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#SupGaleano #EZLN: Sur La Mer

SUR LA MER.

 


Mai 2021


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En pensant à ses passagers comme il se doit, le capitaine Ludwig recommanda de partir le 2 dans l'après-midi. La houle prévue pour le 3 allait faire souffrir les marins novices plus qu'il se doit. Le capitaine proposa donc d'avancer le départ à 16h, le second jour du cinquième mois.



Le Sous-commandant Moisés l'écouta avec attention et fut d'accord. Ainsi donc, maintenant qu'il est habituel d'utiliser le mot "historique" pour n'importe quoi, c'est la première fois que le zapatisme réalise une chose programmée avant le moment annoncé (en général, nous traînons et démarrons en retard). Et donc : c'est quelque chose d'historique dans le zapatisme.


L'Escadron 421 est donc parti à 16:11:30, dans la journée du 2 mai de l'année 2021. Nous vous présentons ici deux rapports différents concernant la même portion de route maritime.


Rapport de l'Escadron 421 au Haut Commandement Zapatiste :

Itinéraire du navire La Montagne. Les heures données correspondent à l'heure officielle de la Ville de Mexico, Mexique (UTC -5)


Journée du 2 mai 2021. À 16:11:30, La Montagne a initié sa traversée à une vitesse approximative de 4 nœuds (1 nœud = 1,852 km/h). À 16:21:30 elle a pris la direction sud sud-est et, à 17:23:04, La Montagne a entamé un léger virage vers l'orient. À 17:24:13 ont commencé les manœuvres pour déployer toute la voilure. L'équipage, avec l'aide de l'Escadron 421, a commencé à hisser les voiles. À 17:34 le virage s'est poursuivi en direction de l'est. Il a duré jusqu'à 17:41, avec au nord la pointe sud d'Isla Mujeres (Île Femmes, ndt). À cette heure-là, il a mis le cap sur le nord-est, en direction du Premier territoire libre d'Amérique : Cuba. Avec un vent favorable, La Montagne a pu maintenir une vitesse de 8 à 9 nœuds. À 23:01, à l'entrée du dit "Canal de Yucatán", sa vitesse était de 6 nœuds.






3 mai. À l'aube.

À 01:42, à la vitesse de 8 nœuds, La Montagne s'approche des côtes de Cuba.
Référence : le Cabo de San Antonio. À 08:18:00, à quelques miles au sud du Phare Roncali, elle met le cap sur le sud-est. Vitesse : 5 nœuds. À 10:35:30 elle s'oriente nord nord-est. La vitesse monte à 7 et 8 nœuds et des rafales de vent maltraitent la voilure. À quelques miles au sud-ouest de Cabo Corrientes, le capitaine décide d'entrer dans la baie du même nom. À 13:55 il longe, par la gauche, Punta Caimán. Le 3 mai, à 14:25:15, le capitaine décide de jeter l'ancre face au village cubain appelé "María La Gorda" ; latitude 21.8225 ; longitude 84.4987 ; pour réparer la voilure affectée et attendre que le vent se calme.


Le 4 mai 2021, à 16:55:30.
La Montagne reprend sa navigation, à présent direction ouest sud-ouest, avec une vitesse de 6 nœuds. À 17:45:30, à hauteur du Cabo Corrientes, elle prend la direction sud sud-est. À 19:05:30 elle vire pour se diriger vers l'est nord-est.




À 00:16:15, le 5 mai, La Montagne navigue à 7-8 nœuds. À 4:56:30, avec au nord Cayo Real et Cayo del Perro, le voilier motorisé se dirige vers le sud sud-est. Face à la côte occidentale de la Isla de la Juventud (île de la Jeunesse, ndt), il dessine deux "Z" successifs et à 12:07:00 il navigue parallèlement à la côte sud de l'île mentionnée précédemment, à la vitesse de 5 nœuds et en direction de l'est. Le dernier rapport reçu date de 23:16:45, le 5 mai : 6-7 nœuds, direction est. Il se dirige vers la ville et le port cubain de Cienfuegos, pour y arriver dans la journée du 6 mai.


À Cienfuegos, La Montagne devra faire le plein et séjourner quelques jours, pour ensuite poursuivre son voyage. Il est rapporté que l'Escadron 421, dans sa totalité, se porte bien et qu'il s'adapte. Sans "vomitos", rien que de légers maux de mer.


C'est tout pour le moment.


-*-




Récit envoyé par un être ressemblant extraordinairement à un scarabée - voyageant clandestinement sur La Montagne. Les membres de l'équipage ont tout essayé pour le capturer. Ils n'y sont pas arrivés. Les quelques fois où ils ont réussi à la coincer, la bestiole les ensorcelle avec des contes et légendes de choses terribles et merveilleuses, d'histoires qui ont eu lieu et d'autres qui vont arriver. Quand l'équipage sort de la transe, le scarabée s'en retourne sur le pont supérieur d'où il déclame des poèmes dans différentes langues, profère des menaces et des malédictions et défie l'Hydre avec pour lance un cure-dents et pour bouclier le bouchon en plastique d'un flacon quelconque.Voici sa version :



"Plutôt que naviguer, La Montagne semble danser pour la mer. Comme dans un long baiser passionné, elle s'est détachée du port et s'est dirigée vers son destin incertain, plein d'enjeux, de défis, de menaces et pas moins de contretemps.


Une cumbia l'accompagne, lui marque le rythme et la distance. Un soleil étonné s'arrête pour mieux observer son déhanchement rythmé. La lune, pâle d'envie et de rage, perd le rythme lors d'un dernier et sensuel battement de mains.


Un vent lascif, satyre de nuages et de rafales, poursuivait la Montagne, ébahi par le va-et-vient de la poupe. La cumbia ne faisait rien pour atténuer désirs et pulsions, les encourageant plutôt, les faisant grandir et augmenter. Maladroit et empressé, comme un amant novice, le vent, hérissé de luxure, prit le risque d'envoyer une forte claque. Il déchira ainsi les voiles, brunes de sel et d'eau, avec lesquelles le navire veillait sur sa précieuse cargaison.



Pudique, La Montagne chercha un lieu sûr et discret pour réparer ses habits. Elle réfléchissait ainsi : "Le vent doit apprendre que l'appétit et le désir se doivent d'être mutuels, sous peine d'être agression et non amour, tel est le nom qu'on leur donne."


Remise, La Montagne reprit son chemin et sa mission, non sans faire avant ses reproches au vent qui, navré, avec ruse et petitesse la suit à présent sans s'empêcher, mer oblige, de la couvrir de requêtes :


Dépouillez-vous de votre pudeur, la prie-t-il. Que la voilure s'évanouisse et, montrez-vous nue même si votre lumière blesse le regard, supplie-t-il. Car, la nudité n'est pas péché si elle se couvre d'une autre nudité, argumente-t-il.


