicial encarcelan a las personas indígenas a los que no tiene dinero, a los que no saben defenderse y a los de condición humilde son encarcelados. Por eso les hago un llamado a las organizaciones independientes para que me apoyen y me puedan exigir mi libertad. Lo hago y exijo mi libertad, por que mis hijos están sufriendo, crecen sin mi apoyo y mi esposa sufre y todo por culpa del sistema del Poder Judicial por eso le hago un llamado al gobernador Manuel Velasco y exijo que me de mi libertad inmediatamente.
Atentamente
Esteban Gómez Jiménez
San Sebastian Bachajón

Entrevista de los medios libres de Machi Francisca

tags : entrevista, pl-fr,

En Bolivia: Machi Francisca Linconao toma la palabra

(La fuerza de Tralkan)
A pesar del revuelo y especulaciones, varias de ellas con aire racista,  en la prensa y el ámbito político en Chile sobre la  llegada de Machi Francisca Linconao a Bolivia,  ella estuvo aquí la anterior semana simplemente porque tiene el derecho de viajar a donde quiera, después de haber sido absuelta por segunda vez en el caso Luchsinger-Mackay.
Francisca Linconao, Machi de la Lof Rahue, en Temuco, accedió a brindarnos un testimonio sobre su vida en estos últimos años. La vida de una mujer mapuche, autoridad espiritual de su comunidad,  en la cual podemos ver reflejadas de muchas maneras la vida y la lucha en Bolivia de mujeres en comunidades indígenas que están siendo amenazadas en su propia existencia por actividades extractivas, expansión de monocultivos, proyectos de mega infraestructura, mineros o petroleros.


Machi Francisca, fue la primera mujer mapuche en interponer y ganar un Recurso de Protección el 2009, haciendo cumplir por vez primera en Chile el convenio 169.
Para muchos de nosotrxs, el  nombre de Francisca Linconao,  fue desconocido hasta varios años después, cuando  la prensa difundió la noticia sobre su primera detención en enero de 2013 por el caso de la muerte del matrimonio Luchsinger Mackay.
Antes de que medios corporativos y el estado chileno a través de la Ley Antiterrorista, vincularan e inculparan a la Machi Linconao y otros 10 comuneros mapuche por la muerte de los dos hacendados, la lucha más subterránea de Francisca Linconao se había desarrollado en Temuco, cuando ella decidió proteger las plantas medicinales y los Menokos (o fuentes de agua) de su lof,  interponiendo un Recurso de Protección frente  a la Forestal Palermo, representada por Alejandro Taladriz.
Francisca Linconao es Machi Tralkan, es decir sus poderes de curación y sanación están ligados al trueno. Su victoria frente a una forestal que realizaba la tala ilegal de árboles, la plantación de especies nocivas como los pinos y eucaliptos, que afectaron los bosques nativos y los manantiales de la comunidad,  no solo es la victoria de sus conocimientos de sanadora  frente al poder de las empresas forestales, sino una de las claves, nos dice la Machi, para entender la persecución posterior que aún continúa enfrentando.
Ella, que ganó un recurso de protección a una forestal,  y ahora, por decisión del poder judicial y presión de la familia Luchsinger, a sus 61 años,  habiendo sido absuelta dos veces, deberá recomenzar por tercera vez el proceso legal por el mismo caso.

Comunidades mapuche: bajo la Ley Antiterrorista y los montajes judiciales

Juzgar a alguien más de una vez por el mismo caso, es algo que no está permitido (aún) en las leyes bolivianas. Sin embargo, las comunidades mapuche que viven constantemente perseguidas bajo la Ley Antiterrorista, -una de las peores herencias de la dictadura pinochetista-, son vulnerables a estas vueltas de las acciones legalesdel estado.
La continuidad del neocolonialismo judicial, se expresa en la aplicación de la Ley Antiterrorista a los detenidxs mapuches, la cual permite la “prisión preventiva”, y, hasta hace poco, la detención de menores de edad en casos que el estado considera son destinados a generar “terror” a la población.  Las masivas huelgas de hambre protagonizadas por presos políticos mapuche del 2010 al 2011, permitieron que sea modificada en algunos elementos.
Los inculpados por el caso Luchsinger- Mackay, y por tanto Machi Francisca Linconao, son juzgadxs por la ley Antiterrorista, sobre la base de montajes judiciales, como la misma Machi nos narra en su testimonio, así como sucede en otros casos seguidos y develados sobre todo por medios alternativos en Wallmapu. Sin embargo, casos como el de Brandon Hernández Huentecol, en el que el joven mapuche de17 años, estando reducido,  fue baleado con 40 perdigones por la espalda por un carabinero chileno, no es considerado por la justicia como un acto para “generar terror”. Pero entonces ¿qué es lo que viven decenas de comunidades mapuche cuando se militarizan sus regiones, cuando fuerzas de seguridad disparan impunemente a sus comuneros o cuando se violenta y reprime con brutalidad a niñxs y mujeres?
De cómo se vive juzgadx bajo la Ley Antiterrorista,  de los manantiales y plantas medicinales de la Lof Rahue y su defensa, nos  habla más extensamente Machi Francisca Linconao, en su breve paso por Bolivia, como experiencias en el núcleo mismo del colonialismo y del avance capitalista en los territorios.
Que se difundan sus palabras que llegan con la fuerza del Tralkan.

Las Abejas de Acteal denuncian declaraciones del gobierno: "no hubo mesa de dialogo, nuestros compas siguen sin luz ni agua"

DESMENTIMOS declaración pública del señor Gustavo Moscoso Zenteno sobre liberación de nuestros 9 compañeros de "Río Jordán"

Versión inglés:
https://acteal.blogspot.mx/2018/01/we-deny-mr-gustavo-moscoso-zentenos.html

        
              
                 
               
Organización de la Sociedad Civil Las Abejas de Acteal
Tierra Sagrada de los mártires de Acteal
                                         Municipio de Chenalhó, Chiapas, México.

               13 de  Enero del 2018.
Al Congreso Nacional Indígena CNI
Al Concejo Indígena de Gobierno  CIG
A las y los defensores de los derechos humanos
A los medios de comunicación nacional e internacional
A la Sociedad Civil Nacional e Internacional
Hermanas y hermanos:
A 3 días de ser liberados nuestros 9 compañeros en la comunidad “Río Jordán”, de la colonia Miguel Utrilla Los Chorros del municipio de Chenalhó, Chiapas, queremos DESMENTIR la declaración pública de un tal coordinador de Subsecretarios Regionales de la Secretaría de Gobierno, Gustavo Moscoso Zenteno, que el día 10 de enero declaró, en la web del mal gobierno http://www.chiapas.gob.mx/noticias/liberan-a-integrantes-de-las-abejas-retenidos-la-comunidad-los-chorros-de-chenalhoque nuestros compañeros habían sido “retenidos por incumplimiento de cargos comunitarios” y que después de “una mesa de diálogo entre las autoridades tradicionales de la comunidad fueron puestos en libertad además de que les fueron restablecidos el servicio de agua y de luz”.
Al respecto queremos aclarar y denunciar:
a)        Nuestros compañeros quienes fueron detenidos la causa no es por “incumplimiento de cargos comunitarios”, sino, es por oponerse a aceptar una obra de drenaje porque están en la resistencia de los proyectos del mal gobierno que lo disfrazan de “proyectos de desarrollo”, que en realidad son para dividir a los pueblos en resistencia.
 