La Montagne, digne et altière, ne cède en rien. Ferme et tendre, elle le repousse. "Quand bien même je me reposerais dans un port et que dans un port je me récupérerais", a dit La Montagne. Et de sa proue, elle montre et dit : "Regardez cette autre île qu'aperçoit notre espoir et que l'on nomme Cuba. Ces montagnes que saluent depuis cette Montagne, des êtres anachroniques dont le défi présent est de parcourir des chemins de mer."



Et, irritée, l'embarcation rabroue le vent impertinent. Qu'il cesse de fouiller sous ses jupes car pour dénouer le désir, il suffit quelquefois d'un regard. Le vent resta donc sur sa réserve, sans pour autant ménager ses soupirs qui augmentaient l’allure du navire.


Et ainsi navigue La Montagne, le vent la suit en promettant des petits matins.


À l'orient, l'attente grandit et, avec elle, l'espoir."


Signé : Don Durito de la forêt lacandone, alias "Black Shield", alias "Durito", alias "Nabuchodonosor", alias "Scarabée Impertinent", alias "Redresseur de torts", alias "le grand, que dis-je 'grand', le géant, le merveilleux, le superlatif, l'hyper-mega-plus, le supercalifragilisticexpialidocious, l'unique, l'inégalable, lui. LUI, Don Durito de la Lacandone !", alias (suivent plusieurs tomes de l'encyclopédie des attributs du "plus grands des chevaliers errants" - la majorité d'entre eux élaborés par le susdit-).

Et il ajoute un lointain post-scriptum du lointain et défunt SupMarcos : "L'espoir est comme un biscuit : il ne sert à rien si on ne l'a pas dans le ventre."


-*-


Pour ma part, je décline toute responsabilité concernant ce qui précède. En particulier le rapport de la bestiole.


Bon. Santé et qu'embarcation et vents facilitent la mission.

Le SupGaleano sculptant la cumbia comme s'il naviguait avec elle.

Planète Terre.

Mai 2021.



Tzotzil de 24 de anos años perdio la vida en Aldama por grupo paramilitar

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Grupo paramilitar priva de la vida a Pedro Lunez Pérez en patrullaje de la Guardia Nacional


Grupo paramilitar priva de la vida a Pedro Lunez Pérez en patrullaje de la Guardia Nacional

• El Estado mexicano incumple medidas cautelares otorgadas por la CIDH a favor de la población de Aldama.

• Los gobiernos federal y estatal sometidos por la violencia paramilitar en el territorio Chiapaneco.

El Centro de Derechos Humanos Fray Bartolomé de Las Casas A.C. (Frayba) recibió información por parte de la Comisión Permanente de los 115 Comuneros y Desplazados de Aldama, refiriendo que el día de hoy, hacia las 14:00 horas, el C. Pedro Lunez Pérez de 24 años de edad perdió la vida. Este hecho lamentable e irreparable ocurrió en la comunidad de Coco municipio de Aldama, mientras Pedro Lunez estaba dentro de su casa. Este hecho es resultado de los constantes disparos de armas de fuego por parte del grupo paramilitar que se ubica en el territorio de Santa Martha, municipio de Chenalhó y que goza de total impunidad.

Desde ayer, las detonaciones de armas de fuego provenientes del territorio de Santa Martha, municipio de Chenalhó, son dirigidas hacia los habitantes del municipio de Aldama, Chiapas. La Comisión Permanente de los 115 comuneros y desplazados de Aldama, de nueva cuenta reportó que el día de hoy, aproximadamente las 14:00 horas habría iniciado de nueva cuenta las agresiones armadas. El lamentable deceso ocurrió mientras la Guardia Nacional y policías estatales se encontraban cerca de la comunidad de Coco.

Al cierre de esta acción urgente, los ataques armados del grupo paramilitar de Santa Martha continúan. Aproximadamente las 16:29 horas, los disparos de armas de fuego salen del punto El Puente, Santa Martha Chenalhó, en dirección hacia la comunidad de Juxton, municipio de Aldama. A las 17:44 horas los disparos de altos calibres provienen desde en los puntos de ataque de Tijera Caridad, Puente, Kante, Panteón, Chuchte de Santa Martha Chenalhó.

La población maya tsotsil que habita en las comunidades Coco, Tabac, Xuxchen, San Pedro Cotzilnam, Chayomte, Juxton, Tselejpotobtic, Yeton, Chivit, Sepelton, Yoctontik y la Cabecera de Aldama, recientemente fueron beneficiadas por el otorgamiento de la Medida Cautelar No. 284-18, según la Resolución 35/2021 de 23 de abril de 2021, de la Comisión Interamericana de Derechos Humanos (CIDH), en donde consideró “que la situación reúne prima facie los requisitos de gravedad, urgencia e irreparabilidad contenidos en el artículo 25 del Reglamento de la CIDH”, solicitando al Estado mexicano que:

A) Adopte las medidas de seguridad necesarias, y culturalmente pertinentes, para proteger la vida e integridad personal de las familias beneficiarias; específicamente, para garantizar la seguridad al interior de sus comunidades, y durante sus desplazamientos, con miras a prevenir amenazas, hostigamientos, intimidaciones o actos de violencia armada por parte de terceros;
B) Concierte las medidas a adoptarse con las personas beneficiarias y sus representantes; y
C) Informe sobre las acciones adoptadas a fin de investigar los hechos que dieron lugar a la adopción de la presente medida cautelar y así prevenir su repetición.

El Frayba, manifiesta su alta preocupación por los hechos lamentables suscitados el día de hoy, una vez más el Pueblo tsotsil está de luto. Así mismo, señala que es de alta gravedad que el Estado mexicano aún no éste implementando las medidas cautelares a fin de evitar los ataques armados, por lo que exigimos de manera urgente se adopte las Medidas Cautelares otorgadas por la CIDH a favor de la población maya tsotsil del municipio de Aldama; así como efectuar una investigación exhaustiva para dar con los responsables de los ataques armados de los grupos paramilitares que actúan bajo el cobijo de la impunidad, aterran, torturan y desplazan a la población y que han resultado, además, de la pérdida de vidas humanas, el gobierno mexicano con su no intervención efectiva le apuesta al exterminio de los pueblos.

Hacemos un llamado a la solidaridad nacional e internacional que firmen esta acción urgente disponible en la página

Voyage pour la vie

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L'EZLN voyagera dans les 5 continents

EZLN viajara en los 5 continentes


Communiqués de l'EZLN traduits en Français:          Comunicados del EZLN:

6* Partie: Une Montagne en Haute Mer                          6a parte: Una Montaña en Altamar 

5* Partie "Le Regard et la Distance"                              5a parte: La mirada y la Distancia

4* Partie  "Mémoire de ce qui adviendra"                      4a parte: Memoria de lo que Vendra

3* Partie "La Mission"                                                     3a parte: "La misión"

2* Partie "le bar"                                                             2a parte: "la cantina" 

1* Partie "une Déclaration ... pour la vie"                       1a parte: "Una declaracion...por la vida"

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Communiqué de l'EZLN / Comunicado EZLN 

04/2021

En route Vers l'Europe                                               Camino a Europa

Escadron 421(la délégation maritime zapatiste)       Escuadron 421

Et pendant ce temps dans la forêt Lacandon            Y mientras tanto, en la selva lacandona

La route d'Ixchel                                                       La ruta de Ixchel  

Hier la théorie et la pratique                                     Ayer la teoria y pratica

L'abordage                                                                 El Abordaje


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Départ de l'EZLN depuis le Caracol de Morelia:

- Réveillez- Vous

- Vive l'armée zapatiste de libération mondiale

- 7 comp@s zapatistes partent du caracol de morelia pour arriver en Europe

- L'invasion zapatiste commence

- Journal de bord: La Caravane Maritime zapatiste commence l'invasion rebelle

- Vidéo

 

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Campagne Francophone de don pour le voyage pour la vie

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+ infos:

Comprendre le Zapatisme en 15 questions   et autres vidéos

 Le Zapatisme    L'autonomie zapatiste  les Caracoles    La lutte des Femmes 

Lire la Sixième Déclaration de la forêt Lacandon

C'est quoi les communautés autonomes du Chiapas?