b)        Este señor delegado de gobierno, dice que fueron “retenidos” el término “retenido” es evitar el acceso de un lugar a otro, el encarcelamiento de nuestros 9 compañeros durante más de 96 horas, hacinados en una cárcel de 2.5X4 metros, es meramente un SECUESTRO, porque si no hubiéramos actuado a tiempo junto con la sociedad civil nacional e internacional para liberar a nuestros compañeros hubieran permanecido por un tiempo indefinido y este delegado para su vocabulario demagógico y falsario “retenido”, aunque ahí se murieran de frío y posiblemente ser agredidos físicamente. El último día de su detención escucharon que la gente de Rio Jordán, dijeron que si no pagaban la multa de 5 mil pesos cada uno, quemarían la casa de José Vásquez Entzin y de Antonio Ramírez Pérez. Amenazas de expulsión de la comunidad y/o de muerte. En varias ocasiones denunciamos que en esta comunidad existen paramilitares y uno de los que conforma el “comité de Participación Ciudadana” de esta comunidad de nombre Víctor López López es uno de los autores materiales de la masacre de Acteal y liberado gracias a los ministros corruptos de la mal llamada “Suprema Corte de Justicia de la Nación” y que ha manifestado en varias ocasiones que puede volver a matar si quiere, porque el gobierno de México premia con casas, dinero y vehículos si es matar a la gente que lucha en contra del sistema del mal gobierno.
La detención de nuestros 9 compañeros: 3 de ellos son promotores de salud que dan atención médica a los miembros de la Organización Sociedad Civil Las Abejas de Acteal, un catequista y 2 sobrevivientes de la Masacre de Acteal y dos compañeros de “Río Jordán”. El agente municipal y partidistas aliados de la presidenta municipal de Chenalhó Rosa Pérez Pérez, lo que cometieron es un SECUESTRO y además violentaron el derecho a la salud estipulado en la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos en su artículo 4o que toda persona tiene derecho a la protección de la salud. La ley definirá las bases y modalidades para el acceso a los  servicios de la salud y establecerá la concurrencia de la federación y las entidades federativa en materia de la salubridad general, conforme a los que dispone la fracción XVI del artículo 73 de esta constitución.
c)        Otra de la vil mentira de este delegado del mal  gobierno corrupto, dice que “se estableció una mesa de diálogo con ambas partes para liberar a nuestros compañeros y que les fueron restablecidos el servicio de agua y de luz”, esto,  lo DESMENTIMOS TAJANTEMENTE porque nuestros compañeros siguen sin energía eléctrica  y agua entubada. Además la gente de Rio Jordán después de la liberación de nuestros compañeros andan diciendo que en algún momento tienen qué pagar su multa y no los van a permitir vivir en paz en la comunidad.
Ante todo lo anterior recalcamos y declaramos:
·           Desde el 9 de enero en la mañana el agente municipal de “Rio Jordán” tiene en su poder una carta en donde le hicimos saber nuestra postura ante el encarcelamiento injusto de nuestros 9 compañeros y de resolver pronto el conflicto que afecta a nuestros compañeros de las Abejas, estamos esperando su respuesta al respecto, para así evitar se escale más la violencia.
·           Nuestra Organización Sociedad Civil de Las Abejas, seguimos denunciando al mal gobierno municipal, estatal y federal,  que nuestros y nuestras compañeras de Las Abejas de “Río Jordán”, se les sigue castigando negándoles el acceso al agua como un derecho humano y a la luz eléctrica desde el 2015.
·           Reafirmamos que nuestras acciones han sido y serán pacíficas como lo hemos venido haciendo durante más de 25 años, pero, el mal gobierno asesino ha buscado en diferentes formas de criminalizar nuestra lucha y de tratarnos de mentirosos. Queremos que entiendan nuestros hermanos de la comunidad “Río Jordán”, que buscamos la paz y el respeto sea cual sea nuestros pensamientos políticos e ideologías, pero, nunca agredirnos entre hermanos; nuestros enemigos son los políticos corruptos, las políticas asistencialistas y contrainsurgentes del mal gobierno al que tristemente todavía creen.
·           Por último, le pedimos la sociedad civil nacional e internacional a que difundan nuestra palabra en diferentes medios como lo han venido haciendo, porque nuestras palabras son verdaderas no como la palabra vil y mentirosa de este mensajero del mal gobierno, Gustavo Moscoso Zenteno, según, coordinador de Subsecretarios Regionales de la Secretaría de Gobierno.
             Desde Acteal Sitio de Conciencia y Casa de la Memoria y la Esperanza.
                                                                          ATENTAMENTE
        La Voz de la Organización de la Sociedad Civil Las Abejas de Acteal.
                             MARTIN PEREZ PEREZ   MARIANO GOMEZ RUIZ   


                           PEDRO PEREZ PEREZ       MANUEL PEREZ KOXMOL 


                       ALONZO RUIZ LOPEZ      MANUEL NUÑEZ GUTIERREZ
                                                                         
                                           PROMOTORES DE SALUD
                   IGNACIO PÉREZ PÉREZ         OSCAR HERNÁNDEZ GOMES 


                                              EUCEBIO LÓPEZ GUSMAN 
                                                        CATEQUISTA
                                         MANUEL ORTIS GUTIÉRREZ 
                                                  SOBREVIVIENTES 
           HERMILO PÉREZ SANTIS                     MARTÍN GOMES PÉREZ 
                          INTEGRANTES DE LAS ABEJAS DEL RIO JORDAN
                  ANTONIO RAMÍREZ PÉREZ                      JOSÉ VÁSQUEZ ENTZIN  



                                                   SEBASTIÁN GUSMAN SANTIS
           


Jérôme Baschet : « Au Chiapas zapatiste, “le peuple dirige et le gouvernement obéit” »

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Jérôme Baschet vit depuis vingt ans au Chiapas. Il a consacré de nombreux ouvrages au zapatisme dont l’un des derniers, « Adieux au capitalisme », nous propose de « rouvrir le futur et d’engager résolument la réflexion sur ce que peut être un monde libéré de la tyrannie capitaliste. » Nous l’avons pris au mot en l’interrogeant sur la manière dont les zapatistes peuvent nous inspirer pour rendre l’État inutile et dépasser enfin le règne de l’économie toute-puissante.
« Si les zapatistes avaient attendu que le rapport de forces leur soit favorable, ils n’auraient jamais rien entrepris. »

Le Comptoir : Vous êtes historien, enseignant à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris jusqu’en 2016 et à l’Université autonome du Chiapas à San Cristóbal de Las Casas encore aujourd’hui, où vous vivez depuis 1997. Qu’est-ce qui vous a amené au Mexique, et quel est votre rôle à l’Université de San Cristóbal de Las Casas ?

Jérôme Baschet : C’est en effet une trajectoire de vingt ans, pendant laquelle j’ai mené en parallèle mon intérêt pour les dynamiques contemporaines au Mexique et mon enseignement et mes recherches comme historien du Moyen Âge. Mais le déplacement progressif de l’équilibre entre ces deux versants de mon activité m’a conduit, il y a un an, à mettre fin à mon enseignement à l’EHESS, à Paris. C’est vous dire dans quel sens penche la balance…

Comment liez-vous votre recherche d’historien à l’actualité du zapatisme auquel vous avez consacré quatre ouvrages ?

Je dirais surtout que mon expérience au Chiapas a complètement transformé mon travail comme historien. Enseigner le Moyen Âge européen à des étudiants mexicains a été pour moi l’occasion de repenser cette période à partir de ses prolongements outre-Atlantique, dans les structures du monde colonial qui resteraient incompréhensibles si l’on ne prenait en compte le rôle que l’Église a joué dans leur consolidation. Sur des points plus spécifiques, la connaissance des conceptions des peuples mayas a constitué un point d’appui important pour l’étude comparée des conceptions de la personne humaine et pour atteindre, par différence, une meilleure compréhension des représentations propres à l’Occident médiéval (c’est ce à quoi est consacré Corps et âmes : Une histoire de la personne au Moyen Âge, publié l’an dernier et qui comporte un versant comparatiste).
Enfin, l’inspiration zapatiste m’est apparue d’emblée très féconde, bien sûr dans une perspective politique, mais aussi d’un point de vue historiographique. On peut y découvrir de riches filons pour reprendre l’examen de nos conceptions de l’histoire et de la temporalité, et notamment pour lutter contre la tyrannie du présent, qui s’impose dans notre monde toujours plus pressé, en manque de temps et soumis à la dictature de l’urgence. C’est ce que les historiens ont pris l’habitude de dénommer “présentisme” et que les zapatistes identifient comme le règne d’un “présent perpétuel”. C’est à en préciser les caractéristiques et à explorer les chemins qui permettent d’en sortir qu’est consacré mon prochain livre, qui paraîtra au début de l’année prochaine et qui, une fois encore, trouve son appui principal dans l’expérience zapatiste.
« Les théories non seulement ne doivent pas s’isoler de la réalité, mais doivent chercher en elles les leviers qui leur sont parfois nécessaires quand elles se retrouvent dans une impasse conceptuelle. Les théories rondes, complètes, achevées, cohérentes, sont parfaites pour présenter un examen professionnel ou remporter un prix, mais généralement elles sont réduites en miettes au premier coup de vent de la réalité. » Sous-commandant Marcos, Saisons de la digne rage, « Sentir le rouge » (Climats, 2009)

Comme pour la problématique de la tyrannie du présent, il semble que le mouvement zapatiste intègre des constructions théoriques et trouve les moyens de lutter par la pratique quotidienne. Est-ce que cela provient des années de clandestinité durant lesquelles les zapatistes de l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) se sont intégrés aux communautés pour s’en inspirer ?

En effet, l’EZLN a été fondé, en 1983, comme un foyer de guérilla guévariste relativement classique. Pour de multiples raisons, il s’est rapidement transformé en organisation armée des communautés indiennes. Cette organisation n’est pas restée extérieure au monde indigène ; elle s’est “indianisée”. Les militants formés au marxisme-léninisme racontent leur expérience comme une heureuse défaite, au cours de laquelle leur vision du monde initiale, carrée et pétrie de certitudes, s’est retrouvée “toute cabossée”. C’est sans doute cette expérience initiale qui a amorcé un profond et constant processus d’auto-transformation, dans lequel c’est, le plus souvent, l’expérience concrète qui prime. Ce qui n’empêche pas l’EZLN d’être doté d’une notable créativité théorique.
Dans l’expérience zapatiste, le rapport entre théorie et pratique me semble bien exprimé par l’expression qui invite à caminar preguntando [avancer en posant des questions]. C’est le refus des postures dogmatiques et avant-gardistes, sûres de savoir où guider les “masses”. Il faut avancer sans certitude et sans garantie. C’est la force des questions qui se posent à chaque pas qui permet d’ouvrir un chemin qui n’est pas tracé d’avance.