Un autre monde existe déjà! 

Panneau de présentation CNI/EZLN/CIG (Cambuche)

 



Agressions contre l'EZLN ! Agresiones en contra del EZLN !

11/2020

Secuestro y tortura de un compañero base de apoyo Zapatista (ahora liberado)

Rapt et torture d'un compañera base d'appui zapatiste (libéré aujourd'hui)


 08/2020

Attaque du groupe Paramilitaire ORCAO contre les zapatistes 

Ataque del groupo Paramilitar ORCAO contra la autonomia zapatista


 https://espoirchiapas.blogspot.com/2020/10/ofensiva-paramilitar-contra-la.html


 

Solidarité / Solidaridad

Pronunciamiento de adherentes de La Sexta Internacional reunidos en la ZAD de Notre Dame des Landes 

 Déclaration des adhérents de la 6*Internationale réunis dans la ZAD de NDDl

 

"Stop à la guerre contre les communautés zapatistes" déclarent des centaines de personnes et d'organisations.

 Alto a la guerra contra las comunidades zapatistas exigen mas de 500 organizaciones e individuales 

 

"Nous denonçons la guerre qui se déploie contre les communautés zapatiste pour imposer des mégasprojets" CNI-CIG

La Otra Europa exigen que se ponga fin a las actuaciones de paramilitares en contra de los tsotsiles

L'Autre Europe exige la fin des agissements des paramilitaires contre les tsotsiles 

Solidaridad del NoTav

 

Megaprojet / Megaproyecto

 https://espoirchiapas.blogspot.com/2020/09/petition-contre-les-travaux-du-parc.html

Le Train Maya / El Tren Maya

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

#CNI: La travesia que haremos hacia Europa es un paso mas para fortalecer nuestras resistencias"

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HACIA EUROPA - Frente de Pueblos en Defensa de la Tierra y el Agua de Morelos, Puebla y Tlaxcala.

 29 de abril de 2021


Foto: Francisco Lion


La travesía que haremos hacia Europa junto con nuestras compañeras y compañeros del EZLN y el Congreso Nacional Indígena es un paso más para fortalecer nuestras resistencias y rebeldías, como pueblos que somos que estamos luchando desde hace años contra el avance voraz de esta hidra capitalista, que nos despoja, empobrece, violenta y asesina en nuestros territorios.


Una de las cosas que hemos aprendido en nuestro caminar, en nuestro luchar, es que entre más seamos los que estamos resistiendo, los que creamos que en nuestros caminares es posible construir otras formas fuera de este sistema, más fuertes seremos. Por ello, el encontrarnos en otras geografías con compañeras y compañeros de otros países que también desde sus formas están en resistencia y rebeldía nos parece muy importante.


Encontrarnos con ellas, ellos, ell@s en otras latitudes de forma horizontal, de forma como en asamblea, como lo hacemos en nuestras comunidades. Encontrarnos para compartir nuestras alegrías, nuestras tristezas. Conocernos- escucharnos- compartir desde cada caminar como vemos las cosas, como le estamos haciendo, como vemos el futuro que creemos posible. Esto es muy importante, romper las distancias geográficas, las distancias culturales, romper con la relación impuesta desde hace siglos entre europeos y mesoamericanos de dominación y desprecio de unos sobre otros que dio paso al fortalecimiento del insípido capitalismo de aquellos siglos atrás, pero que hasta la fecha continúa metido en nuestras cabezas y en las formas estructurales de las sociedades en el mundo.


Creemos que en todo el mundo hay compañeras y compañeros de diferentes colores, orígenes, idiomas, identidades de género y nacionalidades que también ven importante romper con estas formas de estructurar el mundo, de entender el mundo, es por eso que vemos la importancia y pertenencia de este viaje para encontrarnos, para integrar más colores e hilos a este gran tejido que estamos haciendo de los que creemos que otro mundo, otro presente y futuro es posible, este tejido de resistencias y rebeldías que cubrirán el mundo con esperanza con alegría en estos tiempos de desolación y desesperanza.


Otro elemento que también vemos importante es denunciar todo el despojo y la violencia que estamos viviendo en los diferentes territorios a través de los malos gobiernos y el interés de empresas europeas, con políticas y proyectos extractivos que nos están despojando, violentando y asesinando. Como Frente de Pueblos en Defensa de la Tierra y el Agua, Morelos , Puebla y Tlaxcala, como pueblos nahuas que vivimos en las faldas del volcán Popocatepetl, estamos luchando contra el Proyecto Integral Morelos (PIM), un proyecto energético que consta de un gasoducto de 160 km que cruza los tres estados y atraviesa el mapa de riesgo volcánico del volcán Popocatépetl (el volcán mas activo en México) concesionado a las empresas españolas Elecnor, Enagas y la subcontratación de la empresa italiana Bonatti. Dos termoeléctricas de ciclo combinado y un acueducto que se llevará el agua del río Cuautla, concesionados para su construcción a la empresa española Abengoa.


Diferentes impactos a la vida misma, ambientales y sociales traerá este proyecto a nuestros territorios, de mas de 100 pueblos afectados. El fin último del PIM no es la generación de energía para los pueblos, es para alimentar a las diferentes industrias de energía y gas natural que se establecerán. Ya que en realidad es la base para impulsar diferentes corredores industriales en el Oriente del estado de Morelos y en el poniente del estado de Puebla, que incluyen minas y la mayor presencia de los grupos de la delincuencia organizada. Estos corredores industriales que buscan que dejemos nuestra actividad agrícola, nuestra vida campesina y comunitaria para despojarnos de nuestras tierras y aguas para arrojarnos a las industrias sin tener más que nuestras manos, generando cinturones de miseria en nuestros pueblos. Empresas como Saint Gobain son de las principales interesadas y que han presionado para que se impulse este proyecto por su necesidad de abastecerse de gas natural, otras empresas como Nissan, General Motors que también están interesadas en este proyecto.