Pouvez-vous nous décrire le rapport de force au moment de l’insurrection du 1er janvier 1994 ?

L’essor de l’EZLN au Chiapas a été impressionnant pendant les années de clandestinité. Dans la région que l’on appelle la “forêt lacandone”, presque tous les villages étaient devenus zapatistes. Leur implantation était également forte dans les hauts plateaux du Chiapas, région où se trouve San Cristóbal de Las Casas, la capitale historique de l’État. Ce sont probablement des centaines de milliers d’indiens qui ont pris part, directement ou indirectement, au soulèvement lors duquel quatre villes du Chiapas ont été occupées par l’EZLN, sans compter les nombreuses organisations qui, sans être zapatistes, ont profité du soulèvement pour se mobiliser et notamment pour lancer leurs propres occupations de terres.
S’agissant des zapatistes, leur équipement militaire était des plus rudimentaires (de simples fusils de chasse pour certains) ; le rapport de force avec l’armée fédérale mexicaine était, sur ce plan, des plus déséquilibrés. Mais la connaissance du terrain et l’intégration avec les communautés indiennes ont toutefois constitué des facteurs favorables ; lorsque l’armée fédérale, en février 1995, a lancé une offensive visant à éliminer tous les dirigeants de l’EZLN, elle a échoué. Surtout, en position d’infériorité sur le plan militaire, la justesse des causes défendues par l’EZLN a suscité une énorme solidarité au plan national, et aussi international ; c’est très certainement ce qui a permis au zapatisme de poursuivre son chemin jusqu’à aujourd’hui.
Enfin, puisque vous me posez une question sur « le rapport de forces », j’ajouterai que les zapatistes ont souvent dit, avec l’humour qui les caractérise, qu’ils « disaient merde au rapport de forces ». Une manière de signaler que s’ils avaient attendu que le rapport de forces leur soit favorable, ils n’auraient jamais rien entrepris…
« L’autonomie est une conception du politique qui se construit sans l’État, ou si l’on veut, contre l’État, au sens de Pierre Clastres. »

Comment résumer les presque dix années de combat politique au niveau local et national qui ont suivi, jusqu’à la création des caracoles (escargots en espagnol, qui désignent les bâtiments où se prennent les décisions pour chaque zone) en 2003 ?

Les zapatistes eux-mêmes ont souvent divisé cette histoire en deux parties : le feu et la parole. Elles sont très inégales en durée. Le feu des fusils a retenti pendant douze jours seulement. Puis, les zapatistes ont accepté le cessez-le-feu exigé par la population mexicaine et proposé par le gouvernement. S’est alors ouverte l’étape de la parole. Des “dialogues” ont eu lieu avec le gouvernement fédéral, dans la cathédrale de San Cristóbal d’abord, sous les auspices de l’évêque Samuel Ruiz, puis dans la petite ville de San Andrés Sakamch’en de los Pobres, où les délégations zapatistes et gouvernementales signent une première série d’accords portant sur les droits et la culture indigènes, en 1996. À partir de là, en même temps qu’ils poursuivaient le dialogue avec la “société civile” mexicaine et internationale (à travers toute une série d’initiatives, comme la Rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme, à l’été 1996), les zapatistes n’ont eu de cesse de lutter pour obtenir la transcription constitutionnelle des Accords de San Andrés, ce que le président d’alors, Ernesto Zedillo, a refusé. Obtenir cette reconnaissance constitutionnelle était l’objectif de la Marche de la couleur de la terre jusqu’à Mexico, en 2001, qui a permis de plaider en sa faveur à la tribune du parlement. Mais en vain. Une nouvelle rupture est alors intervenue : tirant les conclusions de l’échec d’un chemin très légaliste, les zapatistes décident de mettre en pratique, dans les faits, l’autonomie reconnue aux peuples indiens dans les Accords de San Andrés, à défaut d’en avoir obtenu la reconnaissance constitutionnelle. C’est le début d’une nouvelle étape, qui dure jusqu’à aujourd’hui.

Comment s’est traduite cette autonomie sur la prise de décisions collectives et à quelle échelle ?

C’est un véritable système politique d’auto-gouvernement qui s’est mis en place, sur un territoire assez ample, de l’ordre d’une région comme la Bretagne. Il se développe à trois échelles. D’abord, les communautés, c’est-à-dire les villages, qui, dans la tradition indienne, ont leur assemblée, qui est le lieu de parole et d’élaboration des décisions collectives. Puis les communes autonomes, qui ont commencé à se constituer à partir de 1994 et qui sont aujourd’hui au nombre de 27 (une commune, au Mexique, c’est très grand ; cela peut représenter des dizaines de villages, voire une centaine). Enfin, en 2003, les zapatistes ont créé cinq conseils de bon gouvernement, qui sont des instances régionales qui coordonnent l’action de plusieurs communes.
À chacun de ces trois niveaux, il y des assemblées et des délégués élus pour des mandats non renouvelables, révocables à tout moment, sans salaire ou avantage matériel (ce qui fait une différence considérable avec les structures institutionnelles au Mexique). Ces fonctions sont conçues comme des “charges”, dans une véritable éthique du service rendu à la communauté et un souci concret d’opérer une dispersion des fonctions politiques, qui sont effectivement partagées entre tous, hommes et femmes, acteurs ordinaires de la vie collective. Malgré des manquements et des défauts toujours à corriger, on peut bien dire que dans l’autonomie, « le peuple dirige et le gouvernement obéit », comme on peut le lire sur les panneaux placés à l’entrée des territoires zapatistes.
La manière de prendre les décisions ne peut évidemment pas être la même aux trois niveaux. Au niveau de la communauté, l’assemblée, une instance traditionnelle est le lieu de prise de décision ; même s’il existe aussi un représentant communautaire élu qui joue un certain rôle. Au niveau de la commune, le conseil municipal interagit avec l’assemblée municipale. De même au niveau de la région, le conseil de bon gouvernement soumet ses propositions à l’assemblée régionale, qui se réunit plus rarement : les propositions peuvent être approuvées s’il y a un accord suffisant ; sinon, les représentations des communautés sont chargées de soumettre le projet à discussion dans les villages et reviennent à l’assemblée suivante avec leur accord, leur refus ou des propositions d’amendement ; on réalise alors un nouveau projet, qui peut être approuvé directement ou bien être à nouveau renvoyé pour discussion dans les villages. Cela peut paraître long, mais c’est la condition pour qu’un projet, véritablement discuté et approprié par tous et toutes, ait quelque chance d’être convenablement mis en pratique.
« Il faut avancer sans certitude et sans garantie. C’est la force des questions qui se posent à chaque pas qui permet d’ouvrir un chemin qui n’est pas tracé d’avance. »

Y a-t-il eu, ou y a-t-il encore, des résistances au niveau local ?

Les difficultés sont immenses et les conditions dans lesquelles se déploie l’autonomie très précaires. De fait, il a fallu une détermination considérable et une énorme capacité de résistance pour en arriver là où en sont aujourd’hui les zapatistes. Ils ont d’abord fait face aux attaques de l’armée fédérale, puis des groupes paramilitaires, qui, à partir de 1996, ont constitué la principale stratégie du gouvernement mexicain pour se débarrasser des zapatistes. Le résultat : des dizaines de milliers de déplacés et le massacre d’Actéal, en 1997, où 45 hommes, femmes et enfants ont été assassinés. Depuis les années 2000, les gouvernements ont opté pour d’autres formes de division au sein des villages indiens. D’une part, ils cherchent à attirer les zapatistes hors de l’organisation en faisant miroiter l’argent des “programmes sociaux” qui sont autant de moyens de contrôle de la population. De l’autre, ils encouragent des groupes non zapatistes à s’emparer des terres des zapatistes, en échange d’appui pour des projets productifs. Les familles zapatistes sont parfois chassées de leurs maisons, leurs biens incendiés, et en 2014, le “maestro” zapatiste, Galeano, a été assassiné à La Realidad.

Qu’en est-il de l’autonomie alimentaire, énergétique et au niveau de l’éducation et de la santé ?