Por todo esto es que estamos luchando ya mas de 10 años diferentes pueblos afectados por el PIM, durante este tiempo desde los malos gobiernos y las empresas en turno hemos vivido la difamación, represión, tortura, amenazas, presos políticos y el asesinato de nuestro compañero Samir Flores Soberanes de la comunidad de Amilcingo, Morelos. Pero también durante estos años hemos aprendido a caminar juntos como pueblos, a luchar y a ir dando pasos para vivir desde nuestras formas de ver y entender el mundo, un camino hacia la autonomía en nuestras comunidades, con nuestros gobiernos por usos y costumbres, con nuestras radios comunitarias y con diferentes comités que permiten la vida comunitaria.

Hacia Europa vamos pues, para abrir los caminos, para encontrarnos, para hilarnos con los que nos quieran escuchar, nos quieran encontrar, para hilarnos en este gran tejido de resistencias y rebeldías del mundo, hacia allá vamos.











#EZLN: L'abordage.

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Du carnet de notes du Chat-Chien :

 




La "Montaña" fut abordée dans la journée du 30 avril 2021, à telle heure. Le navire était ancré à environ 50 brasses du port, "éloigné de l'agitation / et de la fausse société". Autour de lui voltigeaient mouettes rieuses, cormorans, frégates perce-oreilles, ibis rouges et même un colibri candide, perdu, qui cherchait à faire un nid dans la proue. Sur la coque, sous la ligne de flottaison, des dauphins bouteilles tambourinaient une cumbia ; un requin baleine battait le rythme avec ses ailerons et la raie manta étendait ses ailes noires telles des hanches volantes.


Le groupe pirate était mené par le Sous-commandant insurgé Moisés, accompagné d'une troupe formée par une insurgée tercia, un insurgé chauffeurologue et mécanicien, un membre des bases d'appui chauffeurologue, 5 terci@s, une commandante et deux commandants. Il était là pour faire ses adieux à la délégation maritime, l'Escadron 421, et vérifier, in situ, que l'embarcation réunissait le nécessaire pour l'épopée nautique. Une équipe de soutien de la Commission Sexta était présente pour rédiger les nécrologies des personnes tombées au combat.

Il n'y eut pas de résistance de la part de l'équipage. De fait, le capitaine avait auparavant ordonné de hisser comme misaine, une grande banderole arborant l'emblème de la délégation maritime zapatiste, associant ainsi la Montagne, tout l'équipage inclus, à la lutte pour la vie. Avec le gréement dénudé, le symbole du délire zapatiste brillait de façon plus éclatante et impétueuse.

Disons donc que ce fut un abordage consensuel. Il n'y eut aucune intention agressive de la part de la troupe zapatiste, ni de la part des marins amphitryons. Et on peut dire qu'entre nous et les marin.e.s de La Montagne, il y avait une sorte de complicité, bien que, lors de la première rencontre, ils aient été aussi surpris que nous.

Et nous en serions restés là, nous regardant les uns les autres, immobiles, si, s'avançant de la poupe, un insecte extraordinairement semblable à un scarabée, n'avait crié : « À l'abordage ! S'ils sont beaucoup, on s'enfuit ! S'ils sont peu, on se cache ! Et s'il n'y a personne, on y va, car nous sommes nés pour mourir ! » Ce fut ce qui décida de tout. L'équipage regardait avec stupéfaction la bestiole et nous... euh ... nous ne savions pas si nous devions nous excuser pour cette irruption ou nous joindre à l'attaque pirate.

Le Sous-commandant insurgé Moisés crut que c'était le moment opportun pour les présentations, alors il dit : « Bonjour. Moi, je m'appelle Moisés, Sous-commandant insurgé Moisés et elles, ce sont... ». Quand il se retourna pour présenter la troupe, le SubMoy se rendit compte qu'il n'y avait personne.

Tout le monde allait et venait sur le bateau incapable de dissimuler sa joie et son enthousiasme : les compañeras déléguées, telles des reines des Caraïbes, saluaient depuis bâbord les embarcations pleines de touristes qui les regardaient avec curiosité et indignation, peut-être étonnées que, par cette chaleur, les compas portent de longues jupes. D'autant plus que les touristes filles portaient des bikinis qui donnaient carrément l'impression qu'elles étaient presque nues. Marijose se rendit à la proue d'où, elle contempla la maison d'Ixchel, et se dit qu'elle ne porterait pas ses hyper ultra mini shorts, car il ne s'agissait pas d'humilier les filles de la ville dans le registre de la sensualité.

Les commandants David et Hortensia donnaient leurs dernières recommandations à une Lupita dont le sourire débordait du masque qui lui couvrait la bouche. Le Commandant Zebedeo se répétait à lui même, « je n'aurai pas le mal de mer, je n'aurai pas le mal de mer », appliquant l'antiémiétique que lui avait recommandé le SupGaleano.

Les Tercios (4 hommes, une compa, et une insurgée) de leur côté, prenaient des photos et des vidéos de tout. Et quand je dis "de tout", c'est de tout. Donc ne soyez pas surpris si sur les photos n'apparaissent que des lucarnes, des cordages, la chaîne de l'ancre, le guindeau, le treuil, des bâches, des seaux pour écoper l'eau, et autres objets propres à un navire qui s'apprête à traverser l'Atlantique avec la très noble mission d'envahir, je veux dire, de conquérir, je veux dire, de visiter l'Europe.

Les dénommés Marcelino et Monarca demandèrent où se trouvait la salle des machines et, de je ne sais où, ils sortirent une caisse à outils, avec des pinces et des tournevis, et se dirigèrent vers là où ils pensaient trouver le moteur parce que, expliquèrent-ils à un capitaine abasourdi, à son bruit on pouvait déduire qu'il avait besoin d'un réglage. Bernal et Felipe (en remplacement de Dario - qui avait dû rester à terre pour le passeport de ses gamins -, 49 ans, d'origine Tzeltal ; parlant couramment le tzeltal et "le castilla" ; père de 4 enfants - l'aîné de 23 ans et le cadet de 13 ans - ; a été milicien, sergent, responsable local, conseiller autonome d'un MAREZ, membre du conseil de bon gouvernement, enseignant à la petite école et chauffeur ; musique qu'il aime : romantiques, country mexicain, banda, cumbias, chants révolutionnaires ; couleurs favorites : noir, bleu et gris ; s'est préparé pendant six mois en tant que délégué ; volontaire pour voyager en bateau si un.e ne pouvait pas partir ; expérience maritime : aucune), les deux ont rejoint l'équipe mécanique zapatiste (au cas où, en haute mer, on aurait besoin de réparations).

L'équipage de la Montagne, une fois remis de la confusion causée par un abordage tellement autre, se répartit stratégiquement sur le pont, anticipant l'exaltation zapatiste qui menacerait d'envoyer l'un d'entre nous à la mer.