L’autonomie n’est pas l’autarcie : il ne s’agit pas du tout de se refermer sur soi, comme en témoignent les nombreuses initiatives nationales et internationales que les zapatistes multiplient en parallèle à la construction de l’autonomie.
Bien entendu, l’autosuffisance alimentaire est importante. Les zapatistes y parviennent pour les produits essentiels. Ils cultivent aussi du café, sur de petites parcelles familiales, qui est commercialisé par des coopératives et des réseaux de distribution solidaire (au Mexique, dans plusieurs pays d’Amérique et d’Europe). La vente du café permet aux familles zapatistes de se procurer les biens élémentaires qui ne sont pas produits dans les communautés.
En matière d’énergie, l’autonomie est moins avancée, mais il est assez répandu au Mexique, et surtout dans un État comme le Chiapas où se trouvent les principaux barrages hydroélectriques du pays, de lutter contre les tarifs élevés de l’électricité en faisant des branchements sauvages et en les défendant contre les fonctionnaires de l’entreprise productrice.
C’est en matière de santé et d’éducation que l’autonomie a le plus avancé. Les zapatistes ont mis en place leur propre système de santé, avec des cliniques dans chaque région, des micro-cliniques dans les communes et des “promoteurs de santé” dans les villages. Pour l’éducation, ils ont construit des centaines d’écoles, primaires et secondaires, formé des centaines d’enseignants et conçu un projet éducatif propre, adapté à leur culture, à leur horizon politique et à leur intérêt pour les luttes de tous les peuples du monde. À noter aussi que les conseils autonomes rendent la justice, une justice autre, de médiation et sans recours à la prison, à laquelle les non zapatistes ont aussi volontiers recours.
Tout cela fonctionne évidemment sans la moindre aide gouvernementale (les zapatistes se refusent à recourir au moindre argent venant des instances constitutionnelles). Il est très intéressant de voir que l’ensemble du système de santé et d’éducation fonctionne sans recourir au salaire. Bon nombre d’enseignants restent paysans et cultivent leurs propres terres pendant les pauses du calendrier scolaire et ils bénéficient de l’engagement de la communauté de les aider à les cultiver ou de subvenir à leurs besoins. Pour la santé, ce sont surtout des formes de travail collectif auxquelles tous collaborent qui permettent de faire fonctionner les cliniques. On a donc des formes d’organisation collective qui s’efforcent d’échapper aux catégories capitalistes du salaire et de l’argent.
« Développer les capacités à faire par nous-mêmes, à nous gouverner nous-mêmes, c’est faire un pas qui donne consistance à l’autonomie et tend à rendre inutile le pouvoir d’État. »

Peut-on dire qu’en pratique, il y a eu sécession entre le Chiapas et l’État mexicain ? Comment qualifier leurs relations ?

Sécession, au sens de ne plus collaborer avec les institutions de l’État, de s’en séparer presque complètement, oui, assurément. Mais pas du tout au sens d’un processus dont l’objectif serait de se rendre indépendant du Mexique. Les zapatistes se sentent mexicains et affichent volontiers leur nationalisme. L’autonomie, telle qu’ils l’entendent, n’est pas un projet indépendantiste. C’est une conception du politique qui se construit sans l’État, ou si l’on veut, contre l’État, au sens de Pierre Clastres.
On peut donc parler de sécession, mais aussi de destitution, au sens de ce qui rend le pouvoir inutile. De fait, dans leurs territoires, les zapatistes ont œuvré – c’est-à-dire lutté durement – pour rendre les institutions mexicaines parfaitement inutiles (même si, comme on l’a vu, celles-ci ne se laissent évidemment pas faire). La destitution suppose donc la résistance, la lutte contre, mais aussi un art de faire croître des formes d’organisation propres, pour que puissent se déployer les manières de vivre que les gens considèrent leurs. On peut, si l’on veut, appeler cela destitution ou sécession ; mais aussi autonomie, comme le font les zapatistes. Entendue en son sens politique radical, anti-étatique, l’autonomie est une notion forte.

Alors que l’autonomisation semble être un moyen et une fin qui porte ses fruits au Chiapas, pensez-vous qu’il faut encore tenter de résister à l’emprise du capitalisme au niveau international, en prenant part ou en perturbant les réunions internationales du type COP (Conférences des parties) ou celle de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) en ce moment [10-13 décembre 2017], comme le fait La Via Campesina par exemple ? Ou faut-il plutôt envisager, comme ce qui a lieu de manière plus ou moins désordonnée avec les ZAD, une réappropriation des territoires zone par zone, qui s’accompagne d’une reprise en main des capacités de décision et de gestion au niveau local ?