Si cela devait arriver, nous serions préparés, n'allez pas croire. En raison de la composition de la délégation, nous avions discuté la veille de la façon dont nous devrions crier au cas où cela arriverait : « un homme à la mer » ou « une femme à la mer » ou « un.e autre à la mer » ou « tercio à la mer » ou « chauffeurologue à la mer » ou « scarabée à la mer », etc... Le problème était que, pour savoir ce qu'il fallait crier, le sub Moy devait d'abord faire l'appel et voir qui manquait, puis alors, donner l'ordre de « panique sous le vent » (que la délégation avait pratiqué jusqu'à la perfection dans le Centre de Formation, zone de Naufrages et de Submersions) pour que tout.es crient. Comme les secondes perdues (en réalité, dans les entraînements, il s'agissait de longues minutes) pouvaient être décisives, il fut décidé de crier « Zapatiste à l'eau ! » Cela ne s'étant pas produit, le groupe de corsaires mayas (avec autorisation en règle des Conseils de bon gouvernement zapatistes) s'épargna les moqueries et railleries à ses dépens, dans le bar Mota Negra, à Copenhague, Danemark.

L'équipage fut rapidement gagné par l'enthousiasme zapatiste et, bien qu'étant des marins de longue date dans les eaux océaniques, ils voyaient d'un œil neuf, maintenant à travers le regard zapatiste, une mer calme qui célébrait une visite si inattendue, déjà résignée auparavant face à l'impertinence des touristes du monde entier. Le capitaine du bateau emmena le SubMoy dans le poste de pilotage et le mit à la barre, pendant que les terci@s prenaient des photos... de l'eau (il y aura donc beaucoup de photos d'une mer vide d'interruptions).

La délégation maritime zapatiste, l'escadron 421 proprement dit, quant à elle, passait de l'enthousiasme à la prudence et assaillait l'équipage de questions judicieuses : « Et si la foudre tombe et que le bateau se brise, que faisons-nous ? », « Et si s'ouvre un trou et que toute l'eau s'en va d'un coup, on va devoir marcher ? », « Et vous, comment vous faites pour manger si vous n'avez pas d'endroit où faire la milpa ? », « Et comment le vent sait-il que nous allons là-bas ? », « Et où dort la mer si elle a sommeil ? », « Et si le cœur de la mer devient triste, comment fait-il pour pleurer ? », « Quelle doit-être la taille du cœur pour aimer et chérir la mer, qui est si grande ? », « Et tout comme nous défendons la terre, y a-t-il quelqu'un qui défende la mer ? »

Les membres de l'équipage de la Montagne dont : le capitaine Ludwig (Allemagne), Edwin (Colombie), Gabriela (Allemagne), Ete (Allemagne) et Carl (Allemagne), se regardaient déconcerté.e.s et se disaient en eux-mêmes “In welche Schwierigkeiten bin ich geraten?” (sauf Edwin qui pensait en espagnol "Caramba, dans quel merdier je me suis mis").

-*-

Et la bestiole ? Et bien, prévoyant qu'on essaierait de la jeter par-dessus bord (bien qu'elle ait « mené l'abordage avec bravoure, grâce et beauté inégalées » - se disait-elle ainsi), elle monta sur le pont supérieur et, de là, déclama, dans un galicien impeccable :


Volverei, volverei á vida
cando rompa a luz nos cons
porque nós arrancamos todo o orgullo do mar,
non nos afundiremos nunca máis
que na túa memoria xa non hai volta atrás:
non nos humillaredes NUNCA MÁIS.

(« Je reviendrai, je reviendrai à la vie
quand la lumière se brisera sur les rochers
puisque nous tirons tout notre orgueil de la mer
nous ne sombrerons plus jamais
car dans ta mémoire, aucun retour n'est possible
vous ne nous humilierez PLUS JAMAIS. »)

Depuis le lointain orient, les vagues sur les côtes de Galice répétaient, "jamais plus".


Dont acte.
Le Chat-Chien.
Encore au Mexique, Mai 2021.

"L'invasion zapatiste" commence! J.Baschet

tags : pl-fr,

 

« L’invasion zapatiste » commence !

Jérôme Baschet

paru dans lundimatin#285, le 26 avril 2021

Cela avait été annoncé il y a six mois ; maintenant, nous y sommes.
Le voyage zapatiste vers l’Europe a commencé.
La « conquête inversée » a bel et bien débuté.

[Des traductions de ce texte sont disponibles en portugais, espagnol et grec]

Lorsque, le 5 octobre 2020, les zapatistes ont publié leur communiqué « Une montagne en haute mer », la surprise fut considérable, à l’annonce d’une tournée de l’EZLN (Ejército Zapatista de Liberación Nacional) sur les cinq continents, en commençant par l’Europe. Il faut dire que si les zapatistes n’ont pas été avares d’initiatives tant au Chiapas qu’à l’échelle du Mexique (avec par exemple la Marche de la couleur de la terre, il y a tout juste 20 ans), c’est presque la première fois (à une petite exception près en 1997) qu’ils sortent des frontières de leur pays.

Puis, le 1er janvier dernier, ils ont écrit et co-signé avec des centaines de personnes, collectifs et organisations une Déclaration pour la vie exposant les raisons de ce voyage [1]

...

 : contribuer à l’effort pour que les luttes contre le capitalisme – qui sont indissociablement des luttes pour la vie – se rencontrent dans la pleine conscience de leurs différences et loin de toute volonté d’homogénéisation ou d’hégémonie.

Au cours de ces six derniers mois, un ample processus d’organisation s’est mis en place à l’échelle européenne, mais aussi dans chaque pays ou « géographie », selon la terminologie zapatiste. Une coordination francophone a ainsi vu le jour, puis, en son sein, huit coordinations régionales fédérant collectifs et initiatives locales. Dans le même temps, l’EZLN a confirmé que se préparait une ample délégation composée de plus d’une centaine de ses membres, aux trois quarts des femmes, et qu’elle serait en outre accompagnée par des membres du Congrès National Indien-Conseil Indien de Gouvernement, qui regroupe des luttes indiennes de tout le Mexique, ainsi que par une délégation du Front des Villages en Défense de l’Eau et de la Terre de Morelos, Puebla et Tlaxcala, s’opposant à la mise en service d’une double centrale thermo-électrique qui menace de détourner les ressources en eau indispensables aux paysans de la région [2]

...

.
*

Le 10 avril dernier – anniversaire de l’assassinat d’Emiliano Zapata –, était annoncé le départ de la première partie de la délégation zapatiste, destinée à faire le voyage par la voie maritime. On s’attendait à la voir sortir, ce jour-là, du caracol [3]

[3] Escargot, en espagnol. Nom des centres régionaux où...

de Morelia, où ses membres se préparaient depuis des mois. Il y eut bien alors un rituel en bonne et due forme, avec musique traditionnelle, encens et gestes de purification (« limpia »), sur la réplique d’une proue de navire ; mais la montagne ne s’est pas pour autant déplacée [4]

...

. En effet, il a été annoncé que la délégation se plaçait en quarantaine pendant quinze jours afin d’être assurée de ne pas quitter les territoires zapatistes en étant porteuse d’un autre virus que celui de la rébellion – un choix qui réitère la décision de l’EZLN de prendre (par soi-même et loin de toute injonction étatique) toutes les mesures de précaution sanitaire requises pour éviter la propagation du SARS-Cov-2, ce qui l’avait conduit à déclarer, dès le 15 mars 2020, une alerte rouge et à fermer l’accès à tous les caracoles zapatistes.

On apprit aussi que cette délégation maritime avait été baptisée « Escadron 421 », parce qu’elle est composée de quatre femmes, de deux hommes et d’une personne transgenre (« unoa otroa », dans le lexique zapatiste), présenté.e.s individuellement dans un communiqué du sous-commandant Galeano [5]

...

. Après une nouvelle fête de départ, le dimanche 25, avec exposition de nombreuses peintures et sculptures, paroles d’encouragement du conseil de bon gouvernement et bal populaire [6]

...

, ce lundi 26 avril est donc le jour de leur départ effectif de Morelia. De là, ils rejoindront un port mexicain où les attend le bateau dénommé « La Montagne » et, le 3 mai, largueront les amarres pour la traversée de l’Atlantique. L’Escadron 421 sera alors soumis aux impondérables océaniques, sous la compétente conduite de l’équipage du navire. Il devrait arriver en vue des côtes européennes dans la seconde moitié du mois de juin (le pays ne sera connu que plus tard).

Parallèlement, ces derniers jours, de petites fêtes étaient organisées au son des tambours et des encouragements de toutes sortes pour accompagner le départ d’autres membres de la délégation zapatiste qui quittaient leurs villages de la forêt lacandone, parfois dans des pirogues permettant de descendre les rivières de cette région tropicale, proche de la frontière du Guatemala [7]

...

. Elles et eux feront partie des groupes de la délégation zapatiste qui, en avion cette fois, rejoindront le vieux continent à partir du début juillet.

Commenceront alors des mois d’intenses activités, de rencontres et d’échanges dans toute l’Europe, puisque les zapatistes ont annoncé avoir reçu et accepté des invitations émanant de très nombreuses « géographies » : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Catalogne, Sardaigne, Chypre, Croatie, Danemark, Slovénie, État espagnol, Finlande, France, Grèce, Pays-Bas, Hongrie, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays basque, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Roumanie, Russie, Serbie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine.

Ce sont des centaines de rencontres et d’activités qui ont été proposées aux zapatistes et sont actuellement en cours de préparation. Les collectifs et organisations concernés les feront connaître le moment venu. Il est possible qu’il y ait des rassemblements amples, impliquant toutes les luttes de la période actuelle, des Gilets jaunes aux ZAD et autres résistances territoriales contre les grands projets destructeurs, des collectifs féministes à toutes les formes de soutien aux migrants, des luttes contre les violences policières à celles qui visent à défaire les dominations coloniales, des réseaux d’entraide dans les métropoles aux régions rurales où s’esquissent d’autres manières de vivre, sans oublier la mobilisation prioritaire à laquelle nous obligent, comme le soulignent les zapatistes, les sanglots tragiques de notre planète blessée. La liste est longue (et ici incomplète) au sein de la galaxie des rébellions contre tous les aspects de la barbarie capitaliste et des résistances pour faire émerger d’autres mondes plus désirables.

Surtout, les zapatistes ont expliqué qu’ils venaient pour échanger – c’est-à-dire pour parler et, plus encore, pour écouter – avec toutes celles et ceux qui les ont invités « pour parler de nos histoires mutuelles, de nos douleurs, de nos rages, de nos réussites et de nos échecs » [8]

...

. Des rencontres à petite échelle, pour prendre le temps de se connaître et commencer à apprendre les un.e.s des autres. Cela fait bien longtemps que les zapatistes insistent sur le fait que nos luttes ne peuvent rester isolées les unes des autres soulignant la nécessité de construire des réseaux planétaires de résistance et de rébellion. Il est inutile de rappeler ici toutes les rencontres internationales qu’ils ont organisées au Chiapas, depuis la Rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme (dite « Intergalactique), en 1996, jusqu’au séminaire « La pensée critique contre l’hydre capitaliste », en 2015 [9]

[9] Voir...

. Mais on peut noter qu’en août 2019, au moment d’annoncer une nouvelle avancée de l’autonomie, avec la création de 4 nouvelles communes autonomes et de 7 nouveaux conseils de bon gouvernement, ils avaient précisé qu’ils ne proposaient plus d’organiser de grandes rencontres, mais plutôt de faire des « réunions avec les groupes, collectifs et organisations qui travaillent [luttent] dans leurs géographies » [10]

...

. Il n’était pas alors question de voyage sur les cinq continents, mais celui-ci pourrait être – en plus d’autres raisons d’entreprendre un tel périple – une manière d’engager ce processus. Mais, si une telle perspective peut résonner avec le besoin que beaucoup ressentent de tisser davantage entre les luttes existantes, il est clair qu’elle a pour préalable non seulement l’échange qui permet d’identifier ce qui est partagé sans dénier différences et divergences, mais aussi et surtout la rencontre qui crée une interconnaissance réelle.

Le voyage pour la vie sera donc l’occasion pour un nombre bien plus important de personnes de rencontrer les zapatistes et d’en apprendre davantage sur cette expérience d’autonomie et de dignité qui persévère contre vents et marées, depuis plus d’un quart de siècle. Et, espérons-le, de se laisser gagner par la contagion rebelle dont les zapatistes sont de virulents porteurs. Souhaitons donc que toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans la Déclaration pour la vie et pour qui l’autonomie zapatiste brille fort dans le ciel de nos aspirations (et inspirations) soient prêt.e.s à les accueillir, à soutenir leur initiative itinérante (par exemple en contribuant et en faisant circuler la plate-forme de crowdfunding mise en place à cet effet [11]

...

), à participer, de la manière qui conviendra à chacun.e, au VOYAGE POUR LA VIE [12]

[12] Les coordinations régionales peuvent être contactées...

[12] Les coordinations régionales peuvent être contactées...

.
*

Mais revenons à l’Escadron 421. Depuis le début de l’annonce du voyage vers l’Europe, les zapatistes suggèrent qu’il s’agit de refaire à l’envers le processus de la conquête. Ils s’amusent à l’idée d’une invasion inversée (et, cette fois, consentie). C’est de l’humour, bien sûr (mais en est-on bien sûr ?) [13]

[13] Lors de la fête du 25 avril, à Morelia, des maquettes...

. En tout cas, ils ont annoncé qu’ils seraient, le 13 août 2021, à Madrid pour célébrer à leur manière les 500 ans de la conquête de Mexico-Tenochtitlan par l’armée de Hernan Cortés. Les indiens du Chiapas, comme ceux de tout le continent américain, éprouvent depuis cinq siècles dans leur chair ce que signifient la colonisation et toutes les formes de colonialisme interne et de racisme qui en sont la prolongation. Mais les zapatistes ont clairement dit qu’ils ne se rendraient pas à Madrid pour exiger que l’État espagnol ou l’Église catholique leur demande pardon. Ils refusent tout autant la condamnation essentialisante d’un « l’Occident » diabolisé et tout entier assimilé aux colonisateurs que l’attitude consistant à enfermer les colonisés dans la position de victimes. Au contraire, ils entendent dire aux Espagnols « qu’ils ne nous ont pas conquis [et] que nous sommes toujours en résistance et en rébellion ». Refaire le voyage à l’envers, c’est déjouer une histoire toute faite, qui assigne des positions figées et univoques aux vainqueurs et aux vaincus. Il s’agit d’ouvrir par effraction la possibilité d’une autre histoire.