Une construction territorialisée de l’autonomie me semble en effet pouvoir porter ses fruits, comme au Chiapas ou sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et ailleurs. Mais elle ne peut être une fin en soi (il faut d’ailleurs dire, au passage, qu’une politique de l’autonomie ne peut avoir de fin, au sens où elle ne peut jamais prétendre être pleinement réalisée). Tant qu’elle reste un espace qui tente de se libérer au milieu de la marée noire capitaliste, une expérience d’autonomie est nécessairement limitée, agressée, minée de l’intérieur… Alors oui, bien sûr, il faut s’affronter à l’emprise du capitalisme à une échelle internationale, même si les actions réalisées à l’occasion des sommets et rencontres internationales ne sont pas les seules possibles.
Pour revenir aux zapatistes, ils consacrent beaucoup d’énergie à la construction de l’autonomie, mais aussi à la mise en œuvre d’initiatives nationales (comme en ce moment, la formation d’un Conseil indien de gouvernement au niveau national et la tentative d’inscrire sa porte-parole comme candidate indépendante à l’élection présidentielle de 2018) et à l’organisation de rencontres internationales. Il y a eu la rencontre dite “intergalactique” de 1996, mais aussi, entre autres, le Festival mondial de la digne rage en 2008, le Festival mondial des résistances et des rébellions en 2014, les rencontres consacrées aux arts et aux sciences, en 2016 et 2017, ou encore le séminaire international « La pensée critique face à l’hydre capitaliste », en mai 2015 (les interventions de l’EZLN à ce séminaire sont devenues un livre, qui sera bientôt disponible en français). Le titre de cette dernière rencontre suggère, à lui seul, que nous avons un ennemi global commun, dont la puissance destructrice redoutable (mais pas invincible) se fait sentir sur l’ensemble de la planète ; et face à cet ennemi notre objectif ne peut être que de l’affronter (avec intelligence) et de faire en sorte qu’il soit vaincu. En outre, les zapatistes ont appelé, depuis 2005 et sous une forme renouvelée depuis 2013, à la constitution d’un réseau planétaire de luttes et de résistances, qu’ils appellent la Sexta.
Bref, nous ne devrions pas opposer, comme deux termes entre lesquels il faudrait choisir, les expériences de construction territorialisée et la perspective d’une lutte plus ample contre le capitalisme. Construire (territorialement) et attaquer (l’ennemi global) ne peuvent qu’aller de pair. Construire des lieux et des expériences qui donnent consistance à ce que nous voulons est une base indispensable, mais le risque est de s’enfermer dans des îlots et de s’isoler, ce qui serait une option de courte vue et bien illusoire. Ne serait-ce que pour se maintenir, les expériences territorialisées doivent chercher à tisser des liens au-delà d’elles, à contribuer aux autres luttes et au renforcement de la capacité globale d’action contre l’hydre capitaliste.

Pensez-vous que le succès du zapatisme soit lié à l’histoire du Mexique et à la présence de communautés aux traditions encore fortes au Chiapas ou estimez-vous au contraire qu’il y a des raisons d’espérer qu’on puisse s’autonomiser et rendre l’État inutile ailleurs ?

Il y a certes des particularités liées notamment à l’impact historique de la Révolution mexicaine ; et le maintien de formes de vie communautaires n’ayant pas été détruites par la guerre totale que le monde de l’Économie mène contre tout ce qui ne répond pas à ses normes est assurément un avantage. Pour autant, il serait erroné de penser que ce qu’on fait les zapatistes serait venu naturellement ou facilement : il a fallu construire la force collective nécessaire pour se dresser – au pire moment du triomphe néolibéral – contre un état de fait implacable et contre un rapport de force qui semblait éminemment défavorable.
Si les zapatistes se gardent bien d’ériger leur expérience en modèle et soulignent qu’elle n’est pas reproductible telle quelle, il me semble que la logique de l’autonomie n’est pas du tout spécifique aux peuples indiens ou au Mexique. L’idée d’une politique non étatique, dont le principe consiste à éprouver que nous sommes capables de nous gouverner nous-mêmes, est enracinée dans les expériences historiques de très nombreuses régions du monde. S’il y a bien quelque chose à célébrer, en ce centenaire de la révolution russe, c’est la lutte anonyme de tous ceux et celles qui ont inventé et donné corps aux conseils (soviets) paysans, ouvriers et de soldats, qui auraient pu constituer une forme non étatique d’auto-gouvernement populaire. Bien d’autres expériences pourraient être citées, des communes d’Aragon et Catalogne en 1936-1937 au Kurdistan actuel. En Europe aujourd’hui, les expériences sont plus restreintes, mais elles ne sont pas inexistantes. Ce qui se joue sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ou dans d’autres espaces parfois urbains, comme le quartier libre des Lentillères à Dijon est, pour cela, d’une grande importance. Développer ces capacités à faire par nous-mêmes, à nous gouverner nous-mêmes, c’est faire un pas qui donne consistance à l’autonomie et tend à rendre inutile le pouvoir d’État. Mais il ne faut pas oublier que notre ennemi est plus vaste encore : c’est le monde de l’Économie. De fait, l’autonomie n’a de sens que si elle permet de faire croître des manières de vivre que nous éprouvons comme nôtres, c’est-à-dire qui sont à la fois exemptes de la dépossession étatique et de l’hétéronomie de la marchandise.

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