Lorsque la délégation maritime zapatiste touchera terre en un point encore inconnu du continent européen, c’est Marijose, « unoa otroa » de l’Escadron 421 qui débarquera en premier. Et voici comment le sous-commandant Galeano décrit par avance la scène, en une inversion du geste par lequel Christophe Colomb – qui pourtant n’a pas débarqué, le 12 octobre 1492, en conquérant, ni même en découvreur, puisqu’il ne cherchait qu’à retrouver les terres déjà connues du Japon et de la Chine – s’est empressé de planter sa croix et d’imposer le nom de San Salvador à l’île de Guanahaní :

Ainsi, le premier pied à se poser sur le sol européen (bien sûr, si on nous laisse débarquer) ne sera ni celui d’un homme ni celui d’une femme. Ce sera celui d’un·e autre.

Dans ce que le défunt SupMarcos aurait décrit comme « une gifle avec un bas noir pour toute la gauche hétéropatriarcale », il a été décidé que la première personne à débarquer sera Marijose.

Dès qu’elle·il aura posé les deux pieds sur le sol européen et se sera remis·e du mal de mer, Marijose criera :

« Rendez-vous, visages pâles hétéropatriarcaux qui persécutez ce qui est différent ! »

Nan, je plaisante. Mais ça serait bien qu’il·elle le dise, non ?

Non, en descendant à terre, l@ compa zapatiste Marijose dira d’une voix solennelle :

« Au nom des femmes, des enfants, des hommes, des anciens et, bien sûr, des zapatistes autres, je déclare que le nom de cette terre, que ses natifs appellent aujourd’hui “Europe”, s’appellera désormais : SLUMIL K’AJXEMK’OP, ce qui signifie “Terre rebelle”, ou “Terre qui ne se résigne pas, qui ne défaille pas”. Et c’est ainsi qu’elle sera connue des habitants et des étrangers tant qu’il y aura ici quelqu’un qui n’abandonnera pas, qui ne se vendra pas et qui ne capitulera pas. »

*

Bienvenue, compañeroas, compañeras y compañeros zapatistas, dans les diverses géographies du continent bientôt renommé Slumil K’ajxemk’op.

[mise à jour : voir le nouveau communiqué « La route d’Ixchel », publié
ce 26 avril après la parution du présent article :
http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2021/04/26/la-ruta-de-ixchel/]

[3Escargot, en espagnol. Nom des centres régionaux où siègent les « conseils de bon gouvernement » de l’autonomie zapatiste et où ont lieu notamment les rencontres nationales et internationales organisées par l’EZLN.

[5https://lavoiedujaguar.net/Escadron-421-La-delegation-maritime-zapatiste. On y apprend aussi que cette délégation maritime devait être composée de vingt personnes, mais que les autres n’ont pas réussi à vaincre les obstacles mis à l’obtention de leur passeport. NB : L’Escadron 201 est une unité aérienne mexicaine ayant participé à la Seconde guerre mondiale.

[12Les coordinations régionales peuvent être contactées aux adresses suivantes :
Centre Val de Loire : zapatista-centrevaldeloire@siberry.fr
Coordination Nord : zalig@herbesfolles.org
Coordination Nord-est : zapat-est@riseup.net
Coordination Nord-Ouest : coordnordouest@lists.riseup.net
Coordination Île-de-France : comcomzap-idf@riseup.net
Coordination Auvergne-Rhône-Alpes : zap21_auv_rhon_alp@lists.riseup.net
Coordination PACA : pacaz@riseup.net
Coordination Sud-Ouest : contact-coordSudOuest@riseup.net
Coordination Belgique francophone : razb@collectifs.net

La coordination francophone à cette adresse : zap_2021_fr_contact@lists.riseup.net

[13Lors de la fête du 25 avril, à Morelia, des maquettes de bateaux ont été exposées, avec des noms faisant ironiquement référence aux caravelles de Christophe Colomb : « Santa Maria – La Revancha » ; « No soy Niña »...

IN MARE

IN MARE Maggio 2021 Pensando ai suoi passeggeri, come di dovere, il capitano Ludwig ha consigliato di partire il 2 nel pomeriggio. Le ondate previste per il giorno 3 avrebbero fatto soffrire i/le nuov@ velist@ più del necessario. Ecco perché il capitano ha proposto di anticipare la partenza alle ore 16:00 del secondo giorno del […]

SOBRE EL MAR. 06/05/2021

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Mayo del 2021. Pensando en sus pasajeros, como debe de ser, el capitán Ludwig recomendó salir el día 2 en la tarde.  El oleaje previsto para el día 3 iba a hacer sufrir a l@s noveles mariner@s más de la cuenta.  Por eso el capitán propuso adelantar la salida para las 1600 horas del segundo…

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El zapatismo pone rumbo a Europa

tags : europa, zapatismo,
País Valencià se presenta la Xarxa de Solidaritat Gira per la Vida Las Zapatistas ponen rumbo a Europa para dar comienzo a su ‘Gira por la Vida’, que les llevará a recorrer diversos territorios del continente para encontrarse con colectivos y luchas afines. Desde el País Valencià se presenta la Xarxa de Solidaritat Gira per... Leer más →

#SupGaleano: "Sobre El Mar"

 

SOBRE EL MAR.


 

Mayo del 2021.

  Pensando en sus pasajeros, como debe de ser, el capitán Ludwig recomendó salir el día 2 en la tarde.  El oleaje previsto para el día 3 iba a hacer sufrir a l@s noveles mariner@s más de la cuenta.  Por eso el capitán propuso adelantar la salida para las 1600 horas del segundo día del quinto mes.

  El Subcomandante Insurgente Moisés le escuchó con atención y estuvo de acuerdo.  Así que, ahora que se acostumbra usar la palabra “histórico” para cualquier cosa, es la primera vez que el zapatismo realiza algo programado antes de lo anunciado (por lo regular nos colgamos y empezamos tarde).  Ergo: es algo histórico en el zapatismo.

  Salió entonces el Escuadrón 421 a las 16:11:30 del día 2 de mayo del año 2021.  Aquí les presentamos dos informes distintos sobre el mismo tramo de navegación.

Informe del Escuadrón 421 al Alto Mando Zapatista:
Itinerario del navío La Montaña.  Las horas están dadas en la hora oficial de la Ciudad de México, México (UTC -5).

Día 2 de mayo del 2021.  A las 16:11:30, La Montaña inició su travesía a una velocidad aproximada de 4 nudos (1 nudo = 1.852 km/h).  A las 16:21:30 tomó rumbo sur sureste y, a las 17:23:04, La Montaña inició una suave curva hacia el oriente.  A las 17:24:13 comenzó las maniobras para desplegar todo su velamen.  La tripulación, con el apoyo del Escuadrón 421, fue izando las velas.  A las 17:34 continuó el viraje y enfiló hacia el Este.  Completó la curva a las 17:41, teniendo al norte la punta sur de Isla Mujeres.  A esa hora tomó rumbo Noreste, en dirección al Primer territorio libre de América: Cuba.  Con el viento a su favor, La Montaña mantuvo velocidades entre los 8 y 9 nudos.  A las 23:01, al entrar al llamado “Canal de Yucatán”, su velocidad era de 6 nudos.

3 de mayo.  Madrugada.
A las 01:42 con velocidad de 8 nudos, La Montaña se acerca a las costas de Cuba.  Referencia: el Cabo de San Antonio.  A las 08:18:00, a unas millas al sur del Faro Roncali, pone rumbo al sureste.  Velocidad: 5 nudos.  A las 10:35:30 da un giro al Nor-norEste.  La velocidad sube a 7 y 8 nudos y ráfagas de viento maltratan el velamen.  A unas millas al suroeste de Cabo Corrientes, el Capitán decide entrar a la bahía del mismo nombre.  A las 13:55 bordea, por la izquierda, Punta Caimán.  El 3 de mayo, a las 14:25:15, el Capitán decide fondear frente al poblado cubano llamado “María la Gorda”; latitud 21.8225; longitud: 84.4987; para reparar el velamen afectado y esperar a que el viento amaine.

  El día 4 de mayo del 2021, a las 16:55:30, La Montaña reinicia su navegar, ahora con rumbo Oeste-SurOeste, con velocidad de 6 nudos.  A las 17:45:30, a la altura del Cabo Corrientes, toma rumbo Sur-Sureste.  A las 19:05:30 gira para enrumbar al Este-Noreste.

  A las 00:16:15 del 5 de mayo, La Montaña navega a 7-8 nudos.  A las 04:56:30, teniendo al norte Cayo Real y Cayo del Perro, el motovelero enrumba a Sur-Sureste.  Frente a la costa occidental de la Isla de la Juventud, dibuja dos “Z” sucesivas y a las 12:07:00 navega en paralelo a la costa sur de la mencionada isla, con 5 nudos y en dirección Este.  El último reporte recibido es de las 23:16:45 del 5 de mayo: 6-7 nudos con dirección al Este.  Se dirige hacia la ciudad y puerto cubano de Cienfuegos, para llegar ahí en el transcurso del día 6 de mayo.

  En Cienfuegos, La Montaña habrá de repostar y estacionarse algunos días, para luego seguir su viaje.  Se reporta que el Escuadrón 421, en su totalidad, se encuentra bien y adaptándose.  Sin “gómitos” y sólo mareos leves.

Es todo por ahora.

-*-

Relato enviado por un ser extraordinariamente parecido a un escarabajo -que viaja de polizón en La Montaña-.  Los miembros de la tripulación han probado de todo para capturarlo.  No lo han logrado.  Las veces que han conseguido acorralarlo, el bichito les embruja con cuentos y leyendas de cosas terribles y maravillosas, historias ocurridas y por acontecer.  Cuando la tripulación sale del trance, el escarabajo ha vuelto a la Cofia del navío y, desde ahí, declama poemas en varios idiomas, grita amenazas y maldiciones, y desafía a la Hidra con un mondadientes como lanza y una tapa de plástico de algún frasco como escudo.  Aquí la narración:

  “Más que navegar, La Montaña parece bailar al mar.  Como en un largo y apasionado beso, se despegó del puerto y se dirigió a un destino incierto, pleno de retos, desafíos, amenazas y no poco contratiempos.

   Una cumbia le acompaña, le marca el paso y la distancia.  Un sol asombrado se detiene, para mejor mirar las caderas por el ritmo convocadas.  La luna, pálida de envidia y rabia, pierde el paso con el último y sensual agitar de palmas.

   Un viento lascivo, sátiro de nubes y ráfagas, perseguía a La Montaña, embobado por el vaivén de la popa.  La cumbia nada hacía por atenuar deseos y ansias, y más les alentaba y así les crecía y aumentaba.  Torpe y apresurado, como amante novicio, arriesgó el viento, erizado de lujuria, un manotazo.  Rasgó así las velas, trigueñas a fuerza de sal y agua, con las que la nave guardaba su preciada carga.

   Pudorosa, La Montaña, buscó recaudo y discreción para remendar sus ropas.  Y así reflexionaba: “El viento ha de aprender que el apetito y las ansias, mutuos han de ser, o atraco serán y no amor, que así le llaman”.

   Aliñada ya, La Montaña retomó rumbo y misión, no sin antes reconvenir a un viento que, apenado, con sigilo y cortedad le sigue ahora, pero que, con porfía marina, así le colma de requiebros:

   Que se despoje del pudor, le ruega.  Que el velamen desfallezca y que desnuda se muestre aunque su luz la mirada hiera, suplica.  Que la desnudez no peca si con otra desnudez se cubre, argumenta.

   La Montaña, digna y altiva, no cede.  Firme y tierna le rechaza.  “Ni aunque repose en puerto y en puerto me rehaga”, ha dicho La Montaña.  Y con la proa señala y dice: “Mirad esa otra isla que nuestra esperanza columbra y Cuba le llaman.  A esas montañas saludan, desde esta Montaña, seres anacrónicos cuyo desafío presente, caminos de mar andan”.

   E, irritada, la embarcación al viento impertinente regaña.  Que se deje de hurgar bajo las naguas, que para desanudar el deseo a veces una mirada basta.  El viento guardó recato entonces, pero no escatimó suspiros que el andar del navío mejoraban.

   Y así navega La Montaña, le sigue el viento prometiendo madrugadas.

   Al oriente, la espera crece y, con ella, la esperanza.

Firma: Don Durito de La Lacandona, aka “Black Shield”, aka “Durito”, aka “Nabucodonosor”, aka “Escarabajo Impertinente”, aka “Desfacedor de Entuertos”, aka “el grande, que digo ‘grande’, el gigante, el maravilloso, el superlativo, el hiper-mega-plus, el supercalifragilísticoespialidoso, el único, el inigualable, él. ÉL, ¡Don Durito de La Lacandona!”, aka (siguen varios tomos de la enciclopedia de atributos del “más grande de los andantes caballeros” –la mayoría de ellos, elaborados por el susodicho-).

Y agrega una posdata lejana del lejano y finado SupMarcos: “La esperanza es como una galleta: de nada sirve si uno no la tiene dentro”.

-*-

  Por mi parte, me deslindo de todo lo anterior.  Especialmente del informe del bichito.

Vale.  Salud y que embarcación y vientos a la misión se allanen.

El SupGaleano tallando la cumbia como si la navegara.
Planeta Tierra.
Mayo del 2021.

 


«Viento en espiral», composición de Jesús G. Camacho Jurado. Interpretado por PsiqueSon.


“Cumbia sobre el mar”: letra y música de Rafael David Mejía Romani. Interpreta: Quantic, Flowering Inferno.